REM 1ER
vernements de l'empire, qui , plus tard, furent I appelés de leurs noms; mais dans le troisième I Alaeddin se ranima pour quelque temps ce feu qui avait brillé dans le premier , et la dynastie, au moment de s'éteindre, jeta encore un vif éclat. Avec le secours d'Osman, Alaeddin remporta quelques avantages sur les Turkmans révoltés et sur les armées des Mongols , jusqu'à ce que le chan Ghasan irrité, mit fin à la vie d'Alaeddin , et avec elle à la domination seldschukide (1) i 1307]. Ghajaszeddin, fils d'Alaeddin , prince cruel et sanguinaire , fut étranglé par les Mongols , quelques jours après son père (2), dont le neveu, Ghasi-Tschelebi , fils de Mesud, qui se maintint encore un deroi- | siècle comme seigneur de Kastemuni et de Sinope, borna toute sa gloire à exercer la piraterie contre les Génois et les Bvzantins (3) J356].
L'empire des Mongols persans, qui avait mis fin à celui des Seldschuks d'Iconium, touchait lui-même au terme de ses destinées. Impuissants à retenir unis les pays dont ils avaient fait leur proie, ils durent les abandonner en partage aux chefs des hordes turkmanes. Ainsi se démembra l'empire depuis longtemps amoindri des Seldschuks, que, cent dix neuf ans auparavant , Kilidscharslan II avait distribué, dans une bien plus vaste étendue . entre ses dix fils, qui, après la mort d'Alaeddin 111, se rompit en dix portions indépendantes, pour se reformer en un seul tout sous la main violente de la dynastie prépondérante, au bout de cent cinquante ans, et tomber enfin à n'être plus qu'un simple gouvernement du vaste empire ottoman. L'Anatolie , ou l'Asie Mineure, bornée de trois côtés par la mer, et à l'est par l'Halys (aujourd'hui Kisilirmark , le fleuve Rouge) et par le Taurus , comprend tout le territoire des dix princes qui surgiront comme des rejetons du trône renversé des Seldschuks, et qui , par les historiens orientaux , ont été appelés rois des peuples (4), comme les généraux qui, après la mort d'Alexandre , se partagèrent
(t) Rausatol-Ebrar, jardin des justes.
(2) Dwcbenabi.
(3) Idris et Aall. Déguignes ne contient ni celui-ci , ni le second Alaeddin , et Mesud règne ju*qa'en l'an 708
{4, Mnlukilawaif.
les débris de son empire en Europe et en Asie. D'abord ces pays portaient dans l'histoire le nom des peuples qui les habitaient ; dans le moyen âge, sous l'empire byzantin, on les désigna par les légions qui s'y trouvaient en garnison ( 1 ) ; oprès le renversement des Seidschuks, par les mattres qui s'étaient partagé les débris, el aujourd'hui ils portent encore les noms des derniers. Comme il ne s'agit ici ni de l'histoire de Byzance, ni de l'ancienne Asie, mais des annales des Ottomans, nous n'indiquerons donc pas les pays d'après les désignations employées par les Crées anciens ou modernes, par Hérodote ou Strabon, par Constantin Porphyrogenète ou Denys le Periegète; mais nous nous servirons de la nouvelle géographie en usage depuis la fondation de l'empire ottoman, depuis cinq siècles environ : seulement, pour nous orienter plus facilement , comme il faut le faire maintenant en traçant le cercle des possessions des dix princes, parfois nous nous reporterons aux dénominations des anciens temps.
Tout ce que la vue peut embrasser de Constanlinople en Asie, et pas plus loin, c'est-à-dire jusqu'à l'Olympe, voilà ce qui obéissait encore'à l'empereur de Byzance; puis venaient, le long de la cote , les petits États indépendants des Turkraans , nouvellement formés avec les débris du grand empire seldschukidc , dans l'ordre suivant :
En Mysie régnait Karasi; dans la Lydie ou Mteonie, Ssaru-Chan et Aldin; Menlesche
(I) Themata Constant. Porphyroßenetes et Gibbon.
possédait la Carie; la Lycie et la Pamphylie étalent réunies sous la domination de Tekke. Au nord de celui-ci , mais en se retirant de la mer , Hamid était établi dans la Pisidie et l'l8aurie ; et au nord de ce dernier , dans la Licaonie, Karaman avait établi le siège de sa puissance, de beaucoup supérieure à celle de tous les autres petits princes ses voisins ou collègues, d'abord à Larenda, puis à Konia, ancienne capitale et résidence de tout l'empire seldschukide. Ses vastes États étaient bornés au nord-ouest par ceux de Kermian, dans la Phrygie septentrionale , les seuls qui n'empruntèrent point leur nom du prince, mais le reçurent de l'ancienne capitale (1), dans le voisinage de Kutahije(2). Dans la Galatie et la Bithyuie , et jusqu'au pied de l'Olympe , et par conséquent, en contact immédiat avec les Byzantins , les premiers princes des Ottomans passaient 1 hiver dans les villes, et l'été au sein des montagnes. A Test et au nord de leurs possessions, dans la Kastemuni (la Paphlagonie), et à l'angle oriental de la Bithynie , régna encore un demi-siècle sur la côte maritime, à Sinope et à Héraclée, le dernier rejeton des Seldschuks, Ghasi-Tschelcbi ; immédiatement après lui , et même déjà de son vivant , les Als d'Umur-Beg et d'Isfendiar, appelés aussi Kisil- Ahmedli (les Ahmed rouges), dominaient sur le pays des anciens Henétes , Cauconiena et Mariandini.
(1) Forum Ceramorum-, v. Renel'e illustration* oF ihc hifttory of ttae expédition of Cyrus, p. 26 , 28, 30 , 31. (-) Colyacuin, Kennet, ibid.