‹ Histoire de l'empire de RussieChapitre 35 sur 45 · Tome IX · texte numérisé non relu

Tome IX

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i583. Néanmoins^ au lieu d'iiiiportaDS succès^ il ne lui resta que la honte de céder tacitement à cette dernière puissance, et les yilles de FEsthonie, et même un antique domaine de la Russie^ parce qu'il était alarmé de nouveau des projets de Batory ou du khan, et inquiet de la sanglante insurrection qui désolait les contrées orientales de TEmpire. On assure qu'au milieu de ces * événemens il paraissait tranquille : au moins ne perdait-il pas sa viguetir dans les affaires de rÉtat, soit à l'intérieur, soit à Fextérieur. 11 avait abandonné , pour habiter Moscou , la ' fetale Slobode , où l'imagination lui montrait sans cesse l'ombre ensanglantée du fils , dont il avait été le meurtrier. Il présidait au conseil des boyards, traitait avec magnificence les ambassadeurs du schah de Perse et du Sultan , ceux de Boukharie et de Khiva. Considérant Hodabend, successeur de Thamas, comme un ennemi de l'Empire ottoman, qui pouvait devenir dangereux pour la Russie, il entretenait avec lui des liaisons intimes, en même temps qu'il témoignait au Grand-Seigneur une extrême dë-

Relalîong ^, i • j. ^ • i i

aTccdiver-ierence, sans lui dire un mot ni de la guerre sances, etni dc la paix. Seulement.il permettatit aux maricment chauds turcs de venir à Moscou pour y faire un

a Vcc l' Ajd*

gieierrc. commcrcc d'échaugc des draps d'or d'Asie contre

DE RUSSIE. 55l

les zibelines de Russie. Ses rapports avec les i583. princes des pays caspiens se bornaient également à des liaisons de commerce ; mais c'était avçc TAngleterre que se trouvaient établies les plus intéressantes relations de la cour de Mosc^ou.

Depuis Tannée iSy^, le commerce des Anglais avait repris une nouvelle vigueur en Russie ; ils recommençaient à se louer de la bienveillance dutzai'^ trouvant partout justice^ aide et assistance^ en dépit des négocians hollandais ou allemands : ceux-ci cherchaient, à force d'intrigues et de ruses, à les noircir dans l'esprit de Jean, répandant l'or à pleines mains pour suborner ses secrétaires et ses courtisans. Elisabeth, de son côté , n'avait aucun égard aux représentations des puissances du Nord sur le danger que ce commerce présentait à l'Europe menacée par les projets ambitieux des Russes. Ayant appris que le roi de Danemarck mettait à contribution les marins anglais lors de leur passage ^ers les côtes de la Laponie russe , elle en écrivit à Jean : Je sais, lui répondit-il, que le per- Jide Frédéric de Danemarck y dans le dessein de priver la Russie de toute communication €wec les États de l^ Europe , fait valoir ses préterrions sur Kola et PetcJienga , anciennes pro^

583. priétés de' mon Empire. Anéantissons de con-^ cert ses injustes projets : balayez la mer et le chemin de la Di^ina avec des vaisseaux deguerre^ tandis que y diaprés mes ordres y des troupes de terre vont occuper leè ports de VOcéan sep-ientrional y pour mettre vos négocians à Vabri de la violence des Danois. Cependant Frédéric ne donna aucune suite à ses prétentions déplacées^ car il ne pouTait songer à feirc hsi guerre aux Russes dans les déserts sauvages de la Laponie^ et il craignait d'indisposer l'Angleterre déjà puissante sur* mer.

Approuvée par la raison d'État^ l'alliance sincère de ces deux puissances se fondait également sur l'amitié personnelle que Jean portait à la reine ; ainitié alimentée par ce que les négocians anglais établis à Moscou publiaient des grandes qualités^ des actions de cette princesse ^ par leurs récits sûr sa noble figure, son amabilité, ses bonnes dispositions et son amitié pour le tzar. On a même prétendu qu'il pensait à épouser cette beauté quinquagénaire; mais ce bruit n'a été confirmé par aucun témoignage historique contemporain. Néanmoins Jean, marié en sixièmes ou septièmes noces, connaissant Vétat de grossesse de Marie, et dans la première année de ce malheureux et

<ternier hymen, cherchait effectivement pour i593. lui une illustre fiancée en Angleterre^ afin de raffermir encore son alliance avec Elisabeth. Nous allons exposer avec quelques de'tails les circonstances de cette intéressante affaire.

Robert Jacobi , un des médecins de la cour d'Angleterre^ arriva à Moscou dans Y^ié de i58i, porteur d'une lettre d^s laquelle la reine écrivait au tzar : ce Je vous cède, mon frère chéri ^ » Fhomme le plus habile dans l'art de guérir, » bien qu'il me soit trèsrutile, mais parce qu'il » vous est nécessaire j vous pouvez en toute » confiance lui abandonner votre santé. Je vous . » envoie avec lui des pharinaciens et des chi- » rurgiens, expédiés- de gré ou de force ^ quoi- .» que nous n'ayons pas nous-même un nombre » suffisant de gens de cette espèce. » Dans son entrevue avec Robert, Jean lui demanda s'il se trouvait en Angleterre quelque personne veuve ou fiUe^ digne de la main d'un souverain. « Je » n'en connais qu'une seule , répondit le méde- » cin; c'est Marie Hastings , âgée de trente ans , )) fille du comte de Huntington, prince apana- » gé, et nièce de la reine par sa mère. » Il est probable que, devinant un dessein si favorable aux intérêts de l'Angleterre , Robert captiva l'imagination de Jean par la peinture des qua-

i683. lités supërieures de Marie, car ce prince fil partir incessammient pour Londres' le gentilhomme Pissemsky. Il devait, d'après les instructions dont il était porteur,

i^. Convenir d'une alliance intime entre TÀnleterre et la Russie ;

:f. Solliciter une audienèe particulière de la reine et lui confier en secret les idées du tzar relativement au mariage projeté, dans le cas cependant où Marie Hastings aurait les qualités requises pour être fiancée au tzar; demander à cet effet une entrevue avec elle, ainsi que son portrait peint sur bois ou sur papier ;

3". S'informer de son âge; examiner si elle était grande , si elle avait de l'embonpoint et le teint blanc ;

4*' Prendre des informations sur sa parenté avec la reine, sur le rang de son père, sur le nombre de ses frères et soeurs ; recueillir enfin sur sa personne le plus de renseignemens possibles. Dans le cas où la reine aurait objecté que le tzar avait une femme, on devait lui répondre que cela était vrai ; mais que son épouse n'étant ni fille de roi, ni princesse issue de famille souveraine , elle lui déplaisait et serait répudiée pour la nièce de la reine;

5'. Déclarer que Marie aurait à embrasser la

religion grecque, ainsi que les personnes dç sa i583. suite qui voudraient rester à lai cour de J^Ioscou; que l'héritier de l'Erapire serait le tzarévitch Féodor; mais que les epfans mâles de la princesse anglaise auraient des possessioss particulières ou des apanages, ainsi que de tout temps cela s'e'tait pratiqué en Russie; enfin que ces conditions étaient immuables, et que, dans rhypothèse où la reine ne voudrait pas y sous^^ crire, l'envoyé serait danal'obligation de quitter FAngleterre.

Pissemsky, s'étant embarqué à Kholmogore le II août i582, arriva en Angleterre le i6 sep-r lembre suivant, c'est-à-dire, au moment où la maladie contagieuse qui ravageait Londres avait forcé Elisabeth à quitter cette capitale pour habiter Windsor, et y mener une vie reti-* rée» L'ambassadeur fut conduit d'une maison de plaisance à l'autre au milieu de- fêtes conti-r nuelles : on lui fit connaître l'Angleterre, ce qui ne l'empêchait pas de se plaindre de l'ennui que lui causait une inactivité prolongée pendant six ou sept semaines. Enfin^ le 4'novembre,^ lui, Néoudatcha son secrétaire, et l'interprète Beckmann, furent présentés à la reine au châteauf de Windsor, dans une nombreuse assemblée des lords > des pairs, des dignitaires de la cour, et

i583. des négocians de la compagnie russe de Lon-' drea* Au nom de Jean^ Elisabeth se leva^ fit quelques pas en avant, et reçut la lettre avec les présens du tzar, disant avec un sourire qu'elle ne savait pas la langue russe. Elle s'informa ensuite de la sainte de son ami; t^oigna des regrets de la mort du tzarévitch; en un mot, montra beaucoup de bonne humeur et d^aûabilité. Sur ce que Pissemsky lui disait de rattachement que le tzar avait pour elle, de préférence à tous les autres souverains de l'Europe , elle repondit : Je Vaime apec autant de sincérité^ et je désire vivement le voir un jour de mes propres yeux. Elle voulut savoir si l'Angleterre plaisait à l'ambassadeur, et si la tranquillité régnait en Russie. Pissemsky fit l'éloge de l'Angleterre, fertile et bien peuplée; il assura la reine que toutes les révoltes étaient apaisées en Russie, et que les criminels avaient, par l'expression de leur repentir , excité la clé- * mence du tzar, et obtenu leur pardon.

Satisfait de l'accueil et des honneurs qu'il avait reçus autant que des bontés, d'Elisabeth , Pissemsky se plaignait de la lenteur apportée dans les affaires qu'il avait à traiter. Il refiisait les parties de plaisir ou de chasse qui lui étaient proposées, répondant : a Notre voyage a eu pour

» objet la conclusion d'affaires importantes et i583^. » non des divertissemens. Nous sommes des » ambassadeurs et non pas des chasseurs, d Le 18 décembre^ il eut à Greeqwich la première conférence officielle avec les ministres <!' Angleterre ^ auxquels il dit que Batory^ allié du pape et de l'Empereur^ était l'ennemi de la Russie; que le tzar^ aimant les Anglais comme ses propres sujets ^ avait depuis l(mg-temps l'intention de resserrer le§ liens d'amitié qui l'unissaient à Elisabeth ^ par un traité solennel d'après lesquels ils auraient les mêmes amis^ les mêmes ennemis^ et feraient de concert ou la guerre ou la paix. Il ajouta que la reine pourrait secourir le souverain de Moscovie^ sinon avec ses troupes ^ au moins par des subsides ^ et que celui-ci^ mettant à la disposition de l'Angleterre toutes les productions de la Russie ^ lui demandait en échange des armes à feu^ des armures^ du soufre ^ de la naphte^ du cuivre^ de l'étain : choses dont il avait besoin pour Élire la guerre. « Mais^ demandèrent les mi- » nistres d'Elisabeth, la guerre avec la Pologne » n'est - elle donc pas * encore terminée ? Le » pape se vante pourtant d'avoir réconcilié le » tzar avec Batory . — Le pape , répondit Pis- » semsky, peut dire ce qu'il lui plaît; notre

538 ^ HISTOIH£

i583. » monarque connait mieux que personne ses » amis et ses ennemis. » Les ministres annoncèrent alors Fassentiment de la teine à toutes les propositions du tzar, et dressèrent les principaux articles du traite. Us avaient donné à Jean, dans la rédaction, le titre àe frère et cousin d^Élisabeth , et employé la formule suivante : Le tzar supplie la reine; ajoutant que les Anglais pourraient seuls, à l'exclusion de tous étrangers, faire le commerce dans le pays de la Dvina, à Solovky, sur les rives de TOby , de la Petschora et du Mézène; mais ces conditions déplurent à Pissemsky, qui exprima son mccon* tentement en ces termes : « Mon maître ^t le » frère et non pas le cousin d'Elisabeth. Un tzar » de Moscovie fait connaître sa volonté ; il exige, » mais ne âz^p/?//^ jamais, et n'accorde à per- » sonne le droit exclusif de commercer dans ses » États. Nos ports sont ouverts à tous les navi- » gateurs étrangers. >) Les ministres effacèrent le titre de cousin y en expliquant que loin d'avoir quelque chose d'humiliant, il n'exprimait que de la bienveillance. Us consentirent à retrancher aussi le mot supplier. Quant aux prérogatives dont ils voulaient jouir, ils démontrèrent que les Anglais ayant découvert, à travers mille dangers et à force de dépenses, les

côtes de la Russie septentrionale^ pouvaient^ en i583. toute justice, réclamer un privilège exclusif pour le commerce de la Dvina. Ils se plaignaient des nouveaux droits d'importation, onéreux pour leurs négocians. Pissemsky répliqua qu'exemptés pendant long-temps de toute contribution, ces négocians s'étaient enrichis en Russie d'une ma-

. nière incroyable , et que la taxe légère imposée par le tzar n'était que la moitié de celle que l'on payait ordinairement; qu'en i58i, au moment d'une guerre ruineuse avec la Pologne, avec le khan d^ Tauride et ses autres ennemis, ce prince avait ordonné aux marchands anglais de verser 1,000 roubles au trésor de Moscou, et 5oo roubles en 1 582 ; mais que ces dispositions avaient été communes à tous les autres marchands, étrangers ou russes, qui avaient fourni aux frais de la . guerre en proportion de leur fortune. Les négociations relatives aux affaires

, d'Etat étant ainsi terminées , on ^entama celles

. du mariage.

Le 18 janvier, Elisabeth fit appeler l'impatient Pissemsky, le reçut seule dans son appartement, et lui adressa diverses questions relatives à l'affaire secrète que le tzar avait confiée à ses soins, et dont elle avait déjà connaissance par un rapport du médecin Robert. Elle écouta l'en-

54o HISTOIRE

.i5B3. voyé russe avec une extrême attention ^ tëmoîgna la reconnaissance que lui inspirait le dësir du tzar, d'entrer en liaison de par^ité ayec elle , ajoutant qu'elle ne cro}iiait pas que Marie Hastings^ distinguée uniquement par ses qualités morales , pût plaire à un prince connu pour amateur de la beauté, a D'ailleurs, ajouta £li> )) sabeth> elle vient d'avoir la petite vérole; » je ne souffrirai jamais que vous la voyiez dans » cet état, ni que le peintre fesse son portrait )) lorsqu'elle a le visage pourpré et couvert des » marques de cette maladie. » Cependant l'ambasiadeur insistait. La reine promit alors de le contenter, en demandant le temps n^essaire pour l'entier rétablissement de la prétendue ^ et l'on parla des conditions de ce mariage. La fille de Henri YIII , mari de six femmes, n'était point étonnée de voir le tzar, qui avait une épouse^ en chercher une autre encore; mais elle voulait, préalablement , assurer, par un traité solennel , les droits de la future tzarine çt de ses enfans. Après cet entretien, elle Congédia l'ambassadeur, qui attendit pendant plusieurs mois l'honaetir de voir Marie Hastings.

Sur ces entrefeites , la tzarine accoucha , le 19 octobre, d'un fils, qui reçut le nom de Dmitri, dont la destinée fut aussi malheureuse pf^lr lui-

mênie que pour la Russie^ et la cause innocente '^3* d'une longue série de crimes cit dé calamités ! Le bonheur d'être père ne toucha point cette ibis le cœur de Jean. Il songeait toujours à répudier la mère de Dmitri pour épouser la nièce d'Elisabeth ; car il ne fit parvenir à Pissemsky aucunes nouvelles instructions ; de sorte que celui-ci ayant appris à Londres la naissance du tzarévitcb , ne voulut pas ajouter foi à cette nouvelle. « Des malintentionnés^ disait-il aux mi- » nistres anglais^ ont inïagîné cette fable afin » dMnterrompre le cours des négociations rela- » tives à un mariage aussi favorable pour votre » patrie que pour la mienne ; la reine doit s'en » rapporter uniquement à la lettre du tzar et » à mes assertions. » Enfin ^ le 18 mai ^ Pissemsky reçut Fordre de se rendre au jardin du chancelier Thomas Brumley, qui vint au devant de lui avec le frère de la prétendue , comte de Huntington. Il fut conduit par eux dans un superbe pavillon, où, peu d'instans après, arrivèrent aussi Marie avec la femme du chancelier, la comtesse de Huntington et plusieurs autres dames anglaises. t< La voici, dit Brumley à M l'ambassadeur, pous pùiii/ez la regarder , la >} contempler d loisir; la reine a voulu que Marie » vous fût montrée en plein jour, et non pas sous

»583. M Ift poûte obscure d^un appartement. » La prétendue fit alors une révérence, et se tint immobile devant celui qui devait apprécier ses charmes : examen pénible pour Famour^propre d'une femme ! Pissemsky, qui avait à coeur de justifier la confiance de son maître dans cette circonstance importante, fixa sur la timide Anglaise des regards curieux et pénéti^ns, afin d'avoir une idée exacte de ses attraits, et de pouvoir en transmettre le détail au tzar. Il dit enfin, c^est assez! et se promena avec la prétendue dans les allées du jardin ; il la quittait, puis se rapprochait d'elle et l'examinait encore. Son rapport.

Portrait à cc sujct, s'cxprimait ainsi : (c Marie Haatings

de la pré- , , • ,

tendue. » a la taille élevée y svelte et bien prises le teint » clair y les yeux bleus ^ les cheveux châtains, » le nez aquilin, et les doigts allongés. » U ne parlait ni de sa beauté ni de ses agrémens. Elisabeth, qui avait consenti avec une sorte de répugnance à laisser ainsi examiner sa nièce, était curieuse de connaître l'opinion de Pissemsky à cet égard. Elle disait que sans doute Marie n'était pas de son goût, et que le portrait à loi confié pour être remis au tzar, et dans lequel l'artiste n'avait pas flatté l'original , serait peu propre à séduire ce prince difficile en fait de beauté; supposition que l'ambassadeur s'em-

pressa de détruire par des éloges qui firent plaisir i583. à Elisabeth. On peut en conclure que ce mariage entrait dans ses vues. Marie Hastings le désirait aussi; mais effrayée bientôt par divers récit§ sur la férocité du tzar, elle changea d'idée, et parvint, sans beaucoup de peine, à persuader la reine de lui épargner le dangereux honneur qui lui était offert.

A la . suite d'un festin splendide , donné à l'ambassadeur au palais de Greenwich, Elisabeth lui remit deux lettres pour Jean. L'une contenait des rémercîmens de la proposition d'alliance; l'autre, de l'intention qu'il avait manifestée de visiter V Angleterre, non pas pour fuir un danger quelconque, au cas d'une révolte ou d'une calamité, mais uniquement pour faire connaissance avec une tendre sœur, prête à prouver que son royaume serait pour lui une auti^e Russie. Jérôme Bows fut envoyé à Moscou avec Pis- Ambassasemsky en qualité d'ambassadeur d'Angleterre slhlù\ à *" pour y terminer définitivement, ainsi que le déclara Elisabeth., toutes les affaires politiques et secrètes.

Jean , satisfait , reçut Bows d'une manière très-gracieuse, le 24 octobre i585; après s'-être informé, avec le plus vif intérêt, de la santé d'Elisabeth, il ordonna au boyard Nicétas You-

544 HISTOIRS

i583. rief, à Belsky et au secrëtaire André Tchelkalof , de régler, sur-le-champ, avec cet envoyé, les conditions d'une alliance entre FAngleterre et la Rpssie , afin de s'occuper immédiatement ensuite de l'affaire secrète du mariage. U était persuadé, d'après les rapports de Pissemsky, que ces deux négociations étaient également Êiciles, leur succès également assuré; cependant il était dans Terreur. Peut-être Elisabeth s'étaitelle trompée dans le choix de l'ambassadeur chargé de consolider son alliance avec Jean. En effet , Bows était un homme grossier, d'un caractère peu conciliant , qui , au premier mot d'a^ £siires, déclara positivement qu'il ne pouvait faire le plus léger changement aux articles que les ministres anglais avaient remis à l'ambassadeur russe pendant son séjour à Londres; qu'Elisabeth était prête à employer sa médiation pour aider à conclure la paix entre le tzar et d'autres puissances ; mais qu'il était loin de ses idées de &ire la guerre aux ennemis des Russes, parce que, d'abord, elle avait à cœur de ménager le sang des hommes que Dieu lui avait confiés; ensuite que l'Angleterre était en relations d'amitié avec la Pologne , la Suède et le Danemarck. « Comment voulez-vous, répondit » Jean, que je devienne l'allié de la Reine, si

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D^ Boie p^uc ^oUde av^cja R^sle^ m Ji§ Josi^gnt i) à ipe rf ôtitH^r U Lîv^aî^ ^t h %§mif^m de *> F^Jotsk, ou bien qu'elle détJU|^^f dp wwa^rt D ^vep moi , 1^ g^fi^^e ^ la P^lôgi\e. h 8ows

P'épo^dijt avec chaL^iiF :. v Lçi r^i:9>e i^§ pj^efidr^it >? ppur un insensé ^ ^ je €Qn3e^{at$ ^ ^ii t^îté 9 de ^tte nature. >> Cepe^^l^pt U Hi^î^t^ijb pi^ur obtepir^ en faveur des ^)glai$^ le privil^^ exclusi^T d'entrer d^ns les ports septentnoQ^H^ de l'flmpire^ ainsi que cela ^'était pratiqué autrer fois. Alo^s le$ boyards \m .expliquèrent ^u'^ * cette époque la Ru^ie po^isiédait le p^r^^l^ Niu^y^^, 3ur la ^Uique^ enfr^^t 4» çpmnverp^ géftéF^l ' 4e rjEuBope, tombé depi^i? iiu p^nv^r^c* ^e-dois ; 4f m^'u^^mt , ajoyitai^i^T^s.^ 1^$ popts 4ù ^ jaord sonj: les seuls où }e$ gégoeîasu ^'A^erjp magna ^ de France .et des Pays-Bas, trafiquent A> «i^ee la ftiissie^ ,et il est îfigpçsfiibfe de Ifis ttm }} cbasser pou#r «Siomplaire à Elisabeth, fja pbi^ D ^wte Ae f:o«ut«s les lois «st Vmtéwêt du pmii> pie $ ^le uoiiis p^eserit un Itbri» «ég^ce ar^^ » tous les Européens , e( nauâ ne pouvons Boijii M m^ttri^ soiis la depen^#ii^e 4e6 Apglfijs> qni ^ Tii^9iifa4: pc^p xx»Miiar€a» m Mdjmifi ^ (^ wm » p^wc y domiwr. IKailleua^s^ ils iie rou§i««a^

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