‹ Histoire de l'empire de RussieChapitre 32 sur 45 · DE KU88IS · texte numérisé non relu

DE KU88IS

aux Russes rers la fin de la journée^ en atten-- i^'w dant uoe nouvelle bataille ^ et sans perdre ni le courage^ ni Tesperance» L'aveugle Koutckoum sortit de ses fortifications pour venir camper sur la montagne de Tchouvache; Mahmetk)ul fut chargé de la garde des retranche mens ^ «t les Cosaques qui , dans la même soirée , s'étaient , emparés de la petite ville d'Atik-Mourza, n'osèrent pas se livrer au repos dans la crainte d'une attaqué.

Déjà la troupe d'Iermak était Tisiblement Conseil

nocturne

diminuée. Quelques cosaques avaient été tués, «*«« Cosabeaucoup étaient blessés, et au milieu de fatigues continuelles, un grand nombre d'entre eux li'avaient plus ni*forces, ni valeur. Les chefs profitèrent de cette nuit d'inquiétude pour se consulter sur le parti à prendre, et dans ce con«seil la voix des faibles se fît entendre, w Nous » avons, disaient-ils, assouvi notre vengeance. » Il est temps de rétl:\}grader, et de nouveaux y) combats sont dangereux. pour nous, puisque >» bientôt nous ne pourrcms plus vaincre , fauté » ^e combattans. — Frères, répondirent les » chefs , il ne nous reste d'attb'e chemin que » celui qui est devant nous : déjà les rivières » se couvrent de glace : en tournant le d<»> » nous périrons au milieu des neiges, ef si nous

i58i. » étions assez heureux pour regagner la Russie^ » nous y arriverions avec la tache du parjure ^ » car nous nous sommes engages à soumettre » Koutchoum ou à effacer nos fautes par un » trépas généreux. Nous avons vécu long-temps » avec une réputation déshonorante; sachons / » mourir après en avoir acquis une glorieuse ! » C'est Dieu qui accorde la victoire, et souvent » aux plus faibles : que son nom soit sanctifié ! » -^772^/2 /répondit la troupe.» Aux premiers rayons du soleil , les Cosaques se précipitent sur les retranchemens, à travers une nuée de flè-

Combat chcs, et en criant : Dieu est pour hausf L'ennemi aussitôt abat lui-même ses palissades sur trois points différens. Les Sibériens en sortent le sabre ou la lance à la main ^ et engagent, corps à corps , un combat désavantageux pour les guerriers d'Iermak, trop inférieurs eh nombre. Les hommes tombaient de part et d'autre; mais les Cosaques, les Allemands et les Polonais formaient un mur inébranlable, chargeaient leurs armes avec ordre, et, par un feu soutenu , éclaircissaient les rangs de Fennemi, qu'ils classaient vers ses retranchemens. lermak et Koltzo, aux premières lignes, faisaient des prodiges de valeur, répétant à haute voix Dieu est pour nousJ tandis que Taveugle Koutchoum, placé

DS'AUSSIB. 49^

sur la montagae au milieu de ses Imans^ de i^<* ses MoUaks^ invoquait Mahomet pour le salut das vrais croyans. Heureusement pour les Russes , Mahmetkoul blesse' fut obligé de quitter le combat^ et les M ourzas le transportèrent, dans un canot, sur Fautre bord de Flrtisch. A cette nouvelle la consternation se répandit parmi l'armée ennemie : privée de chef, çUe désespère de la victoire; les princes Ostiaks prennent la fuite; ils sont suivis par les Tatars, et Koutchoum, apprenant que déjà les étendards chrétiens flottaient sur les retranchemens • cherche son salut dans les déserts d'Iscbim, ayant eu à peine le temps d'enlever de sa capitale une partie de son trésor. Cette bataille générale et sanglante décida de la domination des Russes depuis la chaîne, des monts Ourals jusqu'aux rives de l'Oby et du Tobol : elle coûta aux Cosaques cent sept de leurs plus braves guerriers, et jusqu'aujourd'hui on Élit, pour le repos de leur âme, des prières solennelles dans la cathédrale de Tobolsk.

Le 2j octobre, lermak, déjà illustre pour PnsedeU Fhistoire, après avoir rendu au ciel d'éclatantes ker ou de actions de grâce, fit son entrée triomphante dans la ville d'Isker ou de Sibir, située sur une élé-* yation au bord de Tlrtisch. Elle était défendue.

4g4 HISTOIRC

idSi. d'un côte 9 par des >retnanobemep8 et un fossé profend; de l'antre par un triple rempart. Selon FaimaHste^ les Tainquenrs y trouèrent d'immenses richesses en or^ argent^ draps d'or d'Asie^ pierres précieuses^ fimrrures^ etc.^ qu'ils partagèrent en frères. La ville était entièrement déserte. Ces guerriers qui venaient de conque^ rir un royaume n'y voyaient pas un seul lial>îtant. Us regorgeaient d'or 9 de zibelines^ et manquaient de nourriture. Cependant^ trois jours apmès, ils virent arriver les Ostiaks , conduits par leur prince Bofaar^^ qui venaient leur apporter des prësens et des provisions^ prélBr serment, de fidélité 9 demander grâce et protectîoD. Bientôt parurent aussi un grand nraibre de Tatars avec leurs femmes et leurs en&ns« lis retirent d'Iermak un gracieux accueil. U les tranquillisa , et les laissa retourner à leurs campeu^ns y après avoir exigé d^eux un lé^r trilivt. Cet hmarae^ naguèires ckef d'nne. bande de brigands 9 qui venait de se montrer intrépkle héros et capitaine habile ^ déploya également son ^mkf extraordinaire^ dans les choses relatives à l'adminisdratioin et à la discipline militaire. Il Ûl^irgit à d«s peuples grossiers et sauvages une exti^ême Oimfiance dans un pouvoir nouveau. Il parvint à contenir^ par une. juste sévérité,

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s€fi tùrbulens €otnpagnfms d'ar mes,^ de telle sorte 1 59t . qu'ils n'osèrent i^xercer aucune Texaticm dans un pays conquis par leur audace et à travers miUe ^tngers^ à F^xtrëmité du monde. On rapporte que rinflesible lermak^ ménageant les s^v«rité guerriers chrétiens dans les combats^ Les traitait ai^ec rigueui^ pour le mmndre délits et qu'il piHÛSfiait également de ukort la désobéissance et la fornication; non^seulement il ^exigeait de sa troupe entière soumission ^ mais enoïre la pu^ reté de Fàme ^ afin de se rendre agréable au Rïaitre de la- terre ^t à celui du ciel^ persuadé que Dieu lui accorderait la -riotoire aTCC un petit nombre Aie guerriers vertiieûx, plutôt qu'av-ec un grand nombre de pécheurs endurcis: « jSescosizque^j dit Tannaliste de Tobolsk^ jne^ » fiaient une vie chaste y en marche aussi bien * que pendant leur séjour dans la capitale de ^ la Sii^érie.'Aux conduis succédait la prière. » Cependant ils n'étaient pas encoiTe au terme de leurs dangers.

.11 s'-était passé quelt[ue temps sans qu'on entendît parler de Xoutchoum j et les chefe cosaques^ saps aucune inquiétude^ se liTraient au plaisir de la^ chasse^ dans les environs de la yille } mais Koutchomn s'en étaft rapproché : malgré sa blessurt^^ Mahmetkoul était déjà remonté

4g6 JiisToinB

i58t. à cheyal^ et le cinq décembre il tomba k Fimproviste sur yingt russes qai péchaient dans le lac d'Âbalak^ et les massacra tous. Aussitôt qu'Iermak apprend cette surprise^ il court à la poursuite de Fennemi, Fatteint près d'Abalak^ à l'endroit où se trouve à présent le bourg de Chamehin , le bat et le disperse : ensuite ^ ayant fait releyer les corps de ses compagnons d'armes^ il les inhuma^ avec les honneurs militaires^ sur le cap de Saottskan^ près d'Isker^ dans l'ancien cimetière des khans. L'intensité dufroid^ de dangereux tourbillons de neige > les courtes journées d'hiver dans ces contrées septentrionales^ ne lui permettaient pas de songer à. de nouvelles entreprises de quelque importance avant le retour du printemps. En .attendant , la soumission pacifique de deux princes des Vogoulitches, Ichberdeï et Souklem^ servit bientôt à étendre les possessions des Cosaqties. Le piïemier avait ses domaines au-delà des marais d'£skalbin, sur les rives de la Kouda ou de la Tavda; le second habitait les environs de Tobokk* Tous les deux offrirent volontairement de payer le yassah ou tribut en zibelines > «et prêtèrent serment de fidélité à la Russie. Ichberdeï sut se conci lier l'amitié particulière des Cositques^ aux* quels il servit de conseil et de guide dans les

Irf^tioa iftt^piem'e, lu perception du tribut, la cbassQ «t k pêehe, dQ^t les produits étaient indispens^blea dans un pay$ sans agriculture, occupèrent leripak jusqu'au mois d'avril. Alors «ssa. uu mour^ lui donna avis que Faudacieux Mahmetkoul s'e'tait de nouveau approche' de Tlrti«^}i# *€t campait près de Vagaï ayeç une troupe peu uombreuse. ]j'occasion était fayorahl^j mais Le prince

, . .•/•.•Il •i Mahmet-

pour exterminer cet intatiganle ennemi, le se- koui pricret et la céle'rité étaient plus nécessaires que la ÊDorce. En conséquence les chefs cosaques, ayant choisi soixante de leurs braves, s'approchent furtivement du camp des Tatars, en égorgent plusieurs plongés dans le sommeil, et fEint pri-r sonnier Mahmetkoul, qu'ils amènent en triomphe à Isker. Cette prise causa une grande joie à lermak, car elle le débarrassait d'un ennemi pdbin d'audace et de courage, qu'il pouvait considère» comme un otage important dans ses relations avec le fugitif Koutchoum : bien que Mahiujçtkoul lut couvert du sang des frères d'armes d'Ienaak, celui-oi, abjurant toute idée de vengeance personnelle , le traitait avec des égards flatteurs, tout en le tenant sous^ une étroite surveillance. Comme lermak avait déjà djBs espions jusq\ie dans des lieux éloignes d'k-^ Tome IX. Sa

i58a. ker^ il apprit que Koutchoum^ frappe du revers de Mahinetkoul ^ errait dans les déserts au delà de l'Ischim. Cet usurpateur allait être atta-* que' par Seidek (fils de Bekboulat^ prince de Sibérie, Tune de pes victimes), qui marchait contre lui avec de nombreuses bandes d'Usbecks. D'un autre côté, il se trouvait affaibli par la défection du mourza Karatcha, qui, l'abandonnant dans son malheur, avait entraîné une grande partie de ses troupes ^ et sç disposait à camper dans le pays de Lym y près d'un grand lac y au-dessus de l'embouchure de la Tara dans l'Irtisch. Ces nouvelles étaient de nature à causer une vive satisfaction à l'illustre chef des Cosaques, dont les nouvelles entreprises allaient être favorisées par la faiblesse du principal ennemi des Russes, ainsi que par l'approche du printemps.

Saitedes lermak, ayant laissé à Isker une partie de con^ 8. ^^ |.j,Q^pg ^ s'embarqua avec l'autre sur Tlrtisch

qu'il descendit, en naviguant vers le nord. Les tribus du voisinage reconnaissaient déjà son pouvoir, de sorte qu'il s'avança, sans obstacles, jusqu'aux bouches de l'Ârmidzianka, où il fut arrêté par des Tatars encore indépendans , qui , s^étant renfermés dans une forteresse, refusèrent de se rendre. Elle fut emportée d'assaut ,

DE RUSSIE. ^gg

et les chefs cosaques firent fusiller ou pendre *58a, les principaux auteurs d'une opiniâtreté dangereuse pour les Russes. Intimides par la terreur^ le reste des habitans jura soumission et fidélité à la Russie y en baisant un sabre teint de sang. Les cantons actuels de Ratzin^ Karbin^ Tourtass n'osèrent opposer aucune résistance. Plus loin commençaient les campemens des Ostiaks et des Vogoulés de la Kouda. Là, sur le rivage escarpé de Flrlisch, leur prince Démian, réfugié dans un fort avec deux mille guer^ riers prêts à combattre, rejeta toutes les propositions d'Iermak. Au rapport de l'annaliste, c< cette petite ville possédait dans ses murs une » idole d'or que l'on supposait y avoir été ap- » portée de l'ancienne Russie , à l'époque où » elle embrassa le christianisme. Les Ostiaks la » conservaient dans un vase rempli d'eau qu'ils » buvaient pour ranimer leur courage; les chefs » cosaques, ayant chassé les assiégés à coups » de canon, pénétrèrent dans la ville, mais ils » ne purent découvrir cette précieuse idole. » Les conquérans continuèrent leur navigation. Ils aperçurent une foule de devins qui offraient un sacrifice à leur fameuse idole de Ratscha , la conjurant de les sauver de ces terribles étrangers : l'idole restait muette, les Russes s'avan-

^^*- çaient avec leur tormerrcy^t les devina effrayés courureat se cs^er dun» Fépaisseiir d^ ferêts* C'est là que se trouve aujourd'hui la ookmte de {Utscha^ ^u^esfious de Peimausk^ Plus loin» ditus le canton de Tzingal ^ à l'ei^roit oà Tirtisch> inesserré par des montagnes^ précipite soa t^urs rapide 9 uae multitude d'hommes armés atlendàient les Cosaques : mais .une décharge 4le mousqueterie Jes mit en fiiite^ et ceux-ci s'einparèrent de la petite ville de Nazyni , oà ils ne trouvèrent que des femn^s et des eii£ans J&appés de terreur et a^ndant la mort. leiv m^k les traita avec t^ut de douceur q%ie leurs pères et leurs maris ne tardèrent pas à resoir la trouver avec un tribut. Après avoir soumis le canton de Tarkhan^ les Cosaques entrèi?ent dans le pay$ du plus considéralde des prii¥:es <»$tiaks^ qottimé Sâmar^ Allié avQc huit autres petits princes 9 il attendait les Kusses de pied ^rme^ afin de décider ^ par une bataille > du sort de tout l's^cien pays d'Yougorie. Saipar se vanrtait d^ son courage 9 de sa lorce^ mais il oublin la pru4^^6> <^r l]ui^ sw arn^e et ses gardes étaient plwgés dans le sommeil ^ lorsqu'à l'Heure du crépuscule^ les Cosaques vinrent t^ttaqu^

son camp. Eveillé par le tumuUe^ il S0 lève, saisit ses armes , et ^tombe Irap^' à mort du

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premier coup de fasil« A l'instant ^ ses tretipes^ ^^' se dispersent > et led habltaos s'engagent à payer tribut à la Russie. Déjà lermak se trouerait sur la rive de l'Oby^ fleuve important^ s«ir le cours duquel les anciens Novgorodtens avaient quelques tiotionb^ mais dont la source ^t Tem*bouchure^ suivant les voyageurs moscovites ,dé 1 567 y se cachaient dans des région^ ineoo* nues. Maître de Naaym, principale ville ées Ostiaks^ et de plusieurs autres forteresses^ ayant entre ses mains le prince de Sibérie ^ lermak eut à déplorer la perte d'un de ses braves compagnons d'armes 9 l'hetmaa Nicétas Pan^ tiie <lans un assaut avec quelques unsides plus intrépides cosaques* Il ne voulut pas pénétrei* plus ava:nt dans un pays qui ne lui présentait que' des déserte glacés, lieux de désolation où, pen- <iaM l'été, les rayons brùlans du soleil parviennent à peine à récbaufi^ la surface de marais immenses couverts de mousse; des fondrières tlurcies par le froid et parsemées d'ossemens de inaiiifnouidis , y offrent l'aspect d'un vaste cimetière, lermak désigna Âktt^a, prince ostiak, comme chef des tribus d« l'Oby; ensuite il reprit le chemin de la capitale de «Sibérie, traité tfti vaimjveur et -en souverain par ses tributaires. Il était accueilli partout avec les démons-

iS»!. trations d^une soumission absolue, comme un guerrier redoutable et doué d'une force d'âme surnaturelle. Au son d'une musique guerrière les Cosaques remontaient les fleuves : ils descendaient de leurs barques, vêtus de leurs plus beaux habits, afin d'étonner les habitans par leurs richesses. Ayant ainsi assuré la domination de la Russie depuis Bérézof jusqu'au Tobol, lermak, satisfait et tranquille, arriva heureusement à Isker.

Ambas- Alors Seulement , il annonça aux Stroganof, Moscou, qu'avec l'aide de Dieu il avait vaincu le sultan, pris sa capitale, ses États, son neveu, et fait prêter à ses peuples serment de fidélité à la Rus* sie. En même temps, il écrivit au tzar que ses pauvres Cosaques, proscrits, troublés par leur conscience et livrés au repentir, avaient bravé la mort pour réunir un vaste État à la Russie , au nom du Christ et de leur grand monarque , pour les siècles des siècles et pour tout le temps qu^il plaira au Très-Haut de prolonger V existence de l^ univers. «Ils attendent, ajou{ait-il, » les ordres des voïévodes russes auxquels ils )9 sont prêts à remettre le royaume de Sibérie, » sans aucune espèce de condition, disposés à » mourir pour la gloire ou sur un échafaud, se- » Ion qu'il plairait à Dieu et à leur maitre. »

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Muai de cette missive^ le second des dhefs^ Jean i562. Koltzo y premier compagnon d'Iermak dans les combats et dai^s les conseils^ partit pour Moscou où il avait. été condamné à un supplice rigoureux^ comme criminel d'État^ sans craindre l'arrêt solennel qui menaçait ses jours.

Ici nous préviendrons une question qui parait assez naturelle. En annonçant aussi tard ses succes aux Stroganof ^ lermak ^ séduit par la facile conquête de la Sibérie^ ne songeait-il pas^ ainsi que le supposent quelques historiens , à régner sur ce pays d'une manière indépendante? Quoique vainqueur, ses forces diminuaient tous les jours, et le besoin de secours n'aurait-il pas été le seul et véritable motif de sa démarche auprès de Jean? Cependant comment imaginer que ce chef prudent n'aurait pas prévu, en commençant son expédition, qu'une poignée de téméraires, abandonnés de la Russie, seraient dans deux ou trois ans anéatitis par les combats ou les maladies; que dans un climat rigoureux, ils succomberaient au'milieudesdéserts et d'épaisses forêts, impénétrables refuges d'une population sauvage et féroce , que les armes à feu pouvaient, seules, forcer à payer tribut aux étrangers? Il est plus probable que n'ayant pas été témoin oculaire des faits, l'annaliste établit, sur des

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itea. hypothèses. Tordre dahs lequel ils se soht sucfcédes. Petit-être lermàk àrait-il cfâitit de se vanter trop tôt de ses succès^ Votilant, avAxit tout> athever la cotiqttête de la Sibe'rie; ce qu'il triit aycit* fait tn chassàkit Kotttchoum dans les déserts, 6t ten ëtàblissatit tes bornes de l'empire hiofecOTÎte Sur les rives de TDby.

Tratîsportés de joié à la nouveile qu'ils vefiaiént de recevoil* des hetmans, les Stroganof partirent à rikistÀht pour Moscou, empresses de Côîilm'uhiqUiBr au tzar tous les détails de lear glbk'ieuse entreprise. Us Itti d^niatidèrent d'achever la réduction de la Sibérie^ de simples particuliers comme eut n'ayant pas les moyens de conserver utie aussi tâste conquête. Les envoyés d'Iermak, Jean Kolt^o et ses compagnons, parurent aussi devant le prince pour lui offrir le foyaume de Sibérie, ainsi que de précieuses fôtirirures eîi zibelinefe, renards noi*^ et castors. Joie à C'était, depuis bien long* temps, les premiers Moscou. trànspoMs de joie dans la triste Moscou ! Le tzar et là nation seinblèrent se ranimer^, A la cour, sûr là grande place, on répétait avec ivresse. Dieu à envoyé un nouvel Empire à là Mussie! On sonnlEiit les cloches, on adressait au ciel de Solennelles actions de grâces, comme à l'époque de Kk7.àn fet d'Astrakhan^ tem|fs heureux de la

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j^Ùiïes!^ dû t±ktl La renommée exagérait la isfo. gloire dfe cette cottijtiête ; il n'e'tait bruit que (tes inhoinbrablfes armées de'trtiites par \ei Cosàqùe^^ dii grand nombre de peupleis soumis par leur valeur > des richesses immenses qu'ils avaient trouvées ; fen un mot , la Sibérie semblait être tombée dit fciel pont les Russes; et , pôùt faîîre t'esisortii- davantage les succès d'Ièiv miak^ on oubliait (Jue tle temps immémorial ce pays avait été connu dès Rilsses. La disgrâce des Cosacjues fit pface aux honneuris; Jean Koltzo^ baissant avec htimillté sa tête coupable devant le tzar et les boyards , n'entendait plus que des parcdefe de bienveillance , que des louanges sur sa tCotodttite , que le nom de vaillant guerrier; vîveiheht attendri , il baisait la niain du tzar, q\ii lui fit donnef , iainsi qu'aube autres envoyés de Sibérie, de Targent, du dr^p et des étoffes dfeptii. feàh expédia immédiatement vers 1er- Euvoi rfiâk té prince Siméoh Bolkovsky et i'oflicier Jean mée en si- G'idukof avec cinq ceints sti^litz. Il autorisa Jean Koltzo à cbet'chet' des Volontaires pour aller s'établit dans les nouvelles contrées du Tobol , et ordonna à féVêque de Vologda d'y envoyer dix pretfés, à TeÔet ^e fcélébrer l'office divin. Lé p^ihce BolkôVskyéevàit^endre, au printemps,, des bàtèatix chez les Stro^nof , et s^mbaj:quer

5o6 HISTOIRE

isas. sup la Tchoussovaïa , pour suivre les traces du héros de U Sibérie. Les illustres citoyens , véritables auteurs de cette acquisition importante pour la Russie y la cédèrent à l'Etat ; mais en récompense et pour prix de leurs services et de leur zële, Jean fit à Siméon Stroganof concession de deux bourgs^ la grande et la petite Sol^ sur le Volga. Maxime et Nicétas obtinrent le privilège de Étire le commerce dans toutes leurs villes j sans payer aucun droit.

En attendant de bonnes nouvelles de la Russie^ les conquérans de la Sibérie ne s'abandonnaient pas à lui stérile repos. Ils s'avancèrent par la Tavda jusqu'au pays des Vogoulitches et près de l'embouchure de cette rivière, où dominaient les princes tatars Laboutan et Petschénieg. Dans une affaire sanglante, lermak les mit en déroute sur les bords d'un lac , et l'annaliste rapporte que de son temps on y voyait encore ime grande quantité d'ossemens humains. Mais les timides habitans des cantons de Koschoutz et de Tabarin payèrent, sans murmurer, le tribut exigé par le chef des Cosaques. Ces paisibles sauvages vivaient dans une indépendance absolue , n^ayant ni princes , ni chefs ; seulement ils accordaient leur respect à quelques hommes riches , dont la sagessç était généralement reconnue , et les pre-

naient pour juges dans leurs querelles: Ils ac- t583. cordaient une égale estime à de prétendus devins. L'un d'eux regardant lermak avec une sainte terreur, lui avait, dit-on, prédit une longue .gloire; mais il avait gardé le silence sur sa mort prochaine. Ici la fable ctéa de nouveaux géans parmi les nains de Yogoulie qui ont à peine deux archines de hauteur. D'après un de ces contes , les Russes virent avec surprise , près de la ville de Tabarin, un géant haut de deux toises, qui saisissait une dixaine d'hommes à la fois^ et les étouffait entre ses bras; ne pouvant parvenir à le prendre vivant , ils le tuèrent à coups de fusil. Au total, la relation de cette expédition n'est pas très-authentique, et ne se trouve que dans le supplément à la chronique de Sibérie. On y lit aussi qu'après avoir atteint les marais et les forêts de Peloum , dispersé les Vogoulitches, et fait de nombreux prisonniers, lermak chercha à recueillir de ces derniers quelques renseignemetis sur les chemins qui, des bords de la Haute-Tavda, conduisaient àPerme à travers la chaîne des monts de pierre, afin de découvrir une communication moins dangereuse , moins difficile avec la Russie : mais qu'il lui fut impossible de se frayer un chemin dans Àes déserts marécageux en été , et enéevelis en

3ol3 uistôittÊ

i5S3. hiyef soU^ dèS lieigéë ^f^^feiideB« lerttiftk yeàtit d'kugttifentet^ te iiomBi^e d« ses tributaires^ et d'ëtehdre ses domaines juscfu'à k rivièiie de StfeTâ, dans l^ahtique pays d'Yougorie, U arait étiblaVe' dans leurs limites le.payi de Kon^nie, peu cdnnU jusqu'alors > bien que place depuis IbUg-temps dans les titrt^ des souyeraitis mos^ cQTitès. Il retourna ensuite dans la capitale de la Sibérie > ôU Fàttetidait la récompense de ses glôritâUx tràTaux;

Jean Koltzo était arrivé à feker chargé des gratifications du tzar ^'suivi du prince Bolkovsky avec ses hommes de guerrèw Le premier remit de riches présens au^Lchefe ainsi qu'aux soldats. Il était porteur pour iermak de deuK cuirasses , d'Ui!te coupe d'argent et d'une pelisse que le tzar AVàît portée lui-même. Ôans une lettre pleine xle bonté , Jean annonçait aux Cosaques un entier o^bli de léUt^ fautes et ia reconnaissance éterntelle de la Russie pour leut^ importans services. 'Où assure i^tt'il nommait lermak , prince de Sibéï-ïe , lui ordonnant d'administrer et gouverner t^ i>àys , comme il 4'avait Mt jusqu'alors ; d'y ^àblir l'ordre , d'y <con^l4der enfin la suprême jpuissahcè du tzar. De leur tôté les Casaques res- 4àiei^ des ho^^emps aui: voiév^es de Jean ainsi ^u'à tous les strélitz. Us leur firent des préseos

en zib^liaes et l^s tr^itèrç^t avec tout le Jujçe "583. que permettait leur position^ §e pre'parapt ensemble h de pouvçUes entreprises. Toutefois cette félicité d'Iepmak et çle se? compagnons ne fut pas de longue durée : nous touchons au çommeacemcnt de leurs revers.

D'abord on vit se manifester parmi les trompes un aiTreux scorbut ^ maladie commune à ceux qui arrivent daps des climat^ froids et humides , dans ^ie^ contrées sauvages et presque inhabitées. Lfs strelit?;* en furent attaqués les premiers. Bientôt elle se communiqua au^^ Cosaques*, dont plusieurs perdirept les forces et même la vie. Ensuite Fhiver aiuepa une grande disette de vivres : un froid excessif, des tourmentes^ des tourbillons de neige empêchaient la chasse et la pèche ainsi que Farrivage <lu grain des camperoeus ♦voisins , dont quelques habitans s'occupiaieut d'une agriculture peu productive. La famine çonimençait à se faire sentir; la maladie faisait des progrès , et tous les jours elle enlevait plusieurs victimesij au nombre desquelles se trouva le prince Bojkoviky. On lui fit, à Isker, d'honorables funérailles • L'abattement général atteignit aussi le coeur d'ieirmakj il ne crçiigu^it pas la mort, habitué depuis long-teu^ips k la briiver, mais il s'a0ligeait à l'idée de perdrç sa conquête.

5lO HISTOIBE

'584. de tromper l'espoir du tzar et de la Russie. Heureusement cette calamité cessa avec le printemps : la chaleur atmosphérique vint contribuer à la guérison des maladies^ et des convois de vivres ramenèrent Fabondance parmi les Russes : alors lermak fit partir le prince Mahmetkoul pour Moscou, annonçant au tzar que tout allait bien en Sibérie; toutefois 11 lui demandait instamment des secours plus considérables que les premiers , afin de conserver ses conquêtes et de pouvoir en faire de nouvelles. Mahmetkoul, fidèle observateur de la loi de Mahomet, servit par la suite dans les armées russes.

lermak qui avait perdu à peu près la moitié' ■ de ses hommes de guerre, par Fépidémie et la famine , éprouva bientôt un nouveau malheur par Feffet de son imprudente crédulité. Le mourza Karatscha , après avoir abandonné son souverain au moment de ses revers , avait établi un camp nombreux sur la Tara : il avait des espions à Isker, des amis et des intelligences dans tous les campemens des environs : il ambitionnait la gloire de devenir le*libérateur de sa patrie. En attendant une occasion favorable , il flattait les Russes avec une perfide adresse ': il leur envoyait des présens, leur demandait des secours sous le prétexte qu'il était menacé par

les Nogaïs , protestait de sa fidélité ; en un mot 1584. il parvint à tromper lermak à tel point que celai-ci lui envoya quarante de ses plus intrépides soldats^ sous les ordres de Fhetman Jean Koltzo. Quelques décharges de mousqueterie auraient sufiS à cette poignée de braves pour disperser des milliers de sauvages ; mais conduits à leur impruperte par une fatale destinée , les Cosaques ar- Cosaques. rivèrent , sans prendre aucune précaution , chez leurs prétendus amis et se placèrent tranquillement sous le fer des meurtriers. Le premier des héros d'Iermak et ses vaillans compagnons ^ naguère lions dans les coinbats ^ tombèrent comme des agneaux dans le camp de la Tara.... Le résultat de cet événement fut la révolte de tous les tributaires. Aussitôt les Tàtars , les Ostiaks de Sibérie se soulèvent contre les Russes et massacrent , dans une reconnaissance^ Thetman Mikhaïlof ; ensuite ils se réunissent aux troupes de Karatscha et vont avec leurs innombrables chariots camper autour d'Isker, oii lermak se voit étroitement assiégé. Ses conquêtes, son royaume, ses sujets, tout venait de* s'évanouir ! Quelques toises de fortifications en bois avec des reitiparts de terre, formaient alors tout le domaine des Cosaques ! lermak aurait pu faire des sorties ; mais il voulait ménager ses soldats ,

]$84» réduite à uo petit nombre ; U i^ miiteiii^it d(^ de &ire tiix^r du chooq^ s^nf aucup r^$i»ltfiti car «'ayant que de$ ^ïwm d'wtilleriç tëgèi?^^ il ne pauvait atteindra? Fenn^mi qui çç tenait koFs de portée et »e YOuUlt pa^ s'appirocber de la ville > certain de la preudi-e par fainipe > c^QS^ inévitable si le siège avait duré plus lo^g-t^mps. Dans cette extrémité les Gpsaque$ preanient une résolution désespérée. Peuife^t Ift pwU dyi i,:^ juin, laissant ïerwali. pour yeiUeir k h «^ret^ dç Ig ville, ik en sorfeul coimnandé^ par Mathieq Metçbériaji, se gUsseut à trayers tes .chaript» de Venmm, et ? l^ feye^r 4q rob^ç^^ité Us ^lf\\mJ^mt}mq^'k Tpudr^it APmsaé Saousk^,

k qvelqu^^ ve^çtf^ç 4^ la yiUe. C'est 1^ que K?iR^t^cbn ayait établi çoq C^WP- A^^itpt ^Ls s« jjejtteiit ^i^r V^ Tatars p^sgés dan^ le son^oieil, • e» égqrgent \ip grapd ^oi^ibr? ( ept^e autre^ deiji fil^deîtaratscha), pour^uiye^t de tpus çQtësles fi^yards saisis d'épQUv^nte et sfi baifipe^t dans le sang des infidèks, l^e mpur?,^ luinw^çBo^e s'enfuit au dçlà du lac, suivi de quelq^es-wfts de^ siees. L'aube du jour rendit bientôt le coiy:*iige aux «unemis. Des troupes aririvées de§ i^iitr^a cft^sirpemens avaient arrêté les fuyards ; le^ Tatars» s'étaient rangés en ordre de bf^tftUl^; oepewdw* ^ ]fis Oosaques, retranchés ai^ i^ilieu des ipb^riot^

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de KaratBchd , parvinrent , au moyen d'un feu l'Sl bien etittetetiii , à i^pouéser toutes les attaques et à rentrer dans la TÎUe, dëlivrëé ^ar leur valeur; car^ frappé de terrent-, le mourza avait levé le sîe'ge en toute hâte et s^è'taît sauve audelà de l'Ischîm. Les villages et campemehs voisins se soumirent de notiteau à lermak : le destin favorisait encore les fce'ros !

lermak résolut d'intimider les ennemis et de Dernier» ^rantir sa sûreté pour 1 avenir. A cet enet , bien dUermak- <ju'il ne lui î;estât plus qu'une faible troupe , il entreprît de poursuivre Karttischa, eu remontant rirtîsfch, afin d'ëtendré les poâsessfohs dé la Russie vers Fest. Il battit le ptiÉrée Beghiche et •s'empara de sa ville, dont on voit enco!re lès ^dëbiris iXit les rives d't^n kc sinueux , près de rembouchure du Vagâï. Il se rendit maître de toute la contrée qui s'e'tend jusqu'à FFschim , •effrayant par sa vengeance ceux qui osaient lui résister, épargnant ceux qui meUaient bas les «i^mes. Dans la contrée de Sargaty vivait alors tiA lUtistre vieillard ^ ancien chef tatar, juge héréditaire de toutes les tribtts , depuis le pt-ériiier' khan de Sibérie* Il fit acte de soumission ainsi •que le prince Étitchaï , qui gouvernait la ville ^e Tébëtid. Oelui^i, en apportant le tribut à fcrrtiak, lui pré^nta sa jeune fille fiancée au

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