LIVRE XIV
rutfiir, et abattit lui-même la tète du roi. Les (rois princes bosniens furent étranglés dans leurs lentes.
Ainsi, dans la dixième année après la conquête de Gonstantinople, un siècle après la première défaite des Serviens sur la Marizza , le royaume de Bosnie fut réduit , comme celui de (Servie, en une province turque. Minnel-lîeg y fut placé comme sandsehak-beg(l); toute la population en état de servir dut prendre les armes pour le sultan. Trente mille Bosniaques [fêtèrent serment sous ses drapeaux, comme Ijaniischares (2). Pour ne pas interrompre tout :ja l'heure le récit de la guerre contre les Véniiltiens, commencée en même temps que la première campagne de Bosnie, et, après la fin de • elle expédition, continuée dans le Péloponèse par Mahmud-Pascha , nous placerons de suite Mi la seconde campagne de Bosnie de l'année Hivante. Mohammed y parut en personne, pour reprendre Jaicsa , que Malbias Corvimis avait nemportée vers la fin de l'année précédente, laprès un siège meurtrier (3) [16 décembre ! 163 • L'affront avait été d'autant plus grand, pie le commandant de la place, Ilaram-Beg,avec
I deux cents prisonniers turcs, avaient orné l'entrée triomphale du roi à Ol'en. Mohammed , ruineux de la chute si prompte de sa conquête;,
i laissant à peine s'écouler l'hiver, courut avec trente mille hommes et de la grosse artillerie [iinettre le siège devant Jaicsa; il partagea son larmée en trois corps, afin de pouvoir, pendant fttrois jours consécutifs, mener dix mille hommes jde troupes fraîches à la brèche. Les Turcs s'i- IJancèrent à l'assaut avec fureur, enflammés par fila présence du sultan, qui faisait retentir d'éiclalanles promesses et des menaces. Déjà plusieurs des assaillants avaient atteint les crénaux; [d'un d'eux allait renverser d'une tour la ban- Inière de Corvinus, lorsqu'un Hongrois , pour la sauver, saisit le Turc corps à corps , et se .précipita avec lui du haut de la muraille i