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qui dès lors reçu t le titre de Temple de la science et de la civilisation. Timur la déclara seconde capitale de l'empire; il décora la Ville-Verte d'un palais blanc (I), et plus tard il y éleva un tombeau à sa fille chérie, Akabeg, qu'il avait donnée pour épouse au fils de l'émir Musa (son beau-père). 11 fut plus profondément affecté encore par la mort de Dschihangir, son fils aîné, et par celle de sa sœur bien-aimée, Turkan- Chatun. Pour se consoler de ces pertes cruelles, il se faisait lire des passages du Koran et de la Sunna par ses scheichs et ses légistes; on lui récitait des histoires et des légendes; ensuite il reprit les soins du gouvernement oubliés au milieu de ses lugubres pensées (2).
Après la conquête du Ghuaresm et la translation de ses habitants à Kesch, Timur laissa éclater les projets de sou ambition, qui tendaient à la domination du monde. Sans cesse il avait à la bouche la parole du poète : De même quïl y a un seul Dieu dans le ciel , il ne doit y avoir qu'un seul maître sur la terre; et même la terre avec tous ses royaumes ne saurait satisfaire l'ambition d'un grand prince. Maître de Turan , c'est-à-dire des pays au delà de l'Oxus, maintenant il aspirait à la possession d'Iran, c'est-à-dire des contrées en deçà de l'Oxus, ou de la Perse proprement dite, dont les vastes limites avaient vu s'élever tant de dynasties sur les ruines de l'empire de Dscheogis-Chan. La possession des contrées orientales de la Perse, du Chorasan, était alors partagée entre deux souverains : au sud régnait, à Ilérat, Ghajaszeddin Pir-Ali, de la dynastie des kurts , branche de la famille Ghur, qui domina dans l'Inde après les Ghasnevides; et au nord régnait , à Sebsewar, Chodscha-Ali-Muejcd , de la dynastie des Serbedars , qui s'éleva après la mort d'Abusaid, dernier souverain de la famille de Dschengis-Chan. Muejed se soumit au conquérant tatare, reçut de lui l'investiture par un diplôme , et l'accompagna comme vassal dans ses expéditions ; mais le prince de Ilérat réunit ses forces pour résister à Timur. A l'arrivée de celui-ci à Andkud, un derwisch convulsionnaire lui lança à la tète une poitrine de mouton, ce que le vainqueur accepta comme un heureux
(1) Scberefeddin, c. 28, p. 306.
(2) VWrf.,t.i,p.362.
présage de la conquête de la partie orientale de le Perse, qui dès lors fut appelée la poitrine de l'Asie (1). Après la chute de Fuschendsch , la plus forte place de l'ennemi, sa capitale Hérat se rendit aussi avec tous les trésors que les souverains des dynasties de Ghur et de Kurt y avaient accumulés depuis deux siècles. La ville fut sauvée de la destruction ; seulement ses portes de fer, d'un travail admirable, furent enlevées , et transportées comme des trophées à Kesch , patrie de Timur (2). Ses progrès dans le Chorasan furent arrêtés par les forteresses du pays , dont chacune ne se rendit qu'après une résistance opiniâtre. Les plus fameuses étaient Schaburkan , Kabuschan , et surtout entre Balch et Kelat , la place de Kahkaha (la moqueuse), parce qu'elle se rit de tous les efforts de l'ennemi. Les grandes villes de Nischabur , Sebsewar et Tus se remirent d'elles-mêmes au vainqueur. La dernière est appelée aussi Meschhed (les sépulcres), parce que les tombeaux de beaucoup de grands hommes de l'islam en ont fait un lieu de pèlerinage; c'est aussi un rendezvous pour les caravanes. Là reposent Risa, le huitième des douze imams, successeurs immédiats du prophète, et Harun-Al-Raschid, et Arba-Moslim, le plus sanguinaire des guerriers dont le bras arracha le trône du chalifat à la famille Ommeje, pour le donner à celle d'Abbas; là sont ensevelis le plus illustre des grands vesirs , le plus savant des mathématiciens, le premier des poètes de la Perse, Nisamulmuk (ordre de l'empire), ministre de Melek-Schah , ardent persécuteur de l'association meurtrière des Assassins; Naszireddin, le fondateur de l'observatoire de Méragha, connu par ses tables astronomiques, et Firdewsi, le plus grand des poètes épiques de l'Orient (1). Timur ne s'arrêta ni au tombeau de l'imam ni à celui du chalife ; il ne contempla pas davantage le mausolée de l'astronome ou celui du poète; mais il alla droit au monument qui renfermait les dépouilles d'Abu-Mosliin , qui avait fait périr un million d'hommes par l'épée des batailles, ou par la main du bourreau. Il descendit de cheval, s'agenouilla, et invoqua la
(<) Schcrefeddiu , dans Petis de Lacroix, 1. h, p. 316.
(2) Jbid., p. 327.
(3) Dschihannuma , p. 318-319.