CHAPITRE VI
Conquête de la Sibérie.
Premières notions sut* la Sibérie et sur l'empire des Talars dans ce pays. • — Le plus ancien voyage des Russes en Chine. — Illustres négocians Stroganof. — Perfidie du tzar Koutchoum. — Brigandage des Cosaques. — lerxnak. — Expédition contre la Sibérie. — Courroux de Jean FV . — Exploits d'Iermak. — Combats. — Conseil nocturne des Cosaques. — Bataille décisive. — Prise d^Isker ou Sibir. — Sévérité d'Iermak. — Le prince Mahmetkoul est fait prisonnier. — Suite des conquêtes. — Ambassade à Moscou. — Joie publique à Moscou. — Expédition d'une armée en Sibérie. — Nouvelles conquêtes. — Gratifications du tzar. — Maladies et famine en Sibérie. , — Imprudence des Cosaques. — Siège d'Isker. — ^Dernières conquêtes d'Iermak. — S'a mort. — Portrait du héros de la Sibérie. — Les Cosaques quittent ce pays.
Al. Pépoque où le tzar , pouvant disposer d'une armée de Soo^ooo hommes , abandonnait lâchement ses possessions occidentales à 265OO0 polonais ou allemands épuisés et à demi-morts^ une
bande peu nombreuse d'aventuriers, excités, d'une part, par la cupidité'; stimulés, de l'autre, par un noble désir de gloire , faisaient , pour la Russie, la conquête d'un nouvel Empire; ils ouvraient à l'Europe un autre nouveau monde, froid, inhabité, mais fournissant en abondance ce qui peut suffire à la vie de l'homme ; remarquable surtout par la variété, la grandeur, les richesses de la nature. Dans ces contrées ignorées jusqu'alors, le sein de la terre renferme des métaux, des pierres précieuses, et les forêts profondes sont peuplées d'animaux à riches four-^ rures; de vastes déserts, ensemencés de blé sauvage par la nature elle-même; des fleuves navigables, des lacs immenses et poissonneux; des plaines étendues et fertiles , n'attendent que la main de l'homme laborieux pour présenter,, dans le cours de quelques siècles, le tableau d'une nouvelle activité sociale, pour ouvrir un asile aux peuples resserrés en Europe et offrirà l'excédant de sa population une bienfaisante hospitalité* Trois marchands, secondés par un chef fugitif des flibustiers du Volga, formèrent, sans aucun ordre du tzar, le hasardeux projet de conquérir la Sibérie au nom de ce souverain. L'immense étendue de l'Asie septentrionale, bordée par les monts Ourals, la mer glaciale,^
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l'océan oriental et la chaîne Âltaïque y patrie de quelques faibles tribus mogoles^ tatares^ tchoudes et américaines y avait échappe à la curiosité des anciens cosmographes» C'est là, sur le plateau le plus éleué du globe j que, d'après les suppositions du célèbre Linnée, la famille de Noé doit avoir trouvé son premier asile, après le déluge universel. C'est en ces lieux que l'imagination des contemporains d'Hérodote plaçait les griffons gardant Vor; mais avant l'invasion en Europe des Hu^ps , des Turcs et des Mogols, l'histoire n'avait aucune notion sur la Sibérie, Les aûcêtres d'Attila erraient sur les Premières bords du Yenisscv : c'est dans les plaines d'Altaïs «ar la Si- quc le famcux khan Dysabule avait reçu Zemarque, ambassadeur de Jusiinien. Ceux de saint Louis et d'Innocent IV, dans leur voyage à la cour des successeurs de. Genghis-Khan , avaient côtoyé le kc 3aïkal , et le malheureux père d'Alexandre Nevsky s'était prosterné devant Gaïuck, aux environs du fleuve Amour. Tributaires des Mogols , hes Russes, avaient connu le midi de la Sibérie au treizième siècle,* dès le onzième, les audacieux Novgorodiens, conquérans du nord'-est de cette contrée, s'enrichissaient déjà de peUeteries précieuses. Vers la fin du quinzième, les étendards de Moscou flottaient
DE RUSSIB. fyj\
au-dessus des neiges des montagnes de pierre^ sur le sommet des monts Rypliées, et les-yoïëi^odes de J^an III avaient proclamé son nom sur les rives de la Ta^da , de l'Irtisch et de l'Oby, à 5ooo Tersteâ de Moscou {a). Déjà ce m(»i^rque prenait le titre de prince d' Yougorie , donnant à son fils celui de prince èiOhdorie et de Kon-*dinie ; enfin ^ appelant son petit^fils prince de Sibérie^ car il avait rendu tributaire cette puissance mogôle ou tatare qui s'était formée des anciennes tribus d'Ischim, de Tumien ou de Schiban, connues des R^ses depuis i48o> et dont le nom venait probablement de celui de Schiban^ frère de Bâti, souverain de l-Âi^e sieptentrionale j à l'est du ktc ÂraL
Selon quelques rapports, le prince Ivak ou ^pire On , de la tribu des Nogsûs^ et sectateur de Ma- en SiWriç. homet', fixé près de la rivière d'Tschim, gouvernait des hordes de Tatars , d'Ostiaks et de Vogoulitebes , et fat détrône par im. factieux, nommé Gengkis* Celui-ci , par amitié pour Taïbouga , fils du prince dépossédé , lui donna une armée pour faire la conquête des rives de l'Irtisch et de l'Oby , où ce jeune homme fonda la principauté de Sibérie, ainsi que Ist ville de
(a) Douze cent cinquante lieues communes de France, de iringt«cinq au degré.
Tchingie, sur la Toura. On y vit régner ensuite Khodja^ fils de Taïbouga^ et son petit-fils Mar^ père d'Ader etd'Yabolak, marie avea une princesse de Kazan, sœur d'Oupak; celui-ci tua M ar^ et fut mis à mort par Mal^met^ fils d'Âder^ qui fonda la ville d'Isker ou de Sibir sur le fleuve Irtisch^ à i6 verstes de Tobolsk. Les successeurs de Mahmet furent :
Agiseh^ fils d'Yabolak;
Kazouï, fils de Mahmet, et ses enfans;
Edigher ^ tributaire de la Russie^
Et Bekboulat^ détrône par Koutchoum^ fils de MouFtaza , khan des Khirgis et premier tzar de Sibérie y également tributaire du souverain de Moscou. Ces rapports peu authentiques, faits, aux Russes par les peuples mahométans de la Sibérie, furent insérés dans les annales de ce pays> sans aucun examen critique. Dans.l'édit du tzar^ donné en 1 697, le premier khan de Sibérie est nommé Ibak, aïeul de Koutchoum ; le deuxième, Mahmet; le troisième, Kazouï, et le quatrième, Edigher, princes de la race de Taïbouga. Il est à remarquer que les troupes moscovites qui , en 1485, combattaient sur les. bords de FIrtisch, n'avaient trouvé aucun Tatar d^ns ces lieux oii existait déjà la forteresse de Sibir, et gouvernés par un prince nommé LiatiJs , probablcinent
prince de Yougorie ou des Ostiaks. Par conséquent tout porté à croire que les Nogaïs dlschim^ réunis à ceux de Tumen^ ne prirent possession des bouches du Tobol que vers le seizième siècle , et qu'ils ne fondèrent pas , mais qu'ils prirent la ville de Sibir^ nommée par eux Isker. Jean connaissait déjà le chemin de cette capitale d'Edigher et de Koutchoum y car plusieurs dignitaires moscovites en avaient fait le voyage; toutefois ses désirs n'étaient pas satisfaits^ et sa curiosité le portait à étendre ses découvertes jusque dans des régions plus éloignées-. A cet effets il fit partir en iSôy deux hetmans cosaques ^ Pétrof et Yalitschef, pour les pays situés Le plus
ancien
au-delà des contrées méridionales de la Sibérie, Toyagedes et leur remit des lettres amicales adressées aux Chme. souverains ignorés de nations inconnues. Â leur retour^ ces hetmans présentèrent au tzar la description de tout le pays qui s'étend depuis leiac Baïkal jusqu'à la mer de Corée. Ils avaient visité les tribus de la Mongolie noire ou occidentale soumise à différens princes; ainsi que les villes de la Mongolie jaune ou orientale , gouvernée par une femme dont les sujets jouissaient des avantages de l'agriculture et du commerce. Après avoir répété ce qu'ils avaient entendu raconter au sujet du Turkestan^ de la Boukarie^
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du Kasgar et du Thibet y les voyageurs de Jean rapportent^ dans leur intéressante relation^ qu'une patente de la tzarine de Mongolie leur fit ouvrir les portes de fer de la muraille de la Chine; mais que^ parvenus jusqu'à la riche et populeuse ville de Pékin y il leur avait été impossible de voir Fempereur^ n'ayant pas de presens à lui offrir de la part du tzar. Voilà les premières notions parvenues aux Russes relativemeut à la Chine : c'est à la rare intelligence^ au courage^ à la patience de deux cosaques^ qu'ils eurent .ohligation de précieux et véridiques renseignemens sur ce pays ; car ces voyageurs surent résister aux fatigues^ vaincre les dangers inséparaltles d'une route lointaine à travers des déserts inconnus ^ des montagnes et dies hordes de barbares^ que MarcorPaulo^ célèbre voyageur vénitien^ n'avait vus qu'en partie au treizième siècle.
Cependant la domination russe aunielà des inonts de pierre était encore âiible et mal assurée. Les tatars de Sibérie avaient^ à la vérité > reconnu Jean pour chef suprême; mais ils payaient mal leur tribut et ils inquiétaient même , par de fréquentes incuirsions^ la Grande- Fer mie, frontière de la Russie. Occupé de guerres importantes et continudles y le tzar n'avait pu
ni consolider sa puissance sur les contrées loin* taines de la Sibérie^ ni établir la sécurité de ses possessions entre la Kama et la Dvina ; c'est dans ces lieux que depuis longues années on avait •vu s'établir un grand nombre de Russes attirés par la fertilité du sol^ par la facilité de se procurer à peu de frais tous les besoins de la vie ^ enfin par les avantages d'un commerce d'échange avec les peuplades demi-sauvages des environs ^ particulièrement richesen pelleteries. Au nom- lUwtres
* * ^ nëgocians
bre de ces colons se trouvaient Jacques et Gre- Stroganof. goire Stroganof, négocians, dont le père s'était enrichi en établissant des salines sur la Vouitchegda et qui , le premier, au rapport des étranjgers, avait ouvert un chemin au commerce russe au-delà des monts Ourals. Ces négocians étaient issus d'un illu&tre mourza de la horde d'Or, baptisé sous le nom de Spiridîon : ce fut , lui qui enseigna aux Russes l'usage du calcul par le moyen de grains enfilés. Les Tatars irrités contre lui l'ayant fait prisonnier dans un combat , le mirent à la torture et le rabotèrent jusqu'à la nïort , d'où est venu le nom de Stroganof, donné à son fils ( du verbe russe strogat , rabf>tçr ). Son petit-fils avait contribué à racheter le tzar Yassili, l'aveugle, prisonnier à Kazan. Décidé à prendre des mesures vigoureuses pour
soumettre la Sibérie à sa puissance^ le tzar fit venir à Moscou Jean et Grégoire Stroganof qu'il regardait comme gens de bon conseil^ connaissant parfaitement les régions nord-est de la Russie : il s'entretint longuement avec eux^ approuva leurs projets et leur fit^ par actes authentiques ^ concession à perpétuité de terres incultes sur les bords de la Kama ^ depuis la Permie jusqu'à la rivière de Sylva y ainsi que des rives de la Tchoussovaïa. Il leur permit d'y construire des forteresses propres à les garantir des déprédateurs sibériens et nogaïs; d'entretenir à leurs frais de Partillerie et des gens de guerre; de prendre à leur service tous les homme's libres y à l'exception des déserteurs et des vassaux toz7labiés et corvéables ^ d'exercer sur eux une justice indépendante des gouverneurs et magistrats de Ferme : exempts des fournitures d'équipages ou de vivres aux ambassadeurs qui parcouraient la ligne de Moscou en Sibérie , ils étaient autorisés à bâtir des villages^ à établir des salines^ à défricher les terres, à faire ^ pendant vingt années 5 le commerce du sel et du poisson, sans être assujettis à aucuns droits ; de leur côté ils prirent l'engagement de ne pas exploiter les mines de métal, qu'ils pourraient découvrir, comme celles d'argent, de cuivre ou d'étain, mais d'en
informer^ sur-le-champ, les trésoriers du tzar. ï558 Satisfaits de la faveur du souverain , les Slroganof riches, actifs, fondèrent, en i558, la petite ville de Kankor , vers Fembouchure de la Tchoussovaïa , sur le cap Pyskor, où était situé le couvent du Sauveur ; ensuite la forteresse de Kerghedan , en 1 564 9 enfin , cinq à six ans après, quelques bourgs fortifiés sur les bords de la même rivière et de la Sylva. Us ne tardèrent pas à y attirer cpiantité de vagabonds , de gens sans aveu , en promettant d'abondantes ressources au travail et du butin à l'audace. Â l'instar des princes régnans, ils avaient leurs propres troupes, leur juridiction particulière, et gardaient le nord-est de la Russie : en j5j2 ils s^paisèrent une révolte des Tchérémisses , dés Ostiaks et des Bachkirs, par une victoire signalée sur leurs bandes confédérées, et forcèrent ces rebelles à prêter un nouveau serment de fidélité ail tzar. Bientôt ces zélés défenseurs de la Permie , ces marchands souverains qui avaient peuplé les déserts de la Tchoussovaïa et reculé les limites de la Moscovie jusqu'à la chaîne des monts de pierre, portèrent leurs vues sur des contrées plus éloignées encore.
Lorsque Koutchoum eut subjugué la Sibérie, le peu de confiance qu'il mettait dans les dis-
i558-- positions des habitans^ convertis par lui et à contre cœur à la foi de Mahomet ; les inquiétudes que lui donnaient les Nogaïs y amis de la Russie , le portèrent à rechercher la bienveillance de Jean ; mais aussitôt qu'il vit son pouvoir se consolider sur la horde de Tobolsk y au moyen d'un grand nombre de Kirghis du désert
Perfidie qu'îl avait attirés à son service j après le ma- Koat- riagede son fils Âli avec la fille de Tin-Âchmat , prince des Nogaïs, il ne songea plus à s'acquitter de ses engâgemens envers la Russie dont il i était tributaire. Il entama de secrètes intelli-
gences avec les Tçhérémisses à l'effet d'exciter ce peuple farouche à la révolte contre le souverain de Moscovie et défendit, sou$ peine de mort, aut Ostiaks, aux Yougoriens et au Vogoulitches de payer à la Russie le tribut accoutumé. Ses inquiétudes étaient causées par la nouvelle des nouveaux établissemens formés par les Stroganof ; il voulut donc se procurer, à ce sujet, des renseignemens positife, et, au mois de
1573. juillet iSyS, il fit partir son neveu Mahmetkoul^ chargé d'examiner et de détruire , si cela lui était possible , les forteresses construites auK environs de la Kama. Mahmetkoul se présenta en ennemi , à la tête de ses troupes : il mit à mort quelques uns des Ostiaks restés fidèles aux
Russes 9 traîna en captivité leurs femmes , leurs i^?^. enfans et fit prisonniers Trétrak Tckëboukof ^ envoyé de Moscou ^ qui se rendait à la horde des Kirghis-Kaïssaques ; mais lorsqu'il eut appris que les petites villes de la Tchoussovaïa étaient sufiisamment fournies de troupes et d'artillerie ^ il retourna sur ses pas. Les Stroganof^ qui sans un ordre du tzar n'avaient pas osé poursuivre ce brigand^ se hâtèrent d'écrire à Moscou pour donner avis de cette invasion et solliciter én même temps l'autorisation de bâtir des Ibrte* resses en Sibérie y afin de resserrer Koutcfaoum dans ses propres possessions et de garantir la sûreté des domaines russes. Comme ils ne demandaient ni troupes, ni armes 5 ni argent, mais seulement un acte de donation applicable au territoire ennemi , leurs sollicitations eurent un plein succès. Le 3o mai i574, le tzar leur 1574. expédia une lettre-*patente par laquelle Jaccpes et Grégoire Stroganof étaient autorisés à se fortifier sur les rives du Tobol et à faire la guerre au traître Koutchoum pour délivrer de son joug les habitans de l'Yougorie, tributaires de la Russie. Pour prix de leurs bons services, cet acte leur accordait le droit d'exploiter , pendant un temps limité, non~seulement les mines de fer, mais aussi celles d'étain^ de plomb, de soufre.
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t574. ainsi que la faculté de commercer librement j et sans être assujettis à aucune taxe ^ avec les Boukhares et les Kirghis« Dès lors les Stroganof pouvaient légitimement porter le fer et le feu au-delà des monts Ourals; il est probable que pour une entreprise de cette importance ^ leurs forces ne répondaient pas à leur zèle. Dans le cour$ des six années suivantes , Jacques et Grégoire moururent^ laissant pour héritage à Siméon^ leur frère cadet , les richesses , le génie , Tactivité qui ies avaient illustrés ; et celui-ci y secondé par ses neveux^ Maxime fils de Jacques, et Ni* cétas fils de Grégoire , eut le bonheur d'accomplir leurs vastes projets. Il est vrai que d'abord ir excita la colère de Jean; mais il mérita, par la suite, sa reconnaissance et celle de la Russie! firigan- Nous a VOUS déjà fait mention de l'origine, de Cosa^cs. la réputation , de la fidélité ou de la perfidie des Cosaques du Don, tantôt valeureux soldats de la Russie, souvent rebelles à son pouvoir et reniés par elle. Le courroux que dans ses lettres aux sultans et aux khans de Tauride , le tzar manifestait contre ces audacieux aventuriers était fondé. Les Cosaques attaquaient les mardbands et même les ambassadeurs asiatiques qui se rendaient à Moscou; ils allaient jusqu'à piller le trésor du tzar, et plus d'une fois ils
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avaient mérité leuT disgrâce. En ptiisi^ut*s cif- 1Î74. con^atices on avait envoyé "des troupes ^nr les bords du Don et du Vo!ga , pour les ex^erlmner : c'est ainsi tju'en tSjj , Jcaîn Mourachkin ^ à la 1577. tête d'un nombrcuî détachement^ en fit quelques-uns prisonniers et les mi t à moi^t . Les autres, loin d'être domptés , se réfugiaient alors dans les désex*ts d'où ils sortaient, quelque temps après, pour exercer de nouveaux brigandages sur tous les chemins , dans tous les passages. Un jour 9 dans une incursion rapide, ils surprirent mêmls Saraïtchik , capitale 'des Nogaïs , la détruisirent de fond en comble, violèrent îfes lombcaui, dépouillèrent les cadavres et sexrtiTeaat de seft f uiiies chargés d'un riche btitin.
Parmi les chefs entreprenans ^s Cosaque^ d?u lermak. Volga , se iTouvaicnt alors lerftiàk Timdfâief y Jean Koltzo (condamné à mort pai^ le tzar)> Jacques Mikhailof , Nicetas Pan et Mathieu Mesch* tériak , tous renommés pour leur rare intrépidités Les Strogantf , ^yaât éRtendu parler de l'effroi qu'inspirait leur audace aux paisibles voyageurs , ainsi qu-'uux tribus nomades des environs , proposèrent à ces cinq bi^ves uu service honorable. Le 6 avril iSyg, ils leur filment 1579. parvenir des présens, ttctotapagnés d'uùè lettre dans laquelle ils les eûgageaient à quitter nn