‹ Histoire de l'Empire ottoman (volume 2)Chapitre 207 sur 288 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

et e 23, il s'avança vers Napoli di Romania (1), q' le vaillant Coutarini refusa de rendre (2). I!ix mille asabes et trois mille janitschares lient destinés à former les garnisons de Mod i et de Coron (3). Les revenus de ces deux ves furent attribués au trésor des saints élaàfesemenlsdela Mecque et de Medine(4). Trois I ts ouvriers reçurent ordre de relever les ou- I gcs et de construire de nouvelles tours à ■don, et chaque localité de la Moréedut fouri! cinq familles pour repeupler celte cité (a). I plume habile du secrétaire d'État Nis- Ëndschi-Tadschi-Beg rédigea les bulletins e es lettres de triomphe par lesquels la conijte de Lépante, Modon et Coron fut ann née aux gouverneurs de l'empire et aux moii ques étrangers ou à leurs représentants; six 1res furent adressées : au podestat desGénois, Icio; au grand maître des chevaliers de Saint- Bn, à Rhodes; aux rois d'Espagne et de lince, à ceux de Pologne et de Hongrie. Deux ^ions de ce dernier souverain , qui avaient à saisis à Modon, lui furent renvoyés, après

■ ils eurent assisté au supplice des nobles de Idon , tremblants de voir arriver l'heure de Ir exécution (6). De son côté, la république ■retentir l'Europe de ses plaintes, et sollicita

■ secours auprès du pape et de l'empereur , ■trois d'Angleterre et de France, d'Espagne Ile Naples, de Pologne et de Hongrie ; elle fit

■ > démarches même à la cour du duc de Bour- Ëgne, et employa aussi l'appui des électeurs

■ l'empire (7). Elle avait en même temps à se Ktificr des accusations du sultan, qui, dans

■ lettres de victoire, traitait Venise de rebelle, «ont l'esprit diabolique avait secoué le joug

H l'obéissance. » Le pape, dans sa réponse à la

i publique, s'indignait, dans les termes les plus

«ergiques, des blasphèmes des Turcs contre

'leu, des profanations des églises, et des dan-

:-rsde la religion. Mais de telles expressions

uvaient paraître étranges dans la bouche

il) Chronique de Marini Sanuto.

2) Laugier, 1. xxx, t. vm , p. 126.

3j Chronique de Marini Sauuto.

1) Spandugino , p. 78.

(5) Marini Sanuto , Aali, xxvie et xxvui* événement règne de Bajesid II.

[6, Seadeddin , I. m , fol. 514.

7) Chronique de Marini Sanuto.

d'Alexandre Borgia,qui, au fond du coeur, pardonnait plus facilement de tels attentats au sultan qu'il ne se consolait d'avoir perdu, par l'empoisonnement de Dschem, la pension annuelle versée entre ses mains pour l'entretien de ce prince. Enfin, l'intérêt commun de la chrétienté réunit Venise , le pape et le roi de Hongrie dans une ligue contre les Turcs, laquelle fut promulguée le lundi de la Pentecôte de l'an 1501, dans la chapelle pontificale à Rome (1). Ce fut la seconde des alliances des puissances chrétiennes contre les Turcs, qui remplaçaient les anciennes croisades. La première, qui s'était annoncée avec f.acas, et qui ne parvint à aucun résultat, avait été formée par les ;oins d'Innocent Mil, peu de temps avant sa mort (2). Les armées de l'empereur Frédéric et de son fils Maximil en, réunies à celles de Mathias Corvinus et à la flotte pontificale, conduites par l'un des trois rois d'Angleterre, de France ou d'Espagne , devaient entrer en campagneaccompagnées d'un grand nombredecardiuaux ; déjà, en dépit de l'épuisement où letrésordu pape se trouvait réduit a cause des secours fournis contre les Maures de Grenade, 20,000 scudi étaient appliqués à préparer des moyens d'attaque contre les Turcs, lorsque la mort du pape vint arrêter toute l'entreprise. La ligue actuelle eut de plus heureux résultats, grâce au concours actif des flottes papale, espagnole et française, qui, ralliant les galères vénitiennes, se portèrent contre les escadres et les ports des Ottomans.

L'amiral vénitien Pesaro, successeur de Trevisani,mort de chagrin de la perte de Lépante, Coron et Modon, entreprit, deCorfou, d'arracher, Giunchio, ou Navarin, aux Turcs, et de brûler douze galères turques qui se trouvaient à Voissa; mais tandis qu'il ramenait en triomphe onze de ces galères, tandis que la flotte espagnole commandée par Gonzalvo de Cordova, le grand capitaine, exerçait des ravages sur la cote d'Asie (3), Kemal-Reis, tombant sur Navarin , s'empara de quatre galèns et du fort

(1) Bernino, Memorie isloriche diciôcbe hannooperato i Miinin i Pontifki neile guerre coniro i Turchi ; Roina , 1685 , p. 148.

(2) Ibid., p. 141.

(3) A fereoia. Spandugino , p. 79.

que le commandant Carlo Conlarini rendit caps les défendre, sur l'assurance donnée par A!i- Pascha d'une libre retraite. Pesaro lui fit payer cette lâcheté de s.i tète, à Corfou. La flotte hispano-vénitienne, sous les ordres de l'esaro et de Gonsalvo , émisa dans la mer Ionienne. Les vaisseaux du pape, sous les ordres du cardinal d'Aubusson, parcoururent les eaux de l'Archipel, s'avancant jusque devant les Dardanelles (I ). tes' bâtiments français dirigés par Ravenstein, portant dix raille hommes de troupes de débarquement , abordèrent à Mityléne et assiégèrent la villeduranl vingt jours(2).Le prince Korkud, gouverneur de Magnesia, embarqua huit cenis hommes dans le port d'Ajasmend;le sandschakbeg de Karasi accourut également, et Bajesid, indigné de sentir l'ennemi si près de lui , eut , pour la première fois, recoursa des contributions ou des prestations extraordinaires qui, dans la suite, sous le nom iïawaris, ou r hapitre des accidents, restèrent comme un article essentiel et permanent du système financier de Turquie (3). 11 envoya Hersek- Ahmed- Pasi ha, comme commandant supérieur , et avec lui le beglerbeg d'Anatoli Sinan - Pascha , au secours de Mityléne. Dans la nuit du jour où ils étaient panis, le feu éclata a Galata, dans le voisinage du magasin à poudre; le grand vesir et le général des janit^chares Karagees accoururent de Consianlinople, et réunirent leurs efforts à ceux du juge de Galata pour éteindre l'incendie. La poudrière sauta , et les pierres lancées par l'explosion blessèrent si gravement le juge et le grand vesir, que tous deux rendirent l'âme au bout de cinq jours. L'eunuque Ali-Pascha fut nommé grand vesir. A l'approche des secours de Mityléne, Ravenstein leva l'ancre, sans attendre l'arrivéedu grand maître de Rhodes, qui s'était mis en mer avec vingt-neuf vaisseaux. Près de Cerigo,la flotte française fut assaillie par une effroyable tempête qui la détruisit: en sorte que quelques hommes seulement des équipages purent échap-

(1) Spandugîno écrit Heli-Eunuco au lieu d'Ali, et Camalipour Kemal.

(2) Memorie di Bernino, p. 149.

(3) Laugier , Beruino, dans Seadeddin , I. m, fol. 519.

(4) Kausatullibnir , dans le siège de Mityléne, et Hadschi-Chalfa , dans les Tables chronologiques , an 907 [1501).

MPIRE OTTOMAN.

per. Pesaro pénétra dans le port de Preve quoique l'entrée fût étroite et bien fortifii brûla huit galères, et revini heureusenit ut ; avoir perdu un seul homme. L'nc nouvell cadre française, sous Pietro Sani, vingt va seaux du pape commandés par Jaropo Pe évèquede Raffo, et les galères vénitiennes les ordres de Benedetto Pesaro, assiégera prirent Leukas ou Santa-Maura(l). Deux janitschares,sous lessandschakbegs de Jan Argiro-Caslro et Lépante, défendirent la | Après une perle de quelques ccniaines d'I mes, les jiinilschares consentirent à une | tulation; mais les Asabes ne voulurent entendre parler. Les prudentes et activés"] sures de NicoloCapello, commandant véni^j conservèrent l'île de Chypre à la républj Dès cette année commença la croisière régu du Kapudan-Pascha dans l'Archipel, a pour protéger ces mers contre les corsaires i tiens, et en même temps lever le tribut su Iles (2)'.

Voulant se dédommager de la perte de ( phalonie. Bajesid tenta des conquêtes en matie et en Bosnie. Mohammed-Beg , fils i Beg, arrière-petit-fils d'Ewrenosetsanschak d'Hbeszan, enleva Durazzo (3). Mustapha, d'Iskender-Pascha, s'empara des châteaux Lofdscha et de Brusdseha (4); en Hongrie, Turcs poussèrent leurs courses aux alen^ de Posega et de Valcon. Les commaudans i Transylvanie et de Teraeswar, Pierre,comjl Saint-Georges, Joseph Sonii et Jean Corvl en personne, marchèrent contre les ravisse ils rallièrent à eux Pierre Tarnok et JacquesG lis tan, qui avaient la garde avancée du Saint-Séverin , ainsi que Georges Conisa , cj mandant de Belgrad. Ils passèrent le Da près de Ilarum, entre Belgrad et Panasq brûlèrent Widin, Cladowa, ainsi que le faubo de Nicopolis , et emmenèrent une grande qu tité de captifs Les Turcs furent vendus put quement au marché , les Grecsétablis entre Be; grad et Temeswar; les tètes d'ennemis rappe tées en trophées furent plantées autour de fontaine, dans le château d'Ofen; mais ell

(1; Spandugirio, p. 82.

(2) Mouradjra d'Obsson , I. vu , p. 425.

(3) Seadeddin , 1. m , fol. 521 : Ssolaksade , Ali.

(4) /bkt., I. m , fol. 520.

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