‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 216 sur 331 · CHAPITRE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIÈME

A la même époqoe y FEmperear, oompreoant qae la vamiéj l'on des pmcipanx caractères du peuple russe , pouvait, balnlemeaA exploilée, servir à sa politique éminemment nalionale, ofirit on nouveau stimulant au zèle, au dévouement, à l'ambilion des employés de l'Etat. Ne pouvant pourvoir par une augmentation indispensable , sous le rapport de la moralité , à l'insuffisance de leurs appointements, il escompta leurs services par l'échange des titres et des honneurs. En Hsaot le manifeste suivant, plus d'un tchinovimyL^ se rêva comte ou prince :

s Par la grftce de Dieu, Noos Nicdas 1% empereur et mtocrate de toutes les Russîes , roi de Pologne , etc. , etc.

» Depuis des temps très-reculés, la noblesse s'acquérait en Russie par le service; mais, suivant les circonstances, les conditions de l'anoblissement ont changé d'après les modificatioss introduites dans l'ordre du service militaire et civil. L'empereur Pierre I**, en créant de nouveaux rangs dans l'Etat, leur accorda de Douveaox droits. U ordonna que tous les officiers, militaires, à partir du premier grade d'officier, et tous les ibnctioDnairee civils des knit premières classes, jouiraient des droits de la noblesse héréditaire. Celte disposition fut confirmée par l'impératrice Catherine seconde. Tontons, non-seolement soua le règne de Pierre I", qui remonte a plus d'un siècle, mais encore sons celui de Catherine seconde, l'armée russe était moins nom- Iwense et l'adminîstratîon civile exigeait beaucoup moins d'employés, de sorte que les fonctionnaires ayant rang de la huitième classe oocspaient des emplois dont la Sj^ère d'activité était considérable. Maintenant que l'aocroissement do territoire de l'empire et de sa popidation, et l'introduction d'une meilleure organisation dans

' Petit employé da gouvernement.

toutes les branches de FadmiDistration , ont rendu indispensable d'augmenter le nombre des fonctionnaires tant militaires que civils, Taccroissement extraordinaire qui en est résulté n'a pu échapper à Notre attention particulière.

» Ayant constamment pour but de maintenir la noblesse, qui a rendu tant de services au trône, dans le rang où l'ont placée les institutions de l'Etat, et ne voulant en même temps fermer à personne la route par laquelle les travaux et les talents conduisent aux privilèges de la noblesse , Nous avons jugé convenable, tout en ne privant personne des droits acquis par les lois en vigueur jusqu'ici, de transférer le droit d'acquérir la noblesse à des rangs plus élevés, qui permettent réellement de rendre des services dignes d'une si haute récompense.

i> A ces causes. Nous ordonnons pour l'avenir ce qui suit :

» l"" Tout individu non noble à son entrée au service militaire , acquerra la noblesse personnelle dès sa promotion au premier grade d'officier en service actif; celui qui aura servi jusqu'au grade d'officier major , acquerra la noblesse héréditaire. Les individus non nobles de naissance qui recevront lesdits grades d'officier ou d'officier major, soit à l'occasion de leur admission à la retraite, soit en passant du service militaire au service civil, jouiront, les premiers des droits de bourgeoisie notable personnelle, et les derniers de ceux de la noblesse personnelle.

» 2"" Les individus non nobles admis au service ciffii recevront le droit de bourgeoisie notable personnelle lorsqu'ils seront promus au rang de la quatorzième classe, et celui de la noblesse personnelle à leur promotion au rang de la neuvième classe. Ceux qui auront servi jus-

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qu'au rang de la cinquième classé ^ acquerront la noblesse héréditaire. Les fonctionnaires qui recevront les rangs de la neuvième et de la cinquième classe, étant en retraite, conserveront les droits dont ils jouissaient d'après leur ancien rang au service actif. Ceux qui seront rais à la retraite avec le rang de la quatorzième classe , jouiront des droits de bourgeoisie notable personnelle.

» 3^ Les individus ayant la noblesse personnelle en entrant au service militaire comme au service civil, acquerront la noblesse héréditaire en obtenant les mêmes grades et rangs spécifiés ci-dessus ; toutefois , ils continueront à jouir dans les grades et rangs inférieurs des prérogatives attachées à leur qualité.

» 4"* En outre, Félévation à la noblesse personnelle et héréditaire de ceux des fonctionnaires qui , sans avoir atteint les grades et rangs fixés à cet efiet, auront attiré l'attention du souverain par leurs talents, leurs services distingués, leur désintéressement et leur moralité, dépendra du jugement et de la volonté de l'Empereur.

3) S^ Tous ceux qui, en vertu des lois jusqu'à présent en vigueur, auront acquis par le service la noblesse personnelle ou héréditaire, conserveront pour l'avenir la jouissance inviolable de leurs droits. De même , la noblesse personnelle ou héréditaire sera accordée à ceux qui, élevés au rang de la quatorzième et huitième classe après la promulgation du présent manifeste, auront obtenu lesdits rangs pour avoir accompli antérieurement la période de service donnant légalement droit à cet avancement et en avoir été dûment reconnus dignes par leurs chefs respectifs. En ce qui concerne l'acquisition de la noblesse héréditaire, cette règle sera également applicable aux sous-o£Bciers promus au grade d'officier après la promulgation du présent manifeste,

mais avec l'approbalioa de leurs chefs , et pour avoir servi anlérieurement le noibbre d'années donnant dbtMf à l'avaneement.

9 Donné % Pélerlioff, le onzième jour du mois de juin de l'an de grâce mil hnk cent qaamte-cinq, et de Notre rè^ùe le vingtième.

n Signé NiooLas. «

Dans ce temps , la guerre du Cancade entra dans une nouvelle phase, par la nomination du comte Worontzoff au commandanait en chef de l'armée et de la pravince du Caucase. Ce général y jouissant d'une réputation de capacité administrative égale à celle que l'opinioa publique lui accordait comme capitame, reçut des pouvoirs exceptionnels, soit pour vaincre par la force des armes ces peuplades farouches, soit pour essayer sur leurs instincts avides autant que belliqueux, l'inflaooce que pourraient ex^cer les relations pacifiques ibi commerce.

Parti d'Odessa pour Tiflis, dans le eeurant du mois de mars 184S, le général en chef se hâta de commencer ses opérations. Après avoir pris pour base la ligne du Terek et la ville de Kisliar , il pénétra par le noid du Daghestan dans les montagnes qui, servant de oeinture à ces contrées, descendent sur les rives de la mer Cas^ pienne. Devant les foroes supérieures dont Sebamjl se vit tout à coup menacé , ce chef habile résolut d'énier tout engluement régulier ; à cet effet, après avoir abandonné aans combat la forte positicm de Metehikal et le passage des portes de Bourtsoukal, réputé inCrancbissable, il se retira avec fax mille hommes sur les hauteurs qui dominent l'Audy, et qu'il dut hientdt abandcmner, non sans avoir éprouvé des pertes a^isibles.

Disposant de forces considérables, et adoptant im

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