‹ Histoire de L'Empire Ottoman (volume 3)Chapitre 108 sur 297 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

▼aient lès begs de Widm et de Sofia , Ali-Beg, fils de Timurtasch , Balaban de Tokat , Kasim- Pascha, beglerbegde Rumili, et Mahmud Tschelebi, begde Boli , beau-frère du sultan, frère du grand vesir Chaïil (I) ; deux mille Turcs restèrent sur le terrain , quatre mille furent pris, neuf bannières enlevées. Sofia fut conquise, et ta marche se dirigea maintenant vers Philippopo-

par les hauteurs escarpées de l'Hœmus , au milieu de l'hiver. Le pas de SuCci , si fameux dans l'histoire , qui s'appelle aussi la porte de Trajan, a deux défilés, l'un à l'ouest, Ssula Derbcnd , ou défilé aqueux, fermé par la porte qu'yfitconstruireTrajan ; l'autre* lest, nommé le défilé d'Isladi ou deSlatiza,de la petite rivière de ce nom , dont le cours se dirige de ce poiat vei s le öord. Murâd , informé de l'approche de l'armée hongroise, fit couper les deux passages par des tranchées derrière lesquelles* s'élevèrent des murailles en quartiers de rochers; il comptait d'ailleurs sur la neige et fa glace de l'hiver , qui rendraient impénétrables des lieqx à peine accessibles dans la plus belle saison de l'année. Pour ajouter encore à des obstacles qui paraissaient insurmontables, les Tuées versèrent pendant la noit de l'eau sur le sentier tracé dans la neige, en sorte que le matin une surface de glace se présenta aux cavaliers c*hi*étiens. Néanmoins, animés pat le coura;^* de leur chef, les Hongrois grimpèrent; mais arrives à la porte de Trajan» ils la trouvèrent infranchissable , et retournèrent : alors ils tentèrent le second passage à trav rs lequel la petite rivière d'Isladi s'ouvre un chemin que l'on ne peut fermer aussi complètement. Ils se trouvèrent sur le§ bords de l'Isladi la veille de Noél (2) -î décembre 1443 j, et luttèrent par Ja journée lapins rigoureuse de l'hiver contre les avalanches et les rochers précipités sur eux , contre la glace et k fer. Ils, triomphèrent de tant d'eone-

», çj le jour de Noël Hs saluèrent les glaces de l'Uceutns sur le versant méridional tourné

s la Bulgarie. Ils occupèrent sans difficulté les villages bulgares. Outre les liens de religion, les affinités de langage entre les Polonais et les Bulgares attiraient ces derniers, qui se

(1) Chalcoudylas nomme ce' frère de Cbatil , filé d'Ibrafaim.

(2) Callimacbiu et Bonfinios.

rendaient volontairement à l'approche dés cavaliers polonais. Avec les Polonais et le roi Wlaâlslaus les croisés et le cardinal Julien avaient adssi franchi le défilé. Sur là dernière pente de rihrnms.au pied du mont Cunnob\të (1), descendant sur les champs de JaTovaz, fut livrée une dernière grande bataille, la seule à laquelle lè roi YVIadislaus assista en" personne, êt ort son secrétaire Caïllmachus , qui a écrit eomme témoin oculaire l'histoire de cette campagne , fut blessé ati doigt par une fléèhè. Les ennemis furent battus, et Parmi lès prisonniers se trouvèrent Kasîm-Brg, le begïcrbeg de Rumili, et Mahmild-Tschelcbi, begde Böli. Hunyady fit massacrer cent soixanfé-efix prisonniers; il retourna en triomphe à Ofen, menant les deux begs avec l'armée.

Tandis que èette campagne se poursuivait en Europe, le prince de Karamanie, qui agissait en Asie, en vertu d'une secrète intelligence avec les Hongrois, s'agitàît dè nouveau, èt recommençait pour fa troisième fois lès hostilités. N ravagea lè fcays depuis Kutahije jusqu'à Angora , poussa ses courses jusqu'à* Bûlawadin et Siwrihiszàr , èt saccagea les villes (TÂ1tnîs£ar, ffAkschehr et de Begschehr. idùrad était passé en Äste , et tandis que les arméés hongroises marchaient contre les frontières turques, îl châtia la prise d'armes de son vassal , en saccageant Iconîtfm, ï^renda ef d'autres vi i les du pririee de Karamanie (2). La gtferre de Hongrie, qui réclamait sa présence en Europe, le rendit plus disposé à écouter les prières de Karasnruri, vesir de Kararuäi îe, ef à céder à l'Intercession de sa sYèùr. It accorda do'n'é la paix (3). Dans cette canYpaßtfe il avait été accompagné par l'alné et le plus cher de ses fils , Alaeddhï, gouverneur (TAma^a, qoii, après le rétablissement dê la paix , regagna son gouvernement én même temps que lé sultan retournait en Europe (4). Arrivé à A'ridrinopîe, Murad fut obsédé paV les supplications «I. sa sœoV, épouse de Mahmud-Tschelebi, prisorinièr des chrétiens , ancien gouverneur de Bblî ; fatigué ffattleuts d'une gnërre cortttodèttc, il

(f) CSûTrââcBu» et Boufihtus , dec. îiï, H tï , p. 43f.

(2) Dura* . I. nzii, p. 123.

(3) V oy. les historien» ottomans cité» plus haut. (4; Les mêmes , et Ducat.

résolut de rétablir la paix en Occident avec la Valachie, la Servie et la Hongrie, comme il venait de renouer les bonnes relations en Orient avec la Karamanie. Au woiwode de Valachie Drakul , et au despote de Servie Brankovich , il rendit leurs fils qui avaient été privés de la vue; à Brankovich, il restitua les places servîennes de Scbehrkoi , Krussovaz et Scmendra, et adressa son chancel er, renégat grec, avec une suite décent personnes, comme ambassadeur en Hongrie , pour négocier la paix avec Hunyady. Ce général, que les histoires turques désignent toujours comme le second roi de Hongrie, détrompa l'ambassadeur, et le renvoya avec les propositions de paix à la diète rassemblée à Szegedin (1). Gomme les grandes promesses des princes européens de soutenir la croisade par des troupes auxiliaires au commencement de Tété restaient encore sans accomplissement, Wladislaus céda aux représentations d'Hunyady et de George de Servie, qui accueillaient la paix en dépit du pape et de l'empereur grec, dont les efforts poussaient à la guerre. Une trêve de dix années fut conclue à Szegedin [juillet 1444] , aux conditions suivantes: 1° La Servie et l'Herzogewina devaient être restituées à Georges Brankovich; 2° la Valachie resterait sous la suzeraineté hongroise; 3° une rançon de 70,000 ducats serait payée par Mahmud-Tschelebi (2). Le traité fut rédigé dans les deux langues, et juré solennellement des deux côtés ; les Turcs demandèrent que le roi prêtât serment sur l'hostie: Grégoire Savori , ayant rejeté cette profanation du plus saint des mystères, Ton convint que le roi jurerait sur l'Évangile, et Murad sur le Koran (3).

Avant la conclusion définitive de la paix, dont Murad se croyait assuré, en raison des sacrifices par lesquels il était prêt à l'acheter, dès le 12 juillet [1444jil était passéen Asie, d'où il avait reçu, au commencement du printemps , la nouvelle de la mort de son fils atné Alaeddin. Il ressentit profondément cette perte, car les sentiments du cœur n'avaient pas été étouffes par les cris de guerre qui retentissaient autour de lui

(1) Engel, Btttoirede Hoagrie, 1. m, p. 74.

(2) /bid.

(3) Boofiniu« , dec. ni , I. n, p. 457;

sans cesse depuis vingt années. Jusqu'ici, iwc< n'avons vu que l'image du guerrier, se dressar au milieu des champs de bataille qu'il domirai: par sa grandeur ; nous ne pourrons pas œ plus lui refuser notre admiration lorsqu'il ann secoué la poussière des combats et qu'il ann dissipé l'ivresse de la victoire. Quoiqu'il p& s'appuyer sur l'exemple de son aïeul Bajesdf. de son père Mohammed , pour s'assurer pte> fermement du trône , soit en immolant se frères, soit en les plaçant sous la garde de f*fl> pire grec, il eut horreur du meurtre , et gna à la pensée de remettre les prince entrr les mains de Paléologuc ; il les laissa vivre tr»quillement à Brusa, où ils furent enlevés par!; peste. Mustapha, qui était où se prétendait** oncle , fut mis à mort, parce qu'on le prit I* armes à la main sur le champ de bataille, et« frère rebelle parut avoir été immolé à son iw et contre sa volonté; car il le pleura sind* ment. Malgré la cruauté et la perfidie de » gouverneur Jurkedsch-Pascha, dont les eiffr pies pouvaient donner de si funestes eweigw ments aux princes, Murad ne fut pas cruel J ne viola pas les traités , et il se montra au mtraire humain et fidèle à sa parole. Pour Apporter Thessalonique, il avait promis le pilbj de la ville aux janitschares ; mais le conques barbare n'inonda pas ensuite les rues de sauf ainsi que l'avait fait le grand Théodose. L'ea^ reur grec avait commandé le massacre de sept mille citoyens ; le sultan emmena sept raffleero^ mis comme captifs, et la plupart ensuiterecotnrfrent la liberté moyennant une rançon, et œei rentrèrent en possession de leurs maison* (I Sans recueillir les éloges que répandent sur Im les historiens ottomans, écoutons seulement » ennemis naturels , les Grecs. Murad , dit avait d'excellentes mœurs, et une grande **• ceurd âme(2). Murad, ditChalcondyUs,éUitaii homme juste, équitable (3). Ce qui pari« P** haut encore en faveur de Murad , c'est son repect pour la vie et la liberté de ses frères, s condescendance pour les prières de ses «n* qui facilitèrent la paix en Asie et en Eoropt; car pour l'amour de l'une il pardonna trois foè

(1) Canano de exe, The».

(2) Duca«,l. «ix , p. 113.

(3) Cbalcoodylai , I. tu , H la

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