Tome IX. 3o
i58a. » ni honte; cela doit suffire. » Possevio s'entretenant avec les membres du conseil de dÎTers usages russes qui paraissaient bizarres an reste de l'Europe , citait l'ouvrage de Herberstein sur la Russie^ où il est dit que le tzar lavait sur-lechamp sa main, lorsqu'il l'avait donnée à baiser aux ambassadeurs d'Allemagne y comme s'il eût craint d'être souille par leur attouchement. Les boyards répondirent qu'Herberstein ^ deux fi)is comblé de bienfaits à Moscou^ était un ingrat ^ un calomniateur, qui avait écrit des absurdités sur le compte des souverains moscovites. Ils furent très-étonnés d'entendre Possevin leur raconter que Vassili , père de Jean IV, avait promis à l'empereur Charles-Quint trente mille hommes de guerre , si celui-'ci voulait permettre à plusieurs artistes allemands de se rendre en Russie. « Les souverains 9 dirent les boyards ^ » se fournissent réciproquement des hommes de w guerre en vertu de traités; mais jamms en » échange d^artiates» »
Enfin , dans l'audience de congé , Jean adressa au jésuite de solennels remercîmens pour la part active qu'il avait prise à la conclusion de la trêve; il l'assura de son estime particulière ; puis se levant de sa place, il lui tendit la main, et le chargea de complimisns pour Grégoire et le roi
Etienne. Ensuite il lui envoya quelques peaux jSSa. précieuses de zibelines noires, dont une. partie destinée au pape, et l'autre à Antoine lui-même. D'abord Possevin refusa ce présent, prétextant la pauvreté des disciples du Christ ; néanmoins il finit par l'accepter. Il partit de Moscou le i5 mars, accompagné de Jacques Molvianinof, v envoyé du tzar, et portant la réponse à la lettre du pape. Il y était dit que la Russie était prête à prendre part dans l'alliance des puissances chrétiennes contre les Ottomans; mais rien qui eAt rapport à la réunion des deux Églises.
Ici cessèrent pour long-temps les relations de Rome avec Moscou; relations d'ailleurs inutiles pour l^s deux puissances : car la valeur des voïévodes de Fskof , et non pas l'intervention du jésuite, avait décidé Batoiy à la modération, sans lui enlever ni sa gloire, ni les conquêtes importantes que ce héros devait au trouble qui bourrelait l'âme de Jean, plus encore qu'à son propre courage.