‹ Histoire de l'Empire ottoman (volume 2)Chapitre 97 sur 288 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

oulait en mèrn" temps l'attaquer lui-même de -ont, tandis qu'il ferait tomber Kurd sur ses errières. Pour faire manquer celle manœuvre, halil opéra sur son flanc , et ordonnant à ses ■oupes de cacher leur coiffure blanche , il at- >ndit le retour de Kurd sur une hauteur que schuneid avait voulu occuper, kurd donna : ans le piège; mais lorsque, reconnaissant les i oupes ottomanes, il s'aperçut de son erreur, ! prit rapidement la fuite : saisi et fait primnier avec Hamsa, son oncle, il fut dirigé abord sur Andrinople, puis envoyé de la | îargé de fers à Gallipoli (1).

Voyant que son fils et son frère étaient au Bavoir de l'ennemi, Dschuneid précipita sa 'arche vers Hypsela (-2), château fort sur la •ite d'Ionie, en face de l'île de Samos, qui l'ait bien armé pour la défense, et bien mrvu de munitions. Chai il, traversant l'Herbu, se dirigea vers Nymphœon, puis vers bhèse, rétablit la tranquillité parmi les ha- Ltants, et adressa au sultan un bulletin de la |?.mpagne. Pour achever plus promptemenl la une de Dschuneid, Murad envoya le fils de 'imurtasch, beglerbeg, gouverneur d'Ana- Wli , et Hamsa-Beg , frère de Bajesid-Pascha îquel Dschuneid, ainsi qu'on l'a rapporté lus haut, avait accordé la vie, après le supice de Bajesid. Informé de l'approche des oupes ottomanes sous les ordres d'Urudscheg et d'Hamsa-Beg, Dschuneid confia la démse d'Hypsela à son second frère Bajesid, et . i-même s'enfuit avec trois esquifs à deux ngs de rames disposés à cet effet , sur la cote îCilicie; débarqué à Anemoriura, il demanda îe entrevue au prince de Karamanie. La con- .rence fut consentie; mais Dschuneid n'obtint ïs l'assistance sur laquelle il avait compté. :- prince de Karamanie, qui n'avait pas oublié b précédentes trahisons de Dschuneid , ne ît se résoudre à le soutenir cette fois, comme ;dis contre Suleiman, de tout son pouvoir; utefois il lui donna de l'argent et cinq cents paliers. Avec ce secours, Dschuneid revint à ypsela par Laodicée et la plaine du Galesus ;

(1) Ducas, 1. xxviii, p. 106; Idris , me récit, sous lirad II; INescbri , fol. 171 ; Aali , Ssolaksade.

[2) Neschri , fol. 171 ; daus Biatutii , 1. n, p. 25, en a

it Islia.

il trouva la place assiégée par Hamsa-Beg avec cinquante mille hommes; il n'avail que cinq cents cavaliers; et son frère Bajesid ne commandait pas une troupe plus nombreuse dans le château. Comme il ne pouvait songer à faire tète à l'ennemi, cinquante fois pis fort, il se vit donc contraint à se tenir derrière les remparts. La forteresse, située sur un rocher escarpé, résista aussi longtemps que les communications par mer restèrent ouvertes. Hamsa représenta au sultan qu'il lui était impossible de réduire la place sans force maritime. Alors Murad appela le seigneur génois de la nouvelle Phocée, successeur d'Adorno, Percival- Palavicini , qui se chargea du blocus d'Hypsela par mer (1). Avec trois vaisseaux il fit voile de Chios pour Hypsela: alos Dschuneid désespéra de pouvoir tenir plus longtemps, d'autant plus que les cinq cents auxiliaires karamaniens qu'il avait amenés avec lui se soulevèrent . forcèrent les portes et passèrent à l'ennemi ou se dispersèrent. Il négocia avec Chalil qui, en l'absence d'Hamsa-Beg appelé par ses affaires a Ephèse, commandait le siège. Chalil lui garantit la vie, et Dschuneid se remit entre sis mains. Mais le soir même Ilamsa-Beg de retour d'Ephèse, ayant appris ce qui s'était passé, envoya quatre bourreaux qui étranglèrent dans leur sommeil Dschuneid et toute s:i famille. Les tètes furent expédiées à Andrinople au sultan, qui aussitôt donna l'ordre d'exécuter à Gallipoli le frère et le fils de Dschuneid, Hamsa et Kurd. Ainsi se terminèrent, par la destruction de sa famille, les destinées de Dschuneid, cet audacieux aventurier, traître et rebelle qui, durant \in;; tannées sous l'interrègne de Suleiman et de Musa, puis sous Mohammed 1er et sous Murad II, avait joué un rôle si important, s'était emparé deux fois par force de la domination d'Aidin, au commencement el à la fin de sa carrière, deux fuis s'élait vu gouverneur en Europe, à Achrida sous Suleiman , à Mcopolis sous Mohammed, avait prêté assistance à Mustapha, avait été renfermé à Lemnos avec lui , puis remis en liberté, élail devenu le général et le vesirdece prétendant; s'étaitsaisidu vesir-pascha qu'il avait fait exécuter, puis abandonnant

d) Ducas , 1. xxviii , p. 108.

le parti deMustaphasurle Rhyndakus, se faisant souverain de Smyrnect d'Ephèsr, presque toujours traître à ses alliés, avait fini, après la reddition d'IIjpscla, par être immolé lui-même victime dune trahison [1425].

Murad, délivré de ec rebelle, passa lui-même en Asie pour bien délimiter et assurer les gouvernements de cette contrée. Il se rendit par 1 Ulubad (le Rhyndakus) par Pergame, Tyraia etSmyrneà Ephèsc, où il reçut les ambassadeurs des princes de l'Europe et de l'Asie, qui vinrent lui présenter les félicitations de leurs maîtres. Là parurent les envoyés de Dan , woiwode de Valachie, d'Etienne, le despote de Servie, et Lucas Notaras, premier ministre de l'empereur de Byzance. On vit arriver les représentants des seigneurs génois de Lesbos et de Chios , et des chevaliers de Saint- Jean maîtres de Rhodes. La paix fut renouv.léeet confirmée avec tous; les Vénitiens seuls en furent exclus (1), parce que Murad ne leur pardonna pas l'achat de Thessalonique; mais pour le moment les affaires de Mentesche, Tekke, Kermian et de Karamanie le retinrent en Asie. Elias-Beg (2), seigneur de Mentesche, avait laissé deux neveux de son frère Mohammed, Ahmed et Oweis qui , après la mort de leur père , sur l'ordre de Murad, avaient été enlevés et envoyés dans la prison d'État de Tokat, le tschardak des Bédouins. Ils trouvèrent moyen des'éehapper l'un dans un sac de paille, et l'autre dans un sac d'avoine (3). Oweis fut ressaisi et mis à mort avec le geol'er qui l'avait laissé enfuir. Ahmed gagna la Perse; le pays de Mentesche fut administré comme gouvernement, par Balaban-Pascha [142V) (4). Dans la province de Tekke Osman-Beg, du sang des anciens princes du pays, soutenu par le prince de Karamanie, vint assiéger le port et la forteresse d'Antalia. FirusBeg, gouverneur de la place pour les Ottomans, venait de mourir ; mais son fils Hamsa- Beg accourut de Karahiszar, et comme Osman était tombé malade à Istawros , dans le voisinage d'Antalia , il eut le temps de rassembler

(1) Ducas, I. xxix , p. 110.

(2) Jbid , I. xxu , p. 61 , et 1. xvi , p. 44.

(3) Nescbiï, fol. 172; Seadeddin , 1. n , p 20; Aali , Ssobksade, Àawihikpaschade , dans le manuscrit du Vatican , p. 238.

(4) Kesehri.

des troupes , et de tondre sur l'ennemi ; Osman périt dans l'action, et sa sœur fut emmenée prisonnière. Le prince de Karamanie Mohammed-Beg rompit la paix conclue avec Murad après son avènement au pouvoir, en poursuivant le siège d'Antalia; il fut tué d'un coup de canon. Le commandant de la placent suspendre à une chaîne au dessus de la porte le boulet qui avait vengé la violation de la paix, comme un instrument de l'intervention divine. Des trois fils du prince, Ibrahim put s'échapper et gagner la Karamanie en ramenant le cadavre de sou père; les deux autres, Isa-Beg et Ali-Bejj, furent envoyés comme prisonniers au sultan. Murad leur concéda des domaines autour de Sofia , et donna à chacun une de ses sœurs pour épouse. A Ibrahim-Beg, il adressa une bannière et un tambour pour l'investir delà Karamanie, et il renouvela la paix moyennant la restitution de la partie du pays d'Haraid enlevée par son père (1). Celte portion rendue fut conférée comme gouvernement à l'écuyer tranchant Elwan , qui jadis avait apporté à Amasia la nouvelle de la mort de Mohammed, et avait livré Mustapha à son frère f 14261 (2). Ainsi finit la première guerre de Karamanie, qui se renouvela deux fois encore sous le règne de Murad.

L'exemple de la perfidie avec laquelle Hamsa- Beg, après toute garantie donnée à Dschuneid, avait f.iit étrangler ce chef pendant son sommeil, avec toute sa famille; cet exemple se grava dans l'esprit des vesirs et de Murad comme une règle de la politique turque , d'autant plus profondément qu'il avait été donné par un des hommes les plus éminents de l'empire. Jurked-ch-Pascha, ancien maître de la cour de Murad, et alors gouverneur dans l'Asie Mineure, jouissait à ces titres d'une si grande autorité, que le sultan lui accorda le privilège de faire frapper à son nom des monnaies, qui furent appelées les pièces de Jurkedsch-Pascha (3). Les cantons autour d' Amasia et de Tokat étaient

(1) Nesrhri,fol. 173; Idiïs, ive récit de Murad 11: Seadtddin, 1. n, p. 30; Ssolaksade, fol. 39; Aali, fol. 72; Kausalul-Kbrar , Hadschi-Chalfa.

(2) Nescliri , fol. 173.

(3) //>i7/., Idris, ve récit du régne du sultan Murad; Seadeddin, dans Bratutli , 1. u, p. 33; Aalt.Ssolalsade, fol. 39.

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