CHAPITRE DIX-HUITIKME
commençant l'histoire de sa vie , je me sois pieusement agfeaonillé sur sa tombe, j'ai promis à Fillostre mort de rendre franchement hommage à sa mémoire, en rendant avec indépendance hommage à la vérité. Jusqu'ici cette lâche m'a été facile ; ma plume, reproduisant les traits du modèle qui posait devant moi, n'a trouvé encore à décrire que de grandes choses, des succès inouïs; une persévérance irrésistible dans la pensée qui inspirait les unes et assurait les autres; une politique souvent généreuse, tODJours habile; un désintéressement rare chez un successeur de Pierre le Grand et de ^la grande Catherine, liais dans ce moment le modèle a changé de pose et de caractère. Sur son front, l'auréole d'un règne glorieut nous apparaît enveloppée de teintes sombres; le présent s'obscurcit à l'horizon de ce règne qui va finir; des desseins mal contenus préparent de sanglantes catastro*pbes à l'avenir prochain de la Russie : l'heure des mauvais jours a sonné pour l'empereur Nicolas. Dans cette nouvelle phase, pleine de périls ^ nous conserverons le courage et la conscience que nous avons eus dans les jours heureux.
Celui de tous les moyens qui a le mieux réussi à la politique de Nicolas, c'est le protectorat religieux; c'est à l'aide 3e l'intérêt porté à ses coreligionnaires de la Pologne et de la Turquie que le Czar a pu prendre une influence énorme dans les affaires de ces deux pays, qu'il a rivé le premier à la domination moscovite, et conquis un pied à terre dans le second. Protectorat politique dans les provinces musulmanes, protectorat reli* gieux sur les chrétiens grecs de cet empire : tel est le but que l'Empereur a longtemps poursuivi pour faire pénétrer de plus en plus son influence au cœur même du vieux corps ottoman.
TOXB IX. i5
«M HISTOIRE DE L'ËMPËftEIR KI€OLAS.
Daos ce couraAt d'îdée« el de vya$ MibUîe«es , Taelivite du g^overnemeal rut ae , souMBaîllaDi tm apfiaraBee, devait ge réveiller avec plua de finrce eo 1S53. Le ehaogemeot de ministère eat le fait le plua iiB^porteot ^ai eiguala en 1852 la poiilii|ue intérieure da geuveraeneai russe. Cette modifioalion ddas le baut peraouoel des départeaaents uiutsIérielsfutaM^livéefar la uart du piiace VoIkoDsky ^ et le grand âge du prince Tcfaernielieff, ministre de la guerre et président du eeoaeiL
Le lieutenant général prînœ Dolgorouki remplira Je prince Tohernicbeff a» département da la guerre-, le comte Pecovaky fut remplacé au muHslàre de FîBlétiear par le général Bibikof et prit à partir de cette épmpe la direction du cabioet impérial; le général Adlarfaerg. cbancelier des ordrea de rempire,^prit la directkm dei postes; le comte Kleinmtokei^ celle des travmix publics et des routes ; le comte Vroncsenko y ee)le dm finances; le général Kisselef, celle des domaioea; le prince Qii* viQski*Chikhmataf pa^sa au département de TiMtniction publique; le comte Paqioe à celui de la jusfliee; le département de la marine fut dévolu au prinoe Mensctii* koff , membre du conseil des minietres «t chaocsiier de Tempire; le vieux omnte de Nesseirede, teme copie au prince de Metternioh , oonserva 1{| direetion dés aifùrea étrangères.
Pendant ce temps, la perspective d'une realaimlian impériale en France remplaçait sous lea yeiuii de Tempereur Nicolas les terreurs que lui avait inspirées le fisnlàme de la République. Les menace démagogiqties auxqwUes il venait de soustraire FEurope , s'efaçant demnt une
1 Ministre de la maison de rEn^pcrcur, le prince Volkooskf a succoioW aux suites d*uQc maladie afTrcusc. Son corp» ne fkisait qu'une plaie ron<?ëe par des vers.