Tome IX
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contient des relations curieuses sur la Russie , apportées de Moscou par un habitant de Munster , nommé Germa^i Piespinck. Il y est dit : Er sagt , dos Gaspcat Elberfeldt gar in grossen Gnaâen pejr dent gross fiirsten wer^ und wûrde zu allen Rathschlagen geùraueht tegelicken ; auck Adrian Kalb , doch nicht so fest als Mberfaldt, Ulrich Kraûs ( ou Kruse ) und Hans Taub weren auck woU verhalttenj aber nicht so hoch , als die andern Zveû,.,.. Er (le tzar) hette seinen Meister-Politt (ptétropolitain) oder obersten- Pischoff umb 60,000 Rubel geschtrqfft , das er einen Teutschen umb des Glauben wilkn hett Gewalt get-han , und wer zu vermuthefi, das er{le tzar) das Ei^onrgellium solU annemen dan disser C, Eberfeldt und die randem hettendem Grossjîirsten so vill vorgelesen und geschriben , das aile hqffhung verhanden wer , etc. ; ce qui est dit dans notre histoire. Plus bas : Es riemet sich der Grossfurst auch von Deutscken Herkommens zu sejrn, aus dem Baierischen Geschlechte , darvon sein adel noch dem namen hetten Bcçyory , c'est-^-à^-dire que Jean assurait que sa dynastie provenait des souverains de Bayière > et que le nom de nos boyards signifiait Bavarois. Fletcher rapporte l'anecdote suivante : « Jean ayant fait fair« par un or- » fevre anglais un plat d'or et peser exactement le lingot » de ce métal qu'on lui avaitdonfi^é à cet effet , ajouta i ne » vous fiez pas âmes Russes ce soaf tous des voleurs. » L'Anglais sourit et le tzar voulut en cottnaitre la cause. » S'ilplatt à votre majesté de savoir mon opinion, ré- » pondit l'orfèvre , je ne la lui cacherai pas : en traitéMfU » ainsi tous les flusses de voleurs , vous oubliez que vouS" » même appartenez à cette nation.-^Non, répliqua Jean , » je ne suis pas Russe; mesaieusc étaient AUemands. » H est dit encore dans la le^e de Zenge , qqe le tzar lui-
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même aVâit voulu épooser une princesse allemande ; qu'en Russie on témoignait à Furstemberg toute la considération imaginable, et qu'il avait aupriis de Itli trois prédicateurs de la confession d'Augsbourg< Jean Taube et Ellert Krase furent faits prisonniers par les B,usses.en i56o et entrèrent au service du t^r , énvirdh en 1967.
(ai) Voyez Mosskov Chronica de Petreus ^ p. 282 . Il dit que cette église luthérienne construite en bois était à la distance de deux verstes de la ville de Moscou.
(22) Dans la lettre de 2#enge. Ein anders Rêginiént sùti im Lande werden.,». Darwider {contre je ne sais quel impôt onéreux ) sich viU seiner Undersassen von deh grossén Herren gesetzet heiteri , deren er ( le tzar ) wiU umbpringen itnd ettUche von ihren Guttem cm, euïdôre Orter i^etsetzen,
(23) Nous igndrons à quelle époque.
(24) Voyez Taube et Kruse.
(25)Oderborn, JoannisBasilidis vita , p. a83.— ^xuagnini Rer. polon. , 11 , 249«— ^Taube et Kruse, 206. D'après Kolch (t;o^ez Liefl. Giesdi* 280) , les parens et les digni-» taires du tzar avaient réellement formé le projet ^ vers l'an i568y de se livrer au roi Sigismond ; dans leur nombre se trouvaient le prince Vladimir Andréïévitch et le prîïice Michel Temgroukovitch , l'un cousin et Tantre beaufrère du tzar; le prince Michel, tourmenté par sa cens* cience \ découvrit le complot au tzar , qui , ayant livré à une mort effiroyable tons les coupables , avec leurs fem* mes, leurs enfans et leurs domestiques, ordonna ntéme de détruire, dans leurs maisons et dans leurs terres, tout le bétail , jusqu'aux chiens , aux dutts et aux poissons : s'appuyant sur Hennig, Kolch ajoute qvte , « dans ce massacre^ » deux frères, au nombre des autres bourreaux de Jean,
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» ne poavant se décider à tuer un enfant d'une beauté n rare qu'ils avaient trouve dans un berceau, l'apportèrent N au tzar, qui le prît , le baisa et le jeta par la fenêtre pour » servir de pâture aux. ours; ensuite il fit sabrer les deux M frères pour prix de leur pitié. Sigismond , par suite de » ses intelligences %vec \e$ traîtres de Moscou , était prêt « alors à entrer en Russie ; mais ayant appris leur défaite y M il congédia ses^ troupes. » Aucun autre témoignage ne confirme ce rapport. Le roi, en 1667 (voyez plus bas) , n'osa pas entrer en Kussie , parce qu'une armée moscovite beaucoup plus considérable que la jfienne l'attendait à la frontière. Ce n'est pas à cette époque que les princes Vladimir et Michel devinrent victimes du courroux de Jean , mais plus tard , comme nous le verrons par la suite.
(26) Voyez Kourbsky , Guagnini , 247 , Oderbom, 283, et la liste des boyards dans la Bibtiothhque ancienne , publiée en Russe par M. Novikof , t. XX.
(27) Dans. Guagnini : ah caput^ caput ( dit Jean) ! thw/tùm sanguinis vivuni existens ejjfudisti ( bellicosissimus ehirri extitit ) et nunc mortuum eundem 'effundes.
(28) Voyez Kourbsky, Taube etKruse, 207. Ces derniers disent que le prince Tcheniatef ( den Knese Peter Sckemuetrow) etTourountaï Pronsky ( Turentri Pransky) furent knoutés à mort. Dans la liste des boyards ( bibliothèque ancienne^ t. XX, 49) ? Tcheniatef est désigné comme mort de 1667 à i568 , et Pronsky de i568 à 1569.
(29) Dans la relation de Taiibe et Kruse , p. 210 : Die Tattern und Heyden haben Gesatz und Recht , allein in Reuschlandt ist es Nicht ; in aller . Weldt wirdt Barmhertzigkeit gefundèn , imd hie in Reuschlandt ist ûber die Unschuldigen und Gerechten hein Erbarmen , etc. ; ce que nous avons rapporté dans l'histoire. Plus bas , dans la lé-
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gende précitée , il est dit : « Le tzar et les évéques encore • M présens à l'église , le lecteur de la cathédrale , suscité » par les ennemis du métropolitain , commença à profé- » rer contre le saint homme des paroles indécentes. Or , >» J ceux des évéques qui voulaient complaire au tzar , comme » Pimen de Novgorod et autres, disaient : c*(7772me7z/ ose^ » t^il faire des reproches au tzar , lui qui fait des choses » incohérentes ? Le saint homme répliqua à Pimen x c'est » en vain que vous flattez la puissance humaine et que » 7/(71/5 tâchez d'envahir le siège d'un autre : avant peu n VOUS serez privé du vôtre. Il dit à l'Anagnoste ( lecteur ) » que Jésus ait pitié de vous , mon cher frère I v^ Dams les annales trouvées dans les archives de Novgorod par M. Melinovsky : « L'an 7076, on lit ( i568) : le 22 mars, » de YÎves discussions s'élevèrent entre le métropolitain » Philippe et le tzar au sujet de sa légion d'élus. »
(3o) Voyez Kourbsky , Taube et Kruse ,210. Le premier appelle le P. Basile , Pronsky^Rybin , et les derniers le nomment Knese JVassili Brantzki , en ajoutant que le même jour furent suppliciés Jwan Karmissin et Christian Budna.
(3i) 'Voyez la relation de Taube et Kruse , 207 : dans une copie la date est du 19 juillet , et dans l'autre du 9.
(32) Voyez Kourbsky , Guagnîni, et plus haut, note 24. Le premier rapporte : « J'ai appris d'un témoin oculaire , » que lorsque le tzar allait brûler les villages et les mai-* » sons de l'écuyer Jean Fédorof avec leurs habitans , il » découvrit une chambre à l'étage le plus élevé d'un bâ- »» timent ; il y fit garotter Boris Kolytschef , et donna }> l'ordre de placer sous cette chambre , comme sous celles » qui l'entouraient , remplies de monde et bien fermées , » plusieurs tonneaux de poudre ; placé alors à une grande
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n di8tanf:e avec ses troupes en ordre de bataille , c<Mniiie »> devant une ville assiégée , il attendait le moment de I» l'explosion. Des que Tédifice eiit sauté il se précipita au w grand galop à travers les débris , suivi de sa troupe de » démons qui poussaient ip grands cris et avides comme u lui de voir les membres déchirés de ceux qu'il avait M fait enfermer dans l'édifice. Alors on trouva Jean Koi> lytschef attaché par le bras à une grande poutre , assis » sijr la terre, sain et sauf , et louçtnt Dieu!.... Aussitôt » un des élus poussant son cheval de son coté , lui trancha » la tête d'un coup de sabre et l'apporta au tzar cpmme » qn présent agréable.. » Taube et Kruse disent : und tog also 6 PFbchen kerwnber in der Moscauschen Gegendt, in der furnembsten Bqyaren Guetter, vorbrentte , sçhlug todt ailes f das viche , Hundt und Katze ; die Fische in Teichen abgelassen,,., Kinderleinau den Bnisten, ja in Mutterleibe erwurgen, Weiber, Megde ivurden nagket aussgezogen , und musstenjur in kerumbher Umffen und JBuener (wffangen. Nous espérons que dans ces détails liffreux tout n'est pas vrai. Les raéch^ns même peuvent parfois se plaindre de la calomnie.
Quant à la lubricité de Jean , voici ce qu'en dit Jacques TJhlfeldt , ambsissadeur de Danemarck en Russie en 1578, dans la description de son voyage {vojrez son Hodœporicon Ruthenicum, pag. 4^) ^ Mabet, ut aiunt, in gynœceo suo So wrgines , ex ilktstri familid oriundas eque Livoniâ ah^ ductas y quas secvm, quo se confert, ducit, iis loco uxoris, citm ipse uxoratûs non sit, utens^
(33) Taube et Kruse i R^ser und Grossjursi ! du mei^ nest, das ich dich oder den Todtfàrchte) ieh hab nun 53 Jar (sufder heiUgen Stedt in der christUchen Wersammlung zu sidlasso>{sok>vky) mein Leb&t bis daherinmein 'j^Jar (Phi-
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lippe avait donc 78 a.ns) ehrlich zuchtigk und gerecht zu" gcbracht. . . . wil auch also mein Leben enden, und meine Seel dem Goot , der dich und nuch richten wird, wiede^ rumb mit Freuden auffbpfem; begere auch vil Heber ein solch Testament hinder mit zu lassen^ das ich unschuldigh aïs ein Merteren gestorben, als das vonmîrgesagt werde, ich als ein Metropolitan ab untter Tiranne^ und aller Un* gerechtigkeit gelebet , ete. , comme il est 4it dans notre histoire. Kourbsky dit que Philippe fut jugé dans la grande église , c'est-à-dire dans la cathédrale ^ et qu'il y fut amenéen habits pontificaux*
(34) Nemo nisimors. Voyez Dalin, Gesch, des R, Schu., année i563, p. 44^*
(35) Voyez Dalin, an ,1867 , p. 217.
(36) Dalin rapporte qu'Erik offrait de donner Virginie ,, sa fille 9 en mariage au tzarévitch Jean.
(37) Voyez Dalin, année 1669, p. $4^' ^® tzar^ selon^ l'assertion de cet historien, écrivit, au aaois de février> 1569, une lettre trës-amicale au roi Jean ; il s'excusait sur les conditions du traité conclu avec Étik ; assurait qu'il (le tzar) supposait que Catherine était veuve et sans enfans; il offrait aux Suédois la paix et son amitié ; exigeait la mise en liberté de nos ambassadeurs, et envoya une lettre de sûreté pour le libre passage de ceux de Suéde jusqu'à. Moscou (Dalin, Geschichte, etc. , année 1669, p. 5). Dans, nos papiers d'archives il n'est fait mention que de l'émissaire André Scherefedinof , qui fut envoyé en automne de 1567 à Stokholm, près de Vorontzof (voyez Affaires de Suéde, n®. 2 , feuilles 2-7) ; mais le tzar écrivit effectivement au roi Jean par le gentilhomme suédois Ensohn (voy . ibid*y feuille 126). ""
(38) Dans le rapport de Maltzof , témoin oculaire de-
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cette guerre et prisonnier chez les Tuc'cs , on lit : « Le suU )» tan se propose d'envoyer au printemps Bardi-^Pacha avec M une grande armée ; il veut aussi envoyer contre la Russie w le khan de Crimée et Pilah-Pacha , son propre gendre ,• » avec des forces formidables. Ceux-là ont été un mois en >» marche jusqu'à Azof ; le khan les ayant menés du côté w de ia Circassie par le chemin de Kabarda et par des >» lieux arides oii ils manquaient d'eau. . . . Les Kusses sont » étonnés eux-mêmes , et ils appellent leur sultan Sélim , » malheureux; car depuis son avènement au troue, c'est » pour la première fois qu'il ait fait marcher ses troupes — » // nous est arrivé, disent-ils , de prendre part dtms de » grandes batailles, et jamais nous n^ avons été aussi exté- » jiués de fatigues / si des troupes étaient tombées sur » nouSjf aucun de nous ne serait' reyenu. »
Cette description est plus digne de foi que les relations d'Oderborn {F^ita J. B, , p. 272) et de Strikovsky. Le premier fait monter le nombre des Turcs jusqu'à trois cent ' mille, ajoutant qu'ils se tenaient pendant l'hiver près d'Astrakhan et qu'ils poussèrent leur marche jusqu'à Kazan ; le prince Sérébrianoï , a joute-t-il , ayant fait une sortie d'Astrakhan les mit en déroute ; les Turcs attendaient l'armée navale , retenue sur la mer Caspienne par des tempêtes ; les Russes , habitant les rives du Volga , firent couler à fond une grande quantité de vaisseaux turcs ; la famine et la peste détruisirent la plus grande partie de cette armée , dont le reste fut noyé dans la mer d'Azof , etc. Strikovsky rapporte que le nombre de la cavalerie turque était de vingt-cinq mille hommes, celui de l'infanterie de cinquante mille, celai des Tatars de quatrervingt mille, avec cent cinquante vaisseaux ; que les Russes leur enlevèrent }^urs navires à la Perevoloka, après avoir battu les Janis-
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saires ; que la cavalerie , qui avait beaucoup souffert de la fiamine sous Astrakhan , périt dans sa retraite , partie noyée, partie exterminée par les Russes ; qu'il n'en est pas même retourné deux mille à Constantinople. Tout cela n'est pas vrai, comme nous le voyons. Ce qui est certain , c'est que Kassim avait conservé à peine le tiers de ses troupes (voyez Affaires de Turquie, n®. 2, feuille 70). D'après l'assertion des Anglais qui se trouvaient alors à Astrakhan, le nombre des Turcs et des Tatars de Crimée allait jusqu'à soixante-dix mille i;t}oyez la nouvelle édition de Hakiuit's , Navigations , etc., p. 444)'
(39) £n 1562, le gouvernement de Lubeck avait écrit k r9kolnik Pierre Golovin, de vouloir bien intercéder auprès du tzar en faveur de la ligue anséatique (voj^ez Willebrant, Chron, , et Peterburg, Journal, t, IV, p. i^tt).
(40) Voyez t. VIII de cette histoire , p. . . . Jenkinson était encore à Moscou en i56i, et en i566 il achetait , pour Jean , dés pierres précieuses et des soieries de Perse {vojrez Hakluit's, Navigations, p. 384 et 418).
(4i) Il est dit .• For every pound one dingo or halfpenie (Hakluifs , p. 427) ; mais peut-être faut-il lire par poud (poids russe de quarante livres). Pour une fabrique de fer il fallut donner aux Anglais quelques dessiatines (deux arpens l'une) de bois , de cinq à six verstes de circuit (environ une lieue et demie de France). Ils présentaient au trésorier des marchandises légères , et une liste de celles qui étaient plus pesantes ; le trésorier , après avoir choisi ce qui pouvait plaire au tzar, leur rendait le reste pour vendre. A l'égard de la maison, des Anglais à Moscou , il est dit dans un endroit : Their ouse at Moscou which house I granted them at S, Maxùns at the Moscou et dans l'autre : At S. Maxims in the Zenopshy and other their houses in the
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torone of Zenopskjr* Cette maison est appelée , dans nos archives , la cour à! Youschkouskjr, près S. Maxime le coa^ fesseur, derrière le marché. Les Anglais pouvaient avoir un concierge et deux domestiqués russes. Si le Conseil de rOpritchniua ou légion d'élus (Cûunsaile ofthe Opressini) était embarrassé ifi décider dans une affaire entre un Anglais et un Kusse , on la décidait au sort {vojrez plus bas). Des conseillers du tzar pouvaient arrêter un Anglais coupable de quelque faute et confisquer ses biens ; mais il fallait que le tzar prit connaissance de l'affaire. Plus bas il est dit dans ce règlement donné par le tzar : « La société des » négocians de Londres a seule le privilège d'envoyer ses » vaisseaux au port de Saint-Nicolas et de faire le com- M merce avec la Perse parla Russie ; mais à Narva et dans » d'autres villes de Livonie , les négocians des autres pays » peuvent faire le commerce concurremment avec les Anw glais. Les Anglais sont jugés entre eux d'après leurs lois. » Donné le 20 juin iSâg {voyez Hakluit's, Nai^igations , » p. 425-429). »
(42) Ibid, , p. 3^8. Sigismond, exigeant qu'Elisabeth défendit aux Anglais de faire le commerce avec les Russes à Narva y lui écrivit : « Nous répétons encore à Votre Majesté » que le tzar de Moscovie , ennemi de toute liberté , apg- » meiite de jour en jour ses forces par les avantages du » commerce et par ses relations avec les nations civilisées n de l'Europe. . . . Votre Majesté n'ignore pas sans doute » sa puissance , sa cruauté et sa tyrannie. ... Notre unique » espérance repose sur notre supériorité dans les arts et » les sciences ; mais bientôt il en saura autant. ^ . . , et , v> dans son orgueil insensé , il se précipitera contre la chré- »> tienté, etc. » En 1S68, les ambassadeurs de Sigismond disaient la même chose au roi de Danemarck et au sénat
de la ville de Lubeck , en déclarant que leunsouverain avait le projet de représenter d'une manière convaincante à toutes les piiissances de l'Europe, le danger du nouvel agrandissement de la Kussie , pour les détourner du commerce avec elle. (Fiyyez Notice des Manuscrits de la Bibliothèque nationale, etc., p. 92*96, à l'article: Legatio polonica.)
(43) Il aborda près du monastère de Saint-Nicolas , le 28 juillet i568. Il y trouva vingt moines ignorans, mais hospitaliers, A Kholmogore, les Anglais avaient plusieurs maisons joliment bâties. La ville de Yologda , où Jean construisit une nouvelle forteresse en pierre , était renommée pour la richesse de ses marchands. De Yologda jusqu'à Moscou , Bandolf trouva la route très-agréable ; il y voyait de fréquentes habitations , des champs et des prairies fertiles. Il racomte que d'Yaroskif les Anglais allaient ordinairement par le Yolga a Astrakhan , et qu'à cet effet ils avaient construit un grand vaisseau^ tel qu'on n'en avait jamais vu jusqu'alors en Kussie, et qui leur coûta plus de 100 marcs. Le 28 février on invita Kandolf à la cour; en l'entendant prononcer le nom d'Elisabeth , Jean se leva et s'inform£| de l'état àf la santé de cette reine. Le présent de la reine consistait en une grande coupe d'argent massif, ornée de ciselures et de diverses inscriptions. Le tzar, en congédiant Kandolf , lui dit : « Des affaires importantes w m'empêchent de dîner aujourd'hui avec mes hôtes ; mais » je vous enverrai des mets de ma table. » Un dignitaire de marque parut immédiatement après à l'hôtel de l'ambassade , suivi de cinq domeétiquesdç la cour qui portaient des plats ou vases d'argent , chargés de mets , de pain , de vins , etc. Ce dignitaire de la cour était obligé de goûter de chaque mets et de chaque boisson. Quelques jours après , pendant une nuit sombre et froide, on enjoignit à Randolf
d'aller en habit russe chez le tzar, pour une entrevue se» crête. Le lendemain , le tzar partit pour la Slobode-Alexandrovsky, d'oii il revint six semaines après. Il le laissa partir alors pour Londres , accompagné de Sa vin ; ils j arrivèrent au mois de septembre de 1569. Indépendamment des aYantages que Kandolf obtint pour les commerçans de son pays, Jean, sur ses instances, mit en liberté Fitzgerbert, qu'on accusait d'avoir composé quelques lettres outrageantes pour le tzar ; il fit aussi grâce à Thomas Green , convaincu d'intelligences secrètes avec l'ambassadeur, et à André Asherton, qu'on accusait d'avoir envoyé à Londres des lettres de marchands anglais. Ayant permis aux Anglais de chercher une route de la Chine , le tzar pronolit à Randolf , par le prince Athanase Viazemsky et Pierre Grigorievitch , de ne pas écouter les insirfuations d'un certain Beneth Bootler et d'autres Anglais , "ennemis de la compagnie de Londres , qui faisait le commerce avec la Russie.
(44) La dépêche d'Elisabeth est écrite sur parchemin ; les lettres sont effacées dans quelques endroits ; mais on peut partout en deviner le sens , qui s'éclaircit aussi par une traduction russe de ce temps, lacyiélle s'est conservée dans les archives du collège des affaires étrangères de Moscou , avec cette inscription : This writing in the Russian tongue is affirmed by Daniel Silvester Englishman , the interpretor ofthe ambassador ofihe Emperore ofRussia, heing swome upon his othe to be the trew copie ofthe letter, •whiche is writen in the english tonge by the queen maiestieo/England,..Cest'k''dire : « L'interprète de l'ambassadeur du tzar, Daniel-Silvestre , anglais , a affirmé sons » serment la fidélité de cette traduction, etc. »
Nous copierons ici les passages les plus importans : 7V> the dearemost mightie an d.puissant Prince, oiir brother, great
lord Emperor and greate Duke Ivan Basiljr pfall Russia, . . If at anie time il so mishappe , thatjrou be by caiie casuall chance etherofsectet conspiracyor'outtPardhostiUtiedrwen to change your countries and schaU Uke to repaire intoour Kingdome with the noble empresse y jrour wîfe , and your deare- children , ive shall wiih such honor and courtesies receave and entreate jrour highnes and them , as shall becom so greate a Prince,.,, to thefree and quiet leeding of y^ur highnes lief with ail those , whomejrou shall bring withyou y and that it maie be lauJuU for jrou to usejrour Christian relligion in such sorte , as it shall be best Uke y ou, for neither meane we to attempt anie thïng to of" Jend either jrour maiestie or anie ofyàur people,' nor to intermedle anie waies withyour highnes faith and relligion, nor yet to swer your highnes holdfrom you by violence* Besides we shall appoint you a place in our Kigndome fitt uponyour oweh charge ( c'est-à-dire que le tzar devait vivre en Angleterre à «es propres frais ) as long , as you shall
Uke to remaine with us This we promise by vertueof
theis our letter and by the wrode of a Christian Prince. In witnes whereofwe queen Elisabeth do subscribe this with ourowne hand in the présence of thèse our nobles andcon" sellors , Nicholas Bacon knihgt {le père du célèbre philosophe) great chauncellor ofour reahne ofEngland, Tf^ilUam lordparr, lord Marques ofnort, Hampton knight ofour orderofthegarten, Henry Carie of Arundell , knight ofour said order, Francis lordRussel, Carie ofBedford^ knight of our said order, Robert Dudley , lord ofDenbigh, Carie of Leicester , M^. ofour horse and knight ofthe same or^ der. Suivent encore quelques noms , dont le dernier est Cecill knight , ourprincipal secretary, Dansla conclusion : Promising , that we against our common ennemies shall
with one accord fig^t wiih our common forces and do a^ery andsuch oiher iking mentioned in this writing, as long as God shall Imd us life , and that hj the 'Word and faith ofa Prince, Gii^en at ourhouse ofHamptoncourt the XVIIl daie ofthe monetk oJMay y in the XI J y ère ofour reigne and in theyere ofoUr Lord i S'jo ( la date en lettres )• Da c6të gauche se trouTe la signature d'Ëlisabetb.
(45) Voyez Hakluit's Navigations, p. 4^4 > dans le mé-* moire de Jankinson.
(46) Voyez les Annales de Pskofj année 1570. « Le» n Allemands et les Lithuaniens envoyèrent près de Jean M un allemand , magicien consommé , nommé Elisée ^ qu'il » affectionna particulièrement et lequel mit un sort snr le » tzar. . . Il £sdIHt le détourner définitivement de sa crojan- » ce y éveilla dans son âme une haine contre les Russes ^> et une prédilection pour les Allemand» t car les infidèles » avaient appris par leurs enchantemens qu'ils auraient M totalement péri; ce fut donc pour détourner leur perte )> qu'ils lui envoyèrent ce méchant magicien, sachant que
, »> les Russes sont passionnés pour la magie. Il insinua au » tzar d'exterminer quantité de familles de boyards et de M princes ; à la fin il l'amena jusqu'à vouloir se réfogier en M Angleterre et à faire périr le reste de ses Boyards. Ccst » pourquoi on ne le laissa pas accomplir $e& desseins ; et » l'on mit à mort Elisée lui*^méme {voyez plus bas ) , afin » que l'Empire de Russie ne fût pas totalement dévasté. » Taube et Kruse écrivent : Da hat er ( le tzar) durch An-gebung eines verlauffenen schebnischen Doctors , mit No' men Eliseus FameUus , die L&ite umzubringen angefan^ gen. Au lieu de FameUus ^û faut Hre Bemelius, comme I dans Hakluit (^p. 52o ) Doctor Bomelius , a dutchnmn mnd physician to the Emperour,
DE Rossii;. 62Z
(47) Sur le prétendu empoisonnement de Afarie , vojrez plus bas, dans la description du Concile au sujet du quatrième mariage de Jean (dans la note). Elle fat inhn* mée à Moscou ^ au couvent des religieuses de l'Ascension ; l'inscription du sarcophage porte la date de sa mort.
Voyez Affaires de Pologne , n<*. 7, feuîHe 1220. «Le tzar » ( en recevant le courrier polonais , le douze septembre ) n était assis dans la salle à manger \ les boyards et les gen- »> tilshommes étaient vêtus modestement , portant des pe- »> lisses de velours et de damas sans garnitures d'or, à cause » du deuil du monarque , occasionné par la mort de la w tzarine Marie. » Jean revint de la Slobode-Alexandrovskj le dix septembre. Au mois d'août il traversa la Vologda. A l'égard des aumônes, voyez dans Légat, muscovy per P. Junsten, samuL Russ. gesch, t. X, p. i5i. .
(48) Taube et Kruse rapportent ce qui suit : <« Jean en- » voya ses cuisiniers à Nijny-Novgorod sous prétexte d'y » prendre du poisson. L'un d'entre eux , en retournant à » la Slobode Alexandrovsky , remit une poudre à Théodore » Nounua (peut-être à Nàoumof ) en disant que le prince » Yaldimir lui avait donné cette poudre avec cinquante » roubles d'argent, pour qu'il empoisonnât le tzar. Théo- » dore Nonnua en informa Jean. On commença par faire >» semblant de questionner le coisii^ier , lequel ne rem- » plissait, en effet, que la volonté secrëtedu tzar. On trouva » des témoins tout prêts qui soutenaient que le prince Vla- » dimir voulait effectivement empoisonner le monarque. » Alors on appela cet infortuné à la Slobode , etc. , » comme il est dit dans le texte. Guagnini assure que le prince Vladimir avait été calomnié par le secrétaire Vis-
Itovaty. Eudoxie fut la seconde épouse de Vladimir.
(49) Voyez Taobe et Kruse , p. 2 1 7 f la relation dei'am-
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bassadeur danois Uhlfed , qui était en Russie en tS'jSy se trouve d'acoord avec ce}le-<:i. Il dit que Jean empoisonna son conaîn : Porrigens illi veneruim ; quod cumgustasset , morbo correptus expiravit {hodœporicoh i4). D'après le rapport de Guagnini , le prince Yladimir eut la tète tranchée; et Oderbom en l'appelant Geoi^e, dit qu'il fut égorgé. Voyez aussi Ileidmstein de beUo Moscow, 335. Kourbsky dit : u En même temps il fit ^siller la femme » de sou cousin , Eudoxie , » ( d'après le faux rapport de Guagnini et d'Odejrborn , elle fut noyée dans la rivière : Ge-ne fut pas le sort de l'épouse de Yladimir mais celle de George.^.. ) « et deux enfans , fils de son cousin , nés de » cette femme , dont le premier nommé Basile était 4gé de » douze ans , l'autre était plus jeune ; je ne peux pas me » rappeler son nom 7 il est écrit dans les registre&xLe^ais- » sance. Leurs suivantes, nobles, femmes eft demoiselles fu- » rent aussi mises à mort. ». Taube etKruse se trouvaient alors auprès du tzar , et Kourbsky enLithuanîe : le rapport de ces premiers doit donc être plus, authentique.
(50) Les annales de Moscou disent que \^ tzar avait avec lui , indépendamment des autres troupes , quinze cents strélitz. D'après le rapport de Taube et. Kruse le nombre de ses soldats montait jusqu'à quinze mille. Voici le texte du premier : « Le lendemain de l'arrivée du monarque , H samedi;, il (le tzar) ordonna de mettre à mort, à coups » de massues , tous les abbés , les prêtres et les diacres des » couvens et les moines du prem.ier rang qu'on avait ame- » nés des couvens et mis à la question , et de les porter »> ensuite chacun dans son couvent pour y être «[iterré. »
(51) Et coupable envers notre rang et notre couronne t^arienne.
(52) Voy^z Guagnini , Taube et Kruse.
(52i). Taube etKruse , p. 222 , et Guâgnini , p. 264* Nous passons sous silence que1(jues détails.
(54) Dans les Annales de Pskof, feuille 21. « Le tzar
» tourmenta jusqu à la mort plusieurs hommes de marque
» par différens tourmens; et le nombre des autres quil
» fit^ périr est ^ dit-on, de soixante mille; il les jitpréci*
» piter , hommes , femmes «/ enfans , dans la grande ri-
» viere de J^olkhof^ de sorte que son coj^rs en fut infer-^
>» rompu ;. il fit la même chose dans les autres villes dépens
» dantes de Novgorod ^ » etc. Taube et feruse portent le .
nombre de ceux qu'il fit périr à vingt-sept mille . et Guag-
nini a deux mille sept cent soixante^dix citoyens , outre les
femmes et lès gens du peupîe. Koiirbsky écrit que Jean fit
périrez un, seul jour quinze mille Npvgorodiens. Dans le
grand service des morts, envoyé par le tzar au mionaslere de
Saint-Cyrille , il est dit : « ô Seigneur! accorde la paix aux
» âmes de tes quinze cent cinq sefviteurs. » Et plus haut
il est inscrit : « Novgorodiens. »
(55) Taube et KVuse disent que depuis la ruine de Jérusalem , il n'y avait pas èu'de famine semblable à celle qui ravagea Novgorod à cette épdqué.
(56) On appelait ce Nicolas/^aï/^re d'esprit pour Tamour du Christ, salos- du niot grec owA«f ^ Ducange Tappeile -stultus , simplex»
i^l\. f^cff-^z Taube et Kru^, p. 228 : Fléichei* of the russe common Ivealth, p. 91! lis "rapportent q[ue «Nicolas disait au tzar; « Jvasko , Jvasko ! (diminutif d'Jvan' ou >» Jean), verseras-tu encore long-temps le sang innocent M des chrétiens ? » etc. {J^oyez auèsî Horsey Treatise of Russiq; etGeorg. yan^oS tj-rannèj-Joànhis'Èasilides, II.) Dans les mémoires du premier dé ces écrivains se trouve le passage suivant : « Le saint hermitê dit au tzar : W /«