‹ Histoire de l'empire de RussieChapitre 31 sur 45 · Tome IX. 5i · texte numérisé non relu

Tome IX. 5i

1579. loétier indigne de soldats chrétiens y à s<»tir (fe la classe des brigands pour devenir go^rriers du tzar blanc (le monarque deMoscovie), à chercher enfin des dangers exempts de dé^onneur ^ en faisant la paix- avec Dieu et la Russie. Nims avons y ajoutaient- ils ^ des Jarieres^s et des terres y mais peu de soldais : venez défendre la grande Permie ei^ejs Montrées chrétiennes du Nord. A ces propositions , lermak et s^ compagnons répandirent des larmes d'attendrissement. L'espoir d'effacer leur disgrâce par de glorienx exploits > par des services rendus à l'État ^ l'idée d'échanger le titre de brigands audacieux contre celui de courageux déftHiseurs de la patici^ , çauraèrent une vive émotion à ces hc^unies grossiers, mais dont le cœur était encore susceptible de remîords. Déployant leur étendard sui* la i*ive du Volga ^ ib firent un appel à leurs camarades, rassemblèrent cinq cent quarante partisans intrépides , à la jbèle desquels ils arrivèrent , brûlant de zèle y auprès des Strogamof , qm les recurent avec joie y dit l'annaliste. JLes désirs des uns y les promesses des autres y tout fut ^réalisé : les chefs cosaques devinrent le boutdier àupays

< chrétien; les infidèles tremblèrent d l^ aspect de la nwt quelle rencontraient partout où Us

i58f. osaient se moHârer' En effet y le 22 juillet i58i ,

les Cosaques dâirent eompléteaiient le raourza i$Sr. Bégduly^ qui à la tele de sept cents Vogoulitches et Ûstiaks arait pillé les colonies fondées sur la Silva et la TchoussoTaïa. Ce succès fut FavMt-; CQureuc d'ayantages plus consid^ables.

Les Stroganof n'avaient pas eu uniquement en Vue la défense de leurs villes ^ en appelant les Cosaque à leur service. Lorsqii'ils eurent suffisarn^ment éprouvé k courage et la fidélitçde ces s^rriers , reconnu le génie> Tintpépidité de lermak Timoféief , leur principal chef ( d^ origine ohêcurey disent ks annales 5 num illuiStrepar a^ grandeur d^ âme) , ils filmèrent une troupe particulière composée de Tatars suj ets de la Russie y de Lithuaniens et d'Allemands > rachetés de cap tivité chez les Nogaïs^ cftr- ceux-ci rao^enaiept d'habitude dans leurs cfinipemens les prisonniers qu'ils faisaient à. la guerre comme mercenaires du tzar. Ënfin^ après avoir fait provision d'armes et de vivres,, les StrogauQf anj^iopcèrent puvertement une expéditicm qui , sous les oirdres diermak , devait avoir la Sibérie pont but. Le nombre des hommes de içuerre s't^v^it à huit . ExiK^dî-

" ^ '^ tion contre

cent quarante, tous anin^és de ^ele et.trans-iaSiWrie. pwtés de joie. Les unâ songeaient à l'hoQue^r^ les autres ambitionnaient du butin. L'espoir de mériter leur grâce du tzar enflammait le^ Ço-

i58i. sac[ue8^ et lea captifs allemands ou poletoais qui soupiraient après la liberté, considéraient la Sibérie comme le chemin de leur patrie. lermak commença par organiser sa petite armée* Il nomma des hetmans y des officiers subalternes y désigna pour second chef, F intrépide Jean Koltzo; des chaloupes furent chargées de munitionâ de guerre et de bouche, de pièces d'artillerie légère , de longues arquebuses ; . il se procura des guides^ des interprètes, des prêtres , fit chanter des prières et reçut les dernières instructions des Strôganof; elles étaient conçues en ces termes : allez en paix nettoyer le pays de Sibérie et chasser l^ impie Koutchoum. Après avoir iEeiit i>teu de bravoure et de chasteté ^ lermak s'em— barqua le premier jour de septembre i58i , au son des trompettes guerrières , sur la Tchoussovaïa, et dirigea sa marche vers les monts Ourals, se préparant à de grandes actions , sans pouvoir compter sur aucun secours. Cette expédition se faisait même à Tinsu du tzar , car les Strôganof, qui avaient obtenu la donation des C(mtrées situées de Fautre côté de la chaîne des mpnts de pierre, crevaient pouvoir se dispenser de solliciter du tzar une nouvelle sanction de leur importante entreprise. Nous allons voir que Jean ne partageait pas cette opinion*

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Att moment où les États de Koutchoum allaient i^* devenir la conquête du Pizarre russe y aussi re« doutable pour les sauvages que celui d'Espagne ^ mais moins terrible pour Fhumanitë y le prince de Pelim avec les Vogoulitches , les O&tiaks^ les Tatars sibériens et les Bachkirs , fit une ir^ ruption soudaine sur les bords de la Kama. 11 détruisit les colonies russes près de Tcberdin.^ d'Oussolië^ ainsi que plusieurs autres forteresses nouvelles des Stroganof ^ ipit à mort ou entraîna en captivité un grand nombre de chrétiens privés de défenseurs; mais^ à la nouvelle de la marche des Cosaques contre la Sibérie y il quitta nos frontières pour voler à la défense de ses propres États. On fit aux Stroganof un crime de Coicrede ces déprédations. D'après un rapport de Basile Pilépitsin, gouverneur de Tcherdin, Jean lui écrivit qu'ils ne savaient ou ne voulaient pas surveiller les frontières. « Vous avez pris sur » vougy ajoutait-il, de rappeler des Cosaques » proscrits, vrais, bandits que vous avez envoyés » faire la guerre à la Sibérie; cette entreprise, M propre à irriter le prince de Pelim et le sultan » Koutchoum, est une trahison digne du dernier » supplice ! Je vous ordonne de faire partir , » sans délai , lermak et ses compagnons pour » Perme et Oussolié sur la Kama , oii ils pour-

i5Bi. » ront effacer leurs fautes en forçant à la sou- » mission les Ostiaks et les Vogoulitches. Vous » pourrez retenir tout au plus une centaine de » Cosaques pour la sécurité de vos petites villes. » Dans le cas où vous n'exécuteriez pas mes or- » dres à la lettre , si à Tavénir la Permie avait » à souffrir encore les attaques du prince de » Pelim ou du sultan de Sibérie , je vous acca- » blerais du poids de ma disgrâce^ et je ferais » pendre tous ces traîtres de Cosaques. » Cette dépêche menaçante fit trembler les Stroganof: cependant un succès éclatant ^ inopiné^ vint justifier leur entreprise , et changer en faveur le courroux de leur souverain.

Exploits En commençant le récit des exploits d'Iermak , nous dirons d'abord que, semblables à tout ce qui est extraordinaire, ils avaient fait une forte impression sur l'imagination du vulgaire et donné naissance à plusieurs fables, qui se sont confondues datis les traditions avec les faits véritables : sous le titre d'annales elles ont induit en erreur les historiens eux-mêmes : c'est ainsi , par e&emple , que quelques centaines de guerriers conduits par lermak , se métamorphosèrent en armée , et, comme ceux deCortez ou de Pizarre , furent comptés par milliers ; les mois devinrent des années , une navigation péniMe

parut merveilleuse. Laissant de côté les asser- i^i. tions faibuleuses^ nous nous en rapporterons ^ pour les faits principaux , aux docuniens officiels et au récit contemporain le plus ve'ridique au sujet d'une conquête^ to effets surprenante.

D'abord les Cosaques remontent , pendant quatre jours, le cours rapide et semé d'écueils delà Tchoussovaïa, jusqu'à la chaîne des mpnts Ourals. Les deux jours suivans, à l'ombre des masses de rocs dont l'intérieur de tes montagnes est hérissé y ils atteignent, au moyen de la rivière Sérébrennaïa, le passage appelé route de Sibérie : là ils s'arrêtent; ignorant ce qui pouvait leur arriver par la suite, ils contruisent, pour leur sûreté , une espèce de redoute à laquelle ils donnent le nom de Kokouï. Ils n'avaient trouvé en-p core que des déserts et un petit nombre d'habitans. Ensuite ils se transportent, en remorquant leurs embarcations, jusqu'à la rivière de laravle. Ces lieux sont , encore aujourd'hui , signçilés par des monumens d'Iermak : des rochers, des cavernes , des vestiges de fortifications y portent son nom. On assure que les gros bateau^ abandonnés par lui , entre la Sérébrennaïa et la Barantcha , ne sont p^is , de nos jours , entièrement pourris et que des arbres élevés ombragent leurs débris à moitié réduits en poussière.

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i58i. Par la laravle et la Taghil^ les Cosaques arrivés dans la Toura qui arrose une des proyinces de Fempire de Sibérie , tirèrent pour la première fois le glaive' des conquérans. A l'endroit ou se trouve actuellement la ville de Tourinsk, il existait alors une petite ville ^ domaine du prince Yepantcha. Il commandait un grand nombre de Tatars, de Vogoulitches , et accueillit ces audacieux étrangers par une grêle de traits ^ lancés des bords de la rivière , à la place où l'on voit à présent le village d'Ousseninovo; mais effrayé par une décharge d'artillerie , il prit aussitôt la fuite. lermak fit détruire la ville ^ dont le nom seul est resté y car les habitans donnent encore à Tourinsk le nom de ville (F Yepantcha. Les campemens^ les villages situés le long de la Toura furent dévastés. Les chefs cosaques ayant pris , à l'embouchure de la Tavda , un officier de Koutchoum^ nommé Taousak, celui-ci, voulant sauver sa vie, leur communiqua sur le pays d'importans renseignemens. Pour prix de sa franchise on lui rendit la liberté , et il courut annoncer à son maître que la prédiction des devins de Sibérie se réalisait, car, selon quelques rapports, ces prétendus sorciers proclamaient depuis long-temps la chute inévitable et prochaine de cet État, par une invasion des chrétiens.

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Taonsak parlait des G)saques comme d'hpmmes ^SSi. merreilleux^ comme des héros invincibles^ lanr çant le feu et la foudre qui pénètrent à travers les cuirasses* Toutefois Koutchoum^ privé de la vue , avait une âme forte : il se prépara à défendre avec courage son pays et sa croyance. Il . rassemble aussitôt tous ses sujets^ fait entrer en campagne son neveu Mahmetkpul à la tête d'une cavalerie nombreuse , et lui-même il se retranche sur la rive de l'Irtisch y au pied de la montagne de Tchouvache ^ fermant ainsi aux G)saques le chemin d'Isker.

La conquête de la Sibérie ressemble^ sous plus d'un rapport, à celle du Mexique et du Pérou. Ici c'était aussi une poignée d'hommes qui, au moyen d'armes à feu, mettaient en déroute des milliers de soldats armés de flèches ou de javelots ; car les M ogols comme les Tatars du nord ignoraient l'usage de la poudre à canon , et, vers la fin du seizième siècle, ils se servaient encore des armes employées du temps de Genghis. Chacun des guerriers d'Iermak faisait face à une foule d'ennemis. Si sa balle n'en tuait qu'un seul, la détonatioa effrayante de son fusil en faisait fuir vingt ou trente. Dans le pre- Combats. mier combat livré sur la rive du Tobol, à l'endroit nommé Babassan, lermak, à l'abri d'un

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ifiSi. retranchement^ arrêta , par quelques décharges de mousqueterie ^ Fimpetoosite' de dix mille hommes de la cayalerie de Mahmetkoul qui se précipitaient pour l'écraser. Aussitôt il les attaque lui-même^ remporte une yictoire com* plète^ et se fraie ^ jusqu'à l'embouchure du Tobol, une route dont tous les pârUs n^étaient pas encore dissipa. En effets du haut des riTes escarpées de la rivière appelée Dolojaï-Yar, les habitans faisaient pleuvoir une grêle de flèches sur les bateaux des Cosaques. Une autre affaire moins importante eut lieu à seize verstes de l'Irtisch , dans un pays gouverné par un chef de tribu nommé Karatcha , et situé au bord d'un lac qui jusqu'aujourd'hui porte le nono. de ce conseiller intime du souverain de Sibérie. lermak s'étant rendu maître du camp ennenai^ y trouva un riche butin ^ des provisions en tout genre ^ ainsi qu'un grand nombre de tonneaux de miel ^ destinés pour la consommation du sou^ verain. Le troisième combat^ sur l'Irtisch, fiit sanglant 9 opiniâtre; il coûta la vie à quelques Compagnons d'Iermak^ et servit à prouver de quel prix est , pour les barbares eux-mêmes y l'indépendance de la patrie ; car les défenseurs de la Sibérie montrèrent de la résolution et de l'intrépidité. Toutefois ils cédèrent la victoire

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