‹ Histoire de l'empire de RussieChapitre 12 sur 45 · Tome IX · texte numérisé non relu

Tome IX

2IO BIflTOI&K

i^Tè. à l'homme ^ occasionnèrent bientôt ^ anr pki-^ iieurs points^ une maladie contagieuse et mor« telle» Le tzar donna Tordre d'intercepter les communications ^ et des patrouiU.es de cayalerie arrêtaient ceilx qui amyaient sans passer-ports ou par des ckemins détournes. U était même enjoint aux soldats de brûler ces voyageurs ainsi que leurs chevaux et bagages (74)« Cette calamité dura jusqu'en 167 2.

Mais ni le destin^ ni le tyrs^n n'étaient encore rassasiés de victime I Nous ne terminerons pas ici> nous suspendrons seulement le tableau des m^h<eurs de la Russie pour fixer nos regards étonnés sur Jean IV, qui paraissait y être indiUérent, et pour le suivre dans les rapports de son activité politique* Keiations Âu printemps de l'année iSfOy les ambassalogne. deurs de Sigismond arrivèrent à Moscou^ à l'efiet de conclure la paix et dans l'espoir de la procurer également > par leur médiation f au roi de Suède {jS), Mais ceci n'entrait en aucune itçon dans le^ vues de Jean. Reçus par ce prince en audience secrète , les envoyés lui dirent qu'à la mort de So^mond, événement peu éloigne selon toute apparence, les grands de Pologne . songeaient à offrir la courodin^ royale au tzar> comme à un prince de race slavonnê , mœii^rqiie

efarétîea et puissant. Jean reçut ces ouvertures '^^o. aVec les dehors de Tindifiërence et sans donner ^in aveu formel. Il repondit froidement : par la gMce de Dieu H les prières de nos ancêtres ^ la grandeur de la Russie est assurée* Qu^ai-je besoin dé la Liîhuanie et de la Pologne ? Toutes foisysi cette pensée poUs occupe réellement j^ vous devez éviter de nous déplaire en suscitant des difficultés dans la sainte entreprise de la paix des Chrétiens* Malgré ces dispositions réciproques > les négociations n'eurent d'autre résultat qu'une trêve de trois ans ^ que Sigismond sanctionna à Varsovie ^ en présence de nos ambassadeurs* A leur retour, ceux-ci annoncèrent au tzar que les grands de Pologne le considéraient comme leur futur maître et désiraient lui faire épouser Ja princesse Sophie ^ sœur du roij qu'ils ne voulaitot se soumettre , ni à l'empereur, faible défenseur de ses propres États , ni aux autres sou* verains* plus ou moins inférieurs en puissance au t^rde Moscovie, ennemi terrible, mais dont la protection ^offrait le plus de garantie : l'ambitieux Jean ajoutait foi à ces discours et croyait 4éjà porter sa main sanguinaire sur la couronne 4es Jagellons !

En attendant* il s'occupait avec ardeur des af- /o^anmo

/ ^ * d«LivoDit

nïrtê de la Liyonie. Taube et Kruse , ses fa-

1570, voris, élevés par lui à la dignité de membres du conseil^ lui inspirèrent Fidéede former, au moyen des ci-devant domaines de FOrdre Teutonique , un royaume particulier sous la dépendance immédiate de la Russie : ils lui donnaient l'assurance que, dans le cas où il prendrait ce parti , les Livoniens se déclareraient en sa faveur, chasseraient de leur pays les Suédois et les Polonais, et deviendraient, eux et leur roi> les plus fidèles sujets du tzar. Dès Fannée i565, Jean avait, si Fon en croit les rapports contemporains, proposé la couronne de Livonie, sous le titre de vassal , à Furstetnberg , son illustre prisonnier. Ce vieillard magnanime avait répondu à cette proposition qu'il aimait mieux l^rminer ses jours dans la captivité que de trahir sa conscience et les vœux sacrés de son Ordre (76). En 1569, Taube et Kruse, qui possédaient Fentière confiance du tzar, entrèrent en relations avec les habitans de Revel,qu^ilsengageaient à reconnaître sa domination , leur promettant l^dge d^ory la liberté et la paix. Contemplez, disaient-ils, le sort de la hivonie; depuis douze ans, elle offre une suite mm interrompue d^épouvantables calamités, de carnage et de déso^ lation. Il n^y a de garantie ni pour la vie, ni pour la fortune des citoyens. Nous servons le

puissant tzar dé Moscovie ^ mais^ loin d^apoir 1570. trahi notre première j noire véritable patrie ^ son hienrétre et son salut sont l^ objet de nos désirs* Nous sapons que ce prince ajbrmé le dessein de fondre y auec toutes ses forces^ sur ta Liuonie pour en chasser les Suédois ^ les Polonais et les Danois. Ou sont vos défenseurs ? L^ Allemagne ne songe pas à vous secourir : vous connaissez V indolence y la faiblesse de V Empereur • Le roi de Danemarck n^ oserait pas adresser au tzar un mot téméraire. Sigismond décrépit a perdu sa fier té j et tandis qui il demande la paix à Moscou y il opprime ses sujets de Livonie. La Suède attend la vengeance de Jean y prêt à la châtier, f^ous^niémes seriez déjà assiégés ^i une peste cruelle , ravageant la Russie , n^ avait jusqu^à ce jour empêché le tzar de s^ occuper de la guerre. Il aime les Allemands; il est issu de la n maison de Bavière (77) > et il vous dojtne parole que, sous sa domination j Revel sera la plus heureuse des villes. Choisissez un souverain parmi les princes d^ Allemagne : ce n*est pas vousj mais seulement ce souverain gui dépendra de Jean y ainsi que les princes d^ Allemagne dépendent de V empereur y et pas autrement. Jouissez ' des douceurs de la paix j de la liberté ^ de tous les avantages du commerce , sans payer d^im-

:il4 HISTOIRS ^

1570. pots y sans être expoèés aux fatigues du service militaire* Le tzar ne veut être que votre bienr faiteur. En même temps ils offraient, au nom de leur maître, le litre de roi de Livouie à Gothard , duc de Courlande. On n'ajouta aucuoe foi à deux hommes regardés comme d'odieux émissaires du tyran de la Moscovie. Revel ne voulut pas ti^hir là Suède et Gothard resta fidèle à Sigismond. Alors les agens du tzar s'adressèrent à . Magnum, prince danois, souverain de Fîle d'Œsel , et, séduit par eux , ce jeune homme crédule consentit à devenir rinstrument de la politique de Jean, à l'insu du roi de Danemarck, son • frère (78).

Pour témoigner sa confiance dans les brillantes promesses qu'on lui avait faites, Magnus résolut de se rendre en personne auprès du tzar. Il apprit à Dorpat le sort de Novgorod (79) : frappé de terreur , il fut au moment de s'en retourner; toutefois l'ambition l'emporta sur toute autre considération, et, continuant son voyage, il arriva à Moscou avec une extrême magnificence, suivi de deux cents chevaux et d'un grand Bicnvcii- uombre d'officiers ou de gens de service (80). Il tzîrpour ^^* accueilli avec une bienveillance toute par- *^"** ticulière ; on lui donna des fêtes , et bientôt l'entreprise projetée reçut son exécution. Le tzar

nomma Magnas ^ roi <ie Lironie : c^lui-ci le re- iS^ti. connut pour son père e^ souverain maître; ^àsuite il obtint l'honneur d'être choisi pour Tépoux cTEuphémie, fille de l'infortuné pi'ince Vladimir et nièce du souTorain* Cependant la noce fut différée jusqu'à de plus fayorahles circonstances» Jean promit à la fiancée une dot de cinq tonneaux d'or ; par égard pour son futur allié ^ il rendit la liberté aux prisonniers de Dorpat et lui donna une armée destinée à chas^ ser les Suédois de l'Esthonie. Magnus ^ à la tète des troupes russes ^ ayant à sa suite un grand nombre d'Allemands , entra en LiTonic. Il annonçait à la fois aux habitans sa royauté ^ la faveur de Jean , la réunion des domaines de l'ordre y enfin l'aurore de la tranquillité et du bonheur j^ublic. De leur côté^ Taube et Kruse^ munis des pleins-pouvoirs du tzar^ garantissaient solennellement sa bonne foi et sa sincérité : ils donnaient par écrit et de vive voix l'assurance que la Livonie resterait puissance indépendante , n'ayant à payer qu'un léger impôt à la Russie ; que les fonctionnaires moscovites y seraient remplacés par des Allemands , chargés seuls de gouverner le pays , au nom du roi et des lois. Quelques personnes^ séduites par ces protestaticms ^ se livraient à la joie; leur

mÔ HISTOIRE

iS^o. illusion ne tarda pas à s'évanouir ! Victime de son ambition et de sa crédulité ^ Magnus attira sur la malheureuse Livonie de nouTcUes calamités.

Ce prince suivait en tous points les avis de

* Taube €t*de Krose : ce fut d'après leurs conseils ijno, le 23 août, il se porta sur Revel à la tête de vingt-cînq mille Russes et- d'une nombreuse troupe d'Allemands^ espérant soumettre cette viUe sans effusion de sang; mais les habitans rejetèrent toutes ses propositions. « Nous conn naissons , dirent-ils , l'hypocrisie du tzar : le » tyran de son peuple ne saurait devenir le » bienfaiteur d'une nation étrangère. Magnus^ » jeune et sans expérience, est sans doute en- » touré de conseillers perfides ou insensés , et » doit s'attendre , en Russie , au sort ^u prince » Michel Glinsky ; mais Reveine veut pas avoir » celui de 3naolensk (8i). » Le siège commença^ et avec lui des maladies contagieuses et mortelles se déclarèrent, tant dans la ville que dans le camp des Russes , qui montraient plus de patience que de bravoure et d'habileté. Les travaux du siège les fatiguaient inutilement ; l'effet de leur artillerie était presque nul. Ayant occupé des haute^rs vis-à-vis la porte de Revel, ils construisirent de$ tours de bois, du

haut desquelles ils lançaient dans la place des 157a. boulets et des grenades ^ sans causer de notable^ dommages à l'ennemi. Cependant les froids de rhiver commençaient. Les géaéraux moscovites Yakovlef , Lykof et Krapotkin , incapables de s'emparer de Revel, se contentaient de la dévastation des villages d'Esthonie, Au mois de fiévrier ils expédièrent en Russie deux mille traîneaux chargés de butin (82). Us espéraient que la famine forcerait sous peu 1^ assiégés à ouvrir leurs portes; mais la flotte suédoise les avait approvisionnés abondamment en munitions de çuerre et de bouche. L'armée laissait éclater son mécontentement; Magnus^ au désespoir^ accusait de ses revers les conseillers du tzar , et ne savait quel parti prendre. Il tenta d'envoyer encore à Revel son confesseur Schraffer po^ faire de nouvelles propositions aux habi-» tans. Ce ministre éloquent leur assurait avec effronterie « que Jean était un monarque vrai- » ment chrétien; qu'il préférait l'Église latine » à la grecf[ue et se déciderait Êicilement à em- » brasser la confession d'Augsbourg; que, se- » vère par nécessité , mais seulement à l'égard » des Russes , il était le véritable ami des AUe- » mands ; enfin que, par une résistance hors de » propos, Revel ne faisait que retaixier l'âge

!XlS SISTOSRX

1579. » d'or dont la Li^onie arait un gage certain » dans la personne de son jeune roi. » Four toute réponse on lai ordonna de se retirer^ et le 16 mars ^ après être resté plus de sept mois sous 1^ murs de Revel^ Magnus leva le siége^ mit le feu à ses travaux ^ et se retira à la tête de sa troEtpe allemande à Oberpalen^ que le tzar lui avait donné par anticipation sur sa future royauté. L'armée russe prit ses cantonnemens dans la Livonie orientale (85).

L'inutilité de cette première tentative était faite pour irriter le tzar j instruit , dans le même temps , que les rois de Suède et de Da-^ nemarck venaient de conclure entre eux .un traité d'alliance y il en témoigna à Magnus le plus vif mécontentement , accusant son frère d'avoir rompu l'amitié qui l'unissait à la Russie , pour rechercher celle d'un ennemi de Moscou (H)- Un autre événement inattendu vint augmenter encore l'inquiétude du tzar et de Magnus. Taube et Kruse, redevables au premier de leur liberté, de leur élévation et de leur opulence , ayant perdu après le siège infructueux de Revel la confiance du nouveau roi de Livonie, et craignant de perdre aussi celle de Jean , oublièrent leurs sermens et l'honneur, entrèrent en relations secrètes avec les Suédois, avec les Polonais, et

Dx Rùssiie. :iig

formèrent le dessein de s'emparer de Dorpat 1I70. pour le livrer ensuite à Tune de ces puissances. Ce projet leur paraissait de facile exécution , car ils pouvaient disposer des Allemands à la solde da tzar qui , ne le servant cfue pour la paye y n'hésitaient pas à le trahir. D'un autre côte , les habitans les plus considérables de Dorpat ^ ayant été long-temps prisonniers en Russie , dé-, testaient ^ plus encore que les autres Livoniens, la domination moscovite : on pouvait donc supposer, de leur part, une coopération active dans l'entreprise projetée. Pleins de cette idée , les factieux pénètrent dans la ville de vive force ; ils égorgent les premières sentinelles , appellent leurs amis, leurs frères, criant que l'heure de la liberté et de la vengeance est enfin arrivée. Mais les habitans surpris restèrent tranquilles spectateurs de ce qui se passait , et, aucun d'eux ne s'étant rangé du côté des traîtres, en peu d'instans les Russes en vinrent à bout. Ils sabrèrent les uns , chassèrent les autres , et dans leur colère, accusant les citoyens de complicité, ils mirent à mort plusieurs innocens.

Taube et Kruse (85) se hâtèrent de prendre la fuite. Repoussés parles habitans de Revelqui ne voulaient ni les voir, ni les entendre , ils furent chercher un asyle dans les États de Pologne.

22(y HISTOIBE

i{^7o. Le roi , et plus particulièrement le duc de Cour-- ^oïde^ firent un honorable accueil à ces insensés > dans l'espoir d'en tirer des secrets importans sûr les affaires de Russie ; toutefbis ils n'apprirent que le détail des horreurs enfantées par la tyrannie de Jean (86). Ces hommes qui ^ l'année précédente ^ avaient , dans leurs dépêches à l'empereur Màximilien ^ présenté Jean comme seul prince en état de chasser les Turcs d'Europe, ayant une armée innombrable , expérimentée , invincible (87)^ maintenant qu'ils avaient trahi la Russie, assuraient Maxim ilien , ainsi que plusieurs autres souverains, de la faiblesse de notre patrie et de la possibilité , sinon de la soumettre, au moins de l'affaiblir. Magnus, bien qu'étranger à ces odieuses intrigues , craignit d'en devenir la victime et d'éprouver les effets du courroux de Jean ; il se hâta donc de quitter Oberpalen et de s'en retourner à l'ile d'OEsel.

Mais le tzar, inébranlable dans ses desseins, savait dissimuler son dépit, et supporter, avec une apparente tranquillité, les revers les plus graves. Il essayait de dissiper les inquiétudes de Magnus par de nouvelles protestations de bienveillance ; et , lui ayant annoncé avec chagrin la mort subite de la jeune Euphémie, sa fiancée > il lui proposa , aux mêmes conditions et avec la

DE RUSSIE. !22t

tnême'dot (88), la main de Marie, sœur de cette «57oprincesse, encore en bas âge, lui renouvelaiit la promesse de conquérir , à son profit , la province d'Esthonie. Magnus, consolé, accepta de nouveau le titre de fiancé d'une parente du tzar, s'attendant à recevoir à la fois sa main et une couronne. Il écrivit à son frère, à FEmpereur, aux princes , qu'en recherchant l'alliance de la Russie, il n'était pas guidé par une vaine ambition ; mais qii'animé d'un véritable zèle pour les intérêts de la chrétienté , il désirait devenir médiateur entre l'Empire et cette grande puissance , dont les forces , réunies à celles des autres souverains de l'Europe , pourraient arrêter les progrès des armes musulmanes. Effrayée des projets ambitieux du Sultan, toute l'Allemagne et l'Empereur lui-même avaient, à la vérité, conçu cette espérance ; néanmoins , comnie nous le verrons bientôt, le tzar songeait moins à la défense de l'Europe chrétienne contre les infidèles qu'aux intérêts de sa politique particulière. Il cherchait la manière la plus sûre de soumettre la Livonie, et d'abaisser l'orgueil des habitans de Revel, qui osaient le traiter de tyran , et qui , fiers de leur victoire remportée sur les Russes , avaient institué une fête annuelle en commémoration de leur triomr

2^22 HXaiiOlRIl

t57o. ph€ (89)* L'afFjnetise calamitéxjui dësdlait Moscou et toute la Russsie occideilitale avait retarda jusqu'alors la vengeance éclatante qu'il méditait contre cette ville.

Ambas- Fidèle .ÇLVL principe de ne pa$ augnventer le Constant!- nouibrc oes epnemis de la Russie ^ Jean voultit éviter une guerre infructueuse avec le Sultan, dont les bonnes intentions pour l'Empire, étaient propres à tenir en respect le khan de Tauride. A cet effet, un officier nommé NovossiUof se rendit en 1670 à Constantinople , pour complimenter Selîm à l'occasion 4^ son avènement au trône^ Dans une lettre affectueuse, Jean rappelait à ce prince toutes les relations d'amitié qui avaient exislté .entre la Russie et laTurquie depuis le règne de Bajazet; il lui témoignait son étonne^ jnent de l'invasion de l'armée ottomane dans les États russes , sans préalable déclaration de guerre, et lui offrait paix, alliance et amitié. Mon mattre^ disait Novossilzof aux pachas, n^ est pas V ennemi de la religion de Mahomet. Plusieurs de ses vasssaux professent hautement le culte du prophète et y adorent dans leurs mosquées : tels sont le tzar Sahim,' JBoulat dKassimqff*^ le tzatét^itch Kàiboula à Yourieff^ Ibàk à Sourogihp les princes Nogaïs à JBtomanofj car en Russie tout étranger i^iten liberté dans sa crqyance; à

Kadom^ dans k$ province de Metsekéra ^ plu- ^7^» sieurs foncti&nncdreê publics du tzar suivent la foi musulmàfie. Il est prai (jue Siméoriy défunt tzar de Kasauy et le tzarévitch Mourtoza, ont . embrassé le christiani&ne ^ fnais ce sont eux qui Vont désiré^ qui ont demandé le baptême. Novossilzof eut lieut d'être satisfait du gracieux accueil du Sultan; il remarqua seulement que ce prince ne s'était pas informe de la santé de Jeàn^ et que, contre l'usage ordinaire^ il ne l'avait pas invité à diner avec lui.

Cette ambassade^ et une autre partie en iSyi^ 1571. ne produisirent pas les résultats heureux qi^ l'on en attendait^ bien que^ pour complaire à Selim^ le tzar eût consenti à la dpmolition de la nouvelle forteresse construite dans le pays de Kabarda. Le fier Sultan voulait qu'on lui aban- ^

donnât Astrakhan et Kazan y ou du moins il exigait que, conservant ces deux villes sous sa domination, le tzar se reconnût tributaire de l'Empire ottoman ; proposition absurde qui resta sans réponse. On apprit bientôt à Moscou que Selini demandait à Sigismond de lui -céder Kief, propre à faciliter une invasion en Russie; qu'il avait dcmné Tordre de construire des ponts sur le Danube , et de former des approvisionneraens dans la Moldavie; qu'à l'instigation des Turcs, le

Page 1