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i58i. » tumes^ les propriétés y seront respectées ; ma » parole a force de loi. Mais malheur à tous ^ » malheur à la population entière^ au cas d'une » opiniâtreté insensée !.. » C!omme les assiégés ne Toulaient avoir aucune communication avec les ennemis^ ce billet , attaché à une flèche, fiit lancé dans la ville et la réponse des voïévodes arriva par le même moyen. (cNous ne sommes pas des juifs, » disaient-ils, nous ne vendons ni le Christ , ni » le tzar, ni la patrie. Des paroles captieuses » ne font aucun effet sur nous , et nous n'avcms » pas peur , venez combattre ! la victoire dépend » de Dieu. » Ils se hâtèrent d'achever le mur
de bois qui servait à couvrir la brèche, et creusèrent entre ces deux lignes un fossé profond garni d'une palissade en pieux pointus. On chantait des prières au milieu des fortifications , sous les boulets des batteries polonaises : les assiégés attendaient tranquillement un nouvel 'assaut, et, dans le cours d'un mois et demi, ils repous* sèrent toutes les attaques avec une rare intrépidité. Leur courage , leurs espérances allaient toujours croissant , tandis que l'armée ennemie s'affaiblis^it tous les jours. Exposés aux intempéries de l'air , souffrant de la £atim, les soldats commençaient à murmurer, et, n'osant pas ac^ cuser le roi, ils s'en prenaient au principal voté-
Yode Zamoïsky^ lequel^ disaient-ils V avait tout i58i. appris dans les académies d^ Italie ^ excepté Vart de i^aincre les Russes* Sans doute il s^en retour-nera avec le roi à Varsovie pour faire briller son éloquence à la diète ^ et pendant ce temps nous deviendrons laproie d'un hiver rigoureux et (F un ennemi féroce. Batory faisait construirt des baraques > s'approvisionnait en pondre^ en blé, et, sourd aux murmures, il attendait tout de Feffet de neuf mines qu'il avait préparées; mais Schouïsky, instruit de leur existence par un transfuge lithuanien , parvint à en éventer quelquesunes. Les autres s'écroulèrent d'elles-mêmes : toutes les tentatives , toutes les ruses , tous les efforts de Batory furent sans résultats. Ni ses boulets rouges , si funestes à Véliki-Louki et à Sokol , ni: son intrépidité ne produisirent l'effet qu'il en avait attendu. Un jour (le 28 octobre) les heiduques du roi, couverts de larges boucliers , munis de pioches et de leviers dé fer, s'avancèrent sur la ville, et commencèrent à saper les murs, entre la tour de ^l'angle et la porte de Pokrovsky. Ensuite, se glissant dans les brèches, ils cherchaient à mettre le feu aux fortifications en bois de l'intérieur. Les Russes, surpris de leur audace , eurent bientôt détruit ces téméraires. On leur versait sur la tête du gou-
i58i. dron bouillant; on lançait contre eux des grenades. Les uns forent tues à coups de piques dans les ourertures, les autres à coups de pierres et d'arquebuses.... La foite en sauva un très-petit nombre. Pendant les cinq jours suivans , la canonnade continua sans interruption et une nou-r velle brèche étant pratiquée du côté de la rivière de Vélika , Batory voulut tenter la fortune par un dernier assaut. Le 2 novembre les Polonais s'avancent en colonne serrée sur la glace de la rivière, d'un air intrépide et menaçant; mais> accueillis tout à coup par une grêle de bouletsi delà forteresse, ils s'arrêtent intimidés. En vain leurs généraux, galoppant d'une colonne à l'autre, criaient , brandissaient leurs sabres , dont ils frappaient même les plus timides ; une seconde décharge des remparts mit en foite et soldats et voiévodes , sous les yeux du roi. Il eut besoin , en cette circonstance , de toute sa fermeté. Pour mettre le comble à son dépit , Miassoïédof , chef des strélitz , à la tête d'un détachement assez considérable de troupes fraîches, se fit jour à travers la ligne ennemie, et se jeta dans Pskof. Son arrivée causa une inexprimable joie aux glorieux défenseurs de cette ville , animés d'un zèle, d'un courage à toute épreuve; mais diminuant tous les jours en nombre. Enfin, Etienne
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donna l'ordre d'abandonner les lignes d'attaque^ i58i. de retirer les canonsL^ d'enlever les gabions ^ et de convertir le siège en blocus, dans l'espoir de réduire les assiégés par la famine. A l'aspect de • ce mouvement de retraite, en voyant les Polonais s'éloigner de la forteresse javec leur train d'artillerie, d'unanimes cris d'allégresse retentirent sur les mui's de la ville.
Ce revers ne lut pas le seul qu'essuya Batory. Pour ranimer, par une conquête plus facile, l'ardeur de son armée consternée ; pour rendre le courage à ses mercenaires avides de butin, il voulut prendre, à cinquante-six verstes de Pskof, l'antique couvent de Petchersk, restauré, embelli en iSig, par Mounékhin, officier du tzar, et, depuis cette époque, devenu célèbre par ses miracles, ses richesses, et la somptuosité de ses édifices. Outre les religieux, ce couvent renfermait pour la défense de ses murailles et de ses tours en pierre , deux ou trois cents soldats commandés par un chef intrépide, nommé Netschaïef , çt dont les attaques continuelles har* celaient les transports de l'armée polonaise. Le chevalier George Fahrensbach, avec les Allemands, et Bornemissa, voïévode du roi, à la tête de la compagnie hongroise, ayan^ cerné le couvent, sommèrent les religieux d^en ouvrir
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«58i. les portes sur-le-champ. Mais ceux-ci leur répcmdirent : « Est-oe le fait d'un héros défaire » la guerre à des moines ? Si vous cherchez les » combats et la gloire ^ allez sous les murs de » Pshcf^ vous y trouverez des adversaires di'^ » gnes de vous. Quant à nous ^ plutôt mourir » que de nous rendre! » La conduite des moines surpassa encore la fermeté de ces paroles. A Taide des militaires^ ils repoussèrent deux assauts 9 firent prisonniers le jeune Ketler^ neyeu du duc de ce nom , et deux illustres dignitaires livoniens. Depuis ce moment la nombreuse arme'e ennemie ne fit plus que lutter contre le froid et la famine. Les soldats gelaient en faction ou sous leurs tentes ; les vivres e'taient devenus si chers dans le camp de Batory qu'une mesure de seigle s'y vendait jusqu'à lo roubles d'argent au cours actuel, et une vache environ ^5 roubles; il fallait envoyer les fourrageurs à cent cinquante verstes de distance et à travers mille dangers ; de sorte que les chevaux, réduits, pour toute nourriture 9 à une &ible ration de foin et de paille , périssaient par centaines. La caisse y épuisée , ne pouvait plus suffire au paiement de la solde. Trois mille Allemands se retirèrent dans leurs foyers. « Le roi veut tenir sa parole, )) écrivaient les généraux lithuaniens à leurs
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» amis de Vilna, il ne prendra point la ville , i58i, » mais il pourra périr dans les neiges de Pskof. »
En effet , ropiniâtreté de Batory semblait devoir le conduire à sa perte ; s'il eût été attaqué à la fois de Novgorod, par le prince Galitzin, de Volok, par les Mstislavsky, et de Pskof, par SehoVîsky, il aurait reconnu que la destinée ne lui lierait pas encore V empire de Russie. Mais Schouïsky agissait seul , inquiétant l'ennemi par des sorties. Galitzin, honteusement célèbre par sa fuite, se cachait derrière les remparts de Novgorod. A la nouvelle que les cosaques lithuaniens incendiaient Roussa, il s'en fallut peu qu'il ne réduisît en cendres tout le quartier des mar^ chauds^ dans la' crainte d'un siège. Siméon (de Tver) et les Mstislavsky, chargés de garder Moscou , ainsi que la personne du souverain, ne faisaient aucun mouvement, et le tzar, alarmé par de nouveaux succès des Suédois en Livonie , était parti en toute hâte de Staritza pour la Slobode Alexandrovsky. Un autre motif de cette fuite était la nouvelle que Radzivil, à la tête d'une reconnaissance de l'armée de Batory, s'était avancé jusqu'à Rjef.
L'audacieuse invasion des Polonais sur les rives du Volga, ne leur procura d'autre avantage que celui d'inspirer de la frayeur à Jean. Radzivil
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i58i. se retira à l'arrivée de forces supdk^ieures commandées par des généraux moscovites^ et^ n'ayant pu réussir à enlever Toropetz par surprise^ il fut rejoindre le roi. Les événemens de Livonie étaient d'ui^e plus haute importance. Batory avait exigé des Suédois d'attaquer par mer les côtes septentrionales de la Aussie^ pour détruire l'entrepôt du commerce russe avec l'Angleterre , en «^emparant des ports de Saint-Nicolas , de Kolmôgore et de Bélosersk ^ où l'on conservait le principal trésor du tzar; idée effectivement hardie^ que les Suédois regardaient comme une folle témérité. Redoutant les déserts éloignés et les glaces de la mer Blanche^ ils cherchèrent en Livonie , en dépit de Batory, des conquêtes plus à leur portée, plus faciles et plus sûres; car ils étaient loin de consentir à lui céder , sans pai^tage, toutes les parties de cette province* Us mirent à profit l'inactivité des voïévodes de Jean pendant le long siège de Pskof , et , dans deux ou trois mois ^ se rendirent maîtres de Lodè, Fikkel,
Prise de Léal, Habsal, et même de Narva, où, dans un iesSuë(k>i8 assaut sanglant, périrent sept mille Busses, tant de la garnison que des habitans. Depuis vingt ans /cette ville était devenue l'çntrepôt du commerce de la Russie avec le Danemarck, l'Allemagne, les Pays-Bas, etc.; de sorte qu'il s'y trouvait
une grandb quantité de marchandises ^ et des i58f. richesses considérables. Quelques jours après ^ de La Gardie^ général suédois^ et Français d'origine > pénétra jusque sur le territoire de l'ancienne Russie j il s^empara d'Ivan-Gorod , d* Yama , ' de Koporié , et fit prisonniei^ plusieurs officiers moscovites, dans le nombre desquels se trouva un traître dangereux pour la Russie^ qui offrit ses services aux Suédois : c'était André Belzky ^ digne parent de Maluta Skouratof et du transfuge David. Après avoir enlevé aussi la place forte de Vittenstein , le fier de La Gaitiie célébrait ses victoires à Revel; il causa une tell^ frayeur aux Russes que ^ dans tputes les égliseï» , ils instituèrent des prières pour conjurer le ciel de les sauver de la fureur de ce terrible ennemi.
Ce qu'il y a de certain c'est que Jean tremblait d'effroi : il ne songeait pas aux ressources , auK avantages de la Russie ; il ne voyait que les forces de l'ennemi > et , au lieu d'attendre soin salui de la vaJeùr et de la victoire , il ne l'espé-* rait plus que de la m^iation du jésuite Antpifae. Celui-ci lui écrivit du camp de Batory que > k*epoussant les réductions de la gloire> ce héros^ y rai^ ment chrétien , était toujours disposé à donner la paix à laRussie> sous les conditions déjà cotinùesdu tzar^ ne voulant entendre parler d'auclirie^utre ; •