‹ Histoire de l'Empire ottoman (volume 2)Chapitre 149 sur 288 · HISTOIRE DE LE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE LE

l'autorisation d'administrer eux-mêmes leurs affaires : mais il mit unr garnison clans la forteresse, etchois.t pour lui ei ses officiers les fils des principales familles. Cependant Mahmud assiégea Kliucs, où le roi s'était enfermé avec son neveu âgé de treize ans. Les maraisqni environnent la ville rendi ni les abords très-difhe les; maisalors ils étaient presque desséchés par les ardeurs du soleil d'été 1). Les Turcs coupèrent les roseaux, en remplirent les fossés de la place, et y mirent le feu pour contraindre les habitants à se rendre. Aussitôt les assiégés envoyèrent des députés au vesir. le suppliant de les épargner ainsi que leur roi, qui était disposé à se rendre aussitôt que la vie lui serait assurée par serment. Mahmud accueillit leurssupplications et jura la capitulation. Il occupa la ville, et partagea la population comme avait fait son maître à B;;bicsa-Ocsak ; le roi fut adressé avec son neveu , en présent , au sultan (2). Mohammed fut très-mécontent de la capitulation accordée par Mahmud: selon ses maximes de politique, la possession tranquille des Etats conquis ne pouvait être assurée que par l'extermination de leurs princes. Il avait mis ces | rintipes en pratique par l'exécution delempereur de Trébisonde. des ducsd'Athènes et de Lesbos, et il ne pouvait les suivre en cette circonstance, arrêté par le traité qu'avait juré son grand vesir. Le roi et son neveu (3) fuient donc traînés au camp en captifs, tandis que le sultan, le grand vesir et le gouverneur de la Thessalie , Omar, fils de Turachan, chacun ;\ la tète d'une division, achevèrent la conquête de la Bosnie, cnréduisantleschàteauxqui n'étaient pas encore soumis. Trois petits princes, Constantin , kov.arlsch et Paul, se rendir. ni d'euxmêmes dans le camp du sultan, et se remirent en son pouvoir avec leurs Étais, sous la condition de recevoir des dédommagements ailleurs. Cette espèce de .'oumission fui accepée: l'indemnité fut promise. Les trois princes furenl laissés quelque temps en liberté; mais bientôt on les jeta dans les fers, ainsi que le roi de Bosnie.

Alors Mohammed, traînait avec lui dans le

(1) Chalcondylas, 1.x, p. 170.

(2) Jbitl., et dans Ssolaksade , Idris , Nesctiri , Aali , Seadeddin.

(3) Lcshistoi i. us Unes font du neveu !e frère du roi.

M PIRE OTTOMAN

camp un fameux savant, grand fanatique, le scheich Ali-Bestami, Persan qui descendait en droite ligne de l'imam Fachreddin-Rasi, et qui est connu duns les annales des Ottomans sous le nom de Muszanifek , le petit auteur, i parce que, dès l'enfance, il écrivait déjà ; maisle nombre et la valeur de ses ouvrages le placent au rang des premiers écrivains de cette époque. Il y avait vingt ans qu'il avait quitté la Perse pour se rendre en Turquie; il avait trouvé l'accueil le plus favorable auprès du grand vesir Mahmud, protecteur déclarédetous les savant», et lui avait dédié un ouvrage de morale, appelé le Présent de Mahmud. Mohammed se servit de ce Persan si renommé pour son savoir, comme de l'instrument le plus propre à l'exécution de ses sinistres projets sur le roi de Bosnie, faisant annuler par le scheich le traité juré par Mahmud. Déjà , dix ans auparavant , les scheich» I attachés au conquérant de Constantinople lui avaient rendu de grands services, par la décou- j verte du tombeau d Ejub, le compagnon d'armes du prophète, et par l'ardeur dont ils enflammèrent les assaillants. Mais cette fois il attendait un service bien plus important encore du légiste fanatique : il lui fallait un fetwa,qui, rejetant la capitulation jurée par Mahmud, ii cause de l'assurance de la vie donnée à l'infidèle, déliât le bras du bourreau : c'était un excellera moyen de sortir de l'embarras présent , et de plus, un grand enseignement, un digne cxemplei A suivre dans la suite pour les successeurs duj sultan, qui sauraient comment on annule, avec des fetwas, des traités scellés par des sermentsJ Sur la volonté bien exprimée du sultan , le sar vaut scheich oublia toute la reconnaissance qu'il devait au vesir, son bienfaiteur; il donna fetwa dans le sens demandé. Sa servilité ou so fanatisme l'entraîna plus loin encore : car s'offrit pour exécuteur de la sentence , c'est» à -dire pour l'office de bourreau, ou du moins , il s'en chargea sur l'ordre du sultan. Le matin, au moment où l'armée recevait l'ordre de quitter la Bosnie, le sultan manda devant lui le roi de Bosnie. Celui-ci, préoccupé de sinistres soupçons, parut avec le traité juré à la main. Ce traité fut déclaré nul par le fetwa, et le mufti qui avait rendu cette décision, le savant légiste, que devaient pourtant refroidir ses soixante-trois années, leva le glaive de l'exé-

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