‹ Histoire de l'Empire ottoman (volume 2)Chapitre 252 sur 288 · LIVRE XXV · texte numérisé non relu

LIVRE XXV

rent son avènement au trône ; et il se sentit fortement stimulé à justifier par des actions ces heureux présages. Favorisé en même temps par les préjugés des Orientaux sur la puissance du nombre dix, puisqu'il était né dans la première année du dixième siècle de l'hégire , et qu'il était le dixième sultan des Ottomans, Suleiman parvint au trône à l'âge de vingt-cinq ans, doué d'une grande vigueur de corps et de brillantes qualités de l'âme; poussé par un esprit audaicieux, entreprenant , il apparut aux Orientaux , environné de tout le prestige des prophéties attachées à son nom , comme un maître envoyé de Dieu; et, plein de foi dans ses exploits futurs, le peuple lui appliqua aussitôt ces paroles du koran, que le messager de Salomon adressa à la reine de Saba : « Ceci est de la part de Salomon , Iceci est au nom du tout bienfaisant et tout miséricordieux. »

Le kiaja des silihdares , Suleiman-Aga, avait «-té expédié à Magnésia où résidait le sultan Suleiman, comme gouverneur; il était porteur Ide la nouvelle de la mort de Selim, que l'on te- Lnait encore cachée à Ograschkoi; et dans la [crainte qu'il ne fit trop tôt connaître le fatal [secret aux troupes, le troisième vesir, begleribegdeRumili, Ahmed-Pascha, partit en toute [hâte pour Constanlinople. Mais aussitôt que fut barrivé de Magnésia l'avis que le sultan Suleiiman s'était mis eu route pour Constantinople , I le grand vesir convoqua les gardes du corps l ssolak, et leur apprit la mort du sultan. Ils je- Itèrent leurs bonnets par terre, poussèrent des : hurlements plaintifs , et dans tout le camp les : tentes furent déchirées en signe de douleur. » Le grand vesir scella les voitures qui portaient i le trésor, chargea le second vesir Mustapha et (} Ferhad - Pascha du soin d'accompaguer les ; restes de Selim à la capitale, et lui-même, déguisé en courrier, s'élança vers Constantino- ', pie, afin de recevoir son nouveau maître à son , arrivée. Le dimanche 30 septembre, Suleiman : partit avec trois galères de Skutari, se dirigeant vers le sérail où les janitschares se pré- |- sentèrent à lui en demandant le présent de c joyeux avènement. Après midi, arriva le grand h vesir; aussitôt furent annoncés, pour le lendemain, la cérémonie du baise-main, le diwan [; de deuil et les funérailles. Le 1er octobre, à la naissance du jour, Suleiman, revêtu d'habits de

deuil, et suivi seulement du grand vesir, sortit de ses appartements intérieurs pour se rendre dans la salle de l'hommage , où il fit son entrée aux acclamations des tschauschs. Le mufti et les ulémas, puis les autres employés de l'Etat et de la cour, vinrent baiser la main au nouveau souverain en lui rendant hommage. Vers midi, arriva l'avis que les restes de Selim s'approchaient de la porte d'Andrinople, et Suleiman s'avança au-devant du convoi jusqu'à ladite porte. Les paschas descendirent de cheval, et soutinrent la bière à côté de laquelle le sultan marchait à pied. Us la portèrent ainsi sur le sommet de la sixième colline de la ville , qui louche au palais du patriarche grec ; et , après que ces dépouilles mortelles eurent été déposées dans la mosquée de Mohammed , le premier acte du gouvernement de Suleiman fut unordre pour que sur cette colline s'élevassent une chapelle où reposerait son père, une mosquée el une école. Le troisième jour de son séjour à Constantinople , le trésor fut ouvert pour satisfaire aux réclamations des troupes , au moyen de la gratification pour le nouveau règne, et de l'augmentation de solde. Les janitschares qui , à l'avènement de Selim , avaient reçu chacun 3,000 aspres, ou 60 ducats, en réclamèrent alors 5,000; les autres troupes élevèrent leurs prétentions dans la même proportion. Les premiers obtinrent une somme égale à ce qui avait été donné huit ans auparavant aux sipahis , aux silihdares, aux ghurebas et aux ulufedschis, c'est-à-dire chacun le tiers du présent avec une augmentation proportionnelle de solde ; les sipahis et les silihdares virent élever leur solde quotidienne de cinq aspres ; les ghurebas de quatre, les ulufedschis de trois : les agas, qui l'avaient servi comme prince héréditaire à Magnésia , furent récompensés par des emplois et des présents: et le grand maître de sa cour Kasim- Pascha reçut la dignité de vesir à trois queues. Après avoir ainsi satisfait aux devoirs envers son père, l'armée et ses serviteurs, il fit aussi connaître par des actions que les principes de son gouvernement seraient l'amourde la justice et la générosité. Six cents malheureux Egyptiens, que lesultan Selim avait traînés à Constantinople, eurent la liberté de retourner dans leur patrie. Parmi les marchands persanssur lesquels avaient été confisquées des marchandises introduites

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contrairement aux prohibitions de Selim , qui frappaient les objets cl n commerce de Perse, turent distribues plus d'un million d'aspres comme indemnités. L'aga des silihdares, en punition des désordres auxquels s'étaient livrées ses troupes, fut déposé, et cinq des coupables furent exécutés. Enfin, le kapudandc la flotte, Dschaafer-Beg qui, à cause de ses cruautés, était connu sous le nom de sanguinaire , sur la dénonciation de son kiaja, perdit aussitôt sa place, et, à la suite d'une enquête régulièrement conduite, les preuves de ses méfaits ayant été bien établies, il fut pendu pour effrayer les criminels à venir par son exemple. Le bruit de ces actes de bienveillance et de rigueur se répandit dans tout l'empire, et par delà les frontières, avec plus de rapidité que les lettres d'avènement au trône expédiées quelques jours après aux grands gouverneurs, nommément à Chair- Beg en Egypte, auschérif de la Mecque, et au chan de Krimée. Les présents des Ragusains tributaires , d'une valeur de 8,284 ducats en étoffes d'or et d'argent furent reçus gracieusement ; et des franchises commerciales furent confirmées (1). «Mon ordre sublime, disait Suleimau dansle ferman de confirmation adressé à Chair-Beg, cet ordre qui appelle et saisit comme le destin , est que les riches et les pauvres, les villes et les campagnes, les sujets et les tributaires, tous s'empressent de t'obéir ; si quelques-uns tardaient un peu dans l'accomplissement de leur devoir, fussent-ils émirs ou fakirs , n'hésite point à faire tomber sur eux le dernier supplice...» Dans sa réponse , Chair- Beg disait qu'il avait répandu l'heureuse nouvelle de l'avènement au trône, et notifié le sublime ferman de confirmation depuis le Kaire jusqu'aux frontières de la Nubie et de Kairawan ; que la majesté du sultan était reconnue par la prière publique et par les monnaies ; que des messages et des actes d'hommage étaient arrivés de la part de tous les scheichs arabes , et qu'au plus tôt il lui transmettrait les lettres de félicitations avec les présents qui les accompagnaient. » Probablement des ordres semblables à ceux que reçut Chair-Beg furent expédiés au gouverneur de Syrie Ghasali-Beg;

(1) Engel, Histoire de Raguse , p. 198 ; mais là ou a fait avancer d'uu an l'avéuement au irône de Suleimau: on l'a placé en 1519.

mais il répondit par un acte de désobéissance. Dschanberdi-Ghasali, d'origine sclavonne, qnlj invesi i des fonctions d'émir des mameluks, avait honteusement trahi kanszu-Ghawri ,au profit de Selim, s'était vu récompensé de cette indigne action par le gouvernement de Syrie. Mais à peine fut arrivée la nouvelle de la mort du sultan, que, jugeant le moment favorable pour secouer entièrement le joug ottoman, il s'empara du château de Damas, fit occuper Beirut par un de ses esclaves , et en expédia deux autres vers les montagnes de Syrie et vers l'Egypte. Il invita le gouverneur d'Egypte à s'associer à sa révolte , lui représentant la facilité de l'entreprise sous un jeune souverain sans expérience, tel que Suleiman (1) ; mais le prudent Chair-Beg ré| ondil que Ghasali devait d'abord se rendre maître de la Syrie et d'Alep, boulevard de celte contrée, qu'alors lout deviendrait facile. En même temps, il envoya la lettre de Ghasali à Constantinople par un de ses plus dévoués serviteurs, appelé Alaji(2).

Au commencement de novembre, Ghasali à la tète de quinze mille cavaliersturkmans elmameluks, et de huit mille arquebusiers, se mit en mouvement de Damas, prenant la direction deConstantinople. Au même temps, le troisième vesir Ferhad-Pascha, élevé au commandement del'expédition contre les rebelles, traversait l'Hellespont à Gallipoli avec quatre mille janitschares et quatre mille sipahis, pour faire sa jonction avec les troupes asiatiques du beglerbeg de Karamanie etdeSchehsuwar-Oghli, seigneur feudatairede Sulkadr, qui était placé sous ses ordres. Maître de Tripoli, deBeirut, et de toute la côte de Syrie , Ghasali avait pris position devant Alep, qui fut défendu vaillamment par le commandant karadscha-Pascha , avec lesbegs d'Antioche. de Tripoli, d'Ama et d'Himsz, qu'il avait appelés à lui. Au bout d'un mois et demi, Ghasali leva le siège (3), sur l'avis de l'approche de Ferhad-Pascha. 11 revint à Damas, et donna un grand festin auquel il invita les cinq mille janitschares laissés en garnison dans la ville par ,

(t) Suheiii , fol. 49 ; Kodschi-Beg , fol 103.

(2} Dschelalsade , fol. 22, Ferdi , fol. 11 ; Aali, fol. 224 ; Ssolaksade , fol. ItO; Abdulasis-Efendi , fol. 11; Lulfi,fol. 21.

(3) Rapport du consulat vénitien d'Alep, dans Marini Sanuto , t. xsix.

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Selira; puis, lorsqu'ils furent réunis, il les fit tous massacrer. Cependant les troupes réunies I de Ferhad-Paschact de Schehsuvvar-Oghli étaient I arrivées à marches forcées ; en quatre jours elles lavaient franchi la distance entre Alep et Damas. kSous les murs de cette dernière ville, on en vint aux mains sur la place Masztabe ; Ghasali I voyant la bataille perdue, essaya de s'enfuirsous l'IfidépjUisement d'un derwisch [27 janvier 1521]; itnais trahi par sou propre trésorier, il fut mis à Imort, et sa tète alla rouler aux pieds du vain- Iqueur(l). A la nouvelle de cette victoire, le I gouvernement d'Alep fut donné à Ajas-Pascha , Lci-devaut gouverneur d'Anatoli, qui, à l'époque Ide la conquête d'Egypte sous Selim, avait ■ signalé sa valeur comme aga des janitschares; Iquant à Ferhad-Pascha , il reçut l'ordre de t rester à kaiszarije, non loin du mont Ardischisch avec ses troupes, pour observer les ^mouvements de l'armée persane, que le schah llsmaïl avait rassemblée sur la frontière, dans I l'attente d'une issue favorable à lïusurrec- ,tion de Syrie (2).

Alors parvint à Conslantinuple l'avis que iBehramtschausch, envoyé près du roi de Ilon- Igrie pour réclamer le tribut, avait été ou- It tragé et mis à mort. Suleiman, fier de son t riom- ) phe en Syrie, voulait envoyer la tète de Ghasali, [par un messager extraordinaire, en témoignage [d'amitié, au doge de Venise Loredano, et le baile eut beaucoup de peine à l'en détourner(3). ii La violation du droit des gens par les Hongrois I transporta le sultan d'une si violente colère, qu'à [l'instant il résolut de poursuivre avec ardeur la guerre a laquelle avaient déjà préludé aussitôt L après sop avènement au trône , les paschas de i Seraeudra et de Verbosanie , par la conquête de | Srebernik, Tesna, Sokol et knin. Au mépris de la foi jurée pour la liberté de la retraite, les garnisons des trois premières places avaient été t massacrées, knin avait été livré aux flammes, b et le vaillant évèque Beriszlo avait été perfili dément égorgé sur les rives de la Corenilza. Le beglerbeg de Rumili Ahmed-Pascha reçut l'ordre de se diriger aussitôt de Constantinople

(1) Marini Sauuto, t. \vx de son histoire; Itapport du consul de Damas.

(2) Dschelalsade, fol. 22-29; SsolaLsade , fol. 100 et 101 ; Aali, fol. 224 : Ferdi , fol. 11-15.

(3) Marini Sauuto ,1. xxx.

sur Ipszala; quinze mille Asabes furent enrôlés» on mit en étattrois cents canons et quarante galiotes (Il Suleiman, après avoir posé la première pierre d'une mosquée consacrée à la mémoire de son père, entra pour la première fois en campagne. A Sofia, le camp impérial vit arriver Ferhad-Pascha, avec trois mille chameaux chargés de poudre, de plomb et d'autres munitions de guerre; bientôt trente mille autres chameaux, rassemblés en Asie, traversèrent le Bosphore et vinrent joindre l'armée ("2). Les rajas des sandschaks de Sofia, Semendra, Aladschahiszar et Widin, durent fournir dix mille voitures de farine et d'orge. Mais le prix de ces denrées, transportées ensuite à dos de chameaux, et le salaire des conducteurs de ces bètes de somme , furent pris dans le trésor public de Nissa; Ahmed-Pascha fut détaché en avant du côté de Sabacz; les akindschis formèrent deux corps, dont l'un, commandé par Mqhammed-.M ichal-OghlL devai t marcher contre la Transylvanie; l'autre, dirigé par Omar-Beg- Oghli, poussèrent des reconnaissances en avant du camp impérial. Le grand vesir Pirid-Pascha prenant mille janitschares, les sipahis et tous les Asabes, se tourna contre Belgrad, tandis que Suleiman se dirigeait par Alasschehrdu côté de Sabacz.

Ahmed-Pascha mit le siège devant Sabacz; la ville pressée vivement, et n'ayant qu'une gar nison de cent hommes avec quelques cavaliers, se défendit avec valeur sous le commandement de Simon Logodi. Lorsque les Turcs eurent comblé le fossé avec clt s fascines, les nobles défenseurs auraient pu encore se sauver facilement en franchissant la rivière: mais, quoiqu'ils fussent i eduitsau nombre de soixante, ils allendirent l'assaut; tous y périrent, mais après avoir immolé sept cents Turcs (3). Leurs tètes., plantées sur des pieux, décorèrent le chemin par lequel Suleiman entra le lendemain dans la place. Le sultan ordonna d'augmenter les fortifications du château, et fit jeter un pont sur la Save pour le passage des troupes vers Syrmium. lise tint neuf jours sur le rivage, sous un

(1) Ferdi, fol. 19, doit èire suivi plutôt qu'Aali , fol. 225, qui donne le chiffre de quatre cents bâtiments.

(2) Jbid., fol, 25.

(3) Isluanfii , 1. vu , et Tubero , I. xi ; katoua , t. xix

tschardak, pour surveiller activement les ouvrages ; et tous les agas de l'armée et de la cour étaient là , le bâton à la main , pressant le zèle des travailleurs (1). Cependant le bruit se répandit que Semlin était tombé entre les mains du grand vesir, que la châtelaine de kulpenic avait abandonné son château, que le fils de Jahja-Pascha-Bali-Beg avait réussi dans son expédition à enlever deux places et abattre soixante tètes. Le dixième jour, un pont de dixhuit cents aunes de longueur était achevé; mais tout-à-coup le fleuve enfla ses ondes avec fureur, l'ouvrage fut emporté, et le passage des troupes ne put avoir lieu que huit jours après. Déjà le grand vesir Piri-Pascha était campé depuis un mois devant Belgrad , lorsque Suleiman parut en personne sous les murs de la place avec le reste de l'armée. Des déserteurs apprirent que les remparts étaient faibles du côté où la Save tombe dans le Danube , et aussitôt des batteries établies sur l'île située en face de ce point, firent de continuelles décharges sur la place ; les assiégés ne pouvaient répondre à ce feu terrible; car le woiwode d'Hawala ayant abandonné lâchement le château, la grosse artillerie était tombée entre les mains des Turcs. Les mercenaires thraces (Bulgares) quittèrent la ville, et se retirèrent dans la citadelle, dont l'entrée leur fut accordée avec difficulté; caries commandants Blasius-Olah, Janus-Bothius et Jean Morgay, ne se souciaient pas de ces défenseurs indignes. Ces vaillants capitaines maintinrent avec un courage héroïque le boulevard de la chrétienté ; et déjà ils avaient repoussé plus de vingt assauts (2), quand Suleiman, sur la proposition d'un renégat français ou italien, ordonna de miner la plus grande tour de la place et de la faire sauter. A peine restaitil quatre cents hommes en état de porter les armes, et, de ces guerriers, les Hongrois auraient tenu jusqu'au dernier comme ceux de Sabacz, si la haine religeuse des Serviens, et la trahison de François de Hederwar et de Valent in Tœrœk , ne les eussent forcés à rendre la place aux Turcs, qui leur promirent la vie et la liberté ; mais les vainqueurs violèrent leurs engagements , car ils sabrèrent plusieurs Hon-

(1) Journal de Suleiman.

(2) Utuanfi , I. tu, «dit. coll. Agrippa, 1Ç22, p.

grois, et transportèrent seulement les Bulgares à Constantinople (1), où un quartier de la ville reçut de ces colons le nom de Belgrad, qu'il porte encore aujourd'hui , ainsi qu'un village sur la rive du Bosphore. Bali-Beg fut nommé commandant de la place conquise, que vingt-un mille Valaques durent aller rebâtir. On y laissa trois mille janitschares pour garnison. Avec Belgrad , tombèrent les places syrmiennes de Kulpenic, Baridsch,Perkas, Slankameut, Mitroviz, Carloviz et Uilok.

Lelendemainde la conquête , Suleiman transforma la principale église de Belgrad en mosquée , et la consacra par la prière solennelle du vendredi, après qu'elle eut été purgée de ses idoles, suivant l'expression des historiens turcs. Les troupes reçurent leurs récompenses, les autorités furent installées, les remparts de la place furent garnis de deux cents pièces d'artillerie; on en laissa quarante pour Sabacz; on rasa les bois de l'île du Danube, et Suleiman reprit sa marche vers Constantinople , dont les habitants vinrent à sa rencontre en poussant mille acclamations.

Déjà sur la route , il avait appris la mort de son fils Murad, âgé de deux ans ; deux jours après son arrivée, il perdit une fille, puis la petite-vérole enleva son fils Mahmud, âgé de neuf ans; tous furent ensevelis à côté de leur aïeul Selim. Les vesirs suivirent à pied le cortège qui accompagnait ces tristes dépouilles mortelles. Pour distraire la douleur du sultan, on prolongea les divans , on multiplia les audiences; on vit s'y présenter les envoyés de Baguse, de la Bussie, de Venise, qui venaient présenter les félicitations de leurs gouvernements. Les Bagusains obtinrent en récompense l'exemption de droits dans tous les ports et sur toutes les places de commerce , et la faculté d'acheter des grains pour leurs besoins (2). Sur la demande de l'envoyé russe, Suleiman lit signifier au chan de Krimée, que s'il inquiétait la Bussie, il s'exposerait au châtiment de la Porte (3). Avec l'ambassadeur russe partit le beg Lskender de Menkub, en mission auprès de Wassiliji , qui dans la suite adressa le noble Mo-

(1) Ferdi, fol, 38; Dschelalsade, fol. 45.

(2) Engel , Histoire de Raguse ,p. 198.

(3) Karamsin , Histoire de l'empire russe , t. vu , p. 83.

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