‹ Histoire de l'empire de Russie (volume 3)Chapitre 21 sur 38 · Tome IX · texte numérisé non relu

Tome IX

4^. HISTOIRB

i58t. c|u1à C'et^eiTet il àtleodait les plenipoteatiaires ru8i^es y qui le trouveraient à Isb tête d une arniée birilfkuntte et nombreuse jneniin que la continuatioa de la guerre: menaf ait la Russie des plus grandes calamités I C'ea, était assez pour intimider Jean : il. résolut^ 'dans, un conseil où se trouvaient les tzaréTitchs et les boyards^ <( de >K éédef à la nécessité ytLl<^ puissance de JBatory y >>fàUië des Suédois^ qui - aidait d sa disposition » les fbrves de plusieurs nkitions, et de lui aban- »t donner y mais seulement j ljlmernièrè jsx- )y TRÈMiTÈ y toute la Liùome russe , à condition >K qu'en échange , le roi rendrait ses autres conrn ?quâtes et ne comp^ndr^ait pas les Suédois dans >i le trente^ laissant amx Russes ie druiide le» n ! tnetire d la raison^ » j '; r?'* < i i9égocîa- :GkargB8fde ces instructions y flei prince Dmipaix^. ' tri. Éieilzliv et Roman 01férief>fgârde «des sceatii^y &ii^eat envoyés à Batory à l'eâTet . xLe conclure la paix ou au moins une trèye.^Lejésmte'^iambaESsadeur de £ome> qui kisalttèndast «à. Béchebkovitch^ entre Opoky^ e%.i£birkhb£> «rpiva: arec eux leaS decembtë au'viUa'gé de Kivérdvà^jrora^ oii< déjà se ' trop^vaient ï réxcnia jlai hroïévbde Jeaat

Zbarasky y le maréchal> prince; Albfist^ïUideiyiU eti. Michel 'Harabourda.> «eorétairê dUnlghàiid; dvMikéfde Lithnanie, plénipotex>tisiin69 d'JËtienney

Dans ces lieux déyastés par la guerre^ incendiés i58i. par Pennemi^ au milieu de déserts couyerts de neige ^ on vit paraître tout à coup le luxe et la magnificence; les dignitaires du tzar et leur suite étaient richement vêtus ^ et For resplendissait sur leurs habits ainsi que sur les harnois de leurs chevaux « Sous des tentes où de grands feux étaient allumés^ on voyait étalées des marchandises précieuses; mais on n'avait que des chaumières enfumées pour logement^ du mauvais pain pour nourriture^ de l'eau de neige pour boisson« Les ambassadeurs ru^^es mangeaient seuls de la viande qu'on leur apportait de Novgorod et dont ils régalaient tous les jours le jésuite Antoine. Les négociations s'entamèrent sur-le-champ^ et Batory^ après avoir donné les instructions nécessaires à ses ministres ainsi qu'à Zamoïsky > son principal voïévodé , se mit en route pour Varsovie ^ en prononçant ces mots : i< Je pars auec une troupe fatiguée et » affaiblie y pour revenir bientôt à la télé d^une » armée nouvelle. »

Ce départ ^ qui ^ sans doute ^ avait poUr but d'obtenir de nouveaux secours de la diète > était ^ dans les circonstances où se trouvait le roi> une témérité de sa part. L'armée exténuée montrait des dispositions séditieuses ; elle maudissait le

i58i. funeste siège de Pskof, demandait la paix et murmurait hautement contre Etîe»ne, qu^elle accusait de faire la guerre sans autre but que de conquérir la Livonie pour la donner à ses neveux. La présence du roi contenait encore les raëcontens ; mais après son départ ne devait-il pas craindre* une révolte générale? toutefois il se fiait à Zamoïsky comme à un auEre lui-même y et sa coi»fiance était bien placée. Ce ministre guerrier , méprisant les reproches , les railleries et les menaces , sut réprimer Faudace des rebelles par la sévérité, encourager les faibles pa-r Fesperaoce : « Les ambassadeurs m<yseo9ites , » leur disaith-il, pous observent, S*ils vous i^oient » courageux et patiens , ils céderont tout ^ si » au contraire vous montriez du découragement, » leur orgueil n^ aurait plus de bornes y et per^ )!) dat^t l^ fruit de nos victorieux travaux y nous » n'obtiendrions m paix rd gloire* » Ou doit regretter de voir Zafiioïsky mêler sans rougir d'indignes artifices à cette fierté magnani>fne : il imagina ou approuva une méprisable trame pour faire périr le principal défenseur de Pskof. Un prisonnier russe y mis en liberté- par les Polonais sans aucune stipulation, parut dans cette ville, portant avec un coffret la lettre suivante, adressée à Schouïsky par un Allemand

nomme MoUer. w Prince^ àis^xt-ïl^j^ai été long" i5Si. » temps au service du tzar avec George Fah^ w renabach, et je n^ ai point oublié ses bontés, n Décidé d me réfugier secrètement près de vous, » Je vous envoie d^ avance mon trésor. Ouvrez » cette boite ^ retirez^èn Vor qui s^y trouve et M gardez-le Jusqu àmonarrivée. )yHe\ireu&ement cet étrange message inspira quelques soupçons aux YOÏeTodes. Us firent appeler un ouvrier habile qui , ayant ouvert le cofFret avec précaution , y trouva plusieurs pistolets chargés à balle. .Si Schouïsky eût ouvert lui-ménie cette lïMiichine ^ il eût perdu la vie par l'explosion des armes à feu qu'elle coutenàit^ Sauvé par le ciel^ il écrivit à Zamoïsky que les braves tuaient leurs ennemis dans les combats^ et lui proposa un duel ainsi quQ Batory l'avait fait à Jean. Bien que déjà instruits de l'eqtrevue des plénipotentiaires^ tes voïévodes russes. veiUaient avec la même activité au salut de la ville. Le joui*, lav nuit, ils harcelaient, ils combattaient \eê Polonais dont le nombre se trouvait enfin réduit à vingtsix mille hommesw

Si les gens de guerre remplissaient leurs de^ voirs, les hommes 4'É^at/d^plo]f aient le même sèle. A la vérité > le prince Életzky et Olférief , exécutant à la lettre le& volontés du tzar, se

i58i. trouyèrént dans l'impossibilité de soutenir la dignité et les intërêts de la Russie ; mais on ne peut le leur reprocher. Ils surent au moins agir avec circonspection^ informant le tzar de la situation peu avantageuse de Fennemi ; ils parvinrent à prolonger les confe'rences , hésitant dans les concessions , espérant toujours de nouveaux ordres et un changement heureux dans Fesprit de leur timide souverain. Ils parlaient aux dignitaires polonais, sans s'humiliier, avec une douceur mêlée de noblesse. En un mot^ ils désarmaient leur vanité sans la blesser. « S'il » est vrai , leur disait Zbarazky^ seigneur polo- » nais, que vous soyez venus ici pour terminer » une affaire et non pour prodiguer d'inutiles » paroles, déclarez donc que la Livonie est à ^ nous ; écoutez ensuite les dernières conditions » que vous impojse le vainqueur, déjà maître )» d'une partie considérable de la Russie, et qui » bientôt le sera également de Pskof et de Nov-i » gorod. Il attend de vous une réponse décisive ^ » et vous accorde trois jours pour réfléchir. » Les Russes lui répondirent : « La hauteur avec )) laquelle vous nous parlez ne démontre pas » Famour de la paix. Vous exigez que , sans » aucun dédommagement, notre souverain vous h cède une riche province et se prive des ports

91 nécessaires pour la libre communicatiQn de la iSK 4) Russie aTec« les autres puissances. Pendant M quatre toais xaus av.eî^ assiégé Pskof , certàiw nement avec un courage digne d'^pges ; cer » pendant quel succès. àves^-vo^s obtenu? Cpii- » servez - vous réeliejnent.resppir de.prendi^ » cette ville ? Mais si vos projets ne rëussissaieHit w pas > vous vous exposçritiz à perdre v ot re arp » mee et ;toutas vos conquêtes. » > . >

Au lieu des trois ]o^rs accordés par Batory^:iI s'était écoulé plus de trois semaines en entrer vues . en débats oii Iqs Jl\tsses montraient autant de sang-froid que les Polonais y mettaient de chaleur. Les ambassadeurs de Jean cédaient au l'oi quatorze villes de^Liyonie occupées par les troupes russes^ ne se réservant que Polotskavec quinze places fortes^ proposition que rejetaient les envoyés d'Etienne : ils exigeaient la Livonie.en^ tière et des dédommagemens pécuniaires pourle$ frais de la guerre. Ils demandaient que 1^ roi de Suède fûtcompris dans le traité ; en vain Életzky et Olférief soUicitaientl'intervention de Possjevin, pour diminuer les prétentions des Polonais^ le rusé jésuite ^ devinant les secrètes instructions du tzar^ vantait l'invincible Batory ^ et témoignait une compassion mensongère pour les. nouveaux et inévitables malheurs de la Rujssie ^ si , p^F

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i58i. opiniâtreté^ elle Toukit eotftitiuer la guerre. Les Tmëyodes de ¥skof étaient les seuls qai secondassent les vues des ambassadeurs mosoovites*

i58i. Le 4 janyier , daos un9 at^que vigoareuse contre Zamoïsky'^ avec la caralerie et l'in&nterie sous leurs ordres^ il^ firent un nombre considérable <}ér prisonniers 9 tlièt^nt plusieurs officiers enneniis;> et rentrèrefit dans la ville avec leurs trophées. Cette sortie était la quapanrte-sixième ^ et comme celle d^adrèust aux Polonais; car Zamoïsky fit dire aux ambas^deurs d'Etienne que la patiehcede Farmée était épuisée^ et qu'il fallait ou battre en retraite ou signer le traité* Alors Zbarasky ayant déclaré qu'il avait Tordre de rompre les négociations, Élelfcky et Olférief se trouvèrent forcés d'accepter la condition prîn^ cipale , n'osant pas désobéir au taar et retour- Conclu- li^ à Moscou; saus y rapporter la paix: c'est-

sion d'une , . i . r ^

trêve. à^dire, qu an nom de Jean, ils renoncèrent à la Livonie , cédant aussi Polotsk et Vélige. De son coté, Batory consentait à n'exiger aucune contribution en argent; k ne faire mention dans le traité , ni du roi de Suède ^ ni des villea de Revel et Narva en Esthonie ; enfin à restituer au tzar Véliki-Louki , Zavalolchié, Nével , Kholm , Sebège, Gstrof , Krasnoï, Izborsk, Gdof, et foutes les autres villes du district de Polotsk. Ces con-

ditions une fois, arrêtées?, oh conclu! une trêve i59%. de dix ans, à ppptir dit 6 janvier i58îi ; mais pendant phislétlrfe jbuf s encore les titi^s et la rédaction donnèrent lieu à de vives discussions. Une fois , entré autres, dans un moment de vivacité FAi/mô^/^ jésuite Antoine s'oublia au point d'arracher des mains d'Olfërief la minute du traité, qu^îl jeta par terre , etprit le dignitaire russe à la gorge. En perdant la Livonie, Jean avait la prétention d'être désigné dans Tacte qui Peu dépouillait comme souverain et tzar de Liironie y dans le sens d^Empereur , ce que ne voulaient entendre ni les ambassadeurs d'Etienne, ni celui du pape. Les premiers, comme par ironie, demandaient Smolensk, Veliki-Louki et toutes les villes de Sévérie pour se décider à lui accorder le titré de tzar; encore n'était-ce que dé Kazan et d'Astrakhan, dans Facception de hospodar et désignant de la même manière les voïévodesde Moldavie. Possevin prétendait qu'au pape seul était réservée la puissance de concéder de nouveaux titres aux têtes couronnées. Enfin il fut convenu entre les plénipotentiaires que , des deux copies de l'acte de la trêve , celle destinée à la Russie donnerait à Jean le nom de tzar, souverain de Smolensk et de Ldvonie , tandis qu'on lui accordait seulement le titre de prince

iS9a. dans cellç &ite pour le, rai qui s'y trouvait traité de ^UPerain de la Liponie* Après avoir ratifie le traité par serment ^ les négociateurs s'embras^ sèrent en amis ^ et^ le 1 7 janvier^ pn annonça aux voïévodes la trêve qui vçnait de se conclure. A cette nouvelle 9 le camp des Polonais ^ plongé jusqu'alors dans un morue silence , se ranima tout à coup et se livra aux transports d'une joie bruyante. Les défenseurs de Pskof , dont les honorables exploits étaient terminés ^ offraient au ciel d'humbles actions de grâces. Zamoïsky les . ayant invités à un festin , le prince Jean Schouïsky y envoya ses plus jeunes voïévodes et se livra au repos, sans vouloir prendre part à des rejouissances.

Ainsi se termina une guerre de trois ans, moiàs sanglante que désastreuse pour la Russie ; plu^ ignominieuse pour le tz^r que glorieuse pour Batory. Au milieu de ces événemens mémorables, Jean montra toute la faiblesse d'une âme dégradée par la tyrannie. Devançant la grande idée de Pierre I". , celle d'avoir à sa disposition des ports de mer pour les relations politiques et commerciales de la Russie avec le reste de l'Europe, la conquête de la Livonie était devenue l'objet de ses constans efforts. U avait combattu vingt^quatre ans pour arriver à son but.

avec mesure , avec prudence ; ce projet avait oc- *^'*' casioniié à la Russie des pertes considérables en hommes et en argent : cependant ce prince^ qui pouvait disposer d'une armée nationale presque aussi nombreuse que celle de Xerxès , aban-. donnait tout à coup Fhonneur et les intérêts de la patrie aux restes épuisés de la troupe hété-^ rogène commandée par Batory. C'était la première fois que la Russie concluait avec la Pologne un traité aussi désavantageux et . presque déshonorant; si elle conserva ses anciennes li-, mites ) la gloire tout entière en appartient à- Pskof. Telle qu'une digue inébranlable , cette ville enleva à Batory la réputation à^ invincible. Si elle fût tombée en son pouvoir, loin de se contenter de la Livonie , il n'aurait laissé à la Russie ni Smolensk, ni laSévérie, et peut-être même^ profitant de l^espèce de charme sous lequel Jean paraissait assoupi , se serait-il emparé de Novgorod. £n effet, les contemporains attribuaient à une puissance magique l'inconcevable paralysie des forces de la Russie. Ils disent qu'effrayé par des visions et des miracles , n'ajoutant aucune confiance à ce que les rapports de ses voïévodes avaient de rassurant, le tzar n'attendait que des malheurs de la guerre contre Batory* L'apparition d'une comète avait, disait*on, pire-

1^3 sage les câlamifës de la Russie : le jour de Noël y par u» cielëclairë des rayons du soleil^ la foudre ayait embrasé la chambre à coucher de Jean , dans la Slobode Alexandrovsky : on avait entendu aux environs de Moscou une voix terrible qui cr\sAtfi^ezyfuyeZy&ua$es!T\dîa& les mêmes lieux y une pierre sépulcrale en marbre , sur laquelle se trouvait une in$€ription mystérieuse et inexplicable , était tombée du ciel : le tzar étonné^ avait ordonné à ses gardes de la briser^ après l'avoir examinée Ini-mémei. Fables dignes d'un siècle de superstition ! Ce que l'on ne peut mettre en doute y c'est que EsKof ou plutôt Schouïsky sauva la Russie d^tm imminent péril : tant que nous conserverons l'amoubde la patrie et le nom de Kusses y le souvenir de. cet important s/çrvice se conservera dans noire' histoire.

Le 4 février, Zamoîsky s'avança en Livonie pour y prendre possession des villes et des places fortes qui devaient lui être livrées. Satis&its de s'éloigner de Pskof, ses compagnons d'armes détournaient leurs regards de ses murailles en-* tourécs des tombeaux de leurs frères. Alors seulement la ville d'Olga ouvrit ses portes. Ses habîtans ^ ses guerriers y qui avaient si gk)rieusement preuve leur dévouement pour la putrie, traversé mille dangers y jouissaient du contente-

ment le plus pur que rhomme puisse éprouver. »582. il n^en était pas ainsi des Russes établis en Li~ Tonie oii , depuis long-tempst^ ils se regardaient comme dans leur |^trie; ils y atai^ent leurs familles y des maisons , des temples ^ uft é^êché ( à Dorpàt )> et conformiément au traite 3 iiteur fallait sortir de ce pajs^ avec leurs femràes et letirs enfans y pour aller à NoVgoorad ou à Pskof. Accablés de regrets , ils versêreiït dés larmes eh écoutant , po«ir la dernière fois-, le son des cloches de Fégiise orthodoxe, humiliée et proserifle; mais elles coulèrent arec plus d'amertume encore sur les tombeaux de leurs parensr. Pendant près de six siècies la Russâe arait compté ia Li- Toïkie au nombre de ses domaines y car elle avait gourerné ses sauvages- habitans dè& le règne du grand Vladimir ; elle y avtiit bâti des fôtrteresses sous Yaroslaf 3 levé des ionpôts dans la province de Dorpat à Fépoque la plus flori^ante del- Ordre; toutefois elle renonçait solennellement à ce pays», arrosé de sang russe; elle y tenoôçait pour hmgtemps; c^est-à-dire, jusqu'aux conquêtes du

héros de Pultava? ! Cependant te peuplé ,

toujours ami de la paiji , bénissait la fin d*ttne guerre désaisftreuàe. Qttaiif au t^at^ iU^^ëiâWatt qu'il fôt arrivé etifin' à pouvoii» joRttir du repos qu'ambitionnait son âme timide ; infais ta puis-

i58i. sance céleste vint s'y opposer^ Dieu ayant choisi cette époque pour livrer au plus terrible des supplices , un cœur dans lequel la cruauté n'avait pas éteint les senlimens paternels.

infanti- Lç tzar préparait à la Russie un autre luimême dans la personne de Jean^ son fils ainé^ objet particulier de ses affections. Soit qu'il présidât au conseil ou qu'il parcourut l'Empire , il s'occupait avec lui des affaires de l'État ; mais il le prenait aussi pour compagncm de débauches et de meurtres j comme potir ôter à ce jeune prince les moyens de faire rougir son père^ comme pour enlever à la Russie l'espoir d'être mieux gouvernée par l'héritier du trône. Sans être réuf , le tzarévitch avait alors pour troisième épouse^ Hélène^ de la famille des Sché*^ rémétief. Les deu± premières, Marié Sabourof et Prascovie Salovoï, avaient été forcées de pi*endre Je voile. Changeant de femme à son gi^ ou selon les caprices de son père y comme lui il changeait aussi de concubines , afin que la ressemblance fût plus complète entre eux. Toutefois ce prince dont l'éducation avait endurci le cœur d'ime manière effrayante > qui était plongé dans la dissolution, déployait en même temps beaucoup d'esprit dans les affaires et paraissait seùsible à la gloire ou plutôt à l'ignominie de sa patrie.

DE KUSSIÉ. 447.

]^eiidant le conrs'iics négoeiatious pour la paiz^ i58a. toucké de Fétat déplorable de la Russie ^ apercevant l'expression de la douleur sur toutes les physionomies , instruit sans doute du méconten-tement général ^ le tzârévitch se sentit animé d'un noble zèle. Aussitôt il va trouver son père et lui .demande d'êti^e envoyé., avec des troupes pour chasser Fennemi^ délivrer Pskof et relever rhonneur.de la Russie. Cette généreuse proposition excite, le courroux de Jean : « Rebelle, s!é4rieTnt-il , tu ^eux nié ' détrôner, de concert auec les bayard^! » Et il lève, le bras contre sou fils* Boris. GpdouQof essaie en vain de l'attrêter ; Iç tzar ayiec. f on ,bâton ferré lui fait plusieurs bless.ureSj et d'un ; coup- violent sur. la. t^teidu tzârévitch .^^ il renverse l'infortuné baigné dansi. son sang», ^- cet aspect, la fureur de Jean s'évanouit* Fi:appé de terreur, pâle> tremblant, il. s'écrie avec l'acçeqt du4ésçspoir : malheureux, J^ni tU(é mon fils J.**.. .ï^ ^. j^tte sur lui en versant des, larmes. m'embr^l^sait, esjsayant dfarrètjsr le sang qui.. coulait d'une profonde bles$upç ; il, appelait à grands cris Iç secours des niédecins ; il in|.plprait la miséricorde de Dieu etleparckq çle,^Qn fils«..« Mais la justice cél^te venait d'ac- CQpoplir S€^ décrets ^ • « « • Ljç tzait^v^tph , , bfi|^$i.nt^ les malins de son, père, lui prpdîgV^9;it 4p tendres

i58a. témoignages d'amour et et coiapassioii y l'ea^geaiit à nie pas s'abandonner au désé6})dir. ce Je meurs , lui disait-^il^^s soumis et M^jet fidèle. » Il expira quatre jours aprèis ( le 19 novembre ) j dans rhôrrible repaire d^Âlâxandroysky • Au milieu de ees mur^ ou , pendant tant d'années y atait cdulé le saBg innocent^ le tzar^ baigrië de celui de ddn fils^ irtter^é^ Fœii hagard^ resta plusieurs jotcrst.assû^' auprès du cadavre 4e sa victin)e> sans prendi^ detuMxrrituï'e^ suus goûter un instani de â^nîeil 1 Le â^ ndvemUre ^ les dîgûitfeir^ 'déla^ôUr} lés |)Oykrds/les princes vêlds d-halbîts dedenîl, jWrlèt*ènt à Moscou les resté» djl' ttarévitch. ^J'ean suivit le cortège , à pied , jusl^u'à P^glîàè de Sàîrit-^Mitibbl- AîHîiisfflge où il indiqua la'pïàcié dû ïéAibèaii parmi les *éptthnfe^ de ses ancêtre^. ^Êë^ frfnéHiifleà ftcreut itteigiiBS<îjtïe^ et t6ucharitëé;'dn dé]frlot*ait géilëraleméht lé sort d'uia jéiftie hc>mme né {Km!* le tiiètîe , qui aurâîf pu vîvi^ poar le bonhéti* et la vfertù, si son père, viofemt M lëis ^elà nàtdre, rie Fatàit plongé dattfe làf^'jfA'atatioti ;èl dans la tombe ! L^hùittànité ti^lom^hWît, éH |>làî^âînt le fââr :lfti-iliême. . . . Diépottiéë' dés marques de siâ d%M«é, côuvei*¥ dé fegùbi-éi vêtcméns , dai« Pà'ppttî^eilètiflndf'ùtipëébetti^^é&éSpéi^, ilpotfss^it èë^ dti^ Àédfeiî^àws et se fràpJ)âMâr «été édiitré

la terre , contre le cercueil cle son malheureux fils . i^^*

Voilà comment les justes arrêts du vengeur céleste tombent quelquefois , dans ce monde znéme^ sur des monstres d'inhumanité 3 plutôt pour l'exemple que pour changer leur cœur pervers; car il existe dans le crime des limites au-delà desquelles il semble qu'il n'y ait plus de repentir sincère > plus de libre et décisif retour au bien. En proie à des tourmens qui anticipent sur. celix des enfers ^ ils achèvent sans espérance leur coupable carrière* Depuis longtemps le tzar avait franchi cQtte limite fatale ^ et le retour d'un pareil monstre à la vertu aurait pu scandaliser les esprits faibles^ .v Pendant quelques jours abandonné aux plus violentes angcHSses^ il ne connaissait plus les douceurs du sommeil. Au milieu des nuits ^ comme épouvanté par des spectres , il se réveillait en sursaut , tombait de son lit > se roulait par terre , en poussant de lamentables cris ; état affreux que l'épuisement de ses forces parvenait seul à calmer! Alors étendu sur un matelas qu'on lui préparait d'avance > un assoupissement momentané suspendait ses remords i il appelait et redoutait l'aube matinale 3 craignant de voir les hommes et de leur montrer sa physionomie empreinte des tourmens de l'infanticide.

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