‹ Histoire de l'Empereur Nicolas (trente années de règne)Chapitre 45 sur 331 · CHAPITRE TROISIEME. IW · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME. IW

la douceur de mon existence. La plume ne saurait jamais rendre tout ce que j'ai souffert; je croyais avoir épuisé la coupe des douleurs, lorsque la journée du 14 décembre m'a fait connaître un nouveau genre de tortures, en me montrant mes deux fils exposés à la mort et la prospérité de Tempire livrée à des chances funestes. La miséricorde divine a conjuré ces malheurs, et la noble conduite de mon fils Nicolas , sa magnanimité , sa fermeté et son admirable abnégation , ainsi que le mâle courage de son frère Michel , ont sauvé l'empire et ma famille.

» Cette journée a été bien cruelle I Cependant, lorsque tout a été fini et que le soir je me suis vue seule chez moi , j'ai béni Dieu de me retrouver dans ma douleur constante. Mais quelle horrible histoire, mon cher prince !

y> Je remercie le ciel de ce que notre cher empereur Alexandre n'ait point vu l'exécution d'un complot dont il avait eu connaissance avant sa mort. Bénissons encore la Providence de ce que les coupables ne sont pour la plupart que des jeunes gens très-peu marquants , et qui , à l'exception des chefs, se sont laissé entraîner par l'orgueil et par l'ambition sans prévoir peut-être l'abîme qu'ils creusaient sous leurs pas. Les chefs eux-mêmes ne doivent pas leurs titres aux services qu'ils ont pu rendre à l'Etat; il y en a très-peu qui aient bien servi. Dans tous les cas , les malheureux qu'ils ont flétris par leurs crimes et déshonorés dans leur réputation d'officiers, seront la désolation de leurs familles Le convoi

de notre ange bien-aimé arrive le 20 à Tsarskoé-Sélo , pensez quel jour de douleur et d'angoisses ce sera pour moil... »

Tout le cœur de la femme, de la mère et de la souveraine se retrouve à chaque ligne dans cette lettre, écrite sous l'impression d'un événement qui pendant de

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longes heures avait tenu ea échee les principes fondamentaux de l'empire nisse ^ et fait de l'ordre de succession au trdoe une question révolutionnaire , résolue par le triomphe de la justice et du droit

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