‹ Histoire de l'Empire ottoman (volume 2)Chapitre 236 sur 288 · LIVRE XXIV · texte numérisé non relu

LIVRE XXIV

GUERRE CONTRE L'EGYPTE. — DOMINATION DES MAMELUKS. — BATAILLE DE MERDSCH-DABIK. — MARCHE VERS LE KAIRE, PAR ALEP, IIAMA ET DAMAS. — BATAILLE DE RIDANIA. — SUPPLICE DE TIIMAN-BEG. — DESCRIPTION DES CURIOSITÉS DU KAIRE. — RETOUR DE SELIM. — SUPPLICE DU GRAND VES1R. — DISPOSITIONS AU DEHORS ET INSTITUTIONS INTÉRIEURES. — MORT DE SELIM. —LE MUFTI ALI-DSCIIEMALI.

Pendant l'hiver qui vit la conquête et l'organisation du Kurdistan, Selim méditait, à Andrinople, une nouvelle guerre et de nouveaux triomphes. Dès le commencement du printemps, il ordonna aujgrand vesirSinan-Pascha, dese tenir prêt à Kaiszarije, avec une armée de quarante mille hommes, (1) afin de pouvoir marcher sur l'Euphrate, parle district de Meraasch; Sinan- Pascha fit savoir à son maître que le sultan d'Egypte, comme allié du schah Ismaïl, menaçait d'arrêter la marche par ses begs des frontières ou de tomber sur les derrières de l'armée. Selim tint conseil avec ses vesirs. Ilersek-Ahmed- Pascha enflamma le sultan, en racontant comment lui-même, étant prisonnier du sultan Kaitbai, avait entendu ce prince déclarer que les Ottomans ne s'approcheraient jamais des deux saintes résidences de la Mecque et de Medine, parce que les forces de l'Egypte leur opposaient une barrière infranchissable ('2). Le nischandschibaschi Mohammed s'écria qu'il fallait conquérir le droit de protéger les deux villes sacrées, c'est-à-dire attaquer l'Egypte. Destiné par ses études aux emplois de la science, il n'avait occupé la place de secrétaire d'État pour la signature du sultan, que sur l'ordre exprès desonmaitre.MaintenantSelimlejugeadignedu poste de grand vesir, mais Mohammed ne voulait point l'accepter, et il fallut que le sultan lui

(1) Seadeddin , 1. îv, fol. 683 ; Aali , Xe événement , et le fils d'Idris.

(2) Selimname de Schukri , fol. 53 ; le même raconte aussi la campagne contre les Kurdes , mais par fragments, p3.

administrât des coups de bâton de sa propre main, pour l'y déterminer (1). L'opinion des deux vesirs acquit un nouveau poids par un songe du gouverneur du serai, auquel les quatre disciples du prophète étaient apparus dans son sommeil, avec leurs bannières("2). D'ailleurs, l'ardeur de conquête du sultan fit pencher la balance ; il résolut de déclarer la guerre à l'Egypte; mais auparavant il voulut encore satisfaire, parla formalité d'une ambassade , un précepte du Koran: «et nous ne châtions pas avant d'envoyer un uiessage(3). «Les ambassadeurs furent le pascha Karadscha, et le savant juge de l'armée de Runiili Sireksadc-Mewlana-Rokneddin. Pour donner un sens encore plus décidé à cette ambassade, le sultan lui-même se transporta de Constant inopble à Skutari, après avoir assuré la tranquillité des trois premières villes de l'empire, en conférant la garde d'Andrinople à son fils Suleiman, celle de Constantinople au vesir Piri-Pascha, et celle de Brusa au vesir Hersek- Ahmed-Pascha (4). A Konia, où il visita les tombeaux du scheicli mystique, il reçut, avec la tête de Karachan, dernier gouverneur persan du Diarbekr, la nouvelle de l'assujettissement complet du pays (5), et marcha vers Elbistan. Cependant le sultan d'Egypte Kanszu-Ghawri

(1) Aali , sous les vesirs de Selim 1er ; Seadeddin, I. iv, fol. 683.

(2) Selimname de Seadeddin.

(3) Lettre du sultan, dans Feridun, n° 266.

(4) Seadeddin , 1. iv, fol. 684 ; Aali , xe événement , et le fils d'idris.

(5) Dans la chronique de Marini Sanuto , la leltre de victoire du sultan au doge , du 10 juillet 15)6.

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