‹ Histoire de l'Empire ottoman (volume 2)Chapitre 126 sur 288 · MS · texte numérisé non relu

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(6) Leonardus Chiensis et Pbranzes.

(7) Leonardus Chiensis les appelle Turres nveniadas. Sur la tour Anemas et les prisonniers d'État célèbres qu'on y gardait, voy. Constantinople et le Bosphore. 1. 1 , p. 018.

rétablie aux frais du cardinal Isidore, et qui n'est pas moins fameuse comme prison d'État dans l'histoire byzantine, que le château des Sept-Tours. placé à l'extrémité opposée , n'est célèbre dans les annales des Ottomans. Tout le reste de la ligne du côté du port était sous les ordres du grand amiral Notaras(l). Entre la pointe de l'Acropolis (le sérail) et le phare, était Gabriel Trevisano, avec quatre cents nobles vénitiens (2 ;: et André Dinio se tenait avec les galères devant l'entrée du port. Le consul espagnol Pedro Giuliani commandait sur les fortifications maritimes, depuis le palais Bukoleon jusqu'à Contoskalion (3), et le Vénitien Contareno défendait l'espace qui s'étend depuis la porte d'Or le long de la mer, jusqu'à Isamatia (4). La partie de la ligne entre la porte d'Or, le palais des Sources, était confiée à la garde de Maurice Cataneo, noble génois, qui s'était déjà signalé dans le combat naval à l'entrée du port (6) ; le savant grec Théophile Paléologue était posté entre la porte de Selymbria et celle de Saiut-Bomanus : 6). Demetrius Paléologue et Nicolas Gudelli devaient excercer une surveillance active de tous côtés, afin de faire porter des secours partout où ils seraient nécessaires (7).

Sur douze postes, il n'y en avait donc que deux confiés aux Grecs; dans les dix autres commandaient des Génois et des Vénitiens, un Espagnol, un cardinal russe, un Dalmate et un Allemand. Le nombre total des Grecs comprenait environ six mille hommes , celui des étrangers s'élevait à la moitié (8); 1"S moines étaient distribués parmi les soldats (9), et la plus grande espérance des Grecs reposait dans la source de la miséricorde de la mère de Dieu, qui, dans le dernier siège entrepris par les Turcs, s'était montrée revêtue d'une draperie violette, et ava.t repoussé les Turcs loin des

(t) Leonardus Chiensis.

(2) Ibul.

(3,1 Phranzes , I. m , c. 4 , p. 56.

(4) nid.

{5) Phranzes , par erreur, l'appelle Manuel au lieu de .Maurice.

(6) Leonardus Chiensis et Pbranzes s'accordent pour rendre léiuoijinage de son savoir.

(7) Leonardus Chiensis.

(5) lbul.

(9) Ibid.

remparts. Depuis la semaine de Pâques où commença ce siège, son image était placée à l'Acropolis, dans 1 église appelée de son nom(l), a la place où, dans l'ancienne By/ance, se dressait l'hôtel de Pallas Ekbasia (2). Déjà les assiégés se croyaient sauvés par cette assistance miraculeuse, car dans le camp turc avait couru le bruit de l'approche de secours italiens et hongrois, et avec ce bruit s'était répandu une terreur panique, probablement au moyen des manœuvres de Chalil-Pascha, qui, secret ami des Grecs, était opposé à la continuation du siège. Pendant trois jours l'armée turque ne fit aucun mouvement; mais le soir du troisième, un éclair sillonnant le ciel dans la région du nord, audessus de la ville, ranima le courage presque éteint des Turcs; ils y virent un signe que Dieu, irrité contre les chrétiens, avait lancé sur eux les traits de sa colère. Mohammed, qui déjà chancelait dans sa résolution de donner l'assaut, tint encore un conseil de guerre dans lequel l'opinion pacifique de Chalil-Pascha (3) fut combattue par son adversaire Saganos-Pascha, par Turachan (4), et par le chef des eunuques. Furieux de cette nouvelle humiliation, levesir donna de secrets avis aux Grecs , et les excila à une vaillante défense, attendu que le sort des armées était incertain (5). Cela se passait le soir du 27 mai, le dimanche , fête de tous les saints chez les Grecs (6). Le lenden.ain le sulian disposa l'armée en deux grandes colonnes pour l'attaque par la terre. Du coté de la mer, quatrevingts galères furent rangées en ligne entre la porte de Bois et ia porte de Piatca (7); l'autre partie de la flotte, en station devant Diplonkion, s'avança de l'entrée du port, c'est-à-dire depuis la porte Oraia, enveloppant la pointe de Saint-Demetrius, et s'étendant par deh la porte maritime de lHodegetria jusque vers le port de Blanka, se déployant en un grand croissant (8). La colonne turque opposée à la porte d'Or était

(1) Ducas ,1. xxxviu , p. 153.

(2) Consiautinople et le Bosphore , 1. i , p. 231 .

(3) Leouardus Cuiensis et Phranzes sont d'accord sur cecouseil de guerre.

(4) Ou trouve Turacan , au lieu de Turachan dans Leouardus Chiensis.

(5) Phranzes , édit. d'Alter, p. 59.

(6) Ducas, 1. xxxix , p. 159.

(7) Aujourd'hui Balaïkapuszi.

(8) Phranzes , édit. d'Alter, p. 60.

forte au moins décent mille hommes; une autre de plus de cinquante mille s'échelonna sur la gauche du camp. A l'arrière-garde cent mille guerriers étaient prêts à les soutenir, et Mohammed au centre était à la tète de quinze mille janilschares. Au coucher du soleil, le lundi 28, tout lecamp était en mouvementée cri : la ilah, illallah ! poussé parles masses turques, et À i rie eleison s'élevanl de la ville, se mêlèrent au bruit des armes, et au retentissement des trompettes. Le sultan et l'empereur haranguèrent leurs guerriers, mais sans leur tenir des discours aussi longs que ceux donnés par les Byzantins. L'empereur se rendit à Aja-Sofia, et reçut les sacrements; il fut escorté par b aucoup d officiers de sa cour; puis il s'arrêta quelques instants sur le rivage, et pria les assistants de lui pardonner les offenses qu'il aurait pu commettre envers eux. Chacun fondait en lar-j mes (1). Ensuite Constantin monta à cheval avec son escorte, dans laquelle se trouvait aussi Phranzes l'historien , dont nous empruntons le récit , et parcourut les murailles pour encourager les Génois à leur devoir, chacun veilla cette nuit sur les remparts et sur les tours. Au premier chant du coq, l'empereur était déjà arrivé à son poste accoutumé près de la porte de Saint- Bomanus.

Avant l'aurore du 29 mai, jour de la saint Théodore, l'action s'engagea, mais cette fois sans que le signal fût donné par le gros canon. Afin de lasser les Grecs, Mohammed fil tenter J l'attaque par les recrues et les invalides, réservant la force de l'armée pour le dernier assaut. On combattit vaillamment des deux côtés, et \ les Turcs subirent une plus grande perle. Lorsque vint le matin, la ville tout entière apparut entourée par les Turcs comme par une corde qui allait être serrée pour lélouffer. Un bruit effroyable de cors, de trompettes et de tymbales mêlé aux hurlements des assaillants remplissait les airs; toutes les balteries tonnèrent à la fois, et au même temps commença 1 attaque de tous les points, par terre comme du côté du port (2). On luttait avec fureur depuis deux heures, sans que l'ennemi eût fait aucun progrès. Des Tschauschs étaient derrière les assaillants, les

(1) Phranzes, 1. m, c. 7, p. 62.

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