CHAPITRE SEIZIÈIIE
Saint-Pétersbourg de l'Académie catholique de Vilna pouvait être considéré comme un nouveau coup porté à l'indépendance du catholicisme polonais. Pour justifier ce fait aux yeux du saint-siége, le cabinet moscovite le colora da prétexte d'une mesure purement administrative.
Le Souverain Pontife n'en ressentit pas moins profondément cette nouvelle atteinte portée aux droits de son Église, et ne réclama qu'avec plus d'énergie la destitution de plusieurs évéques, la restitution des biens du clergé et des temples catholiques concédés aux Grecs scbismatiques. A la fin de cette année, les négociations n'avaient encore produit aucun résultat.
Sur ces entrefaites y les espérances que le Czar avait fondées sur le mariage de sa fille Alexandra avec le prince Frédéric de Hesse-Cassel furent brisées par la mort. Celte princesse, après avoir mis au monde un enfant qui ne survécut que quelques heures à sa naissance, le suivit de près dans la tombe. La douleur de Nicolas fut immense.... Le malheur commençait à menacer le seuil de son foyer domestique.
Les affaires de la Grèce changèrent la nature de ses regrets en de sérieuses préoccupations. Dans ce temps , le rappel de M. Katacasy, ministre russe à Athènes , rappel qui n'avait été qu'une menace, fut effectué avec une grande rigueur. Cette mesure était à la fois la punitioQ d'un échec et une protestation contre un ordre de choses contraire aux intérêts moscovites. Cependant, ne Toolant point trop prolonger la suspension des rapports diplomatiques avec un gouvernement dont la politique tendait de plus en plus à s'appuyer sur l'autorité de la France unie à la Grande-Bretagne contre la Russie, l'Empereur profita du vote d'une nouvelle constitution pour opérer un rapprochement avec la cour d'Athènes et Ton If. iO
Domma un remplaçant à M. Kataca^. Ce chargé d^affaires, muni d'une noie da comte de Nessefarode, se présenta à M. Trieoupîs, minktre des affiiires étrangères en Grèce. « C'était avec une vive satîrfaction, disait le diplomate russe, que le Czar avait vu le contrat iatenreaa entre la nation et le Roi , ainsi que la formation do pre- »ier ministère constiintîoiHieL Ce que Sa Majesté désirait en dehors d'une préférence marquée penr les indîvidos, c'était le maintien de la tranquillité, de l'ordre public y et l'affermissenient du trône hellénique, eic. n Mais à travers ces méticnleôses expressions de symp*!thie, la dépêche ministérielle laissait percer d'antres préoccupations •
a Avant tout, disail M. de Nesselrode, mon auguste madtre tient à une condition indispensable : c'est que les Grecs ne s'écartent point des principes qui ont présidé à la formation de leur royaume, tels qae la base en a été posée par les trois puissances protectrices; c^est qu'en mainlenamt soigneusement le repos à l'intérieur, ils respectent au dehors celui des provinces voisines , et qu'ils ne songent point à sortir des limites territoriales qui leur ont été fixées; en un mot, qu'ils se tiennent en garde contre tout essai de propagande et de conquête. Les puissances sont fermement décidées à exiger le respect des principes et des limites consacrés solennellemeol par la transaction qui a rappelé la Grèce à Texistence.
y> Sur ce point important, la pensée des trois cours est la même, toutes veulent également la tranquillité intérieure de la Grèce, comme aussi la tranquillité et l'intégrité de l'empire ottoman. Telles étant les vues de rEmpereur en commun avec celles de la France et de l'Angleterre, il est facile déjuger l'impression qu'ont dû faire sur son esprit les avis qui lui parviennent de