LIVRE XX
si dirigea son armée sur Andrinople, pour ouvr la campagne contre la Moldavie; car dans 1; rêve de cinq ans, conclue avec les Hongrois, il l'avait été rien stipulé relativement à ce ps(l). La grosse artillerie fut transportée par
I mer Noire, à l'embouchure du Danube.
£ esid fit séjour à Andrinople, et jeta les fondnents de la mosquée désignée par son nom, edes édifices en dépendant, dont il décora la sonde capitale de l'empire. Outre la mosquée, s evèrent, surlaTundscha, un collège, une cuise des pauvres et un hôpital, établissement r (jusqu'alors avait manqué auxhabitants d'Ant nople ; et, comme un moisauparavant, la halle ostruite en bois (2) avait été brûlée, Bajesid llonna que, pour son retour de l'expédition, cet ( fice fut relevé en pierres. Le 27 juin, il passa ïDanube , près d'ischakli ou Isakdschi , où le ' iwode de Valacliie vint lui rendre ses detvrs, et lui apporta le tribut en lui amenant un ifps auxiliaire de vingt mille hommes (3). Le Huillet , il investit la forteresse de Kilia du côté (la terre et du fleuve, et s'en rendit maître le preredi , 15 du même mois. De là, il se dirigea
"s Akkerman; et dans cette marche vinrent, nur la première fois, se réunir aux armées otpnanes les troupes auxiliaires des Tatares de rfKrimée, au nombre de cinquante mille, confites par leur chan Mengli-Girai. Neuf jours près la prise de kilia, l'armée confédérée se buvait devant Akkerman, qui se rendit au b;ut de seize jours de siège. Le sultan honora
I I kan de Krimée d'un kalpak d'or, et le ren- \ ya dans son pays comblé de présents [9 août]. ( :ii-même quitta la place d'Akkerman au bout i' seize jours, passa devant Kilia, suivant le Kèrae chemin par lequel il était venu, et tra-
rsa la Tatarie Dobruze dans laquelle, au temps s Byzantins, et avant la fondation de l'empire toman, Saltukdede s'était établi avec une co- •oie de Turcs seldschukides (4). Pendant la mpagne de Moldavie, sept mille Turcs, fonint sur la Croatie, avaient fait irruption dans Carinthie et .la Carniole, et, poussant jusqu'à iint-Veit, ils avaient entraîné ensuite avec eux
(1) Engel , Histoire , de Valachie, p. 182. i (2) Seadeddia , 1. m , fol. 476.
3 Ibid.
'4,i beadeddin, p. 475, et au commencement de l'Orasuame.
dix mille captifs. Lupo Wulkovich, ban de Croatie, et Bernard, comte de Frangipan, les repoussèrent cette fois, comme avaient fait l'année précédente lvan-Zrini, Michel Sluin, auxquels s'était déjà réuni le ban Wulko, et ils leur enlevèrent les prisonniers (1).
A son retour à Andrinople, Bajesid condamna au repos, à Philippopolis, le second vesir Mej sih-Pascha, déposa le gouverneur de Rumili, Iskender-Pascha, et conféra sa place au commandant de Semendra , l'eunuque Ali-Pascha (2). Il passa l'hiver dans la seconde capitale de l'empire, et au printemps, sur la montagne de Dschole, qui s'élève près de cette ville, il reçut les trois ambassades du roi de Hongrie, du sultan d'Egypte et du schah de l'Inde (3). L'ambassadeur indien, venait, avec des éléphants, des girafes, des parfums et de l'or, offrir les félicitations de son maître pour l'avénement du sultan au trône; l'envoyé de Hongrie était chargé de faire confirmer la paix ; celui d'Egypte apportait des excuses sur l'accueil fait à Dschem, et sur la protection accordée à ce prince pour son pèlerinage de la Mecque. L'envoyé de Hongrie trouva une réception plus flatteuse que celui d'Egypte (4); mais les plus grands honneurs furent pour l'ambassadeur indien. Alors, arriva aussi la réponse à la lettre de victoire, par laquelle Bajesid avait notifié la prise de Kilia et d'Akkerman au prince des Turkmans du Mouton-Blanc, au chan Jakub, fils d'Usun-Hasan (5). Les deux lettres étaient des chefs-d'œuvre de la rhétorique persane; celle du sultan avait été rédigée par son secrétaire persan, Chodscha-Sidi-Mohammed de Schiras; et la réponse de Jakub était due à la plume du savant calligraphe et historien Idris qui , alors encore chancelier au service de Jakub, attira, par le mérite de cette pièce, l'attention de Bajesid, et provoqua dans l'esprit du sultan le désir de voir une telle plume attachée à son service, et consacrée à écrire l'histoire de la maison des Ottomans. A la nouvelle que le
(1) Valvasoret Mégiser , dans l'année 1483-1484.
(2) Engel , Histoire de Valachie, p. 183.
(3) Seadeddin , I. m, p. 476; i'eridun , recueil de papiers d'État ,nos 115 et 116.
(4) Idris, fol. 235.
(5) Lettre en réponse , par Jakub , insérée par ldri» dans son Histoire , fol. 331
woiwodc de Moldavie avait tenté de surprend r Akkerman, Rajcsid ordonna au gouverneur de Rumili, Ali-Pascha , de faire irruption de ce coté; et ces courses se renouvelèrent Tannée suivante ( 1486] sous les ordres de Bali-Beg- Malkodsch, commandant de Silistra. Les akindschis passèrent le Prulh, et revinrent comme ù l'ordinaire chargés de butin, chassant devant eux des troupeaux de bestiaux et d'esclaves ( 1 ).
Maintenant il faut porter nos regards de l'Europe vers l'Asie, où brillait la première flamme de la guerre entre les sultans des Ottomans et des mameluks, entre Rum et l'Egypte. Malgré ses dispositions pacifiques, Bajesid devait céder aux raisons puissantes qui lui commandaient de prendre les armes pour s'opposer aux progrès de l'Egypte du côté de la Karamanie. Déjà, dans les dernières années de Mohammed , la bonne intelligence avait cessé de régner entre la Porte et le souverain des mameluks. Le prédécesseur de MelekEschrefkaitbai, Choschkadem avait refusé la demande du conquérant , tendant à rétablir à ses frais les citernes sur la route des pèlerins à la Mecque, et il avait soutenu de ses armes le prince de la dynastie Sulkadr, contre le prince cle la même famille favorisé par Mohammed. Le grand vesir du schah de l'Inde , le savant Chodschai- Dschihan, se rendant comme ambassadeur auprès de Rajesid , avait été arrêté sur sa route à travers lesÉtats du sultan d'Egypte, et s'était vu enlever la plus grande partie des précieux présents qu'il était chargé d'offrir. Le rival et le frère du sultan, Dschem, avait trouvé accueil et appui au Kaire; tout récemment les troupes égyptiennes s'étaient saisies violemment de divers châteaux appartenant au prince de la dynastie de Ramasan, dans le voisinage d'Adana et de Tarsus, et elles faisaient subir des vexations aux pèlerins qui se rendaient par cette route à la Mecque. Le gouverneur de Karamanie, Karagœs-Pascha, reçut ordre de reprendre les châteaux.
Sur les frontières de l'Asie-Mineure et de la Syrie, au lieu même on le Taurus baigne ses
(1)Seadeddin,l. m, fol. 478; Idris, fol. 234 ; Aali , Yiie et vme événement du règne de Bajesid U ; Ssolaksade , Nochbetet-Tewarich , Rausatul-Ebrar ; Nescbri ,