‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 321 sur 331 · NM · texte numérisé non relu

NM

Oukase impérial adressé au mimsire de la marine, au sujet du brick le Mercure.

tt Ayant accordé au brick de 18 canons le Mercure, du 32* équipage de la flotte, le paiûlloo de Saini-GeargeSy en récompense de la brillauie conduite de son éfojpage dans le combat qu'il a soutenu contre deux iaîsseaux ennemis y Nous désirons transmettre jusqu'à la postérité la plus reculée la mémoire de ce fait sans exemple. Ea conséquence , Nous ordonnons que lorsque ce brid^ ne sera plus en état de tenir la mer, il en soit construit un autre d'après les mêmes dessins , et eiactemeot semblable j qui sera nommé le Mercure j inscrit dans le même équipage , et qui recevra le pavillon de Saint-Georges. Quand ce nouveau bâtiment se trouvera hors de service à son tour, il sera remplacé par un autre construit dans les mêmes conditions, ce qui sera continué jusqu'à l'époque la plus reculée. Nous désirons que la mémoire des glorieux services de l'équipage du Mercure et son nom dans la flotte ne périssent jamais, mais qu'en passant de génération en génération , ils servent d'exemple à la postérité.

» Signé NicoLâs. >

DOCUMENTS HISTORIQUE». 4Bft

Belation d'un tournoi donné à Potsdam en Thonneur de l'impératrice de Russie.

a Les princes de la famille royale , ainsi que les^ princes étrangers qui se trouvaient alors à Berlin, s'étaient chargés des principaux rôles de cette représentation j donnée sous le nom de Charme de la rose blanche,, et pour laquelle avait été disposée la cour intérieure du nouveau palais de Potsdam. Tout le long de la façade et des deux ailes du château , régnait une estrade sur les degrés de laquelle étaient placés les spectateurs munis de billets. Cette estrade était séparée de la lice par desbalustrades couvertes d'une tenture cramoisie ; au milieu de Festrade se trouvait un baldaquin vert, décoré de franges d'or et de panaches blancs , sous lequel la cour devait prendre place. L'Impératrice, accompagnée du Roi et des membres de la famille royale, parut à six heures. Alors, un roi d'armes, escorté de deux hérauts à cheval, demanda l'entrée de la lice pour un certain nombre de chevaliers. Cette permission obtenue, les chevaliers entrèrent dans l'ordre suivant :

» P Le prince royal. Devant hii , on portait la bannière de la Prusse ; derrière lui, deux pages portaient h lance et l'écu de Son Altesse Royale ; suivaient quatre chevaliers : le comte de Brandebourg, le prince Ch. de Solms, le comte de Nostitz et le comte héréditaire de StoUberg Wecnigerode. Les couleurs de ces chevaliers , suivis de quatre éeuyers, étaient sable ^ argent et or.

» 2"" Son Altesse Royale le prince Frédéric des Pays- Bas. Il était précédé de la bannière de ce royauaie , et suivi de deux pages avec Técu et la lance de Son Altesse Royale; puis de quatre chevaliers et de quatre écuyers sous les couleurs jaune, azur et or.

n 3" Son Altesse Royale le prince Guillaume, fils du Roi, précédé de la bannière de Téleclorat de Brandebourg, et suivi de deux pages portant son écu et sa lance, de quatre chevaliers et de quatre écuyers; couleurs : azur, gueules (rouge) et argent.

» 4** Son Altesse Royale le prince Charles, précédé de la bannière de Silésie et suivi de deux pages portant son écu et sa lance, de quatre chevaliers et de quatre écuyers, aux couleurs jaune (or), sable (noir) et argent.

» S"" Son Altesse Royale le prince Albert. Devant lui , la bannière de Brandebourg; derrière lui, deux pages portant sa lance et son écu; puis quatre chevaliers et quatre écuyers aux couleurs blanc , gueules et sable.

» G"" Son Altesse le duc Charles de Mecklembourg, avec la bannière vandale et la même suite que les groupes précédents. Couleurs : azur, cramoisi et or.

» l"" Son Altesse Royale le prince Frédéric de Prusse. Bannière de Hohenzollern , etc., etc.; couleurs : sabie, blanc et argent.

» 8"" Son Altesse Royale le grand-duc héréditaire de Mecklembourg-Schwerin, avec la bannière de Mecklembourg, etc., etc.; couleurs : cramoisi, azur et or.

» 9"" Son Altesse Royale le prince Adalbert;

» 10^ Son Altesse Impériale le duc Guillaume de Brunsvi^ick-Oels, avec bannières, écus et lances comme les précédents*

» Les chefs portaient leurs armoiries sur leur cotte d'armes, les autres chevaliers sur la poitrine. Ils avaient

DOCIMEXTS HISTORIQUES. W3

sor leur écu des devises et des symboles de leur choix ^ et au bras ou sur Tépée ua ruban de la couleur de leur dame. Les princes et chevaliers firent d'abord deux fois le tour de la lice et saluèrent Tlmpératrice et les dames dont ils portaient les couleurs. Ensuite Son Altesse le duc Charles de Mecklembourg adressa un discours en vers à Tlmpératrice. Sa Majesté ayant accordé la permission d'exécuter le tournoi, le prince Frédéric des Pays-Bas et le duc Charles de Mecklembourg mirent pied à terre et prirent place devant la tribune, en leur qualité déjuges de camp. n Les quadrilles défilèrent successivement devant eux pour faire examiner leurs bannières et leurs écus. Alors les hérauts firent disposer la lice , dresser des colonnes avec des bagues, et placer des têtes et des blancs. Le roi d'armes annonça d'abord les quatre fils royaux de Prusse. Leurs Altesses Royales firent une première course et enlevèrent avec la lance une bague avec une tête. Ayant alors remis leur lance, ils prirent un javelot qu'ils lancèrent contre le blanc. Ils tirèrent ensuite l'épée , enlevèrent avec la pointe la seconde bague et la tête qui se trouvaient sur l'arène. La course terminée, les quatre princes quittèrent la lice et furent remplacés, après l'annonce du roi d'armes , par quatre autres chefs auxquels succédèrent les quarante chevaliers, par quadrilles, pour répéter les exercices que venaient d'exécuter les quatre princes fils du Roi. Les juges tinrent un registre exact de ces faits d'armes, et remontèrent à cheval.. Les dix quadrilles se réunissant alors exécutèrent différentes voltes et manœuvres, terminées par un tour dans la lice. Les chevaliers, ayant mis pied à terre, s'approchèrent de la tribune : chacun d'eux demanda sa dame, et la conduisant devant l'Impératrice, qui se tenait debout, il lui servit d'escorte d'honneur jusqu'au château. »

Manifeste de T empereur Nicolas, au sujet de la paix avec la Turquie.

a Par la grâce de Dieu, Nous, Nicolas P, empereur et autocrate de toutes les Russies, etc., etc.;

i> Grâce aux décrets de la divine Providence, le traité de paix perpétuelle entre la Russie et la Porte Ottomane vient d'être conclu et signé à Gonstantinople le 2*14 sep* tembre, par les plénipotentiaires respectifs des deux ' puissances. Le monde entier connaît assez l'irrésistible nécessité qui seule a pu Nous forcer de recourir aux armes. Dans celte guerre légitime, entreprise pour la défense des droits de Notre empire, Nos fidèles sujets^ animés sans cesse d'un dévouement ardent pour le Irène et la patrie , se sont empressés de Nous offrir le tribut de leurs biens et de Nous seconder de tous leurs efforts. Dieu a béni Notre cause.

)> Nos intrépides guerriers ont donné en Europe et en Asie, sur terre et sur mer, de nouvelles preuves de leur héroïque valeur. Ils ont triomphé à la fois de la natore et des ennemis. S*éiançant de victoire en victoire, ils ont franchi la chaîne des monts Soganlouck, ils ont vu s'abaisser devant eux la cime des Balkans, et ne se sont arrêtés qu'aux portes mêmes de Gonstantinople. Redoutables seulement à l'ennemi armé, ils ont été pour l'habitant paisible pleins de clémence, d'humanité et de douceur.

» Dans ces jours de combat, de gloire , constamment

DOGUUENTS HISTORIQUES. 435

étranger à tout désir de conquêtes, à toutes vues dV grandissement, Noos n'avons jamais cessé d'inviter la Porte à conconrir au rétablissement de la bonne bar* monie entre les deax empires. Les cbefs de Nos armées, à chaque victoire, se hâtaient, par Notre ordre, de lui offrir paix et amnistie. Nos efforts néanmoins restaient toujours stériles. Ce ne fut qu'en voyant flotter nos dra* peaux non loin de sa capitale, que le Sultan reconnut enfin par Notre conduite , que Notre intention n'était pas de renverser son trâoe , mais d'obtenir l'accomplissement des traités. Convaincu dès lors de fat pureté de Nos intentions, il tendit la main pour recevoir la paix qui lui avait été si souvent proposée.

i> Cette paix promet à la Russie des résultats heureux et prospères. Le sang de ses guerriers est racheté par de nombreux avantages. Le passage des Dardanelles et du Bosphore est désormais libre et ouvert an commerce de toutes les nations du monde. La sûreté de Nos frontières, spécialement du côté de l'Asie, est à jamais garantie par l'incorporation à l'empire des forteresses d'Anapa, de Poti, d'Akhaltzik, d'Atzkour et d'Akhalkalaki. Nos traités antérieurs avec la Porte sont confirmés par elle et rétablis dans toute leur vigueur; de justes indemnités sont assurées pour les frais de la guerre et les pertes individuelles essuyées par Nos sujets. Le fléau de la peste, qui a si souvent menacé les contrées méridionales de la Russie, sera contenu à l'avenir par une double barrière , moyennant l'établissement convenu de part et d'autre d'une ligne de quarantaine sur les bords du Danube.

^ Notre sollicitude s'est également étendue sur le sort des peuples coreligionnaires soumis à la domination ottomane. Les anciens privilèges des principautés de Mol-

4d« DOCUMENTS HISTORIQUES.

davie et de Valaebie ont été sanctionnés; et leur bien* être a été consolidé par de nouveaux avantages. Les droits accordés aux Serviens par le traité de Bucharest, et confirmés par la convention d'Akkerman , se trouvaient encore suspendus dans leur application. Ces stipulations seront désormais fidèlement observées. L'existence politique de la Grèce, déterminée par la Russie d'un commun accord avec les cours alliées de France et d'Angleterre y a été formellement reconnue par la Porte Ottomane.

» Telles sont les bases fondamentales d'une paix qui a heureusement terminé une guerre sanglante et opiniâtre.

n En faisant connaître à tous Nos sujets bien -aimés cet heureux événement, nouveau don des bienfaits du ciel répandus sur la Russie , Nous adressons avec eux de ferventes actions de grâces au Tout-Puissant, qui a daigné élever par ses divins décrets Notre chère patrie à un si haut degré de gloire. Puissent les fruits de cette paix se développer et se multiplier de plus en plus à l'avantage de Nos. fidèles sujets, dont le bien-être sera toujours le premier objet de Notre constante sollicitude 1

» Donné à Saint-Pétersbourg, le 19 septembre- 1" octobre, l'an de grâce 1829, de Notre règne le quatrième.

r> Signé Nicolas. »

Lettre de Louis-Philippe à l* empereur Nicolas.

a Monsieur mon frère ,

r» J'annonce mon avènement à la couronne à Votre Majesté par la lettre que le général Athalin lui présentera en mon nom. Mais j'ai besoin de lui parler avec une entière confiance sur les suites de la catastrophe que j'aurais tant voulu prévenir.

97 II y avait longtemps que je regrettais que le roi Charles et son gouvernement ne suivissent pas une marche mieux calculée pour répondre à l'attente et au vœu de la nation. J'étais bien loin pourtant de prévoir les prodigieux événements qui viennent de se passer; je croyais même, qu'à défaut de cette allure franche et loyale dans l'esprit de la Charte et de nos institutions qu'il était impossible d'obtenir, il aurait suffi d'un peu de prudence et de modération pour que ce gouvernement pût aller longtemps comme il allait. Mais depuis le 8 août 1829, la nouvelle composition du nouveau ministère m'avait fort alarmé. Je voyais à quel point cette composition était odieuse et suspecte à la nation , et je partageais les inquiétudes générales sur les mesures que nous devions en attendre. Néanmoins, l'attachement aux lois, l'amour de l'ordre, ont fait de tels progrès en France , que la résistance à ce ministère ne serait certainement pas sortie des voies parlementaires, si, dans son délire, ce ministère n'eût donné lui-même

4d8 DOGUliE^TS HISTORIQUES.

le fatal signal par la plus audacieuse violation de la Charte et par Tabolition de toutes les garanties de notre liberté nationale , pour lesquelles il n'est guère de Français qui ne soit prêt à verser son sang. Aucun excès n'a suivi cette lutte terrible.

3) Mais il était difi^cile qu'il n'en résultât pas quelque ébranlement dans notre état social , et cette même exaltation des esprits qui les avait détournés de tout désordre les portait en même temps vers des essais de théorie politique qui auraient précipité la France et peut-être l'Europe dans de terribles calamités.

» C'est dans cette situation, Sire, que tous les yeax se sont tournés vers moi. Les* vaincus eux-mêmes m'ont cru nécessaire à leur salut. Je l'étais peat*être plus encore pour que les vainqueurs ne laissassent pas dégénérer la victoire. J'ai donc accepté cette tache neble et pénible , et j'ai écarté toutes les considérations qai se réunissaient pour me faire désirer d'en être dispensé, parce que j'ai senti que la moindre hésitation de ma part pourrait compromettre l'avenir de la France et le repos de tous nos voisins. Le titre de lieutenant général, qui laissait tout en question, excitait une défiance dangereuse, et il fallait se hâter de sortir de l'état provisoire, tant pour inspirer la confiance nécessaire que pour sauver cette Charte si essentielle à conserver, dont feu l'Empereur votre auguste frère connaissait si bien l'importance, et qui aurait été très -compromise si on n'eût promptement satisfait et rassuré les esprits.

f> Il n'échappera ni à la perspicacité de votre esprit ni à sa haute sagesse, que pour atteindre ce bat salutaire, il est bien nécessaire que les affisires de Pisris soient envisagées sous lenr véritable aspect, et q«e l'Europe, rendant justice aux moiifii qui m'ont dirigé, en-

DOGUIIEXTS HISTORIQUES. 439

toure mon gouvernement de la confiance qu'il a le droit d'inspirer.

y» Que Votre Majesté veuille bien ne pas perdre de vue que tant que le roi Charles X a régné sur la France, j'ai été le plus soumis et le plus fidèle de tous ses sujets, et que ce n'est qu'au moment où j'ai vu Taction des lois paralysée et l'exercice de l'autorité royale complètement anéanti, que j'ai cru de mon devoir de déférer au vœu national en acceptant la couronne à laquelle j'ai été appelé. C'est sur vous, Sire, que la France a surtout les yeux fixés. Elle aime à voir dans la Russie son allié le plus naturel et le plus puissant. J'ai ai pour garantie le noble caractère et toutes les qualités qui distinguent Votre Majesté Impériale. '

» Je la prie d'agréer les assurances de la haute estime et de l'inaliénable amitié avec laquelle je suis , monsieur mon frère, de Votre Majesté Impériale, le bon frère,

» Louis-Philippe, n

440 DOGIMEXTS HISTORIQUES.

Proclamation

adressée aux Polonais par l'empereur Nicolas

le 5-17 décembre 1830.

tt Polonais ,

3) L'odieux attentat dont votre capitale a été le théâtre a troublé la tranquillité de Totre pays. J'en ai reçu la nouvelle avec une juste indignation et une vive douleur. Des hommes qui déshonorent le nom polonais ont conspiré contre la vie du frère de votre souverain; ils ont amené une partie de votre armée à oublier ses serments , ils ont trompé le peuple sur les intérêts les plus chers de votre patrie.

3) Il est temps encore de remédier à ce qui s'est passé et de prévenir d'immenses malheurs. Je ne confondrai pas ceux qui abjureront l'erreur d'un moment avec ceux qui persévéreront dans le crime.

» Polonais, écoutez les conseils d'un père, obéissez aux ordres de votre roi. Désirant vous faire connaître Nos intentions d'une manière formelle, Nous ordonnons :

» l"" Tous ceux de Nos sujets russes qui sont retenus prisonniers seront élargis sur-le-champ.

39 2® Le conseil d'administration reprendra ses fonctions dans son organisation primitive et avec les pouvoirs que Nous lui avons attribués par Notre décret du 12-24 août 1826.

BOGUllENTS HISTORIQUES. Ul

30 3* Toutes les autorités de la capitale et des voivodies obéiront exactement aux décrets qui seront rendus en Notre nom par ]e conseil d'administration ainsi constitué, et ne reconnaîtront aucune autorité illégalement établie.

» A? Tous les chefs de corps de Notre armée royale polonaise sont tenus , à la réception de cette proclamation, de rassembler leurs troupes et de se mettre en marche pour se rendre à Plock, que Nous avons fixé pour le point de concentration de Notre armiêe royale. Les chefs de corps nous feront sans retard un rapport sur l'état de leurs troupes. Tout armement fait par suite des troubles de Varsovie et non conforme aux états de notre armée est dissous.

» En conséquence, les autorités locales sont chargées de prendre les mesures convenables pour que ceux qui sont armés d'une manière illégale déposent leurs armes, et pour que ces armes soient confiées ensuite à la garde des vétérans et des gendarmes du lieu.

» Soldats de l'armée polonaise, honneur et fidélité, telle fut de tout temps votre devise. Notre brave régiment de chasseurs à cheval en a donné une preuve à jamais mémorable. Soldats, suivez cet exemple! Répondez à l'attente de votre souverain , qui a reçu vos serments. Polonais, cette proclamation dira à ceux qui me sont restés fidèles que je sais compter sur leur dévouement, de même que je me confie en leur valeur. Ceux d'entre vous qui auraient cédé à l'erreur d'un moment apprendront également par la présente proclamation que je ne les répudierai pas s'ils se hâtent de rentrer dans le devoir. Mais jamais les paroles de votre roi ne s'adresseront à des hommes sans foi et sans honneur qui conspirent contre le repos de leur nation.

» S'ib ont cru en prenant les armes pouvoir se flatter d'obtenir des concessions pour prix de leurs crimes, leur espoir est chimérique. Us ont trahi leur patrie. Les malheurs qu'ils loi ont préparés retomberiHit sur eux.

» 5f^n^ Nicolas. »

DOCUMENTS HISTORIQUES. 4tô

Plan conçu par Pierre le Grand pour t agrandissement de son empire.

tt Ne rien négliger pour donner à la nation russe des formes et des usages européens.

» Maintenir la Russie dans un état de guerre continuelle.^

» S'étendre par tous les moyens possibles vers le nord , le long de la Baltique ; au sud , le long de la mer Noire,

Ti Entretenir la jalousie de l'Angleterre, du Danemark et du Brandebourg contre la Suède, qu'on finira par subjuguer.

» Intéresser la maison d'Autriche à chasser les Turcs de l'Europe, et, sous ce prétexte, entretenir une armée permanente ; établir des chantiers sur le bord de la mer Noire, et, en avançant toujours, s'étendre jusqu'à Constantinople.

» Alimenter l'anarchie de la Pologne et finir par subjuguer cette république.

» Entretenir au moyen d'un traité de commerce une alliance étroite avec l'Angleterre, qui, de son côté, favorisera tous les moyens d'agrandissement et de perfectionnement de la marine russe, à l'aide de laquelle on obtiendra la domination sur la Baltique et la mer Noire.

» Se pénétrer de cette vérité , que le commerce des

Indes est le commerce du monde , et que celui qui peut en disposer exclusivement est le souverain de PEurope.

n Se mêler à tout prix dans les querelles de l'Europe , et surtout de l'Allemagne.

» Se servir de l'ascendant de la religion sur les Grecs désunis ou schismatiques répandus dans la Hongrie, dans la Turquie et dans les parties méridionales de la Pologne.

y> Enfin mettre en lutte l'une contre l'autre les cours de France et d'Autriche y ainsi que leurs alliés y et profiter de leur afifaiblissement réciproque pour tout envahir. r>

DOGUIIEKTS HISTORIQUES. 445

iV 21.

Dimensions du palais d'hiver. .

Le palais d'hiver de Saint-Pétersbourg occupait une superBcie de 654,237 pieds carrés, mesure de Paris. C'était le plus grand espace occupé par un édifice de ce genre. Le Louvre de Paris n'occupe qu'un espace de 275,625 pieds carrés; le Vatican avec le Belvédère à Rome, 478,900; le palais royal de Munich avec ses cours, 232,320; le harem de Constantinople , 260,100; le palais impérial à Vienne avec ses cours et dépendances, 432,000; enfin le palais de Caserte, 410,480.

Le palais impérial de Saint-Pétersbourg mesurait une longueur de 707 pieds de Paris, et 559 de largeur. Commencé par le comte Rastrelli, sous l'impératrice Elisabeth, il fut entièrement achevé en 1762. On y arrivait par trois entrées venant de la place Millione et les deux côtés de la Neva. Le vestibule du côté du fleuve avait 175 pieds de long sur 30 de haut. Vingt colonnes d'ordre dorique en soutenaient le plafond. Il y avait dans ce palais plusieurs salles qui traversaient deux étages de 40 pieds de hauteur, et dont quelques-unes étaient ornées de vingt-huit à quarante-six colonnes d'ordre corinthien. La salle du trône et deux autres salies avaient pour soutenir le plafond soixante-quatre colonnes de marbre. Le premier étage, de 28 pieds de hauteur, était divisé en deux rangs superposés de chambres. 11 y avait à l'extérieur trois cent quatre-vingts colonnes de 28 à 64 pieds ; dans la conr, il y avait cent huit colonnes.

446 DOCIMENTS HISTORIQUES.

Testament du grand-duc Michel.

tt ... De toutes les personnes ci-dessns nommées, je remercie du fond du cœur tous mes compagnons d'armes, tous les chefs de mes états-majors et mes aides de camp, tant anciens qu'actuellement en fonctions, pour leur manière zélée et consciencieuse de remplir leurs devoirs de service et pour leur dévouement à ma persomie. L'artillerie et le corps de la garde, le corps du génie et les écoles militaires, dont par la confiance de l'Empereur j'ai eu le bonheur d'élre le chef si longtemps , me seront chers jusqu'à la mort, et je descendrai an tondbeau pénétré d'attachement et de reconnaissance à leur égard.

» Je supplie Sa Majesté l'Empereur de laisser à ces corps, en souvenir de moi, les récompenses les pins précieuses que m'ait accordées le souverain et que j'ai gagnées en servant avec eux.

9 Je lègue au corps de la garde l'épée d'honneur enrichie de diamants que Sa Majesté l'Empereur m'a conférée pendant la guerre contre les insurgés polonais par sonrescritdu P^'juin 1831.

» A l'artillerie, les quatre pièces de la compagnie légère n"" 1 de la première brigade d'artillme de la garde dont Sa Majesté l'Empereur a daigné me faire don après le 14 décembre par son rescrit du 14 juillet 1826.

1» Je désire que ces récompenses avec les rescrits tpti les concernent soient conservées, savoir :

DOCUMENTS HISTORIQUES. Wi

m L'épée, soit à l'église de la Transfiguration, cathédrale de loui le corps de la garde , soit à l'état-major de ce corps.

» Les pièces de canon, sur la place (devant la Neva) de l'école d'artillerie , pépinière des officiers de l'arme ; si le palais de Kamennoï-Ostroff sort de la possession de mes héritiers directs, les six pièces de canon de la forteresse de Braïla, qui se trouvent dans le parc de ce palais, et dont Sa Majesté l'Empereur m'a fait présent le 29 jain 1828, devront être mises sur la même place.

n Les rescrits qui les concernent seront déposés à l'état-major du grand maître de Tartillerie.

» En général , tous les rescrits que j'ai eu l'honneur de recevoir pendant la carrière de mon service dans ces différentes branches seront remis à leurs états-majors |

respectifs pour y être conservés, et l'office que l'aide de j

camp général prince Wolkonsky, alors chef d'état-major de l'Empereur, m'adressa le 9 décembre 1822 au sujet de l'excellent état dans lequel se trouvait le régiment des j

gardes Séménoffsky, devra être conservé à la chancellerie de ce régiment.

» L'une des clefs de la forteresse de Modlin , dont Sa Majesté l'Empereur m'a fait présent par son rescrit du 6 octobre 1831, sera déposée soit à l'église de la Transfiguration , cathédrale du corps de la garde , soit à l'étatmajor de ce corps.

» En souvenir du commandement de la 1** brigade d'infanterie de la garde dont j'ai l'honneur d'être revêtu, l'épée dont feu Sa Majesté l'empereur Alexandre m'avait fait présent sera remise au régiment des gardes de Préobrajensky, et celle que m'avait donnée feu Son

448 DOCUUENTS HISTORIQUES.

Altesse Impériale le césaréwitsch grand-duc ConstantiD Pavlovitch au régiment des gardes de Séménoffsky.

D Les régiments de la garde dont j'ai eu l'honnear d'être le chef recevront comme souvenir :

S) Le régiment de Moscou , le demi-sabre avec lame de la fabrique de Zlatooust dont Sa Majesté l'Empereur m^a fait présent;

» Les régiments de Lithuanie et de Volhynie, deux demi-sabres que je portais habituellement;

» La 1'* brigade d'artillerie de la garde , la première épée que feu Sa Majesté l'empereur Alexandre me donna de sa main en 1805 , lorsque j'eus sept ans révolus et que je portais pour la première fois l'uniforme du bataillon d'artillerie de la garde, ainsi que mes deux premières épaulettes reçues également de la main de Sa Majesté Impériale en 1810;

» A l'artillerie à cheval de la garde, le sabre que je portais avant d'avoir reçu l'épée d'honneur avec l'inscription : Pour la bravoure; lequel m'avait été donné par feu le césaréwitsch grand-duc Constantin , fondateur de Tartillerie à cheval de la garde ;

» Au bataillon des sapeurs de la garde , sur les contrôles duquel j'étais inscrit, le demi-sabre à lame de damas dont Sa Majesté l'Empereur m'a fait présent.

» Je désire que toutes ces armes soient respectivement conservées dans les chancelleries des régiments de la brigade, du bataillon et du corps des cadets.

» Je charge le général-major Rostovtsoff, attaché.à ma personne, du choix de mes rescrits et de mes armes, et de leur envoi aux destinations que je leur affecte.

» Je remercie tous mes compagnons d'armes de leur zèle et de leur confiance en moi.

» Si j'ai offensé quelqu'un de mes subordonnés ou quelque autre personne avec qui j'ai eu des relalions, je les prie sincèrement et du fond de mon âme de me le pardonner et de croire à ma déclaration que ma volonté n'a jamais été de les affliger avec intention.

» Signé Michel. »

450 DOCllIEXTS HISTORIQUES.

Xoms des conspirateftrs de 1849 condamnés à être f milles.

Le coDseiller honoraire Michel Boulaschevitch Pelroschevsky.

Nicolas Speschneff, geDlilhomme, sans emploi.

Nicolas Mombelli , lieutenant aux gardes.

Nicolas Grégorieff, lieutenant aux gardes.

Théodore Lvoff II , capitaine aux gardes.

Nicolas Philippoffy étudiant

Dmitri Akhschacoumoff, bachelier es lettres.

Alexandre Khanikoff, élève externe à FUoiversité.

Serge Douroff, assesseur de collège en retraite.

Théodore Dostoîevsky, lieutenant du génie en retraite.

Constantin Desboot I", conseiller de collège.

Hippolyte Desbout II , secrétaire de gouvernement

Félix ToU , maître de littérature.

Jean Jastrjembski , conseiller honoraire.

Alexandre Plestcheïeff, gentilhomme, sans fonctions.

Nicolas Kaschkine , conseiller honoraire.

DOGUMEKTS^HISTORIQIKS. 451

Basile Golovinsky, coDseiller honoraire.

Alexandre Palm'a, lieutenant aux gardes.

Constantin Timkovsky, conseiller honoraire. Alexandre Européus, secrétaire de collège en retraite. Pierre Schaposchnikoff , bourgeois.

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