DU NEUVIÈME VOLUME
(i) HiOLLUiiis» 1. 1, p, 357. ThU Empereur useth gréai fxmiliari^ie , as wel un(o, ail his nobles and subjects , a^ also unto strangers... His pleasure is , ihat th^ shalldîne <lftentimes in his présence...^ Me is not oneîybeloved afhis nobles andcommons , but also ad in great dread andfecare trough aU his dominions , so that I (hinke no prince in christendojne is morefeared ofhis owne he is, norjret better beloved* Ifhe bid an^y ofhis Diikes goe, thejr will runne » etc. , et plus bas : hee delighteth not greatljr in hawlsing , hunting or aay other pastime, nor in hearing instru^ ments or musicke , but setteth ail his wJiole deUght upon two things : ta serve God, and howe to subdue and con-' quere his ennemies. Dans les extraits de la bibliothèque du Yatican par Tabbé Albertrandi , se trouve una relazione degli grandissimi stati^ etc. , del potentissimo Imper^tore e Gran Duca di Moscçvia ^ f&ite y vers l'an iSSy « par un Italien qui avait été au service du tzar Jean. Il l'appelle beau de corps et d'âme , vertueux , le plus illustre , le plus célèbre de tous les souverains : Questo nostro Duca e gran de Imperatore , dietà d*anni2'] , beUo di corpo etd'animo près tante egenerosoy mérita per singolare suevirtU eper bpnevohnza d^i suddi^i^ e pergli 9ucd grandissimi fatti > in poco tempo fomiti ghriosamenle , ad ogni aXtro » die
6o4 HISTOIRE
hora reggCj essere agghiglîato e preposto. Ce bon Italien vante aussi la sagesse et la précision des lois de Jean. Il est à regretter qu'il dise peu de choses intéressantes ^ar la situation de la Russie à cette époque; quHl estropie les noms, et qu'en général il écrive trop vaguement.
(2) J^. Kourbsky et Guagriini : Rer. Polon. t. II , p. 244- Ce dernier dit que Jean ordonna au prince Dmitri Ortchinin , déjà ivre , de boire encore une coupe d'hydromel très-capiteux à la santé du tzar ; que ce prince ne pat pas en avaler même la moitié ; que le tzar fiPmener ce voievode, âgé de 25 ans, dans un caveau et l'y fît étouffer (probablement vers l'an i563, car après cette époque il n'est plus fait mention de lui). Guagnini, contemporain de Jean , était natif de Véronne et au service de Pologne; il commandait à Witebsk et prenait le titre de peditum in arce ïf^itebska finitima Moschoviœ Prœfsctus ; il s'occupait à écrire l'histoire de sa seconde patrie. Sa S armatia avec la description de V Empire Moscovite et de la tjrrannie de Jean ( Gesta prœcipua tyrœmisque in^ens Menarchœ Moscoviœ jJ,B. nuper perpetrata) , fut imprimée en i58i à Spire. Cest ce même livre qu'Etienne Batorj envoya au tzar en disant : « Lisez ce qu'on dit de vous en Europe. » Jean voulut répondre ; mais , comme il est probable, il changea de résolution. On ne peut pas garantir la vérité de tout ce que Guagnini raconte des événemens deMoscou , s'en rapportant tantôt aux bruits populaires , tantôt à des témoins oculaires, ambassadeurs et prisonniers polonais; mais son livre, qui était três-estimé en Russie , fut traduit en ancien russe vers la fin du XYP siècle ou au commencement du XYII", avec plusieurs corrections dans les noms des personnes et même dans les circonstances. D'autre* rapportent que le prince Ovtchinin s'attira la colère du
DE RUSSIE. 6o5
tÉar ea contredisant avec audace son intention d'introduire en Au^ie les usagés et les lois des Allemands» ( VojT' les Annales circonstanciées publiées par M. Lvof , et composées au commencement du XVIIP siècle.) Les relations des temps de Jean-le-Terrible ont été puisées par Fauteur dans les historiens étrangers . Il estropiait même les noms russes et écrivait sans aucune espèce de critique : par exemple, ce qu'il disait du prince Ovtchinin est puisé dans Oderbom {Joannis Basilidis magni Moscovice ducis vita). Cette description de la vie de Jean fut imprimée en i585. Elle ^t remarquable parce qu'elle est contemporaine; mais elle. est fabuleuse sous plusieurs rapports.
(3) Possevin ou Possevini, dans son livre : Moschos^ia, dit qu'en i582 une imprimerie était déjà établie à la Slobode-Alexandrovsky. FI etcher rapporte que les presses typographiques et les caractères furent apportés de la Pologne à Moscou ', que l'imprimerie de Moscou fut brûlée pendant la nuit ; et qu'on Supposait que c'étaient des superstitieux qui y av-aient mis le feu.
; L'archevêque Eugène ( aujourd'hui métropolitain de Kief ) y dans son Essai d'un dictionnaire des écris^ains russes , parle de l'Évangile imprimé à Moscou après les actes et épîtres des apôtres , à l'article de Jean Fedorof.
(4) Ceci arriva au mois de janvier i564* Strikovsky rapporte que Schouïsky fut mis en pièces, et Bredenbach {Histpria belli livonici) erat mortuus in puteo inyentus. Le premier assure que le nombre des Polonais qui prirent part à cette affaire était de quatre mille , celui des Russes de trente mille , et qu'il n'en échappa , de ces derniers , que cinq mille qui furent tous blessés. Bredenbach parle de
.neuf mille tués de notre côté , et de vii|igt mille de celui des Polonais, en ajoutant que l'épée et le carquois du tzar
6o6 HisToms
Jeâti se trouvaient au nombre ém tropk«es de Rftdzîvii. Dan9 les extraits de la bibliothèque du Yatîcau par Albertrandi ( vojea t. III , note ii») se trooreiit les lettres do cardinal Commendone au cardinal Boromëe datées de Va^ sotie ( annëes iSG^-^iSôS ) et le bulleliB des Toîérodes du Roi sur cette victoire , o^ il est dit c a Dieu a éié paor 1» nous$ vers le soir, nons avons trîoaiphë. JLe prinet » Schouïsl^y , blessa , s'est enfui suivi de ses troupes. La » nôtres ont poursuivi l'ennemi au clair de la lune ; ih ea n ont tué une quantité , et fait prisonniers beaucoup d'an- >» très. Au milieu des cadavres , on a trouvé répëe et le cârw quois de Tchérémétief , qui est regardé comme un grand u homme chet lés Moscovites; où ignore ce qu'il est den venu lui-même. Tous \ti bagages de Tennemi soat entre w nos mains , il y en a plus de cinq mille chariots. • Ici est décrite la richesse du butiil. « Nous n^aVotis perdu qae ^ vingt soldats tués ; le nombre dés blessés est dVnviroa i> sept Cents. » Cominendone écrit que le corps de Schomskj fut enterré à Wilna avec une grande pompe , ce qui mécontenta la Cour. Dans sa lettre datée dû mois de février )565 , il dit que Fiirstemberg était mOrt en Russiei
(5) Cet événement mémorable fxit aussi décrit par Jean Taube et Helert Kruse , fktoris du tear , datis letf relation & Kettler, duc de Contlande. Ladite relation a été envoyée à Tauteur de l'Histoire de Rtissie , en 1811, dès archives de Kœnisb'erg , et imprimée , eu 1816, par M. Evers. Voyez ses Beytraege zur kemittuss Russiiutdtf p. 187—238.
(6) M. Koubassof , ilaûs ^histoire qu^l a écrîte jusqu'à l'élection du tzar Miehel Féodorôvitch , peint Jean de la manière suivante : « Le t2ar Jean était d'une figure igno- » ble , ayant dés yeux bleus et de longues mounaches ,
Dfi tt(J6SI£. 607
» mus , grand dé \àWt , margr^ dé corps , ëpàiiléà 4h* » tëés , une large poitrine et de grOs musclé». 'w ( Voylft Traits mémorables de rhistoire de Russie y t. I, p. 17a. ) D'âpres les Annales cîtconstanctées y par M. Lvof (t. III , p. 5 ) , «( Jean était un trës-bel homme , d'une stature haute N et Tigoureuse , et tous ses membres étaient bien prepér-
» tionnés; sa figure ne décelait aucune férocité Ses
« yeux étaient petits, mais expressifs et pénétrans ; ii avait » le nez gros et aquilin : son regard était plein de viva- N cité. » Ces annales, écrites dans un style moderne, furent composées sous lerëgne de Pierre le Grand (et, selon l'opinion de quelques-uns, parle célèbre archevêque Théophanes Prokopovitch). Elles contiennent des particularités trës*curieu$es sur les temps de Jean le Terrible , puisées dans les historiens étrangers. Le domestique italien dt Jean ( voyez plus haut, noté i ) dit que ce )eûne tzar était 6e^ di corpo.
(7) Taube et Kruse , p. ïqS : Mit solcher vorherier und schteunigen vorenderungk seiner vozigen gestalt , das er auch von viten nicht hat megen èrkandt werden ; auch neben audem mefir verenderungfi hein hare auf defn*kopfe und imbartt behalten,
(8) Les écrivains étrangers (Margeret, Fletcher, Pelreus et autres , même quelques-uns des nôtres, nuis non contemporains ) assurent que le tzar de Kazan , Siméou , fut alors proclamé chef des communes, et qu'il représenta pendant deux ans la personne du monarque pour la llussie. Voici ce qu'en dit un de nos annalistes : «Jean partagea ses * États en: deux parts , dont il se réserva l'une , confiant >» Fantre àSimébn,tzar de Kazan; lui-mémé ie retira » dans une petite ville, nommée S tarit ta (Cé qui devait avoir eu lieu postérieurement, car la ville de StaritzQy à
6o8 .HISTOIRE
l'époque de l'institution de TOpritchnina appartenait encore au prince'Viadimir Andréiévitch) » et y établit son se- » jour ; quant à l'autre part ( celle du tzar Siméon ) il » l'appela copamune. » Siméon de Kazan , selon les Annales contemporaines de Moscou , mourut en automne de i565. « Le 26 août, dimanche, est décédé Edigher, tzar w de Kazan , ajant reçu dans le baptême le nom de Si- » méon Kassaevitch) il fut inhumé au monastère de St.- M Michel j dans l'église de l'Annonciation , du coté méri- » dionah » Nous ayons eu un autre tzar Siméon , fib de Bekboulat^ celui de Kassimof , mais bien postérieurement: en 1672, il se nommait encore S ahim Boulât (V. Bibliothèque des Antiquités russes , t. VIII , p, 433 ) ; il n'est ap pelé du nom de Siméon que depuis i5']3 ( voyez ibid. p. 4%) 9 après avoir , vers cette époque , embrassé le christianisme. Margeret ajoute que Jean vint même couronner Siméçn , en lui cédant son trône comme à un tzar , et ne se réservant que le titre de grand-duc. Fletcher appelle Siméon grand-duc , racontant qu'après avoir été élevé au trône par Jean , il ôta aux évêques et aux monastères tous leurs titres de propriétés sur les terres , au grand mécontentement du clergé ; que Jean ayant de nouveau repris le pouvoir de tzar , leur restitua ces titres , mais qu'il se réserva quelqvies terres et prit encore aux monastères une somme bien plus considérable pour prix de la grâce qu'il leur accordait. (Voyez État de V Empire de Russie , par Margeret, p. i6, et Fletcher, ofthe russe commonuHsalth,
Jean, selon le rapport de Taube et Kruse. (p. 186), voulait que son fils cadet héritât de l'Opritchnina et son fils ajné du gouvernement des communes.
(9) Voyez Taube et Kruse, p. 197 — 202. Ils nomment
encore un Peter Soytt. Tout ce qui suit est puisé dans leur relation.
(10) Voyez Taube et Kruse , p. 2o3.
(i ï) Petreus , historien^ etc. Von Muschkow , p- 57.
(12) Vojrez Taube et Kruse, p. 2o3.
(i3) Taube et Kruse, 204. Petreus (Sy; dit que Jean lisait quelquefois certains chapitres de la bible.
(l4) Taube et Kruse, 204, les Annales circonstanciées, III, p: 89, il ne se mettait Jamais à table qu'après avoir drt le pater nostet et bëni le repas; c'est alors qu'il avait l'habitude de parler des lois de ïa confession grecque et autres. Il avait une pénétration d'esprit peu commune et un grand fonds de mémoire* pour l'Écriture-Sainte.
(i5) Taube et Kruse , 204.
(16) Ibid. , 2o5- Ils rapportent que le tzar allait aussi k la messe de minuit.
(17) Jbid.
(18) Voyez 4ffaires de Pologne , n^ 7 , feuille 916 sur le revers : « Et si l'on demande au sujet des allemands » d'Yourief (Dorpat), pourquoi le Uat les a fait trans- » porter de Do^jat dans des villes moscovites? Péodor >. aura à répondre : parce qu'ils avaient des intelligences « ai^ec le grand^mattre de Lù.onie ; quHh V engageaient » à venir assiéger la ville et voulait trahir n^re sou^eY-ain » en sentant le grand^maître. ,. Vojrez aussi les Annales d'Alexandre Nevshjr, ,o3r, Kôlch , 275, Gadebusch , 5i , et les Annales de Pskof , trouvées dans les archives €» i565.
(»9) ^<îr« Aradt, 258, et Gadebusch, Sa.
(20) Parmi mes papiers venus des archives de Kœnigsberg , se trouve une lettre de Weït-Zehge au margrave Albrecht, datée de Lubeck du 20 décembre i566 : eUe