‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 214 sur 331 · CHAPITRE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIÈME

phisiemrs cÂlés^ concemaiii le redoublement d'activité de la part des sociétés secrètes en Grèce , des projets de soulèvement qu'elles méditent sur la Thessalie, FEpire et la Macédoine , des préparatifs de tout genre qH'eHes font en armes , soldats, munitions , et de la fatale incnrie avec laquelle le gouvernement envisage leurs maehiiialioos cbadestines.

V S'il est qoelque chose de propre h compromettre la sûreté et l'indépendance des Grecs , ce serait bien cer^ tâineiiient la raiae à exécution de pareils desseins , car sapposé qu'ils puissent entraîner la Turquie dans de réels dangers , la Grèce attirerait sur elle tout le poids de l'animadversion des puissances , qui sont décidées à mettre hors d'atteinte l'intégrité de la Turquie et la paix de rOrient. »

C'était le luigage dn lion s'iraposant à l'agneau , mais malgré la griffe suspendue sur sa tête, la presse hellénique protesta avec une certaine vigueur contre ce qu'elle crut apercevoir d'injuste et de fallacieux dans celte dépêche. Le lion retira ses griffes et fit patte de vdours.

Dans cet état de choses , la nouvelle se répandit tout à coup en Europe que le Czar, quittant brusquement sa capitale, se rendait en Angleterre. En effet, Nicolas arriva a Londres dans les premiers jours du mois de juin 1844. Malgré les engagements de l'Angleterre avec la France, des paroles échangées au banquet annuel de la Compagnie rosse de commerce, entre M. de Brunow et sir Robert Peel, avaient préparé les esprits à un rapprochement entre les denx pays. L'arrivée subite de l'empereur de Russie au palais de Saint-James confirma ces espérances en donnant à la visite de l'autocrate les apparences d'un événement politique. Quoi qu'il en soit^ le but osten-

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ikS HISTOIRE DE UEMPEREIR MCOLAS.

sible de celle démarche se réduisit aux proportions d'on simple témoignage de bon vouloir semblable à celui que la reine d'Angleterre avait donné l'année précédenfe à Louis -Philippe en se rendant au château d'Eu. Ces bons rapports de souverain à souverain n'empêchèreDt pas l'opinion du peuple anglais de rester passivement froide et réservée pour celui qu'il considérait comme le représentant du principe absolu en Europe. Plein d'admiration pour les qualités persomielles et majestoeases de l'homme, il lui refusait ses sympathies pour les reporter tout entières sur les malheurs de la Pologne, dont à ses yeux Nicolas était la cause première.

Un illustre personnage, Robert Peel, lui ayant sur cette question adressé une parole au moins intempestive, Nicolas lui demanda sèchement ce qu'il préférait, de l'aie ou du porter. Mais Robert Peel, nullement intimidé, répondit aussitôt qu'il préférait le vin de Bordeaux, a £b bienl à toutes ces boissons, répliqua à son tour l'auto cràte, je préfère un bon verre de kvas *. » Quoi qu'il en soit, personne en Angleterre ne songea à refuser à l'autocrate les signes providentiels qui caractérisent la majesté des grands souverains.

Dès son retour en Russie, Nicolas, inquiet des progrès militaires de Schamyl , porta à deux cent mille hommes l'effectif de l'armée destinée à opérer au Caucase. Son gouvernement, redoublant d'activité, appuyait une note adressée au Divan , pour lui dénoncer la présence dans la mer Noire de quelques vaisseaux turcs chargés de munitions, du souvenir du navire le Vixen capturé; il prenait également des mesures pour resserrer le blocus des montagnes. Indépendamment de ces dispositions qui indiquaient un plan de campagne consistant à attaquer

1 Boisson populaire de la Russie.

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