Tome IX
i5<ij. 1 1^* <^ Be^ propriétés ayant été engagées sot» » la cdnditiafi que^ pour tenir lieu (Fintérêts, M les créanciers pourraient eti kbëàrer et ense- » meneer les terres ^ nèus ordonnons y aSn d'à- » doucir la position des débitetirs , teàiiivAm >) de toutes tefe terres, avec défense à ceux-ci » de les âliéiiet', et leur enjoignons de satisfaire » leûi*s créanciêi*s dans, l'espace de cinq ans. » En cas de paiement inexact, la propriété sera » hypothéquée de nouveau. »
Cet article fait aussi mention des registres contenant les preuves de possession , lescontraU éê Pentes ou d^ hypothèques, qui se trouvaient entre les mains dès Secrëtaii^esi »
12^. « 8i> en mourant, une femme. choisit, » dans àon testament, son mari poiii* èxëcoteor » testamentaire^ l'acte est dé nullfe valeur; car A) une femme dépendant de là Volonté de son » tnati i petit avoir écrit dfette pièce par obéis- » sanée< »
1 5^. a On infligera une pénitences aiii chré- * tiens qui , étant en captiTité , avaient jurt » de ne point prendre la fuite , et ont ttiâtiq»« » à leur parole ; car la viëîàtibn d'Un ferment » est un péché mortel, et mieuj^ vaut mdwir » que d'enfreindre un v^u sacré. >>
14^. « Les contestations survenues entre dew
>; W^itarits de prcKYÎnce doivent être poptées à iS^if. M MQ$C0Ui paixlievant les officiers dhi tzar^ 91 les » plaide«0fs sont de deux vildesi différentes : s-' ils >i hal^^nt la ntéme Tttle^ ils seroû'l renvoyés à )) hvkv gouverner pour les> affaires civiles y m^m jo ma^ pas po«ir celles drinaiiielles ^ (pà doivent ii être jugées sur les lieux* v
:t 5^4 « On ne lera poifvt d^ex^eittioli k mort ^ i>. QSi n'iuiligera aucune peine Gorposrelle k Mgb* » C0U^ le jour de la grande inesse des morts^ » oà le métropolitain dine chez le taar. n^
£a défendant au clergé d'acbeteir des biens inimeiailiiessans la sanction souveraine, le tzar^ dans ces articles additionnels du code ^ ovdon^ tid^it aux évé^es et aux iiK>liaslères de restituer toutes les terres, les viUagesy les pêcherie» qui avaient appartenu h la eoii^roiiue y et c(u^ls> sf'étaieiït injustement appropriés à l'époque des ti^oubles; et de la tyrannie des boyards^
Jean écrivait à Guriits, évêque de Kaeaii : K Ge soskt les cœurs et noii pas la terre que les a religieux dbivent labourer : ce n'est pas du » blé qu'ils doivent sienaer , xùsti» la paoroie di- H vin^> Leur héritage doit être le royaume du » ciel> et non pas des villages et des terres. * w Flusiieurs de nos évêques songent plutôt h » leurs biens^ séculiers qu'à l'Église. » Pénétré
58o HISTOIRE
i584. de ces idées ^ Jean^ plus hardi que son aïeul ^ enrichissait le trésor de la couronne au moyen des dépouilles du clergé^ réduit au silence.
Depuis cette époque jusqu'au règne du tzar Alexis 9 le Nouveau Code fut le livre des lois généralement suivies en Russie. Jean accordait en outre aux autorités des provinces des édits d'administràtioQ et de procédure criminelle : les premiers réglaient les revenus^ les droits et les devoirs des gouverneurs et autres dignitaires du tzar. Dans Fun de ces actes , donné en i SSy aux habitans de Kolmogore y il est stipule que le tzar les affranchit de la juridiction des gouverneurs y sous les conditions suivantes : i< Ils verseront annuellement au trésor du tzar » 20 roubles par charrue , c'est-à-dire , par » 64 feux. — Les chefs des communes rive- » raines de la Dvina doivent, pour réprimer » le vol, le brigandage, l'ivrognerie, élire des » centeniers , nommer des surveillans sur cin- » quante, sur dix hommes; ces préposés seront » responsables du bon ordre et de la tranquil- » lité publique dans leurs juridictions respec- » tives. — Les chefs ou juges du peuple^ qui » oseraient abuser de la confiance de leurs con- » citoyens, opprimer, vexer les habitans, se- » ront punis de mort. Toutes les enquêtes judi-
» claires seront enregistrées par le secrétaire i584. 4> de la commune. — Les habitans des bords de » la Dvina auront le droit de destituer leurs » juges et d'en élire de nouveaux, qu'ils devrqpt >) envoyer à Moscou pour y prêter, devant le *i secrétaire du tzar, le serment d'observer » strictement la justice. »
Une autre ordonnance administrative, également publiée en faveur des mêmes habitans de la Dvina, réglait l'étendue des cours, maisons, glacières, enfin de tout ce que les habitans étaient obligés de construire pour leurs gouverneurs et leurs tiouns ou juges. Les édiis de procédure criminelle y adressés aux juges de province, prescrivaient aux anciens, aux jurés et aux secrétaires de commencer leurs fonctions par une enquête générale ou convocation des habitans les plus notables de leur juridiction, comme les princes, les enfans-boyards, les archiman-^ drites, abbés, prêtres et notables de chaque commune, lesquels étaient obligés, en baisant la sainte croix, de dénoncer tous les voleurs ou gens de mauvaise vie qu'ils pouvaient connaître. Après l'enregistrement de ces déclarations, les accusés étaient mis en jugement et leurs biens séquestrés : celui qui s'avouait coupable était puni d'après le code; on remettait en liberté
£8a HISTOIRE
1S84. TaGCstsé tqui ne pouvait être coavaitiGn par d'în* ^ftilliMes pFeuves^ ou qui présentait dés garans «ùrs de sa conduite : ceux iqui^ sans preuves cçmplètes , restaient fortement soupçonnés y étaient ënferinés pour la yie* Le citoyen qui répondait posttireuient A^\m homme jugé par le tribunal criminel, .payait de ses biens , et même de sa vie ^ 1^ crim^es à venir de son protégé. En cherchant à gai?antir la tranquillité publique par la lépr^sîati deà crimes , le tzar aimait mieux se «aontrer cruel que paraître tfaible, idée contraire à la nouvelle législation oritnmelle en Russie , qui préfère absoudre dix ■coupables plutôt que de punir un innocent. Règle- Des institurtions civiles passons a<ux rèclemeas l'Eglise, a église , egaiew^ent remarquables. INous allons indiquer les plus importans, les plus curieux du concile tenu à Moscou en i55i, et dont nous avons déjà parlé. D'après les instructions de Jean^ les évêques décrétèrent ce qui suit:
t^* (( A Moscou et da^ns tous les Ëtats russes^ » il sera institué pour chaque diocèse et sur <Ux j) paroisses y des anciens et des surveillais ehoisis » partni les prêtres de la conduite la plus *irré- » prochaMe ; ils devront surveiWer le «ervioe *) divin y la «tricte observation de ses-saitttescé- » inémonies y ainsi q[ue ia conduite -des eoclésias-
DE RIJSSIl. 585
» tîqu^ dont le 4ieyoii: e^ d'instruire les hom- » mes par U parole et F^xemple. »
3". « On veillem ^vièremehA i ce que les* I) livres sacrés ne soîent pas remplis de âuutes; * >) à ce que les saintes images soient des copies » fidèles de ceUes anciennes venues de Grèce , n otu de celles peintes par André RouUef ou » autres fameux artistes qui s'occupent de ce » saint ouvrage ; leurs talens 5 leur vie exem-^ » plaire 1^ rendent , aux yeux du tzar et des » ëvêques, dignes de s'en occuper : que Festime » générale soit leur récompense ! n
Suivant les ordonnances relatives^ aux chants d'église^ à la messe, aux matines et aux vêpres, qjx il est dit :
S"". « Personne, parmi les princes, boyards » Km chrétiens zélés , ne devra entrer dans une n ^lise la tête couverte , à la manière des Ma- » bométans. Il est défendu d'apporter dans le » saoctuaire ni bière, ni bydromel, ni pain, n «Kcepté le pain bénit, i^u'à jamais soit aboli » l'usage absurde de placer sur l'autel les » coiff^^ ou niembrs^nes avec lesquelles naissent » <[^elques epfans.»
,4^. « 1^ ^bus et Je scandale détruisent les » mœurs du clergé. Que voit-on dans les mo- M nastères ? Des hoqimes qui y, cherchent ie re-
» pos du corps et des jouissances teiiiporetles ,
» au lieu de s'occuper du éalut de leur âme.
» Les archimandrites^ lés abbés, régalent leurs
» amis séculiers dans leurs cellules au lieu de
» vivre au réfectoire de la communauté. Les
» moines entretiennent chez eux de jeunes gar-
» çons; reçoivent sans honte les femmes et les
» jeunes filles; se livrent au plaisir et ruineut
M les villages , propriétés des monastères. Dès
» aujourd'hui , il n'y aura plus qu'un seul réfec-
» toire à l'usage de tous les religieux : les moi-
» nés doivent renvoyer leurs jeunes serviteurs
» et exclure pour jamais les femmes de leur se-
» jour : il leur est défendu de tenir d'autre bois-
» son que des vins de France y et de faire même
» usage d'hydromel vineux ; ils ne pourront aller
» pour leur plaisir , dans les villes et villages.
» Le contrevenant sera exclu ou excommunia'
» Cette loi de tempérance , de modération et
» de chasteté est prescrite à tout le clergé,
» aux prêtres , diacres et autres ecclésiasti-
» ques. »
5^. « Les couvens riches en terres et en re-
» venus ne rougissent pas de demander des au*
» mônes au tzar : leurs importunités doivent
» cesser désormais. M
6**. « Les évêques et les couvens sont libres
» de prêter leur argent aux cultivateurs et aux » citoyens^ mais sans intérêts aucuns. »
7^. c( La charité chrétienne ayaAt établi 3 dans » plusieurs endroits^ des hôpitaux pour les ma- » lades pauvres et caducs ^ l'abus y a introduit )) des fainéans jeunes et en bonne santé. Ceuxw ci doivent en être expulsés et y être rem-^ » placés par les premiers^ conformément aux » intentions bienfaisantes des fondateurs : les » prêtres vertueux , les jurés et les bons citoyens » devront surveiller les hôpitaux. »
8^. « Plusieurs moines, laïques et religieuses » se vantant de certaines visions surnaturelles, » comme de posséder le don de prophétie, vont » d'un lieu à l'autre avec des images de saints, » demandent de Targent pour la construction » des églises, chose déplacée, indécente, qui » cause l'étonnement des étrangers; on doit pu- » blier dès à présent dans les places publiques » la défense du tzar de voir un tel scandale se )) renouveler dorénavant. Si ces vagabonds n'y » obéissaient pas, on les chasserait, on leur M enlèverait les saintes images pour les placer » dans les églises. »
^. (( Tandis que les anciens temples sont » déserts , on en voit élever de nouveaux , plu- » tôt par vanité que par zèle pour la religion ;
SBi6 histoire
» hieatot cenx-rci sont eui-r«uémes abandonnés à )> défaut de prêtres ^ d'ima^ et de lirres. Il » existe encore un amtre abus : des fainéans n désertent les monastères ^ éUiblisseiit.des re- M traites dans les forêts, d'où Us iHi|K>nuiient » les chrétiens en le«ir demandant des secours » pécuniaires : le tear ordcmne «ax évéques de n ne permeitire ni l'un ni Tanaftpe sans un rigide » et spécial examen. »
lO^. i< lies paroissiens ont le d4K)it di'^lire
M leurs prêtres et leurs diacres ; pour être sa-
j) -Grés, il ËuKira que les premiers aient trente
n ans accomplis , et les seconds vingit-cinq; les
» uns et 1^ autres doivent ^ètre d'une moralité
j) exemplaire, et bien instruits. Ceuxd'entre eux
j» q«i disent ou écrivent mal seront envoyés aux
j> écoles cpie l'on institue aujourd'hui dans
» tontes les villes* L'ecdlésiastique nouTelle-
^) meut sacré ne doit au métropolitaîn et antres
M émques que le droit fixé par la loi ,' c'est-à-
» <lâre, pour un prêtre , i rouble et le denier
M rde bénédiction >^ un diacre, 5o kopecs, 6ui-
») vapt les statutsde Jean Vassiliévitch et de son
n fils. La bénédiction nuptiale coûte i altine
>» aua^nom veaux mari^ , le double pour les se-
« .condfis?ioce6^et4filtines|X)ur les ti^ûisijèmes ;
» mais lie baptême^ la confession ^ laiCommu-
» nioa^ les fonërailLes^ n'eiLigent aucune espèce » de rëla:*ibutifOQ. ilestdëfeDdu à tout ecclésias^ » tique de porter l'hahit séculier : roffioier et » le soldat ^ le marchand et l'artisan ^ tous les » différens états ont leur costume particulier; )) convient4l donc à un serviteur de FÉglise de » séparer, comme une femme, d'or et de pierres » précieuses , de dentelies et de troderics ? Ce » sont les prélats qui doivent nommier les abbés » et les archimandrites, et le tzar sanctionne » leur choix. Il est de nouveau défendu d'officier » aux prêtres et aux diacres veufs ; aux moines » et aux religieuses de vivre dans le monde ou ))* réunis "dans une même retraite.
Il*, w Sans ie consentement spécial du tzar, » ni le métropolitain ni les évoques ne pourront » changer leurs boyards, leurs iMendans, pour M les remplacer par d'autres pris dans les mêmes » * anciennes ^milles. »
12®. (c Le clergé doit faire tous ses efforts » ponr abolir les usages du paganisme et autres » absurdités : par exemple , lorsqu'un poursui- » vant et sa. partie adverse se préparent à un » duel judiciaire , on voit paraître des devins » qui consultent les astres, tirent leur horos- » cope aai n»oyen d'une certaine table d^Aris- M ioie y prédisent la victoiie au plus heureux ,
» et ne font qu'augmenter le dommage d'une » affaire sanglante. Les gens crédules consul- » tent les livres d'astrologie jucJiciaire , les zo- » diaques^ les almanachs remplis des erreurs » de l'hérësie. La yeiUe de la Saint-Jean^ on se » rassemble pendant la nuit^ on boit^ on chante^ » on danse pendant vingt-quatre heures; les » mêmes orgies se renouvellent la veille de » Noël^ celle de la fête de saint Basile et du » jour des Rois; le samedi du Saint-Esprit , od »' pleure^ on se lamente^ on fait du bruit dans » les cimetières^ on gambade^ on frappe des » mains ^ on chante des chansons sataniqiies; » dans la matinée du Jeudi-Saint , on brûle de » la paille^ on évoque les morts; les prêtres » placent ce jour-là du sel auprès de l'autel, » et le prescrivent aux malades comme un re^ » mède universel et infaillible; de soi-disant » prophètes^ nus ^ sans chaussure ^ les cheveux » ëpars^ parcourant les villages^ se roulent » sur la terre , et racontent de prétendues ap- » paritions de Saints; des bandes de jongleurs, » quelquefois au nombre de cent personnes , er- » rent d'un village à l'autre^ mangent et boivent » les provisions du laboureur , et quelque&is » même dévalisent les voyageurs sur les grands ,» chemins; les enfans^boyards se rassemblent
>; en foule dans les cabarets , jouent aux des et
» se ruinent; les hommes et les femmes vont se
» baigner dans les mêmes bains ^ où les moines
}y et les religieuses ne rougissent pas de se mon-
» trer; on vend dans les marchés des lièvres,
» des canards et des coqs de bruyère ëtouflFés ,
n et, au mépris des commandemens des con-
» ciles œcuméniques , on mange du sang ou du
» boudin; suivant l'usage des Latins, on se
» rase la barbe , on se frise les moustaches; on
» porte des vêtemens étrangers ; on invoque le
» nom de Dieu en témoignage d'imposture , et
» l'on prononce des paroles obcsènes; enfin ce
» qu'il y a de plus abominable, ce qui fait que
w dans son juste courroux Dieu châtie les chré-
» tiens par la guerre , la famine et la peste , on
M tombe dans le péché de Sodome ! Pères spiri-
» tuels ! extirpez le mal, instruisez, menacez,
» châtiez par des pénitences ; que ceux qui per-
» sisteraientdans le vice soient exterminés ! ins-
» pirez aux chrétiens la crainte de Pieu et la
M chasteté, exhortez-les à vivre en paix avec leurs
» voisins, abjurant la chicane, le vol, le faux
» témoignage et le parjure ; faites que les bonnes
» mœurs régnent dans notre chère patrie, et
» que surtoutles enfans révèrent leurs parens. » Cette législation ecclésiastique est l'ouvrage
BgO HTSTOIRX
de hiSLUf lÀem pkis qtsa ci^ui dit clergé ; c'âait hâ qui meditaiiy doiuKÔÉ ses anpis; le elei!gé se bornait à suiTre se» instrutttîoos s le sl^le eB' est admôrrable par sa pureté et sa precisiooM
Nous devons retnarquer ici une singularité'. Jeaâf et le elergé qu;i vcmkieot détruire \e^ aneiens usages eontraires à la religi^o^ ne &odgèrent pa»^ dans le livre àm ceât chapitre» on code ecclésiasticp^;» à eelui de porter des noms qui Be se trouirenli pas danS' la légende et qui leur étaient donnés d après lei^rs caràctès^es et kumeur» ; les geaa de haam cLa^e et mené des honoiities de> marque^ pm^uadtes? que e'était un péché de se non^mer Oieg ou Rurik, prenaient dans deâ actes officiels^ el à la mai^ière des anciens?^ les ûom^ de Drongiua (eompagnie)^ de Tischina ( trla«^uillHé ),: d'Iston^a (langueur), de Khoaaïn ( u^^tag^r)^ ep y joî^ant sinaple* ment le nom de ]^aptèm$^ de l^ir père^ usage qui paraissaiit innocent |iU$ yteux* du. t^ar.
Après la mort du jnétropolittaio Antoine, e'est-à-dire au mois de février i58iy Jea«ï, ayant nommé pour le renoplaeer Deniâ> stbbé de Khour tim, institma^ de concert avec les évêquas,- la cérémonie de ion sacre ^ sims rien atjouter à ce qu'il parait à Fancieni^^ mais uniqufemeiit pour kl fiîer |>ap le décret suivant du ccNncile : w €e*
D^Ef ftÛSSiE. 5gf
» luî à qui lÂtvi àtdoràe la hattlè dignité de )) méfi^oBtaiii , ^ii'tl ^it évéqfù^^ dbbé ou » simple religieux , dëîf éti^ sui^^ïé-cbàittp in^ n forme de cet hôûnetti*. Le jcmr de soft élection w et de son àve'n^naêfît^ on soiiné fes éloches, » et Ott chante le» antienne* Ap^ès avoir chanté » les heures canoniales de la Saînt€*-Vierge et » du miraculeui saint I^ieri*e> leô Sâittts--Pères n envoient deux àrchimandritlBS^ éelui ddcou- » -^ent de la Nativité et celui du couvent de la » T^inil», poui* iiivitei' le nouvel élu à se rendre » avec eux ekefe le monarque. Le tzar fait as- ^> seoir le futur métropolitain^ et prononce un » discours Éilt k pi^lèl^ . Après quo4 le tiùuvd éki n va adorer les saintes iMages et les sépuUures » des saints dans l'église de TAssomption : suivi >} dés évéqués , il ^e rend ensuite à î^habitation w dçsl mëtropolitaiftsy au PalàishBianc, ob^ se h plaçant sur son siège > Il àtteiid le tzar : à l'ar^ « rivée de ce prince, il va à sa i^neoôtre, et j> s'entretient avec lui après là messe, quHÏ en- » tend à Téglise cathédrale , se tenant prèss de la i> place destinée aux métropolitains ,* il dîne au » Pulàig-j^anc atec tous les évêques, et à dater >> de ce jout, ju^qù*à celui àt son sacre, il ne » reçoit pl*s personne : il mange dans sa cel- » Iule avec un petit nombre de if èligiettX admis
593 HISTOIKB
M à son intimité. Deux jours après^ l'élection
» s'accomplit et lui est annoncée par deux dé-
» pûtes ^ l'archimandrite du couvent du Sau-
w veut» et celui de Tchoudovsky. On lui prépare
» une estrade dans Féglise , et l'on dessine avec
M de la craie un aigle sur le pavé. Au jour dé-
» signée au son de toutes les cloches, les évê-
)) ques revêtent leurs habits pontificaux, ainsi
M qu^ le futur métropolitain, s'il a cette di-
y^ gnité. S'il n'est pas évéque, il s'habille dans
» une chapelle latérale. Le tzar, environné de
» boyards , entre dans le temple , adore les
M saintes images, monte sur l'estrade préparée,
» oii il s'assied. Les évêques prennent également
» place : le métropolitain nouvellement élu, au
» milieu de huit flambeaux, Fai^e sous les
» pieds, lit le symbole de la foi : alors on com-
» meuce la messe. La la.fnpe et la crosse doivent
» être celles de l'archevêque de Novgorod ou
» de Kazan. Lorsque pour la troisième fois on
j} chante l'hosanna , les évêques sacrent le mé-
» tropolitain selon l'ancien usage. Il officie^ et
» l'archevêque le nomme dans les prières. Le
i) porte-cierge, tenant d'une main un cierge et
» un encensoir, s'incline devant Je métropoli-
» tain, et se place devant lui dans le sanc-
» tuaire. A ces mots, approchez-uous avec la
DE RUSSIE. SgS
M crainte de Dieu} on emporte la lampe ^ la » crosse archiépiscopale^ et les sous-diâcres du » métropolitain se rangent devant la porte du » sanctuaire^ dite royale^ ayec la lampe et la » crosse du nouveau pontife. La messe. ter mi- )) née, les évêques le conduisent à la place » qu'occupait le tzar , où ils le font asseoir trois » fois en disant , vhez et prospérez , seigneur! » Us lui ôtent les habits sacerdotaux, lui pla- » cent une image sur la poitrine, un manteau » pontifical sur les épaule», avec les autres » attributs de sa dignité ; un bonnet blanc ou » noir sur la tête , sui vaut que le tzar le prescrit , » et le mènent au siège pontifical. Le tzar s'ap- » proche,, il prononce un discours, et met la » crosse dans la main droite du pontife. Aussi- » tôt le clergé , les boyards et les princes féli- » citent à haute voix le métropolitain, et lui » souhaitent de longues années. Celui-ci donne » sa béiaédiction au tzar, et prononce un dis- » cours. Le clergé, les boyards adressent les » mêmes vœux au tzar, et le chant des choeurs » en répète l'expression. On sort de l'église. Le » tzar d(mne à dîner à tout le haut clergé, aux » grands et aux dignitaires. Le métropolitain » est promené autour de Moscou , monté sur » un âne conduit par deux boyards. Après le Tome IX. 38
» repas 5 on boit à la santë du tzar et à celte du ^ métropolitain, Remar- Nous Bc passerous pa$ sous silenôe une reman- Smonie*" quablo ^îërémonie ecclésiastique de cette époque , li^e.* ' depuis longtemps oubliée en Russie. Le dimanche des Rameaux^ avant la messe ^ toute la population de Moscou se rassemblait au Kremlin. On apportait de Féglise de l'Assomption un grand arbre auquel différens fruits étaient suspendus ; par exemple^ des pommes^ des raisins y des figues et des dattes ; on le plaçait sur deux traîneaux et on le conduisait lentement. Cinq jeunes garçons en > habits blancs se tenaient sons ses branches et chantaient des prières. Plusieurs autres jeunes gens^ portant des cierges
allumés • et une énorme lanterne y suivaient les traîneaux. Venaient ensuite deux grandes bannières, six encensoirs et six images; puis les prêtres y au nombre de plus de cent y en habits sacerdotaux magnifiques et garnis de perles; les boyards et les dignitaires ; enfin , le tzar et le métropolitain, celut-ci monté sûr un âne couvert df un tt^SAi bla^c : de sa main gaubhe il tenait sur ses genoux un Évangile relié en or , et de la droite il donnait la bénédiction au peuple ; un boyard Conduisait la monture dont le tzar touchait la longue bride d*une main , portant dans f autre
OE ruisiï;. S95
un raâiMU. Où «tendait dM dnqpft sur le chemin du métropolitain et la mairche était fermée par dés boyards , des dignitaires suivis d'une Ibule innombrable. Après avoir fait le tour des principales églises du Kremlin , la procession retour-* nait an temple de FAssomplion , où le métropolitain officiait lui-même. Ensuite il donnait à dîner au tzar et aus grands. Il est probable que ^ cette cérémonie 9 destina à représenter Ventrée de Jésus^hrist à Jérusalem , avait été instituée dans les temps antérieurs r toutefois elle ne nous est connue que depuis le règne de Jean et d'après la description d'observateurs étrangers.
Au nomI»*e des actes utiles éi ce règne ^ nous ç^wf-
, • 1 ■ .* .• 1 1 • tructionde
masserons aussi la construction de plusieurs yiUes. * villes ^ propres à garantir la sûreté des frontières delà Rnssie. Indépendatnmentdé La&chof^ Tcbeboxar^ Kozmodémiansk^Bolkhof^ Or^l et autres places dont nous avons déjà parlée Jean fofMia Donkof^ Epiphane^ Yénef^ Teberœ^ Kokscha^ ^k^ Jétuscby ^ Alatyr et Arzamass : il élevait d«6 forteresses dans les forets ; mais il eut ju»- <]u'à la fin de sa vie le pénible spectacle de rui- Bf» et d'espaces déserts^ dans Moscou , restes de i'ineendie allumé par le kban des Tatars^ en 157 1. S'il âiut en croii:^ B^ssevin^la population de cette vilk était réduite à trente miUe h»!-
5g6 HISTOIRE
bilans^ ^n i58i ; c'est-à-dire, au sixième de ce qu'elle était avant cette époque , diaprés le rapport d'un autre écrivain étranger à qui les vieillards moscovites l'avaient raconté au commencementdu dix-septième siècle.
Les fortifications de presque toutes les villes étaient en bois et remplies intérieurement de terre mêlée avec du sable ou formées de claies ' de branchages fortement entrelacées : on ne trouvait de murailles en pierre qu'à Moscou, à la Slobode Âlexandrovsky, à Toula, Kolomna, Zaraïsk, Staritza, Yaroslavle, Nijni, Bielozersk, Porkhof, Novgorod et Pskof.
Commerce L'augmcutatiou du^ nombre des villes fit faire au commerce des progrès extraordinaires , d'où résultait pour la couronne un accroissement de' revenus; ils s'élevaient en i588 jusqu'à six millions de roubles d'argent de la monnaie actuelle, les droits étant -très-forts , non-seulement sur l'importation des produits de l'industrie étrangère ou l'exportation de ceux indigènes, . mais encore sur les vivres que l'on apportait dans les villes. Il est dit dans le tarif de Novgorod , pour l'année 1 67 1 , que la couronne percevra sept dengas par rouble, sur toutes les importations taxées par les jurés. Les marchands russes payaient quati^ dengas par rouble ^ et
ceax de Novgorod un demi sur la Viande^ le bétail y le poisson , te cayiard y le miel y le • sel , les oignons , les noisettes ^ les pommes ; sans compter la taxe établie pour les chariots^ les bateaux et les traîneaux. LHmportation des métaux précieux était soumise au droit ainsi que toute autre marchandise; mais l'exportation en était considérée comme un délit. Il est digne de re* marque que les marchandises appartenant au tzar^ n'étaient pas affranchies de l'impôt. La contrebande était punie par une amende oné** reùse.
A cette époque , Novgorod, cette antique capitale de Rurik, se ranimait au milieu de ses ruines par l'activité du négoce y profilant de la proximité de Narva y principal entrepôt du coinmerce. russe avec toute l'Europe. Mais bientôt les revers de la guerre de Pologne et de Suède ayant fait perdre au tzar ce port de mer important, elle se vit replongée dans le silence de la mort; circonstance qui rendit plus florissant le commerce de la Dvina septentrionale. Ses avan* tages étaient partagés par les Anglais, les Hollandais, les Allemands et les Français, dont les importations consistaient en sucre, vins, sel, fruits secs, plomb, draps, dentelles, que l'on échangeait contre des pelleteries , du chan-*
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\re, en lisïy dt la laioe^ des cordages^ de la cire, du miel > du auif, di^ cuir, du fer et des bois de construction. Lss mdgocians français qui avaient apporté à Jean une lettre anai*^ eale de Henri lll> obtinreat la permiasiou de foire le eonamoierce a Kola; Pendogersky fUt le lieu fixé pour ceux d'Espagne ou des Pays-Bc^^ Le plus marquant de ces deniiers> nommé Jeam De#aseb, dit Batbe^Blanebe , £)urni86ait des pierres précieuses au tsar, et jouissidt de sa ibyeur particulière ; ce cpii excitait la jaleusie des Anglais. Dans un entretien avec Bows^ ani-<bassadeur d'Elisabeth, Jeau se pliiignit de ce que les marchands de Londres n'apportaient rien de l^éoieux en Russie; tirant alors uae bagqe de son dotgl, ^t montrant ime émeraude incrustée dans son bonnet, il dit que Devascb loi avait cédé la première pour €0 roubles et la seconde poisr tooo roubles. Bows, éibnné^ estima la bague à S006 roubles et l'émeraude h 40,000. Les Russes expédiaient une quantité considérable de blé en Suède et en Danemarck. Kobentzel s'exprimait ainsi &ti parlant de la Russie 2 Cette terre, bénie du ùiely aèùnde en tout ce gui est nécessmre à Ve»istenoe de V homme y aàns avoir aucun besoin réel des ppoduetiom des aMreBpmys* La conquête de Kaaati et d'Astrakhan avait servi à étendre
encore les rapports 4tt caiiime|:*ce 4'échan^e a\eo
Jeao avait enrichi le trésor de la couronne piir des droits sur le négoce^ par des împpts sur l^ villes et les coiîQinuoes^ aii^si que par la réuiÛQn au &SC de plvij&ieurs do^laine6 de l'Église. Ces reissQiirces lui procurèrent las moyens d'4tabUr des arsenaux^ où s^ trouvaient jusqu'à deii^ n^iUe pièces de si^ge et de cai^apa^e; de construire desr £brteresse$5 des palais et des temple^;. de se prççur^r enfin des objets de luxç, à l'achat de^ quels il dépensait le superflu de ses revei^us^ Now avons déjà ptrlié de l'étonnement des étrangers qui visitaient spn trésor et son palais à Moscou. Ici^ c'était des tas de perlea fines; plus loin des naoQtres d'or ou d'argent ; ils admiraient des cercles brillans k la cour; des rep^ o^ù Ym prod^i^it pendant cinq ou sàx heures j k $i% 9K sept cents convives^ les mets les plus exquis ^ les fruits et les vins des cliniats cha^ud^ et lointains, lin jour le tzar donna , dans son palais du Krc^in, un daner oii se trouvaient, sans compter les hommes de marque > deux mille alliés Nqgaïs qui allaient faire la guerre ea Livonie. Dans ses marches triomphales , sts gardes couverts d'or 5 leui^ brillantes armures^ le& riches harnais de le^rs cheVaux, tout en uj) mot ojSrait iHmage
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de la magnificence asiati<|ue. Ce$t ainsi qu'ordinairement ^ le 1 2 décembre y Jean sortait à cheval y de Moscou , pour assister à Texercice à feu; cinq mille strelitz d'ëlite, sur cinq de front, ouvraient la marche. Venaient ensuite quelques centaines de princes, voïévodes, dignitaires, marchant par trois et précédant le tzar. Au milieu d'une vaste plaine couverte de neige , l'artillerie, placée sur une plate-forme élevée, longue de deux sagènes , tirait au but et bombardait des fortifications en bois , recouvertes de terre ou construites en glaces. Dans les cérémonies ecclésiastiques Jean se montrait également à son peuple avec une magnificence surprenante; il savait, par une feinte humilité, rehausser encore, l'éclat de sa grandeur, et joindre aux pompes 'mondaines l'apparence des vertus chrétiennes. En même temps qu'il donnait aux grands et aux ambassadeurs des fêtes somptueuses, il distribuait de riches aumônes aux pauvres. Gloire de Enfin il cst à remarquer que , dans la mémoire du peuple^ la brillante renommée de Jean a survécu au souvenir de ses mauvaises qualités. Les gémissemens avaient cessé, les victimes étaient réduites en poussière, desévénemens nouveaux faisaient oublier les anciennes traditions, et le nom de ce prince paraissait en tête du code des
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lois ; il rappelait la conquête de trois royaumes mogols. Les témoignages de ses actions atroces étaient ensevelis au fond des archives ; tandis que dans le cours des siècles^ Kazan^ Astrakhan^ la Sibérie, étaient, aux yeux du peuple, d'impérissables monumens de sa gloire. Les Russes, qui révéraient en lui l'illustre auteur de leur puissance, de leur civilisation, avaient rejeté ou mis en oubli le surnom de tyran que lui avaient donné ses contemporains. Seulement, d'après quelques souvenirs confus de sa cruauté, ils le nomment encore de nos jours Jean le Terrible; mais sans le distinguer de son aïeul, à qui l'ancienne Russie avait accordé la même épithète plutôt comme éloge qu'à titre de reproche. L*Histoire ne pardonne pas aux mauvais princes aussi facilement que les peuples !
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