‹ Histoire de l'Empire ottoman (volume 2)Chapitre 208 sur 288 · LIVRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE XX

iiectèrent l'air, et la reine renonça pour jamais à eau de la source dont elles garnissaient les |tords(l).

tans la Morée, les Turcs s'emparèrent du liteau de Vatika(2)et du port d'Astros 3 , s la cote orientale de cette contrée; mais en t -amanie, les tribus deTorghudetde Wardak, c U la soumission n'avait été qu'apparente, e liées par les descendants des princes de Kariianie, levèrent l'étendard de la révolte, et ployèrent tant de puissance que les forces ■nies des trois princes gouverneurs d'Ama- I, de Karamanie et de Begsschchr, grossies t dit par les troupes auxiliaires d'Alaeddewl f de Sulkadr, suffirent à peine à leur tenir te: il fallut que le grand vesir Mesih-Pascha, Leine de retour du pèlerinage de la Mecque, jt le commandement supérieur des troupes, t s'avançant par Larenda vers Taschil (la Cilit Pétrée), rejetât les Karamaniens par Tarit vi rs Halep (4). A Constantinople se lioui t alors un envoyé du schah de Perse; long- Inps on lui avaii refusé audience , mais, à la ■avclle de la chute de Santa-Maura, elle lui fut lardée aussitôt, et en même temps l'on donna li'dre d'équiper soixante galères(ô). L'ambaslleur persan apportaitdes tapis, quatre exem- Itires du koran, et une histoire universelle. Ijesid, préoccupédurétablissementde la paix, B:ueillitunambassadeur polonais chargé de né- Icier la réconciliation avec la Hongrie, et ' irgea llersek-Ahmed-Pascha de travailler à

mener les bons rapports avec Venise par le |>yen d'Andréa Gritli, qui, pendant la cam- Igne, avait été incarcéré à Constantinople. Iioutrc, Venise avait envoyé à Constantinople ambassadeur Zacharia Freschi pour suivre des

gocialions (6). La paix fut signée le 14 dé-

f I) lsluanfi, et dansKalona, t.xi , ord. xvm , p. 311. l;2) Dans Seadeddin, I. ni, fol. 518, Alika. / oy. Poujeville , Voyage , I. n , p. 21 , 22. 3j Dans Seadeddin , Asslissa ,daus Pouqueville, I. v ,

1(4) Seadeddin , 1. m , fol. 517; Ssolaksade , Aali.

'(5) Marini Sanuto. Avec l'année 9li8 [I502J finit This-

\ re véridique d'Aaschikpasctaasade, dont il n'y aen Enpe qu'un seul exemplaire , laissé par la reine Chiïs-

; ie: il se trouve à la bibliothèque du Vatican. ((i) Laurier, I. vin, p. 146, et Daru,l. m, p. 203, acent , par erreur , la conclusion de la paix dans l'an- •e 1501 . Le Guide diplomatique de Martens , et la chro-

cembre,en trente-un articles. La principale condition fut la restitution de Santa-Maura, mais les Vénitiens gardèrent Céphalonie ( 14 décembre 1602). Dix jours après la conclusion du traité, des ordres partirent pour les sandschaks de l'empire , enjoignant sa rigoureuse observalion.

Le ssubaschi Ali, premier drogman de la Porte dont l'histoire fasse mention , apporta , comme messager, la ratification du sultan à Venise. Il était chargé en outre d'une lettre de Bajesid,qui réclamait "21000 ducats saisis a Santa-Maura, et d'autres indemnités montant à 34,000 ducats. I.e drogman, ou, comme il est appelé dans ses lettres de créance, l'esclave Ali, jura , eu audience solennelle, devant le doge et le sénat, l'observation de la paix récemment conclue. Andréa Gritti fut envoyé à Constantinople le 8 août (1503], pour transmettre la ratification signée par le doge, présenter au sultan des félicitations sur le rétablissement des relations amicales , et régler l'affaire de la délimitation des frontières. A son relour à Venise, en décembre L1Ô03] , il présenta aux pregadi un rapport sur sa mission e| sur les forces militaires des Ottomans. Une lettre du sultan, dont il était porteur, accordait l'envoi d'un baile, qui devait être remplacé après un séjour de trois années. A Gritti avait été adjoint Aloisio [Sa gundino, homme versé dans les affaires, qui , dans l'espace de douze années, avait reçu sepl fois des missions de la république, soit à Constantinople, soit sur les frontières, afin d'accommoder des différends, rectifier des erreurs, el faire maintenir la paix : il est connu de plus comme auteur d'un opuscule sur l'origine des Turcs (1). Quant à Gritti, il laissa de son ambassade, d'ailleurs célèbre, un souvenir assez fameux, dans la personne d'un bâtard désigné par son nom, fruit de ses amours avec une Grecque, et qui, en sa qualité de chargé d'affaires de Zapolya, se tint à côté de Suleiman , pour le malheur de la Hongrie.

A cette époque, se fil aussi la paix avec la Hongrie pour sept années. Ladislaus la stipula

nique dans Ducas sont plus exacts eu la mellaut dans Tannée 1503 , alors qu'elle fut raiifiée à Venise.

(1) Otlhomanorum familia, seu de Turcorum imperio historia, N. Sagundino auctore , dans l'édition de Basle de Chalcondylas de l'année 1551 , et à Vienne 1551.

pour ses états de Hongrie, Bohème, Dalmatie, Croatie, Slavonie, Moravie, Silésie, Lusace, en y rattachant la Moldavie et la Valachie, ainsi queRaguse, qui devait payer tribut au sultan comme au roi de Hongrie; il y nomma expressément les localités de la Servie, de la Bosnie, et de la Bulgarie, dépendant encorede la Hongrie, et fit comprendre dans le traité les rois d'Angleterre, de France, d'Espagne, de Portugal, de Pologne et de Naples , le doge de Venise, le grand maître de Rhodes et les Génois de Chios. Les ratifications devaient être échangées dans l'espace d'une année par des ambassades extraordinaires; les envoyés et les négociants pourraient circuler librement. Le roi Ladislaus jura le traité à OrVn, le '20 août[lô03j, par la Vierge Marie, les quatre évaugélistes et tous les saints. Hcrsek-Ahmed-Pascha, qui, au commencement de la guerre contre Venise , avait été déposé de sa place de grand vesir, parce que , étant né dans l'Herzegovina, il était suspect de tiédeur dans les hostilités contre ses compatriotes et ses anciens coreligionnaires, maintenant qu'il avait ramené la paix avec la république et la Hongrie, fut élevé, pour la seconde

fois, à la première dignité de l'empire (1). L autres vesirs, avec lui les premières colonn de l'empire, étaient Mustapha-Pascha, Gr ignoble, artisan de noirs complots, qui, envo; par Bajesid à Rome , avait tramé l'empoisonn ment de Dschem , puis Daud-Pascha , l'araira de haute naissance, ami des sciences et du fast '" toustroisrénégats.Sinan-Pascha,beglerbegd' natoli, par unefaveurparticulière du sultan, tint comme épouse la fille de l'infortuné Dschei qui, veuve du sultan d'Egypte, recherchée un prince de la famille kotade révolté cont son frère le scherif de la Mecque, et presq promise à ce prétendant par le sultan régna Ghawri , puis réclamée, au nom de Bajesid, pi son ambassadeur Haider, avait été renvoyée Constantinople. Ainsi , ce dernier rejeton ( Dschem , jugé si dangereux comme aspirant trône , fut relégué dans le harem d'un serv teur humble et soumis. La tranquillité fut asà rée de ce côté, comme le calme extérieur fi garanti par la paix avec Venise et la Hongri

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