‹ Histoire de l'Empire ottoman (volume 2)Chapitre 104 sur 288 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

au prince de Karamanie, et par affection pour l'autre, il racheta son époux, moyennant 70,000 ducats ; c'est la douleur sincère et profonde sur la mort de son fils chéri ; c'est enfin la résolution provoquée en partie par cette perte cruelle, de renoncer au trône, alors qu'il était au faite de la puissance et dans toute la force de l'âge.

A peine avait- il atteint sa quarantième année , il s'arrêta au milieu de sa carrière de gloire et de conquête, et se décida à remettre les rênes du gouvernement à son fils Mohammed , âgé de quatorze ans, ou plutôt à ses anciens vesirs. Tura-Chan, auquel était 'attribuée la perte de la bataille du pas d'Isiladi, fut enfermé dans une prison d'Etat à To-

kat (1); Chalil-Pascha eut la direction des affaires comme grand vesir, et Molla-Chosrew, le grand légiste, devint juge de l'armée. Quant à Murad, voulant s'abandonner à Magnésia aux jouissances d'une vie calme et paisible, il prit pour compagnons de ce repos épicurien Ishak- Pascha et le grand échanson Hamsa-Beg. Pour soutenir les frais de sa retraite philosophique, il s'était réservé les gouvernements de Mentesche, Ssaruchan et Aidin, c'est-à-dire la plus belle partie de la Carie , delà Mœonie et de l'Ionie, où, sous un ciel pur, il pouvait ressentir le charme des simples agitations de la nature ionienne.

(t) Chalcondylas , 1. vi , p. 98.

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