‹ Histoire de l'Empire ottoman (volume 2)Chapitre 23 sur 288 · LIVRE · texte numérisé non relu

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es, ni les fiefs des piades, s'appelait asab (libre t léger); ces hommes étaient des batteurs 'estrade a pied, comme les akindschis étaient ■s coureurs à cheval.

Dans la suite, ils furent placés comme raieurs sur les galères du Grand Seigneur, emtoyés à creuser des fossés, à construire des t)nts, et, dans les sièges, à combler les fossés pleur corps, afin que les jauitschares s'élanissent d'un pied plus ferme à l'assaut. La cavalerie fut, comme l'infanterie, divisée troupe régulière et irrégulière: la cavalerie rmanente et soldée forma quatre corps , à nstar de la garde de la sainte bannière , instilée jadis par le chalife Omar. D'abord elle comprit en tout que deux mille quatre cenls mmes(l); sous Sulciman le Grand, elle s'éleit à quatre mille: savoir , mille sipahis (cavars proprement dits), mille sisihdars (cavars voyageurs), mille ulufedschis (cavaliers rcenaires),et mille ghurebas (cavaliers élranrs). Divisée en quatre escadrons, à droite et auche de l'étendard sacré et du sultan , elle mplissait les fonctions de garde d'honneur, occupait le centre dans l'ordre de bataille et iins le camp (2). Outre cette cavalerie soldée , Eus tard considérablement augmentée, qui , fus le nom des sipahis , se lit connaître de lut l'Occident , aussi bien que les jauitschares, Il organisée une troupe à cheval, investie de tfs comme les piades. Ces cavaliers s'appellent moszellimans ( exempts d'impôt ) ; ils im'ent commandés par des officiers nommés Sibaschis , quand leurs hommes passaient le J»mbre de cent, binbaschis, quand ils en paient plus de mille, et sandschakbegs (princes ■s étendards) (3). Cette hiérarchie du service iflitaire se conserva, dans la suite, dans la ca- Hlerie beaucoup plus grandement formée des assesseurs des petits et desgrands fiefs (Tintais ■ Siamets) ( 4 ). La cavalerie irrégulière, qui iétail ni soldée ni investie de fief, nous avons

m Mouradjea d'Ohsson, Tableau de l'empire olloiin, m, p. 391.

;1 Paolo Giovio, Cose de'turcbi , avec beaucoup de •lalîs; Jlaisiyli Stàlo del inipero otiomauuo , et Mou- Hjea d'Ohsson.

3) Seadeddin , Idris , Ssolaksade , Aali et Mouradjea Obsson , m , p. 391.

H) Le même , et Constitution et administration de Impire ottoman , p. 337.

pu déjà la connaître, sous le nom des akindschis, par ses premiers services militaires prêtés à Ertoghrul, sous Alaeddin II, puis par la première expédition d'Osman dans les cantons septentrionaux de l'Asie Mineure, alors qu'il fut accompagné par son ami, le châtelain grec, Kœse-Michal , et que le chemin lui fut indiqué par le tschausch-samszana. Les sipahis réguliers et les akindschis irréguliers à cheval , comme les janitschares et les asabes à pied, furent la terreur de toute l'Europe , aussi longtemps que les Turcs la menacèrent comme conquérants. Les akindschis , au temps du premier siège de Vienne , poussèrent leurs courses par delà Linz, jusqu'à Regensburg (Ratisbonne), portant le fer et le feu dans le cœur de l'Allemagne. Leur chef était alors un Michal-Oghli , descendant de ce Kœse-Michal qui, dans la première irruption d'Osman, conduisait les coureurs; depuis, le commandement était passé héréditairement à sa postérité, comme l'hetmanie se transmet chez les Cosaques. Cette perpétuité inaltérable de l'institution primitive se trouve à chaque pas dans l'histoire ottomane; et souvent elle épargne bien des investigations pour rattacher le présent au passé. Comme le tschausch-ssamszama avait indiqué le chemin à la première expédition dans le pays ennemi, ainsi, dans la suite, les tschauschs qui, dans leur mission comme messagers d'État, avaient appris à connaître le pays, furent employés à servir de guides à l'armée qui suivait leurs traces. L'histoire des relations diplomatiques ou militaires de la Hongrie ou de l'Autriche avec la Porte nous montre, presque en même temps, les missions des tschauschs et les ravages des akindschis.

Immédiatement après les institutions d'Alaeddin , les historiens ottomans placent la conquête de Nicée, que les Byzantins font précéder du combat de Pelecanon et de la défaite des Turcs devant Philocrène. L'empereur Andronicus le Jeune, fatigué des irruptions incessantes d'Urchan, poussées jusqu'au rivage asiatique du Bosphore, résolut enfin démarcher en personne pour les arrêter. 11 consulta Kontophrts, son grand veneur (I), qui déjà, comme gouverneur de Mésothyne , la partie la

(1) Cautacuzènc , 1. h , c , p. 210.

plus occidentale de lu Bythinie, avait succédé à Muzalo, précédemment bat lu par Osman près de Nicomédie (1). Kontophres, en homme expérimenté, et bien au courant du genre de guerre des Turcs, conseilla de ne pas perdre de temps, et d'opérer de suite, à la fin de mai, avant que les Ottomans , avec leurs troupeaux , ne gagnassent les montagnes (:>). Des troupes furent donc rassemblées à la hAte des environs de Byzance, de Dimiloka(Dydimotichon)d'Andrinopleet de Thrace, car il était trop tard pour en appeler de la Macédoine et des contrées plus éloignées. Dès le commencement de juin (3) ces forces furent débarquées à Skutari (l'ancienne Chrysopolis), aujourd'hui faubourg de Constantinople, sur la rive asiatique du Bosphore. Urchan , informé de ce mouvement, se porta avec de l'infanterie et de la cavalerie sur les hauteurs qui dominent la côte de la Mérolhyne[1330]. Après avoir fait en deux jours quatre lieues de chemin, l'empereur campa le matin de la troisième journée à Pelecanon ( aujourd'hui Maldepe ) , d'où il apercevait les Turcs sur les hauteurs. Le conseil de guerre décida qu'on ne devait pas se hasarder dans les vallées et les défilés occupés par l'ennemi, mais qu'il fallait lui offrir ici le combat dans la plaine, et, s'il ne l'acceptait pas, retourner à Constantinople (4). Cette résolution adoptée, l'on passa la nuit à Pelecanon. A la naissance du jour, après la prière ordinaire du matin, 1 .'S trompettes des troupes byzantines donnèrent ie signal de se ranger en bataille. Urchan disposa ses soldats derrière les hauteurs, en cacha une partie dans des enfoncements , et ordonna à trois cents de ses plus habiles archers à cheval d'attaquer l'ennemi , ce qu'ils firent avec d'autant plus de courage que les Grecs occupaient la plaine favorable à la cavalerie, landis que les Ottomans se tenaient sur un terrain montagneux coupé de fossés. De huit mille hommes dont se composait l'armée d'Urchan , il en avait placé mille au centre , mille à l'aile droite , mille à l'aile gauche , en les couvrant par des collines avancées, de telle sorte que si

(1 ) Pachymeres , 1. îv, c, p. 25 , édit. de Rome, t. n, p. 225.

(2) Canlacuzène, 1. n , c. 6, p. 210.

(3) Jbid.,\. n,c. 6, p. 213.

(4) Ibid., p. 21t.

l'ennemi voulait poursuivre les cavaliers , qui , fuyant à la manière des Partîtes (1), se retournaient pour lancer des flèches , ils pussent let recevoir avec des forccsetuue vigueur nouvelles, L'empereur, à la vue des trois cents guerrien descendant des hauteurs , choisit un nombn égal parmi les siens , et les plaça sous le coinmandement du grand hétériarque ( capital des gardes) Exotrochos. Le courage de sa troupes dut être refroidi plutôt qu'enflamra] par le long discours de l'empereur , s'il le prdj nonca véritablement tel que le rapporte Cant| cuzène , qui assistait à ce combat revêtu de li dignité de grand domestique (2); mais cetj harangue n'a pas plus de droit à notre croyanfl que le récit du combat des trois cents Tura contre les trois cents Grecs, renouvelé trois fol dans la journée, et dans lequel les premiers an raient laissé cent morts sur le champ de ba taille , tandis que les Grecs n'auraient pas ej un seul homme tué , et n'auraient compté qui quelques blessés (3). Alors Urchan fit avança mille hommes contre les trois cents Grecs dan la plaine. L'empereur, après avoir loué li grand hétériarque pour son intrépidité dans fi triple combat, ordonna de relever l'escadroj fatigué par des troupes fraîches , sous le coin mandement du grand stratopédarque , Manu! Tagaris. Dans cette nouvelle lutte, longue J acharnée, les Turcs perdirent cinquante de leurs ; du côté des Grecs il ne tomba qu'un seu homme , et quelques chevaux seulement furenl blessés. Alors Urchan déboucha des défilés avl toutes ses forces , confia la conduite de l'actitrt à son frère Alaeddin , et se tint eu observatiffll sur les hauteurs. L'empereur s'avança conta les Turcs avec toute son armée , dont il col duisait le centre, tandis que l'aile droite el l'aile gauche étaient commandées par les deui Cantacuzèue , le grand domestique et son cousin Joannes Angélus. Suivant le rapport du domestique , les Turcs perdirent encore là cent cinquante hommes , et les Grecs ne virent pal tomber un seul des leurs , n'eurent pas même un cheval blessé. Comme la nuit s'avançait , le

(1) Cantacuzène , 1. u, c. 6 , p. 211.

(2) Jbid., tom. ier, c. 7, p. 215 , Nie. Grég., 1. IX c. 9, lom. i , p. 266.

' (3) Canlacuzène , tom. n , c. C , p. 211.

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