‹ Histoire de l'Empire ottoman (volume 2)Chapitre 165 sur 288 · LIVRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE XVI

FONDATION DE SABACZ — IRRUPTIONS DANS L INTÉRIEUR DE L AUTRICHE. — PREMIER SIEGE Ilj SKUTAR1. — CAMPAGNE EN MOLDAVIE. — CONQUETE DE KAFFA ET D'ASOW , KII.I ET AKKEIi MAN. — NOUVELLE CAMPAGNE DE MOLDAVIE. — DESTRUCTION DES TROIS CHATEAUX DE BOi SUR LE DANUBE. — COURSES ET PILLAGE. — AUTRICHE. — RÉPARATIONS DES MURAILLES I) CONSTANTINOPLE. —SIÈGE INUTILE DE LEPANTE ET DE KltOJA. — LES TURCS SUR L1S0NZ0.J NÉGOCIATIONS AVEC VENISE ET NAPLES. — SECOND SIÈGE DE SKETARI, ET REMISE DE fl PLACE AU MOYEN DE LA PAIX AVEC VENISE.

Tandis que les armées ottomanes, sur les limites les plus reculées de l'empire a l'orient et au sud, en Arménie et en Karamauie, gagnaient des batailles et enlevaient des places fortes, au nord et à l'ouest, vers la Hongrie et la Croatie, la puissance turque se rendait aussi redoutable par ses travaux de fortifications et ses expéditions qui enrichissaient le soldat, et désolaient le pays ennemi. Dans l'année 1471 , l'année de Rumili, forte d'environ quarante mille hommes, se partagea en deux divisions, dont l'une, de vingt mille hommes, pourvue de tout ce qui était nécessaire piiur des constructions, se dirigea silencieusement vers la Save, afin de tenir en bride Syrmium. au moyen d'une nouvelle forteresse, qui fut celle de Sabacz. L'autre corps, composé à peu près de vingt-cinq mille coureurs, commandés par Ishak , beglerbeg de Bosnie , marcha rapidement de la Bosnie , par la Croatie, vers la Carniole. Mathias, alors fortement embarrassé dans les affaires de Bohème et de Pologne, dépêcha le métropolitain de Colocza, Gabriel, et le vieux guerrier Jean Unger , pour lever des impôts et réunir des troupes, et, se ralliant au palatin, empêcher l'élévation du nouveau fort. Mais avant leur arrivée , le fossé était déjà creusé, et les murs sortaient de terre. Les Turcs formèrent bien vite un rempart pour s'abriter, et poursuivre leurs travaux sans être incommodés par le feu des Hongrois, et bientôt l'armée de Mathias dut se contenter de tuer quelques travailleurs, et d'élever à son tour, en

face de la nouvelle forteresse, un château, c côté de Syrmium (1).

L'empereur Frédéric était encore moins at état d'arrêter les débordements des AkindsckÉ dans ses États, en Croatie, dans la Carnioli la Carinthie et la Styiie. Dès l'année 14!» avaient commencé les irruptions des Turcs da la Carniole, la Carinthie et la Styrie; elles I continuèrent régulièrement pendant dix anl puis elles se renouvelèrent à des inlervalll moins rapprochés jusque dans la moitié <l xvie siècle. Un pascha octogénaire (2) avait fil vœu de sanctifier la fin de sa vie par une irrujl tion en Carniole, et il accomplit son serment 1 1470 ou 1472. Deux corps de troupes se pol tèrent sur Laibach et sur Rudolph-Werlh m Neustadt,; tandis qu'un troisième, sous les ordrl du pascha lui-même, se tenait en observatiJI près de Weinrid, sur la Kulpa. Tout fut raval jusqu'à Igg et Hœflein. En cinq jours se rai semblèrent vingt mille hommes de milice ; m; lorqu'ils arrivèrent dans la plaine de Saint-Bal thélemy, déjà les pillards avaient repassé U Kulpa, entraînant huit mille prisonniers àl lueur des incendies des villages et des bourgs($| L'année suivante quinze mille akind.sshis d'ij

(1) Bonfinius, dec. iv,l. h , p. 562, et Pray, Armait I. îv , p. 72; dans Katona , t. vm , ord. xv , p. 135-13

(2) Valvasor, I. iv.

(3) Ibui., p. 3D6; il place celte invasion en 1409 ; sijvaut d'autres, elle n'aurait eu lieu que l'année suivant((

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