‹ Histoire de l'Empire ottoman (volume 2)Chapitre 257 sur 288 · I : IVrdi , m · texte numérisé non relu

I : IVrdi , m

(2 Ssolaksade, p. Dschelalsade , fol. /S.

du Bairam, et Seadet-Girai revêtit son neveu Dewlet-Girai de la dignité de kalgha. Seadet- Girai ne jouit pas longtemps du pouvoir suprême ; il dut l'abandonner à son neveu Islam- Girai, qui prit les armes pour venger la mort de Ghasi-Girai son frère. Seadet-Girai vécut encore sept ans à Constantinople, pensionné par la Porte, et fut enseveli contre la mosquée d'Ejub [1530]. Islani-Girai nomma kalgha son frère, et finit par encourir la disgrâce de Suleiman , qui, un an p!us tard, porta sa faveur sur Ssahib-Girai, fils de Mengli-Girai. Celui-ci, encore enfant , s'était sauvé à Kasan au moment du massacre de ses frères ordonné par Mohammed-Girai, qui, commençant à régner, voulut, à l'exemple des sultans ottomans , assurer son trône par l'immolation de ses proches. Puis , le fugitif avait été reconnu en qualité de chan par les Noghais. Son installation comme souverain de la Krimée sera racontée plus loin.

Chair-Beg , qui , à l'époque de la révolte de Ghasali , avait prouvé sa fidélité envers le sultan par le secours actif d'une armée de trois mille hommesconduite par sept scheichs arabes, en apprenant le triste sort des rebelles , tomba dans une mélancolie profonde. Sentant approcher sa mort , il donna la liberté à tous ses esclaves , fit des dotations pour des fondations pieuses , et assura l'usufruit de ses grands biens à ses enfants et à sa femme, veuve du sultan des mameluks Naszir-Mohammed-Ben-Kilaun.

11 employa le reste de son autorité à équiper une flotte de vingt voiles, placée sous les ordre de son beau-frère Kaitbai , qui fit voile pour Rhodes, portant au sultan des troupes fraîches et le saint étendard du prophète, gage assuré de triomphe et de conquête (1). Deux mois et demi après le débarquement des Egyptiens à Rhodes , arriva la nouvelle de la mort de Chair- Beg, et aussitôt le beau-frère du sultan, le sérasker grand vesir Mustapha-Pascha fut envoyé comme gouverneur en Egypte. Mustapha eut à lutter contre la rébellion de deux kaschises nommés Dschanim et Inal, qui avaient commis toutes sortes de violences , et mis à mort deux scheichs arabes. 11 les défit à l'aide de ses fidèles

(1) Suheili , fol. 51 ; Schukri , fol. 105. Akab (l'aigle) est le nom de cette bannière du prophète , qui maintenant est appelée exclusivement Sandschak.

janistchares et de ses fusiliers, et les tètes de deux chefs de l'insurrection furent plantées su la porte Suweila (1). Bientôt après , sur les in stantes prières de son épouse , Mustapha fu rappelé ; à sa place , partit pour l'Egypte, Gu' seldsche-Kasim , l'un des seigneurs de l'étrie impérial; au bout de quelques mois, il eut] successeur le vesir Ahmed-Pascha , qui mérit bientôt le nom de traître , dont il est flétri i les historiens ottomans. Il espérait se déd mager de la perte du grand vesirat en se fai sant sultan d'Egypte. Il gagna ses mameluks' mais il échoua contre la fidélité des janitschar Il conféra les fiefs à des auxiliaires de ses ambitieuses, écarta autant que possible lesjanilschares , secrètement ou sous de vains pr texte; mais ces derniers étaienten possession di château , dont il ne put se rendre maître la ruse. Alors il jeta le voile dont il avait enve- \ loppé durant six mois ses funestes projets, fil', camper les mameluks à Imbaba, puis assiégea les] château. Les janitschares s'élancèrent comme des lions , et mirent en pièces quatre mille des partisans du rebelle. Informé par un émir ma<] meluk de l'existence d'un ancien aqueduc qui! menait au château et qui était abandonné de-l puis deux cents ans , Ahmed fit introduire les! mameluks dans le château par ce passage , et] tous les janitschares furent massacrés (2). Maître du château, Ahmed se para du titre de sultan , fit réciter les prières et frapper de la monnaie en son nom. Comme il était en possession^ du port et de la côte, il se saisit de l'ordre du sultan qui lui enlevait le gouvernement pour le conférer au vaillant Kara-Musa, jadis vainqueur de la rébellion au temps de l'administration de Mustapha-Pascha. Ahmed fit arrêter et exécuter ' le nouveau gouverneur, ainsi que le Ischausch j porteur du ferman; puis il confia l'administration des affaires à trois de ses fidèles décorés du | nom de vesirs; mais parmi ces trois dignitaires était Mohammed-Beg, qui trahit son maître perfide au sultan. Après avoir fait en se-

(1) Ssolaksade, fol 102;Ferdi, fol. 77; Schukri, fol. 52; Schukri, fol.

(2) Ssolaksade , fol. 32 ; Ahmed-Pascha fit voile de Constantinople le 20 de Ramassan , et arriva au Kairele 8 shewwal ; Ferdi , fol. 84 ; Suheili , fol. 53. Le rapport vénitien est du 4 juillet, dans Marini Sanuto, 1. xxxv.

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