‹ Histoire de l'empire de RussieChapitre 26 sur 45 · S6 HISTOIRE · texte numérisé non relu

S6 HISTOIRE

iSfti. funeste siège de Pskof, demaiidait la paix et murmurait haatetnetit contre Étieime> qu'elle accusait de faire la guerre sans autre but que de conquérir la Livonie pour la donner à ses neyeux. La présence du roi contenait encore les mécontens ; mais après «on départ ne devait-il pas craindre une révolte générale ? toutefois il se fiait à Zamoïsky conime à on autre lui-même y et sa confiance était bien placée» Ce miaistre guerrier , méprisant les reproches , les railleries et les menaces > sut réprimer . l'audace des re<belles par la sévérité ^ encourager les faibles par l'espérance : « Ijes ambassadeurs moscopitesy M leur disait-il^ vous observent. S'ils vous trient >> courageux et patiens ^ ils céderont tout^ si H €mconÈrairepous montriez du découragement f » leur orgueil n' aurait plus de bornes y etper^ m dont le fruit de nos victorieux travaux, nous )» n'obtiendrions ni. peux ni gloire. » On doit regretter de voir Zamoïsky mêler- sans rougir d'indignes artifices à cette fierté magnanime : il imagina ou approuva une méprisable trame pour fiiire périr le principal défenseur de P^Lof. Un jH*isonnier russe y rais en liberté par les Polonais sans aucune stipulaticm ^ parut dans cette ville, portant avec .un coffret la lettre suivante y adressée à Scbomsky par un Allemand

nPoniméMoUer. « Prince, disait-il^y'^ai été long' i58i.

M temps (oai aerpice du tzar avec George Fah^

» rensbaehy et je Jh^cd point oublié ses bontés.

f> Décid^me réfugier sêcrètetneni près de vous,

^ je POu% envoie d'avcmce mon trésor. Ouvrez

>> €fétie bcdte , retirez-en Vor qui s* y trouve çt

^ gardez4ejus^^dmonarripée» >i1ievurevkêem^0%

c«t étrange n^e^age inspira quelques sou|)Ç0ii8

aux Yoïëyodes. Us firent appeler un ouvrier habile

qui > ayant ouvert if coffret avec précaution > y

trouva plusieurs pistolets ckar^'s à halle. Si

Schouïsky eût ouvert lui-même cette machine^

il eAt perdu la vie par l'explostofi des armes à

feu qu'elle contenait. Sauvé par le ciel> il écrivit

k Zamoïsky que les braves tuaient leurs enjsMteiis

dans les combats ^ et lui proposa un duel ainsi

que Batory Tavait fait à Jean. Bien que déjà

instruits dé Fentrevnie des plénipotentiaires y

les voïévodes russes veillaient avec la même

activité au salut de la ville. L« jour, la nuit,

ils bàrcelaient, ils coaibatfaieat les Poloiiais

dont le nombre b^ trouyait enfin réduit à vingt--

siac mille hommes*

Si Ids ^ns de guerre rempUssai^t leui^ dcrr votrs, les hommes d'État déployaient le inetne zèle. A la vérité^ le prin/i^>£let9Jiy et Olférief, exécutant à la lettre les volontés du tzar, se

i58i. trouvèrent dans l'impossibilité de soufemjp ht dignité et les intérêts de la Russie; mais or* ne peut le leur reprocher. Ils surent au moins agiravec circonspection^ informant le tzar de la situation peu avantageuse de l'ennemia; ils par-^ vinrent à prolonger les conférences^ hésitant dans les concessions , espérant toujours de nouveaux ordres et un changement heureux dans Fesprit de leur timide souverain. Ils parlaient aux dignitaires polonais^ sans s'humilier^ avec une douceur mêlée de nomesse. En un mot^ ib désarmaient leur vanité sans la blesser. « S'il » est vrai 5 leur disait Zbarazky^ seigneur polo- » nàis^ que vous soyez venus ici poui* terminer » une affaire et non pour prodiguer d'inutiles » paroles^ déclarez donc que la LÂvonie est à » nous ; . écoutez ensuite les dernières conditions » que vous impose le vainqueur, déjà maître » d'une partie considérable de la Aussie y et qui » bientôt le sera également de Pskôf et de Nov- » gorod. Il attend de vous une réponse décisive ^ » et vous accorde trois jours pour réfléchir. » Les Russes lui répondirent : « La hauteur avec » laquelle vous nous pariez ne démontre pas » l'amour de la paix. Vous exigez que ^ s^ns M aucun dédommagement 9 notre souverain vous » cède une riche province et sfe prive des ports

M nécessaires pour la libre commuiric^tion de la iSSi. 9) ilussie avec les autres puissances. Pendant '^ quatre mois vous avez assiégé Pskof, certaiw nement avec un courage digne d'éloges; ce* » pendant quel succès avez -vous obtenu?^ Con- » servez -vous réellement Tespoir de prendre » cette ville ? Mais si vos projets ne réussissaient » pas, vous vous exposeriez à perdre votre ar- » mée et toutes vos conquêtes. »

Au lien des trois jours accordés par Batory , il s'était écoulé plus de trois semaines en entrevues , en débats où les Russes montraient autant de sang-froid que les Polonais y mettaient de chaleur. Les ambassadeurs de Jean cédaient au roi quatorze villes de Livonie oceupéea par les troupes russes , ne se réservant que Polotsk avec quinze places fortes , proposition que rejetaient - les envoyés d'Etienne: ils exigea ie^nt la Livonie entière et des dédommagemenspéeuniàires pour les frais de la guerre* Ils demandaient que le roi de Suède fût compris dans le traité; en vain Életzky etOlférief sollicitaientl'intervention de Possevin, pour diminuer les prétentions des Polonais, le rusé jésuite , devinant les sécrètes instructions dk .tzar, vantait l'invincible Batory , et témoignait . une coq^assiQo: mensongère pour les nouveaux et inévitables malheurs de la Russie, si, par

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