‹ Histoire de l'empire de Russie (volume 3)Chapitre 4 sur 38 · DE EUS8IX · texte numérisé non relu

DE EUS8IX

pares par un domestique affidé^ il arrive heu«- iSftîreusement à Volmar ^ ville occupée par les Folonais : le Toïëvode deSigismond le reçut en ami et luipromit^ au nom de son maître , un rang^ une fortune dignes.de lui. Avant tout ^ Kourbsky voulut expliquer au tzar les moti& de sa démar* che hardie^ ëpancber la douleur 5 l'indication qui remplissaient son âme y et, cédbamt à l'impulr^ sion du sentiment , il lui écrivit une lettre que son fidèle serviteur y l'unique compagiion de sa iuite y se chargea de remettre lui-même. Il tint parole : arrivé à Moscou iltrôuve le taar à l'entrée du palais et lui présente sa dépêche cachetée : « C'est y lui dit-il, de la part de mon )!) maitre , maintenant exilée le prince André, » Kourbsky. » Le tzar, transporté de courroux, lui dcmne dans les jambes un coup de son bâton ferré, et le sang coule de la blessure. Immobile, l'envoyé garde le silence , tandis qu'appuyé sur ce bâton , Jean se fait lii^ la lettre de Kourbsky^ elle était ainsi conçue :

« Monarque autrefois illustre, iadis béni du Con-e*n Seigneur, mais, pour là punition de nos pé-aeKourbf- » chés, consumé aujourd'hui d'une fureur in- uar. n fernale , corrompu jusques au f(md de la con- » science; ty rap dont les plus mfîdèles souverains >} de la ferre n'offrent point de modèle, écoute*

3564, » moi f Dans le trouble qui bouleverse mon cœut* 1) afflige', je dirai peu, mais avec Fàccentde la » vérité. Pourquoi, au milieu d'aflPreux sup- » plices, as-tu déchiré les forts dans Israël, » ces illustres guerriers que le ciel t'avait don- » nés ? Pourquoi as-tu versé leur sang précieux ^) et sacré, dans les temples du Très-Haut? » N'étaient-ils pas' enflammés de zèle pour leur » souverain , pour leur patrie ? Habile à forger » des calomnies, tu donnes aux ^dèles le nom » de traîtres, aux chrétiens celui d'enchan- » teurs ; à tes yeux les vertus sont des vices , la » lumière n'est que ténèj>res : et en quoi ces . » dignes protecteurs de la Russie t'avaient-ils » oflfensé? Ne sont-ils pas les héros qui ont dé- » truit les royaumes de Bâti, où nos ancêtres w gémissaient dans un cruel esclavage ? N*ont- ))- ils pas couvert de gloire, et ton règne et ton » nom , en faisant tomber devant toi les forte- » teresses des Germains ? Quelle est la récom- )) pense de ces infortunés ? la mort ! ... Eh quoi i » te croiras-tu donc immortel ? N'est-il pas un n Dieu et un tribunal suprême pour les rois ? Je » .ne détaillerai pas ici ce qu'il m'a fallu souffrir » de tes cruautés ; mon âme en est encore trop » fortement navrée ; je n'ai qu'une chose à dire 2 ^ tu m'as contraint d'abandonner la sainte Rus-^

» sie ! mon sang répandu pour toi crie ven- i564. » geance au Tout-Puissant , qui lit au fond des » coeurs. J'ai cherché à découvrir en «quoi je » puis m'étre rendu coupable^ soit dans mes » actions ^ soit daiïs mes pensées les plus se- » crêtes : j'ai scrupuleusement interrogé ma » conscience et j'ignore mon crime envers toi. » Jamais^ sous ma conduite^ tes bataillons n'ont )f tourné le dos à l'ennemi : ma gloire a re- » jailli sur toi ! Mes services ne se bornent pas » à uii ou deux ans passés dans les fatigues y » consacrés aux exploits guerriers; pendant un » grand nombre d'années j^ai souffert le besoin, » la maladie , loin de ma mère , de mon épouse, » de ma patrie. Compte mes combats et mes » blessures ! je n'en veux pas tirer vanité, mais' » Dieu sait tout : c'est à lui que je me confie, » plein d'espoir dans l'intercession des saints et n de mon aïeul le prince Féodor de Yaroslaf. . . . )) Adieu! nous voilà séparés pour jamais et tu » ne me reverras plus qu'^u jour dû jugement » dernier ; mais les pleurs dés victimes innocen- » tes préparent le supplice du tyran. Crains les » morts eux-mêmes ! Ceux que tu as massacrés » sont auprès du trône du souverain juge et » demandent vengeance; tes armées ne te saun veront pas : de vils flatteurs , ces indignes

i564; » boyards compagnons de tes festins et de tes 1) débauches , corrupteurs de ton âme , t'appor- » tent l^urs enfans en sacrifice ; toutefois ils ne » te rendront pas immortel.

» Cette lettre^ arrosée de mes larmes ^ sera » déposée dans ma tombe; je paraîtrai avec » elle au jugement de Dieu, jimeni Ecrit dans » la ville de Yolmar^ domaine du roi Sigismond, » mon souverain^ de qui, avec Faide du Tout- » Puissant , j'espère les bontés et j'attends des » consolations dans ma douleur. »

Jean ayant écouté la lecture de cette lettre fit donner la question à celui qui l'avait apportée, afin d'obtenir l'aveu de toutes les circonstances de la fuite de Kourbsky , de découvrir ses liai-, sons secrètes et le nom de ses partisans. Le vertueux Schibanof , dont le nom appartient à l'histoire, ne dévoila rienj au milieu des tortures, il faisait l'élogfe de son maître et se trouvait heureux de mourir pour lui. Tant de grandeur d'âme , de fermeté ^ de zèle et d'attachement, excitèrent la surprise de tous les spectateurs ; le tzar lui-même en témoigna son admiration dans sa lettre à l'exilé; car, agité par la colère, troublé par l'inquiétude de sa conscience , il répondit sur-le-|champ à Kourbsky :

M Âu. nom de Dieu tout - puissant , écrit*-il ,

» au nom de ce Dieu ^ maître de notre existence ^it }) et de no& actions^ par lequel les rois. régnent M et les puissans parlent^ réponse humble et » chrétienne à Tex-boyard russe , notre conseiller » et Toïévode ^ prince André Kourbsky ^ qui » forma le projet de devenir souverain d'Ya-- » roslaifle^***^

)) Pourquoi, malheureux, veux-tu perdre ton » âme commie un traître, en sauvant par la » fuite un corps périssable? Si tu es vraiment » juste et vertueux, pourquoi n'avoir pas voulu » mourir par les ordres de ton maître , et mé- » riter ainsi la couronne du martyre ? Qu'est-ce » que la vie ? Que sont les richesses et les gran- » deurs humaines? Omb?re et vanité! Heureux )) celui à qui la mort peut procurer le salut de » l'âme! La conduite de ton esclave Schibanof » d,oït te faire rougir; il a conservé sa vertu » devant nous et nos sujets. Fidèle à ses ser- » mens il nV point trafhi son maître aux partes n du tombeau, et toi, pour un seul mot qu'exhala » mon courroux, tu attires la malédiction due » aux traîjtres nourseulement sur toi , mais en- » ccwre 3ur l'âme de tes ancêtres : car ils ont » juré à mon illustre aïeul de nous servir avec » fidélité, ^ux et tous leurs descendons.

» J'ai lu ta lettre et j'en ai compris les exprès-

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i564. » sions. Le venin de Faspic est dans la 'bouche » du parjure; ses pat-oies sont autant de traits » empoisonnes. Tu te plains des persécutions M que je t'ai fait éprouver ; mais tu ne serais » pas maintenant auprès de notre ennemi , si je » n'avais pas été trop clément 'envers vous tous, » ingrats que vous êtes ! Il est vrai que je t'ai » quelquefois puni de tes fautes.. ••• Je l'ai fait »• toujours avec ménagement et en ami , tandis » que je t^accordais d'éclatantes récompenses. « Tu étais si jeune encore , voïévode et conseiller M du tzar , comblé d'honneurs et de richesses. » Rappelle à ta mémoire le souvenir de ton père ; » il vivait sous la protection du prince Michel » Koubensky ! Tu te glorifies d'avoir versé ton K) sang dans les batailles; mais tu n'as fait que » payer ta dette à la patrie; et d'ailleurs est- » elle donc si grande la gloire de tes exploits ? » Lorsque le khan fuyait de Toula, vous étiez » rassemblés à un festin chez ' le prince Temkin >*^^ et vous aviez laissé à l'ennemi le temps de » rentrer dans ses déserts. A Ne vie, vous aviez » plus de 1 5,000 hommes sous vos ordres et » vous n'avez pu défaire 4>ooo Polonais ! Tu » parles des royaumes de Bâti dont vous avez )) / fait la conquête ; sans doute tu entends par là » le royaume de Kazan , car tes yeux n'ont pas

» aperçu Astrakhan ; que d'efforts nous a-t-il 15(54. » fallu faire pour vous mener à la victoire? Non- » seulement vous refusiez de me suivre, mais » vous refroidissiez encore, par vos discours w insensés, le zèle de vos compagnons d'armes. » Lorsque sous les murs de Kazan , la tempête » eut dispersé nos vaisseaux, englouti nos mu- » nitions , Vous vouliez fiiir comme des lâches ; » vous demandiez une bataille décisive qui pou- » vait compromettre le sort de l'armée i sans » autre but que celui de retourner au plus tôt » dans vos palais, ou, vainqueurs ou vaincus. M Que faisiez-vous lorsque Dieu nous donnait » une ville? Vous vous occupiez du pillage! » Pouvez-vous aussi vous vanter de la conquête » de la Livonie? A cette époque tu vivais trs^n- » quillement à Pskof et nous t'avons donné sept » fois, ainsi qu'au prince Schouïsky, l'ordre. yy de marcher contre les Allemands. A la vérité, » vous avez pris alors plus de cinquante villes » avec un petit nombre de troupes ; dis-le-moi , » ces avantages sont-ils dus à vos talens ou à » votre valeur? Non, vous les avez obtenus, » seulement par l'exécution, bien que tardive, » de mes propres plans. Quels sont vos opéra- » tions ultérieures avec votre sage, votre pru- » dent Alexis Adaschef , qui commandait une

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"56f » armée nombreuse? A peine avez-vous pu vous » emparer de Fellin ! Vous vous êtes retires de » Veissenstîn ! Sans vôtre insubordination , la » Livonîe serait depuis long-temps en notre » pouvoir. Vous avez vaincu malgré tous , agis- » sant comme des esclaves dirigés par la côn- » trainte.

» Vous avez', dites -vous, versé votre sang » pour moi • mais que de sueurs , que de larmes » m'a coûté votre insubordination? Qu'était la » patrie pendant votre règne et notre minorité ?

» Un vaste désert de FOrient à l'Occident !

» Après vous avoir soumis , j'ai élevé des villes » et des bourgs dans les lieux oîi erraient na- » guères lés bêtes féroces. Malheur à la maison w gouvernée par une femme ! Malheur à un Étkt » gouverné par plusieurs maîtres ! César Auguste » commandait à l'univers , parce que personne » rie partageait sa puissance. Byzance tomba » aussitôt que les empereurs commencèrent à » écouter les éparques, les moines et les prê- » très,, frères de votre Sylvestre. »

Jean détaille ici , contre ses favoris , des griefs déjà connus du lecteur et continue ainsi :

« Ce que tu dis de mes cruautés prétendues » est un impudent mensonge; je ne fais pas w périr les puissans d^ Israël ^ je n'arrose point

» de leur sang les temples du Seigneur. Les i564. » puissans^ les hommes vertueux vivent et sont » à mon service. Je sévis contré les traîtres » seuls ; mais dans quels lieux les épargne-t-on? M Constantin-le-Grand n'a-t-il pas sacrifié son » propre fils ? Combien de chrétiens ton ancêtre » le prince Féodor n'a-t-il pas massacrés dans » Smolensk? Sans doute j'ai infligé beaucoup » de châtimens , et ce pénible devoir a déchiré » mon cœur; cependant tout le monde sait que » le nombre des trahisons est plus considérable n encore. Interroge les marchands étrangers qui » arrivent dans mes États ; ils te diront que tes M protecteurs sont des scélérats reconnus, que >• la Russie ne pouvait plus supporter : et qui » sont-ils ces protecteurs dé la patrie ? Des Saints » ou bien des dieux comme Jupiter , Apollon ? » Jusqu'à présent les souver^iiris de Russie ont » été libres et indépendans : ils ont récompensé » ou puni leurs sujets, selon leur bon plaisir et » sans en rendre compte à qui que ce soit ; ja- >) mais cet ordre de choses ne changera. Je ne » suis plus un enfant : j'ai besoin de la grâce » de Dieu, de la protection de la Vierge Marie ^) et de tous les Saints, mais je ne demande » point -de leçons aux hommes. Gloire au Tout- )i Puissant! La Russie prospère, mes boyards

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1504. „ Tiyent dans la paix et la concorde ; il n'y a » que vos amis ^ vos conseillers qui machinent » dans les ténèbres*

» Tu me menaces du jugenient du Christ dans » Tautre monde : crois-tu donc que la puissance M divine ne régit pas également celui-ci ? Voilà » . une hérésie manichéenne ! Selon vous , Dieu » règne aux Cieux^ Satan dans les enfers et les » hommes sur la terre. Erreur ! mensonge ! La » puissance du Seigneur s'étend partout^ dans » cette vie et dans Fautre. Tu m'annonces que » je ne verrai plus ta face éthiopienne: ô ciel! » , quelle infortune pour moi!,.,. Tu entoures le » trône du Très-Haut de ceux que j'ai fait périr : » nouvelle hérésie! Personne y a dit l'apôtre, » ne peut i^ir Dieu^ Oui , enferme ta lettre dans n ton cercueil, tu prouveras par là que la derw nière étincelle du christianisme est éteinte n dans ton cœur , car un bon chrétien meurt en >) aimant, en pardonnant, et non pas avec des » sentimens de haine*

» Pour comble de trahison tu prétends que » . Volmar, ville de Livonie, est up domaine du » roi Sigismond, et tu attends l'effet des^ bontés » de ce prince, après avoir abandonné ton lé- » gitime souverain , le maître que Dieu t'avait » donné , pour en choisir un meilleur. Ton grand

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» roi est Fesclave des esclaves ; est-il donc ëton- iS^î. » nant qu'il soit loué par des esclaves? Mais je n me tais^ car Salomon défend de perdre ses » paroles avec des insensés et je te considère » comme tel. Écrit dans notre résidence de . » Moscou^ en grande Russie ^ le 5 du mois de » juillet^ Fan du monde 7^072. »

Cette lettre^ remplie de citations de l'ancien et du nouveau Testament ^ de témoignages historiques , d'interprétations théologiques et d'ironies grossières 5 forme un livre entier dans l'original. Kourbsky y répondit avec mépris , reprochant au tzar l'oubli de la dignité souveraine qu'il ravalait par des propos injurieux, par un mélange indécent de la parole divine avec un tissu de mensonges et de calomnies : a Je suis innocent ^ et je gémis dans Vexil^ lui écrivit-il ; les gens » ifertueux seuls plaignent mon sort y ainsi je « n'ai rien à espérer de toi : attendons l le temps » de la vérité ri est pas éloigné* »

Jusqu!ici nous n^avons à reprocher au fugitif que Vdpreté dç ses plaintes , et le sacrifice d'un bon , d'un fidèle serviteur au plaisir de la vengeance, à la satisfaction de tourmenter son tyran par un langage hardi : au moins rien ne nous le montre encore comme criminel d'État , car nous ne pouvons ajouter foi à l'accusation qui lui Tome IX. 6

î564. suppose le désir de devenir souverain d^Ya-^ roslcf ; mais bientôt, emporté par la passion , cet homme infortuné perdit , avec Favantage du bon droit , la conscience de sa vertu , conso-; lation si précieuse dans le malheur! Il pouvait, sans crime comme sans remords , chercher dans la Pologne même un refuge contre son persécur teur : malheureusement , ses ressentimens l'en- ' traînèrent, et il se joignit aux ennemis de sa patrie ! Favorablement accueilli par Sigismond, qui lui donna en toute propriété le riche fief de Kovel , il livra à ce prince Àon âme et son honneur ; il lui prodigua des conseils dont l'exécution devait causer, la ruine de la Russie , lui reprochant sa faiblesse , mettant tout en œuvre pour lui persuader d'agir avec plus de résolution, de ne point ménager son trésor à l'effet Invasion d'cxcitcr Ic khan contre le tzar. Bientôt on apnaîs etdes prit à Moscou qiic yo^ooo hommes, Polonais, cAm^. ^ Lithuaniens , Prussiens , Allemands , Hongrois , Valaques, marchaient sur Polotsk, commandés paf le traître Kourbsky, tandis que Devlet- Ghireï, à la tête de 60,000 brigands, avait pénétré dans la province de Rezan.

Cette dernière nouvelle causa au tzar une pénible surprise ; elle lui parvint au moment où il se rendait en pèlerinage à Souzdal, attendant.

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d'un jour à l'autre; un nouveau traité du khan : «564car celuî-ci lui avait promis paix et alliance. En effet l'acte était préparé, et déjà Nagoî, ambassadeur russe, se disposait à quitter la Tauride, lorsque For de Sigismond vint tout changer. Aussitôt Devlet-Ghireï se précipite sur la Russie qu'il supposait sans défense, le roi lui ayant écrit que Jean se trouvait, .avec toutes ses troupes, sur les frontières de la Livonie. Il est vrai que , trompé par les assurances amicales dû khan, le tzar avait licencié Farmée d'Ukraine, de sorte que Rezàn, assiégée par Devlet-Ghireï, n'avait pour résister à ses attaques que le courage de ses propres citoyens. Cette ville dut son salut à l'héroïsme du boyard Alexis Basmanof et de son fils Féodor , favoris de Jean , qui se trouvaient alors dans leurs riches domaines, sur les riveë. de rOka. Les premiers, ils donnèrent avis de l'invasion de l'ennemi, prirent les armes, et , à la tête de leurs gens , mirent en déroute plusieurs détachemens tatars : ensuite ils se jetèrent dans Rezan, dont les antiques murailles' tombaient en ruines, mais oi leur zèle, leur intrépidité, secondée par les exhortations de l'évêque Philotée , enflammèrent les habitans d'un courage extraordinaire. Le jour, la nuit, les Tatars tentaient de continuels autant qu'inutiles

i56j. assauts-; leurs cadavres étaient entassés au pied des remparts et l'artillerie de la xille portait le rayage jusque dans leur camp. Devlet-Ghireï apprit bientôt que le tzar était à Moscou i que déjà le voïévode Féodorof et Yakovlef , à la tête de sa garde ^ campaient sur les bords de l'Oka ^ où de nouvelles troupes de M ikliaïldf et de Didilbf devaient les joindre; enfin que d'auda- , cieux partisans russes battaient ses détachemens et s'approchaient même du gros de son armée.; de sorte ^^^e , sans attendre les Tatars détachés pour incendier le pays aux environs de l'Oka et de la Voja, il Gx une retraite plus rapide encore que son invasion. On ne jugea pas à propos de le poursuivre : Mamaï^ un des plus distingués parmi les princes de sa nation^ ayant voulu piller les villages situés près de Pronsk^ fut tait prisonnier avec 5oo hommes : il en resta plus de 3^000 sur le champ de bataille^ et ^ six jours après ^ le pays^ débarrassé des Tatars ^ était rendu à la tranquillité. Jean^ qui avait laissé la tzarine avec ses enfans dans le bourg d'ÀIexanrdrovsky^ était sur le point de quitter sa capitale pour se rendre en personne à l'armée ^ lorsqu'un courrier des Basmanof vint lui annoncer la fiiite de l'ennemi. La gloire personnelle de ses deux favoris ajoutait encore à sa

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joie, et il leur envoya sur4e-champ des mé- «564 . dailles d'or.

Toute Tattention du tear 8e porta dès lors sur Folotsk, oit les armées russes obtenaient également de brillan# succès , à la konte du traître Kourbsky et du fier Radzivil, principal voïévode de Sigismond. Us avaient établi leur camp à deux verstes de la ville, entre la Dvina et la Pelota , espérant s'en rendre maîtres par Feffet de la crainte ou de la trahison ; mais le prince Tchéniatef, voïérode de Folotsk, répondit à leurs propositions par des décharges d'artillerie , tandis que Siméon , ex-tzar de Kasan , les princes Pronsky et Obolénsky > s'avançaient de Veliki- Louki sur les. derrières de l'ennemi ; car, prévoyant l'effet des conseils de Kourbsky , le tcar avait eu soin de renforcer ses troupes sur cette frontière. Par une suite ordinaire de la destinée des traîtres ,- Kourbsky n'inspirait aucune confiance à RadjKivil , et, méprisant ses avis, celui-ci redoutait une bataille dans laquelle il pouvait se trouver pris entre deux ïèux. Il resta donc dixsept jours dàlis l'inaction, perdant beaucoup de monde sous les batteries de la ville, et le 4 octobre il repassa la Dvina pour aller camper sur le territoire lithuanien : d'un autre côté, les voie- eNoveiùb. vodes moscovites , après avoir chassé les Polo-

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i^< nais^ enlevèrent Ozeritché à Tassaut^ sans que l'illustre vainqueur de Schouïsky fît le plus léger inQuvem,ent pQur sauver cette forteresse inaportante. Dans le cours du même autpmne^ le prince Prosoroygiky repoussa les troupes ennemie^ des environs de Tchemigof , et mérita la faveur du tzar en s'emparant de l'étendard de Sapieha ^ seigneur Polonais. Kourbsky à la tête de 1 5^Qoa Caréliens entra^ pendant Fhiyer^ dans la province de Yeliki-rLouki ; ses opérations militaires se bornèrent à ravager les villages et les monastères. « Cela 8^ est fait contre ma volonté^ écri- » vit-- il au tzar ;f il rn^a été impossihle d'arrêter » une soldatesque avide, f^ai porté la guerre » dans ma patrie ^ ainsi que IXapid, persécuté >) par Sàiilj en répandit les maux sur la terre \) d^ Israël, a)

Les entreprises des généraux polonais contre la province de Livonie entraient aussi dans les dispositions générales du roi , qui , pour faciliter les succès du khan et ceux de Radzivil, avait donné au prince Poloubensky^ ainsi qu'à d'autres voïévodes , l'ordre de se porter sur Mariçn* bourgs Dorpat, et la province de Pskof, Il y eut plusieurs affaires assez sérieuses ^ dans» lesquelles les pertes et les avantages lurent balancés. Un jour le valeureuiç Vechniakof, voïévqde

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moscovite^ défit rennemi : une autre fois le i^prince Jean Schouïdky et Schérémétief le jeune cédèrent le champ.de bataille aux Polonais; mais ceux-ci ne purent ni s'emparer de Krasnoï y ni défendre les environs de Schmilten^ Yenden^ Yolmar^ Ronnebourg : le brave Boutourlin en-^ leva de ces diverses villes 3^ 200 prisonniers, exploit que le tzat* récompensa par une médaille d'or.

Les forces polonaises se trouvaient divisées. Le roi en avait dirigé une partie contre les Russes et l'autre contre les Suédois^ car ceux-ci l?attaquaient par terre^ tandis que leur (lotte faisait la guerre aux Danois ^ se déchirant • entre eux pour la malheureuse province de Livonie. Jean, qui se regardait comme seul et légitime souve^ pain de ce pays y éprouvait une secrète joie de leurs divisions et riait des efforts de ces diffé-* rentes puissances : il espérait même attiser en- Ambas-

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core le feu de cette guerre, et trouver dans giand- Yolfgand, grand-maître de l'ordre Teutonique , roidic un nouveau frère d'armes contre Sigismond, Cet que. ordre, anéanti en Prusse, avait été rétabli en Allemagne , plutôt dans ses titres et cérémonies y que sous le rapport de son esprit et de son caractère. Yolfgand écrivit au tzar que , soutenu par les troupes de l'empereur , il pouvait faire la con>^

i564. quête de la Prusse ; qu'il désirait l'alliance de la Russie y afin d'attaqUer Sigismond ayee leurs forces reunies 5 et que y pour ces négociations y il envoyait des umb^ssadeurs à Moscou. En effet , dans le mois de septembre i564> ceux-ci y arrivèrent y porteurs des lettres de l'empereur Ferdinand et du grand maître ; néanmoins leur contenu n'avait pour but que d'implorer la liberté de Fiirstemberg, ce vieillard retenu en captivité, et ne parlait ni d'alliance^ ni de guerre. Le tzar, peu satisfait 5 répondit avec humeur que le grand-maitre changeait d'idée d'un jour à l'au* tre j qu'il voulait bien accorder Riga et Venden à Fûrstemberg, dans le cas où Volfgand reprendrait ces villes à Sigismond; enfin que l'empereur lui ayant écrit par des envoyés étrangers , au lieu de lui adresser directement des ambassadeurs y n'obtiendrait de lui aucune réponse.

Ainsi la trahison de Kourbsky et les projets de Sigismoud pour ébranler le trône de Russie n'eurent d'autre résultat qu'une alarme mo-

Départ mentanée dans Moscou. Mais le cœur de Jean rieux de était cu proic à de vives inquiétudes , qui ne lui laissaient aucun calme : de jour en jour son courroux s'enflammait dsiVantage ; de noirs soupçons l'agitaient sans cesse ^ et tous les seigneurs vertueux lui paraissaient autant d'ennemis se-

crets, partisans de Kourbsky. La tristesse de »5ô4. leurs regards semblait lui cacher de perfides projets. Sa conscience coupable lui faisait interpréter leur silence même comme des menaces ou des reproches; en un mot, il voulait des accusations et se plaignait d'en recevoir trop peu. Lés délateurs les plus audacieux ne faisaient qu'irriter en lui la soif du sang J cependant il semblait qu'une main invisible suspendît les effets de sa cruauté ; le tyran frémissait à Faspect des victimes qu'il avait devant lui : il s'étonnait de les voir exister encore et ne cherchait qu'un prétexte à~ de nouvelles horreurs. Tout à coup , à Feutrée de l'hiver de 1 564 9 ^^ bruit se répand dans Moscou que, sans faire connaître le but de son voyage, le tzar allait partir, accompagné de sa famille, de ses gentilshommes, de ses gens de robe et de guerre , convoqués à cet effet des villes les plus éloignées , avec leurs femmes et leurs enfans (5). Le 3 décembre on voit arriver, de grand matin , sur la place du Kremlin, quantité de traîneaux dans lesquels on transporte aussitôt de For, de l'argent, des images, des croix, des vases précieux, des vêtemens, de la monnaie, etc. Le tzar se rend à Féglise de l'Assomption, où il était attendu par le clergé et les boyards ; il ordonne au métropoli-

go HISTOIRE

«564- tain de célébrer Foffice, prie avec ferveur, reçoit la bénédiction d^Athanase et présente gracieusement sa main à baiser aux boyards , aux officiers et aux marchands. Ensuite il monte en traîneau avec la tzarine et ses deux ûls , ainsi qu'Alexis Basmanof, Michel Soltikof^Yiazeïnsky^ Tche rbatof et d'autres fovoris; puis, escorté par im régiment de cavalerie ^ il part pour le village de Kolomensky ; le mauvais état des chemins le força à s'y arrêter quinze jours , car à la suite d'un dégel extraordinaire et de fortes pluies, la débâcle des rivières s'était opérée. Lé 17 décembre le tzar, suivi de tous ses bagages., se fit conduire dans le bourg de Taïninsky, de là au monastère de Troïtsky, et enfin il arriva ,. pour la fête de Noël, à la Slobode Alexandrovsky.' Indépendamment du métropolitain, il se trouvait à M oscpu un grand nombre d'évêques , ignorant , ainsi que les boyards et le peuple , ce que signifiait t;e voyage insolite et mystérieux du souverain; ils se livraient à l'inquiétude, à la frayeur, et s'attendaient à quelque sinistre événement r un mois s'écoula de la sorte.

i565. Le 5 janvier, l'officier Polivanof apporta ait Jean au * métropolitain une lettré du tz^ir ,. dans laquelle ufiS'erau ce prince détaillait les séditions , les désordres > pcupe. £^g crimes du gouvernement des boyards, pen-»

dant sa minorité. Il cherchait à prouver qu'à i565. cette époque , les grands et les dépositaires du pouvoir avaient dilapidé le trésor public , les terres et les fiefs de la couronne^ ne* songeant qu'à s'enrichir sans s'occuper du sort de la pa-<trie^ et que, toujours animés du même esprit, ils suivaient le cours de leurs criminelles intrigues. U prétendait que 1^ voïévodes refusaient de défendre les chrétiens, s'éloignaient du service , abandonnant la Russie aux dévastations des Tatars, des Polonais et des Allemands; « et » lorsque, ajoutait -il, prenant l'équité pour >} guide, je témoigne mon ressentiment à ces » fonctionnaires 1 indignes , le métropolitain et » le clergé prennent la défense des coupables , » pour nous déplaire et nous importuner : en » conséquence , ne voulant plus supporter vos >} perfidies , le cœur cruellement ulcéré , nous » avons abandonné le gouvernement de l'État et » sommes parti pour suivre le chemin que nous » indiquera la Providence. » Les secrétaires Mikhaïlof et Yassilief lurent à haute voix, devant le peuple assemblé , une autre lettre adressée aux marchands et aux bourgeois * Le tzar y donnait aux bons Moscovites l'assurance de sa bienveillance, et tiermin^it en disant que son mécontentement et sa colère n'avaieQt pas le peuple pour objet.

1565, A cette nouvelle une consternation générale nation ge^ se répaildit dans Moscou^ car l'anarchie pa-

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dans Mos- raissait plus terrible encore que la tyrannie. « Le tzar nous a abandonnés! s'écriaient les » habitans^ nous sommes perdus ! qui nous dé^ » fendra contre les attaqués des étrangers ? » Comment les brebis pourraient - elles rester » sans pasteur? » Le clergé, les boyards, les grands officiers, les employés des tribunaux, supplièrent le métropolitain de tout employer pour fléchir le tzar, ce Qu'il punisse > disait-on » d'une voix unanime, qu'il punisse les sédi- .>) tieux ,et les conspirateurs ! n'a-t-il pas sur » nous droit de vie et de moft ? Mais l'État vUe » peut rester sans chef! il est notre souverain » légitime , celui que Dieu nous a donné ; nous » n'en reconnaissons pas d'autre* Nous vous sui- » vrœis tous ; nous lui porterons nos têtes j nous » nous prosternerons devant lui^ la face contre » terre y nous le toucherons par nos larmes* » Les marchands, les bourgeois teimient les mêmes discours, auxquels ils ajoutaient encore : w que le )) tzar nous désigne ceux qui le trahissent, nous » en ferons justice nous-mêmes. » Le métropolitain était décidé à partir sur-le-champ pour se rendre auprès du tzar ; les membres du conseil furent d'avis que, dans un pareil moment, le chef

de l'Église 'né devait pas abandonner la capi- «S^s. taie livrée à un trouble inexprimable. Les affaires étaient suspendues^ les tribunaux^ les boutiques , les corps de garde se trouvaient abandonnas et déserts. On choisit pour principaux ambassadeurs Pimen , archevêque de Novgorod , et Levky , archimandrite de Tchoudof . Ils fiirent suivis par tous les autres évêques, et bientôt Von vit partir aussi les princes Dmitri Belzky et Mstislavsky^ tous les boyards, les grands officiers, les gentilshommes, les employés de la justice, qui se mirent en route en sortant du palais métropolitain sans prendt*e le temps dé rentrer chez eux. Us étaient accompagnés d'un grand nombre de marchands et de gens du peuple , qui allaient comme eux pour se proster^ ner aux pieds du souverain et le fléchir par leurs larmes»

Les prélats s'arrêtèrent à Slotina, d'où ils > envoyèrent quelqu'un à Jean pour se .faire annoncer. Il les fit escorter par ses gardes jusqu'au bourg d'Alexandrovsky^ et, le 5 janvier, il les reçut dans son palais. Après avoir béni le tzar, au nom du métropolitain , les évêques le supplièrent , les larmes aux yeux , de rendre ses bonnes grâces aux Moscovites , de reprendre le timon de l'État , de régner et d'agir selon son

i565. bon plaisir; ils lui demandèrent enfin d'accepter les hommages que les boyards Tenaient rendre à leur souverain. Alors on fit entrer ceuxci qui^ pénétres d'une semblable émotion^ employèrent la même énergie pour conjurer le tzar d'avoir pitié de la Russie , agrandie par ses victoires , ses sages institutions ^ célèbre par la valeur de ses peuples nombreux, riche des trésors de la nature, plus illustre encore par sa piété. Les dignitaires ecclésiastiques et civils lui diraient à la fois : « Si vous méprisez les gran- » deurs et les vanités de ce monde, souvenez- » vous au moins qu'en quittant Moscou, vous » abandonnez ces temples sacrés où se sont ac- » complis sur vous les miracles de la gloire }) divine ; où reposent les reliques des Saints : » n'oubliez pas que vous êtes non -seulement » le pasteur de l'État, mais encore celui de w l'Eglise, le premier monarque de l'orthodoxie! » Si vous vous éloignez , qui conservera la vérité » et la pureté de notre religion? Qui sauvera des » millions d'âmes de la damnation éternelle ? » Le tzar leur répondit avec son abondance accoutumée. Il répéta aux boyards ses reproches ordinaires sur leur insubordination , leur négli* gence, leur esprit de révolte; après quelques citations historiques , il démontra que , de tout

temps , ils avaient été l'unique cause de Feffusion du sang et des guerres civiles en Russie ^ toujours ennemis des légitimes successeurs de Monomaque ; enfin ^ leur adressant une accusation nouvelle, il prétendit qu'ils avaient voulu le faire périr , lui , son épouse et son fils.... Les boyards gardaient un profond silence. « Mais, » ajouta-t-il, par égard pour mon père , le mé- » tropolitain Athanase , par considération pour » vous, vénérables intercesseurs, archevêques » et évêques, je veux bien consentir d reprendre » 771072 sceptre , sous des conditions que je vous » ferai connaître. » Ces conditions étaient que Jean serait entièrement libre de châtier les traîtrQs/par la disgrâce, par la mort, par la confiscation de leurs biens, sans avoir à supporter ni représentations, ni importunités de la part du clergé. Dans ce peu de mots, Jean venait de prononcer la sentence d'un grand nombre de ces mêmes boyards qui se trouvaient en sa présence; toutefois aucun d'eux ne semblait songer à sa vie , absorbés qu'ils étaient par le désir de rendre le souverain à l'Etat ; à travers des larmes de joie et des bénédictions on entendait les seigneurs et le clergé vanter l'excessive bonté de Jean , bien que par cette décision il enlevât aux ecclésiastiques le droit antique et sacré d'inter-

'56Ô. cëder pour les innocens et même en faveur des coupables , encore dignes de clémence • Ce des-r pote menaçant^ comme s'il eût été touché de la soumission des victimes qu'il venait de dévouer, ordonna aux évêques de célébrer avec lui la fête de l'Epiphanie. Il retint dans la Slobode les princes Belzky et Tchéniatef , laissant retourner à Moscou les autres boyards ou fonctionnaires , afin de ne point interrompre le cours des affaires. La capitale impatiente attendit long-temps le retour du tza r : il s'occupait y disait-on , avec ses courtisans y d'une affaire secrète que l'on tremblait de deviner. Enfin, le 2 février, il fit son entrée solennelle; et, dès le lendemain, il convoqua le clergé , les boyards , tous les !^]^les et les magistrats : son aspect excita dans l'assemblée un profond étonn'ement. Nous allons décrire ici l'extérieur de Jean IV : ce prince, grand, bien fait, avait les épaules hautes, les bras musculeux, la poitrine large, de beaux cheveux , de longues moustaches , le nez aquilin ; de petits yeux gris, mais brillans, pleins de feu, et au total une physionomie qui avait eu autrefois de l'agrément (6). A cette époque il était tellement changé, qu'à peine on pouvait le reconnaître. Une sombre férocité se peignait dans ses traits déformés. Il avait l'œil éteint, il était

presque chauve , et il ne lui restait plus que *5Gs, quelques poils à la barbe (7), inexplicable effet de la fureur qui dévorait son âme ! Après une nouvelle énumération des fautes commises par les boyards y il re'pe'ta son consentement à garder la couronne , s'étendit longuement sur Fobligatipn imposée aux princes de maintenir la tranquillité dans leurs Etats et de prendre^ à cet effet, toutes les mesures qu'ils jugent convenables ; sur le néant de la vie humaine , la nécessite de porter ses regards au-delà du tombeau ; enfin il proposa l'établissement de Yopritchni^ ÉtaWisna (ci) , nom jusqu'alors inconnu (8). Jean dit à ropritch-* l'assemblée que pour sa propre siirêté , autant que pour celle de l'Empire, il voulait former auprès de sa personne une garde particulière. Cette idée n'étonna personne , on connaissait sa méfiance^ ces craintes, inséparables d'une conscience coupable ; mais on était surpris des circonstances et de l'organisation d'un établissement dont les résultats firent de nouveau trembler la Russie.

I*. Le tzar déclara que les villes de Mojaïsk, Viazma, Kozelsk, Péremychle, Bélef, Likhvin, Yaroslavetz , Soùkhodrovi , Medin , Souzdal ,

{a) C'est-à-dire légion d'élus.

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