LIVRE XV
oins de Kodschi-Beg , le plus actif de ses offîiers: koilsehi-Beg somma le commandanl de la •lace, Atmascha-Beg, mais celui-ci déclara qu'il îe rendrail la place qu'au prince gouverneur ui-inème. Tout languissant et abattu, Mustapha empressa néanmoins , et Atmadscha - Beg , idèle à sa parole , ouvrit les portes de Develi Karahiszar. Mustapha, trop faible pour rendre lui-même possession de sa conquête, ippela Ahmed Keduk-Pascha pour le remplacer, et revint en toute hâte à Konia. La mort le mrprit en roule , à Bosbasardschik , dans le voisinage de Nikde; et ce fut ce triste événenent, arrivé naturellement, qui servit de prétexte, comme on l'a vu plus haut , à la condamîationde Mahmud-Pascha. La place de grand «sir fut donnée au beglerbeg Kuduk-Ahmed- Pascha , qui venait de terminer la guerre le Karamauie, et le gouvernement de ce pays passa au frère de Mustapha , au prince Oschem, alors gouverneur de Kastemuni (1). Dschem, jeune prince de dis-huit ans. plein , d'espérance, réunissait à un esprit étendu et cultivé tous les avantages physiques au moyen desquels il sut gagner les affections d'une race
1) Seadeddin et Ssolaksade.
d'hommes vigoureux et braves , comme étaient les Karamaniens. Dès l'âge de dix ans, nommé gouverneur de Kastemuni , dans ce séjour des muses, il avait développé ses dispositions à la poésie; il avait traduit pour son père un poème romantique persan (1), et il avait lui-même composé des ghaseles (2). Sans renoncer à ces occupations de l'esprit auxquelles il s'appliquait à kastemuni, arrivé en Karamanie , le prince se livra assidûment à la gymnastique, et particulièrement à la lutte, exercice dans lequel les gens de ce pays étaient signalés au temps des sultans seldschuks; il augmenta encore de quelques livres, avec des anneaux et des cercles, le poids de la massue conserv ée à Konia et Larenda , dont s'était servi le sultan Alaeddin le Grand , qui lui-même était un fameux lutteur, et il la maniait comme Pehlivvan , ou le premier champion de sou temps (3). Sous l'administration d'un tel prince, la Karamauie porta docilement le joug de la conquête.
(1 ) Chorschid et Dschemschid , c'est-à-dire le soleil et Dsehemscbid.
(2) Le divan de Dschem , dans la bibliothèque royale de Berlin, sous le n°129 des manuscrits de Diez.
3 Ssolaksade, fol 57 ; Aali , el aussi le rhéteur de Bi usa , dans les Biographies des princes ensevelis en ce lieu.