Tome IX
>5û(- comTerte de beis , il se jette à Fimproviste sur les Rlisses qui , n'ayant le temps ni de s'armer, ni de former leurs rangs , sont défaits à Finstant. Voïévodes et soldats, tous prirent honteusement lu fuite ! L'infortune Schouïsky paya son imprudence de sa vie. Selon quelepies rapports il périt d'un coup de féu à la tête et fut trouyé dans un puits : d'autres disent qu'un paysan polonais le tua à coups de hache (4)* Entre autres eï&ciers de marque, les Russes perd^irent les deux • princes Siméon et Théodore Paletsky ; le voïéTode' Pletchtchéief , le prince Jean Okliabi- ^nw flirent Csiits prisonniers , ainsi que plusieurs èinfans boyards ; cependant sur vingt nîille combiBittâns , nqus ne perdîmes pas deux cents hommes dans ce désastre : lé reste s'enfuit à Bdiotsk , abandonnant ses biagages et son artillerie entre les mains de l'eimemi. Le corps de Sfchouïsky fut porlé en triomphe à Vilna. Les prisonniers forent présentés au roi , alors malade à Varsovie; il fer chanter un Te- DëUm, et la joie lui rendit la santé.
Cette victoire ne procura pas à Sigism^nd le» heureux résultats qu'il en attendait^ Kadsivil rf'avalt poiot l'intention de livrer bataille aux pHnéès' Obolensky , campés près d- Arscha ; il voulait seulement les faire sortir des États du
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rdî ; à cet effet il expédia à ÏJoubrovnà un cour- 1664. rier polonais^ porteur de la nouvelle du désastre de Schouïsky. Ce courrier avait ordre' de passer dans des lieux où il était certain dé ren-. contrer des Russes : il fut enlevé et conduit aux 9 féTrier. généraux qui , instruits de l^événement , reprirent en effet le chemin de Smolensk , mettant tout à feu et à sang pour se venger de Fennemi. Depuis Doubrovna jusqu'à Rrïtchef toutes les habitations Airent dévastées, çt ils traînèrent en esclavage une multitude de laboureurs. Pendant les cinq mois suivaris, les deux armées restèrent" dans une inaction complète : enfin, dans le courant de juillet, le prince Tokmakof, voïévode russe, à la tête de quelques troupes d'infanterie et de cavalerie , s'étant porté de Nevle sur Ozéristcha, dans Fespoîr de s^emparer de cette ville , fut averti bientôt que douze mille „ juillet. Polonais, pslrtis deVitebsk, arrivaient au secours des assiégés : ce voïévode, connu par sa valeur, fît embarquer et ' partir poiir NëvleFinfanterie et les bagages, et marcha, avec sa cavalerie seule , à la rencontre de l'ennemî, dont il battit l'avant - garde ; mais , à 1 approche du gros de Farmée polonaise, il se vit forcé de battre en retraite et fit inhumainement massacrer les prisonniers. Boùtourlin, voïévode de Smolensk,
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i564. qui commandait les enfans boyards > les Tatars et les M ordviens , recommença à ravager la riTe droite du Dnieper, traînant à sa suite quatre mille huit cents prisonniers des deux sexes : de leur côté , les Polonais inquiétaient par de fréquentes irruptions la province de Dorpat, tandis que les Cosaques de Sigismond pillaient les marchands et envoyés russes sur la route de Moscou en Tauride : ces entreprises étaient de peu d'importance ; mais la guerre ne tarda pas à prendre un caractère plus sérieux , et les dan- ^rs qu'elle présentait à la Russie s'augmentèrent bientôt par la trahison imprévue d'un des plus fameux voïévodes de Jean.
Transfa- La terrcur que les cruautés du tzar inspiraient enP^^^c a tous Ics Russcs , aVait décidé un grand nombre d'entre eux à s'enfuir dans les pays étrangers , à l'exemple du prince Dmltri Vichnevetsky. Animé de zèle pour la gloire de sa patrie , pénétré d'amour pour son souverain tant qu'il le vit sur le chemin de la vertu , il ne voulut pas s'exposer aux caprices d'un tyran. II. se retira auprès de Sigismond qui le reçut avec bonté , qui l'accueillit comme un ennemi de Jean, et chargea son propre médecin de le traiter d'une maladie grave que l'on regardait comme la suite d'un empoisonnement ; mais ce brave guerrier
ne pouvait concevoir la pensée de verser le sang i364. de ses frères en religion. Cédant aiux secrètes sollicitations de quelques seigneurs moldaves qui rengageaient à les délivrer d'Etienne , leur indigne hospodar^ il marcha avec une troupe de fidèles Cosaques à la conquête de nouveaux lauriers^ et se trouva victime de la perfidie. Personne n'étant venu se ranger sous ses drapeaux 9 il fut fait prisonnier par Etienne, qui l'envoya à Constantinople, où le sultan lui fit trancher la tête.
Vichnevetsky avait été suivi en Pologne par les frères Tcherkasky, tous deux officiers dis-^ tingués y menacés sans doute de la disgrâce du. souverain. 11 est des circonstances où la fuite ne peut pas être considérée comme une trahison j où les lois civiles doivent céder à la puisr sance de la loi naturelle, qui autorise à fuir un 'persécuteur ; mais malheur au citoyen qui se venge sur sa patrie des injustices, d'un tyran ! C'est pour l'historien un pénible devoir que celui Trahigon de ranger im homme illustre au nombre des André criminels d'^État ; toutefois il se doit à Fimpar- "^ ^* tialité. Un jeune et brave voïévode, couvert, dès l'âge le plus tendre , de glorieuses blessures; l'homme des combats , l'homme du conseil ; qui avait participé aux brillantesconquétes de Jean ;
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i564. héros à Toula ^ à Kazs^n^ dans \e^ d^sexts des Bachkirs comme aux champs de la Livonie ; naguères favori, ami particulier dU tzar, le priuce André Kovirbsky enfin , imprima sur son front le«5ceau de l'infamie ! Jusqu'à cette époque rien n'avait souillé sa gloire aux yeux delà postérité : tout à coup le tzar , qui lé considé- * rait commç un' ami des ^ Adascheff ^ lui avait retiré son affection et ne cherchait que Foccasion de çpudani^ier un innocent. Ce fier voïévodq, lorsqu'il commandait à Dorpat , avait eu à supporter des reproches , des insultes diverses ; plusieurs fois il s'était entendu menacer , lorsqu'enfin il apprend que l'on prépaj::e sa perle. Une mort honorable a^u milieu ^es combats ne pouvfi^it efirayer son imagination; mais, frémissant à l'idée du supplice , il expose à son épouse qu'il ne lui restait plus que deux partis â prenrdre , ou 4e niourir bientôt à ses yeux , ou d'avoir le courage de la quitter pour toujours. Cette jÇemme généreuse répondit qu'elle était prête à sacrifier son b^onheur pour sauver les jours de son époux, et le priiyce , baigné de larmes , prend congé d'elle : il dpnne sa bénédiction à son fils , âgé de neuf ans , profite de la nuit pour sortir secrètement de sa maisoi;i , franchit les murailles 4e la ville, et, au.mQyen de deux chevauypré-