HISTOIRE DE J,'E
tants de Venise, de la Hongrie, de l T-;jypte et delà Russie, rendirent d'autant plus sensible l'absence d'un ambassadeur persan. Ismaïl, fondateur du trône des Ssaffi, dans la guerre entre les (ils de Bajesid, s'était déclaré en faveur d'Ahmed contre Selim ; il avait envoyé au sultan d'Egypte une pompeuse ambassade avec une suite de deux cents personnes, portant de riches présents, parmi lesquels se trouvaient dix lynx vivants; Ismaïl sollicitait l'amitié et les secours du souverain égyptien contre le sultan des Qttomans(l). Aussitôt après l'avènement au trône, de Selim, Ahmed avait fait partir deux de ses quatre fils pour la Perse (3), et après la défaite d'Ahmed, son fils le prince AÎaeddin s'était enfui au Kaire, où il mourut presque aussitôt de la peste; m;iis le prince Murad s'était réfugié auprès du schah Ismaïl. Avant de décrire la campagne de Perse, jetons un regard sur les événements des sept dernières années dans ce pays, et reprenons le récit oîi nous l'avons laissé, après les sept premières années du règne d'Ismaïl, vainqueur des schahs de Schiiwan et de Masenderan, du schah Elwend et du schah Jakub, souverains du Mouton-B|anc et du glouton-Noir, tous deux amis de Selim (3). Scb.ah-Ismaï'1 étendit alors ses conquêtes à l'est et à l'ouest , sur l'Irak arabe et le Chorasan. Lorsqu'il revenait vers la Perse, après le châtiment d'Alaeddewlet , souverain de Sulkadr [1507], Emirheg, gouverneur, pour les princes du Mouton-Blanc, dans le Diarbekr, lui livra la forteresse et le pays sans résistance; et l'année suivante [1508 , à l'approche d'Ismaïl, Barikbeg s'enfuit en Syrie avec le prince Murad , dernier rejeton du Mouton-Blanc. Ismaïl donna le gouvernement du Diarbekr à son ehan le plus vaillant Mohammed-JJstadschlu , et celui de Bagdad à un eunuque, institué par lui émir du divan et revêtu du titre de c)ialife des chalifes, comme pour insulter au souvenir des anciens souverains de Bagdad (4). En 1509, il traversa
(1) Le consul vénitien de Damas , où passa l'ambassadeur persan pour se rendre en Perse, fait son rapport eu daledu 25 septembre 1512; Marini Sauuto.
(2) Chronique de Marini Sanuto.
(3) f'oy. les lettres du sultan Selim, alors gouverneur deTrapezunt, aux princes Elwend' et Jakub, dans la collection dé Feiidun , avec les réponses de ces princes , dans le Codex parisien , 79 , p. 301 et 303.
(4) Chalifetul-Cbuleta , dans le Nochbetet-Tewaricb.
MPIRE OTTOMAN.
le farsjstan cl l'Aserbeidschan, depuis les) du golfe Persique jusqu'aux rives de la I Caspienne, depuis Schusicr, dans le Chusïslai1 jusqu'à Baku , dans le Schirwan, où il pa l'hiver, soumettant les châteaux des tours. Le printemps le poussa contre Schèj Chan , grand monarque! des Usbegs, qui ; agrandi ses provinces Iransoxanes des Ions situés en-decà de ce fleuve, en renvfl Husein-Baikara , arrière-pet it-fils de Tin Apres quelques engagements, Ismaïl, pari fuite simulée, attira Schcibek-Chan dans embuscade avec quinze mille hommes, oùc périt ainsi quedixmilleguerriers I 1510;. lors, et pendant loure sa vie, le crâne de.c bek-Chan. garni d'or et de pierreries, luise de coupe dans tous ses rep.is; la peau, qui av été desséchée, fut envoyée par un messager! sultan Bajesid, pour confirmer le bulletin de victoire. (2). Ismaïl donna le commandement <; Chorassan au chef de ses gardes du corps (f rudschi) Abdaldede, dont il avait employai bras à exterminer tous ceux qui avaient pris) moindre part à la mort de son père Ilaider ( C'est à son retour vers la Perse qu'il donna ; son armée le speclacje du châtiment des re les de Tekke, dont les deux chefs furent jel dans des chaudières d'eau bouillante, à lin tion de Dschengis-Chan, qui, après sa premii grande victoire sur les tribus hostiles des ^ji goles, fit bouillir ses prisonniers dans soixan dix chaudières. Du quartier d'hiver de Kun Ismaïl détacha 1 émir Ahmed-dTsfahan , su nommé Nedsehem-îsani ( la seconde étoil pour aller conquérir les pays au-delà de l'Ox Sur les rives de ce fleuve, Ahmed se avec Mir a-Baber, alors souverain de Ghasi descendant de Timur au cinquième degré. Tp deux passèrent la Porte-de-Fer, conquirent ville d'IJerschi, dont ils firent massacrer les habitants, puis se dirigèrent vers Bocha et le Ghidschdcwan (4), où Temir-Chan , fils dej Scheibek-Chan, avait réuni autour de lui i
neveux avec leurs troupes. Dans la bataille 1M
[i) Norhbetet-Tewarich.
(I) Dschenabi , p. 135.
(3) NochbeleiTcwarich.
(4) Chidschdewan est une place à six parafanges de Bnchara: Reschhalul-Amil-Hajat , imprimé à Coustautinople.