‹ Histoire de l'Empire ottoman (volume 2)Chapitre 83 sur 288 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

MOHAMMED RENOUVELLE LA PAIX AVEC LESFRINCES CHRÉTIENS. — LE PRINCE DE KARAMAME S'EMPARE DE BRISA. — IL EST ABATTU, AINSI QUE DSCHUNEID. — BATAILLE NAVALE DE GAL- I.IIMM I , ET PAIX AVEC VENISE. —IRRUPTIONS DANS LA VALACHIE , LA HONGRIE ET LA STYRIE. — BATAILLE DE RADKERSBUBG. — TRANSPLANTATION DE TATARES EN RUMILI. — SOULÈVEMENT DE III ■ i;\\ 1SCIIN. — PRÉTENTIONS DE DEUX MUSTAPHA AU TRONE. — VISITE DE MOHAMMED A CONSTAN- TINOPLE. — SA MORT, QUE L'ON TIENT SECRÈTE. — CONSTRUCTIONS, FONDATIONS, VESIRS, MÉ- DECINS, LÉGISTES, SCHEICHS ET POETES DE SON TEMPS.

Mohammed, premier sultan ottoman de ce nom, fut surnommé Kurischdschi-Tschelebi (le lutteur, le gracieux seigneur ), à cause de son adresse aux exercices du corps , la beauté de sa personne, l'élévation de son cœur et les charmes de son esprit. Accompli dans l'art de la gymnastique dont les héros sont décorés par les Persans et les Arabes du titre d'honneur de pehlirvan (champion), comme les grands hommes de l'ancienne histoire de la Perse , il se distinguait par la perfection de ses formes, par le bon goût de sa parure et la grâce de son maintien. Il avait la peau blanche, le teint coloré; les yeux noirs, les sourcis noirs, épais, unis ensemble, la barbe touffue, la moustache bien fournie et bien dessinée , le front découvert, le menton rond, la poitrine large, les mains longues; son regard était celui d'un faucon, sa force celle du lion. Il portait le dulbend d'une manière différente de ses ancêtres; car l'étoffe roulée autour de sa tète formant plusieurs bouffantes, ne laissait voir que l'extrémité du bonnet doré. Son kaftan, coupé comme celui de ses devanciers, au lieu d'une doublure d'étoffe de couleur différente , était garni et bordé d'hermine. Ce qui élève Mohammed 1er au-dessus de tous les éloges donnés à ses manières , à son agilité , à son maintien, c'est le témoignage unanime rendu par les historiens byzantins, comme par les ottomans, à ;on équité, à sa douceur, sa générosité, sa constance en amitié, sa bienveillance pour les Grecs et pour les Turcs. Non-seule-

ment il n'était pas ennemi des chrétiens ; mais il se montra l'ami des Grecs, et la douceur de ses sentimen's répondit au développement de son esprit comme à l'élégance de ses mœurs, Toute sa vie il fut l'allié fidèle de l'empereur byzantin, et combattit avec énergie les rebelles turkmans, soutint l'empire grec chancelant, et assura sur sa base la puissance des Ottoman* qui se relevait. Pour nous servir des expression» d'un historien turc : «Il fut le Noéqui sauva de la tempête des Tatares l'arche de l'empire assaillie par tant de dangers.» A la nouvelle dof triomphe de son allié et ami Mohammed, sur le dernier et plus puissant de ses rivaux, Manuel lui adressa une ambassade pour le féliciter, et demanda en même temps l'accomplissement des conditions de l'alliance [1413]. Fidèle à Sft parole , Mohammed remit à l'empereur les châteaux occupés sur la mer Noire . les places de Thessalie , et les forteresses sur la Propontide. Il scella le traité par de nouveaux serments, combla les ambassadeurs de présents et les congédia avec des paroles pleines d'un tendre sentiment : « Dites à mon père, l'empereur grec, que grâces à son assistance, j'ai recouvré les Élalsde mon père, que j'enai conservé lesouvenir dans mon cœur, que je lui suis dévoue comme un fils à son père, et que je me mettrai avec joie à son service. » En même temps , il reçut les ambassades de félicitalion des Serviens,des Valaques, des Bulgares, du duc de Janina, du despote de Lacédémone, du prince d'Achaïe, invita les envoyés à sa table, buta

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