LIVRE VII
>elles filles mongoles à son grand-père, comme rophées de son triomphe, et neuf autres au irince, son cousin, gouverneur de Samarkand : nais celui-ci , jaloux de la gloire d'une expédiion faite sans sa participation, refusa ces présents (I).
1 Tandis que le petit-fils portait ses armes j. riomphantes jusque dans le cœur de Turkisi an, Timur passait l'hiver à l'occident de la mer | Caspienne, dans la belie et vaste plaine de Kalabagh; et là, dans l'assemblée tenue avec tous s guerriers, était arrêtée l'expédition contre lelek-Gurgin, souverain rebelle de la Géorgie, e prince de Schirwan, Siheich-Ibrahim et Sidihmed de Scheki, vinrent se prosterner comme dèles vassaux devant le maître suprême qui les «ngédia en leur donnant des vêtements d'houeur (2); mais Taherten, souverain d'Ersendstian, qui vint offrir des présents composés de euf espèces d'objets, contenant chacun neuf rticles, et qui baisa neuf fois la poussière, reçut investiture formelle d'Ersendschan par la ueue de cheval et les deux cymbales (3). Le roi e Géorgie refusa l'extradition réclamée par Tilur du fils d'Ahmed-Dschelair, souverain de agdad, réfugié auprès de lui, se croyant bien ssuré dans les cavernes de ses montagnes, lilur, pour s'emparer de ces repaires, eut re- Durs à un moyen , dont il s'était servi pour anchir les montagnes de l'Inde. Alors on avait ispendu des espèces de brancards à des cors longues de cent cinquante aunes; et il avait llu se faire ainsi descendre cinq fois avant de «•venir des hauteurs à la profondeur des vales. L'emploi de ce mécanisme fut encore plus rilleux dans l'expédition de Géorgie: pour atquer les ennemis retranchés dans leurs caveres inaccessibles , les soldats étaient descendus es rochers taillés à pic jusqu'à ce que se trount au niveau des cavernes, ils faisaient pleuoir une grêle de flèches sur les Géorgiens, ou 'élançaient de leurs mobiles appuis au milieu 'eux, ou bien, quand ils ne pouvaient aborder cavernes, ils y mettaient le feu, et brûlaient nsi les réfugiésavec leurs vivres etleurs ustenles (4). Forcés dans leurs repaires, les Géor-
(1) Scherefeddin , 1. v, ch. 5 , p. 220.
(2) Ibid., ch. 5, p. 222.
g) ma., ch. 8 , p. 240.
(4) /bid.,\. v,ch. 8, p. 242.
giens tinrent moins encore dans leurs places dont quinze, avec Tiflis, capitale du pays, tombèrent entre les mains de Timur (1). En se retirant, il en emporta sept autres , dont les murailles furent rasées, et les habitants égorgés (2). Dans le temps que Timur pénétrait le fer à la main dans le Nord, la trahison faillit lui ouvrir l'entrée de Bagdad. Ahmed-Dschelair, rilchanqui, chassé par lui de Bagdad, avait cherché et trouvé un refuge auprès de Berkuk, sultan d'Egypte, pendant l'expédition de l'Inde, était revenu dans sa rés dence où il avait de nouveau affermi sa puissance, et il avait accueilli non-seuleiî;eut le prince des Turkmans du Mouton-Noir expulsé du Diarbekr, mais encore le gouverneur du Kuhistan, Scherwan, révolté contre Timur. Soit que la rébellion de Scherwan ne fût qu'un jeu, soit qu'd voulût se réconcilier avec son maître , ou peut-être s'assurer une dominai ion indépendante, ce prince gagna les émirs de l'Hchan avec des sommes s'élevant de 10,000 à 500,000 ducats. La liste des personnes ainsi séduites, parmi lesquelles se trouvait la vieille nourrice de Dschelair, Wefa-Chatun, tomba par l'imprudence du scrétaire de Scheruan dans les mains de l'Hchan. Aussitôt il se fit apporter la tète de Scherwan et celles de deux mille de ses officiers corrompus ou suspects; Wefa-Chatun fut étouffée sous des coussins. Lui-même tua de sa propre main beaucoup de femmes du harem et d'officiers de la cour, qui furent jetés dans le Tigre; ferma ensuite les portes du serai, et s'enfuit secrètement avec six compagnons dans le pays voisin de Kara-Jusuf. A peine était-il de retour avecKara-Jusuf, auquel il avait promis le pillage de sa résidence, que Timur accourut de la Géorgie contre Siwas, pour venger la mort de Burhaneddin, non pas sur le meurtrier, mais sur les habitants de la ville. Aussitôt Ahmed- Dschelair et le turkman Kara-Jusuf, prince de Diarbekr , se sauvèrent d'abord en Syrie ; et comme Timurtasch (3), commandant militaire d'Alep pour le sultan d'Egypte , s'opposa les armes à la main à la continuation de leur fuite vers l'Egypte , ils se rendirent tous deux à la
(1) Scherefeddin, p. 243.
(2) Ibid., cb. 12, p. 262.
(3) /Wrf.,ch.7,p. 233.
cour du sultan Bajcsid-Ildcrim. L'asile accordé à ces princes fugitifs, etles plaintes antérieures de Taherten sur la prise , par les Ottomans , du territoire d'Ersendschan à lui conféré par Timur, furent les causes de la guerre entre Timur et Bajesid.
La prise de Siwas et d'Ersendschan par Bajesid a déjà été rapportée. 11 n'est plus besoin que de quelques mots sur la famille des souverains de Siwas, les deux Burhaneddin , père et fils, et sur la mort violente du dernier. Ahmed- Burhaneddin (preuve de la foi) avait été juge du prince de Kaiszarije, après la mort duquel ses États furent partagés avec les émirs, en sorte qu'à Hadschi-Geldi échut la souveraineté de Tokat; au scheich Medschik, celle d'Amasia, et au juge Burhaneddin , la souveraineté de Siwas (1). La conquête de Siwas et de Tokat a déjà été rapportée plus haut, ainsi que celle de Sinope et d'une partie des États de Burhaneddin. Ahmed-Burhaneddin, puis son fils Ebul- Abbas, attaqués par Bajesid à cause de l'asile accordé, aux fils des princes détrônés de Kermianetde Mentesche, avaient un ennemi moins puissant, mais non moins dangereux dans Kara- Juluk, Turkman de la tribu du Mouton-Blanc, qui devint ensuite le fondateur de la dynastie de ce nom. Des liens de sang et d'amitié unissaientbien celui-ci à Kara-Jusuf, prince delà dynastie du Mouton-Noir ; mais ses intérêts les plus puissants l'attachaient à Timur, au-devant duquel il s'avança, lors de la première apparition de ce conquérant dans l'Asie Mineure, et auquel il servit de guide (2). Les mêmes considérations le poussèrent à combattre son cousin Kara-Jusuf, les Egyptiens, et enfin Ebul-Abbas- Burhaneddin, souverain de Siwas, qu'il fit prisonnier, et qu'il immola (3). Les habitants de Siwas se soumirent au pouvoir de Bajesid , qui leur envoya son fils Suleiman avec cinq émirs, et qui prit ensuite Ersendschan , ville voisine appartenant à Taherten.
Après la campagne de Géorgie, Timur passa 1 été dans la belle plaine de Karabagh , méditant d'autres conquêtes à l'ouest et au midi. Les
(1) Voy. Arab-Schah.
(2) Dschenabi, à la bibliothèque impériale et royale, n° 469 , p. 227.
(3) Ibid., et Arab-Schah.
princes dépouillés de leurs pays par Bajesi avaient échappé à la garde sous laquelle 1 sultan les retenait, et avaient trouvé asile < protection auprès de Timur. Le princedeKer mian avait pu sortir de la prison d'ipszala dé guisé en conducteur de singes; le prince d Mentesche, à la faveur d'une longue chevelur qui lui couvrait le visage, avait gagné lecam mongol. Celui d'Aidin s'était dérobé aux poui suites en faisant le métier de danseur de cordi Tous portaient leurs plaintes sur la perte d leurs États ; Taherten accusait en outre Baje sid de lui avoir enlevé son trésor et son haren Timur envoya une ambassade chargée de lel très réclamant le redressement de ces grief: Bajesid, furieux, voulait livrer au supplice h porteurs de cet insolent message; le gran scheich Bochari et le grand légiste Fenari en reut beaucoup de peine à le détourner de cetl résolution, en lui rappelant l'inviolabilité d( ambassadeurs et le respect du droit des ger en Orient; mais ils ne purent l'empêcher d maltraiter les envoyés et de leur donner ud réponse insultante (1). Timur irrité fitdéployt les bannières, et le premier jour de l'an 803 d l'hégire, 22 août 1400, il entra sur le territoii ottoman, se dirigeant sur Siwas (2), l'ancien» Sebaste reconstruiie entièrement par Alaeddii grand prince des Seldschuks ; elle était l'un des villes les plus peuplées et des places les pli fortes de l'Asie Mineure; elle comptait plus d cent mille habitants (3). Ses ouvrages étaier construits avec des pierres de trois aunes d longueur sur une d'épaisseur; les murailles 1 d'une élévation de vingt aunes , en avaiei cinq de profondeur à la base, et six au somme les sept portes de la ville roulaient sur d( gonds de fer (4). Le courage des défenseui était en rapport avec la force des ouvrage; l'impétuosité des assaillants et la férocité d conquérant. Comme la place était protégée d trois côtés par un fossé plein d'eau , l'atta que n'était praticable que vers l'ouest parle tranchées et les mines. Huit mille pionnier poussèrent leurs travaux sous les murs, soutit
(1) Aali , fol. 82, et Ssolaksade.
(2) Scberefeddin , 1. v, ch. 15 , p. 246.
(3) D'après Chalcondylas , cent vingt mille , I, p. 47
(4) Scherefeddin , I. v , ch. 15 , p. 266.