‹ Histoire de L'Empire Ottoman (volume 3)Chapitre 151 sur 297 · LIVRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE XIV

, et abattit lui-même la tète du roi. \je* inces bosniens fiirent étranglés dans eure tentes.

Ainsi , dans la dixième année après la con- |uète de Gonstautiuople, un siècle après la prendre défaite des Serviens sur la Marias, le «Wime de Bosnie fut réduit , comme celui de Servie, en une province turque. Mmnet-Beg / fut placé comme sandschak-beg (1); loute la »pulation en état de servir dut prendre Les trmes pour le sultan. Trente mille Bosniaques jrèterent serment sous ses drapeaux, comme lanilachares (2). Pour ne pas interrompre tout 1 l'heure le récit de la guerre contre les. Vénitiens, commencée en même temps que la première campagne de Bosnie, et, après la fin de cette expédition, continuée dans le Péloponèse par Menmud «-Pascha , uous placerons de suite ici la seconde campagne de Bosnie de Tannée suivante. Mohammed y parut en personne, pour reprendre Jaicsa , que Mathias Gorvinus avait (inportee vers la tin de Tannée précédente, !|très un siège meurtrier (3) ;Jfi décembre I4«3]. L'affront avait été d'autant plus graud, <l»e le commandant de la place, llaram-Beg, avec dent cents prisonniers turcs, avaient orné l'entrée triomphale du roi à Ofèa. Mohammed , furieux de la -çhute si prompte de sa conquête, Ui«am à peine s'écouler l'hiver, courut avec 'rente mille hommes et de la grosse artillerie meure le siège devant Jaicsa ; il partagea son année es trois corps , afin de pouvoir, pendant irais jours consécutifs, mener dix mille hommes de troupes fraîches à la brèche. Us Turcs s ë> huèrent à l'assaut avec fureur, enflammés par la présence du sultan, qui faisait retenir d'éclatantes promesses et des menaces. Déjà plusieurs de* a**aiiJnatsavsient atteint lescrénaux; I na d eux ail un renverser d une tour la hausiere de IVvinus , lorsqu'un Hongrois, pour lasiuver, saisit le Turc corps à corps, et se précipita avec loi du haut de la muraille (4). Malgré des prodiges de valeur, Mohammed ne

(t) Nescbri, Ssolaksade , Seadeddin , Aali. tf) Ln même* , et Rascbikpascbade , exemplaire de la iMbiioütfque du VaUeaa , p. 376.

(3)8cbimek , p 154.

(t) Bonfinius , décades m , I. x , fia du livre , p 531

put emporter la ville d'assaut, et leva le siège, à la nouvelle que Mathias Gorvinus s'approchait avec des secours. Mathias prit le château de Srebernik, et investit Zworuik , dont la garnison, espérant l'arrivée prochaine de Mahmud- Pascha, opposa au roi de Hongrie une résistance dont il ne put triompher. Le grand vesir ayant rallié tous les begs de laRumili, Uraur-Beg, Isa-Beg, petit-fils d'Rwrenos, Ali-Beg, de la famille Michaloglni , fit savoir aux assiégés qu'ils allaient être secourus au plus tôt ; et à peine MicliaJoghli parut-il , à la tète des coureurs, que Mathias ordonna précipitamment la retraite, abandonnant ses bagages et son artillerie ( 1 ). Mahmud, qui suivait avec le gros de l'armée, recueillit un grand nombre de prisonniers et de chevaux, et poursuivit le roi jusqu'à la Save. Deux mois après le siège de Zwornik, Michel Szilagyi , oncle du roi Mathias, et Grégoire Labathan , furent enveloppés et pris par une troupe turque, à Boza/is, à trente milles de Semendra , et emmenés prisonniers à Gonstantinople; Szilagyi fut décapité; quant a Grégoire labathan , qui, déjà fait prisonnier à la bataille de Warna, était parvenu a s'échapper, conduit au 1 eu du supplice, il allait être exécuté , lorsque l'intercession d'un Turc fléchit le sultan, qui voulut bien lui faire grâce de la vie, ainsi qu'à son fils, moyennant une forte rançon^).

En même temps que la guerre de Bosnie, au printemps de Tannée 1463 , s'étaient engagées les hostilités contre les Vénitiens. Mais cette guerre ne fut pas terminée rapidement comme la première; elle exerça ses ravages sur terre et sur mer durant seize années, et ce fut une cause légère qui déchaîna ce fléau. Un esclave du pascha d'Athènes s'était enfui à Ceron, emportant 4Û,000 aspres, et il avait trouvé un asile dans la maison du noble vénitien Jérôme Va- Jaresso (3). L'extradition fut refusée, par le motif que le fugitif s'était fait chrétien (1). Isa, fils d'Ewrenos , gouverneur de Mprée , parut devant Argos, où il fut introduit par la Xrab*-

(1) Seadeddin .dans BratuUi , p. '237. .

(2) Bonfinius , dec. iv , c. 1 , p. 544 et 582.

(3) Daru , Histoire de Venise, I. h , p. 443 ; Qfttorta di Venezia dell'anno 1457 , fin all'anno 1500.

son d'un prèlre grec (1). Omar, fils de Turachan, fit une irruption du côté de Naupactos (Lépante), sur le territoire vénitien, et les Turcs poussèrent leurs courses jusqu'aux environs de Modon. A cette nouvelle, Venise déclara la guerre; Luigi Loredanofut envoyé versl'Eubée (Négrepont), comme capitaine général de la flotte, et Berlholdo d'Esté fut nommé commandant des forces de terre. Vingt-cinq galères et douze vaisseaux prirent la mer ; deux mille cavaliers italiens, et quatre mille malfaiteurs réfugiés en Crète, auxquels on garantit l'impunité, furent embarqués pour le Péloponèse , et bientôt les habitants de Sparte, de Tenaroset d'Épidamnos, les Arcadiens et les Athéniens, se soulevèrent contre le sultan. Loredano approvisionna de grains Napoli di Romania , et Monembasia (Malvasia), car on en récolte peu dans ces cantons montagneux; il prit le château de Vatica, situé à trente milles de Monembasia, revint à Napoli , se tint pendant les mois de mai, juin et juillet dans les eaux de l'Archipel , et le 1er août , il jeta l'ancre de nouveau devant Napoli , où Bertholdo d'Esté l'attendait avec les troupes de terre (2). Ils assiégèrent et prirent la ville d'Argos sans difficulté, la citadelle, après quelque résistance de la garnison albanaise. Des troupes napolitaines qui avaient été envoyées par les Vénitiens pour fortifier les assiégeants perdirent environ deux cents hommes par la faute de leur chef, qui , au lieu de les faire marcher le long du rivage, selon ses instructions, les conduisit dans l'intérieur des terres, où les Turcs se tenaient en embuscade (3). Les Turcs taillèrent ensuite en pièces la garnison albanaise de la citadelle d'Argos, lorsqu'elle se retirait sur Corinthe (4).

Les Vénitiens, sur les instances des Grecs et des Albanais, songèrent alors à fortifier de nouveau l'isthme de Corinthe', afin de s'assurer du concours de tout le Péloponèse. Déjà l'on a vu, dans le xi* livre, comment Murad Ier avait détruit les ouvrages élevés par les despotes Thomas et Constantin sur cette langue de terre (6).

(1) Chalcondylas et le secrétaire de Malatesta, daoi la collection de Jan Sorioo.

(2) Cfaalcondylai, I. ix,p. 178; secrétaire de Malate«ta.

(3) IMd.

(4) Lettere dcl segretario di Malatesta.

(5) xi livre.

Pour les rétablir, Luigi Loredano et Berthoido d'Esté employèrent tout leur monde : en dem semaines trente mille ouvriers achevèrent in mur en pierres sèches , de douze pieds de haui flanqué de cent trente-six tours, protégé par un double fossé , et tiré d'une mer à l'autre su une longueur de six milles; au milieu s'éleva do autel sur lequel fut planté l'étendard de saint Marc, et l'on y célébra unejnesse solennelle ;1 . Les Vénitiens y transportaient de l'artillerie, lorsque se répandit la nouvelle qu'Omar, fils de Turachan, s'approchait avec cent mille bomro* Il parut, en effet, vint reconnaître l'ouvrage i trois cents pas, s'émerveilla, et vit emporter à ses côtés deux de ses compagnons par un kniet (2). Loredano et Bertholdo d'Esté assiégèrent Corinthe et livrèrent, une bataille devani ses murs le 20 octobre. Bertholdo y reçut ont blessure dont il mourut quinze jours après sur les remparts d'Hexamilon. En même temps, le 4 novembre, parvint l'avis que Mahraud-Pascba arrivait à la tète de quatre-vingt mille homme* Omar, fils de Turachan, lui avait fait savoir par un messager albanais que l'isthme éu« garni de quatre cents pièces d'artillerie (3), défendu par deux mille canonniers et par un gr an ■ i nombre d'arquebusiers et d'écuyers. Sur cet avis , transmis ensuite au sultan , et sur la représentation de Mahmud, qu'il était grand temps de pousser vigoureusement la guerre a Morée, le vesir reçut Tordre de se mettre aussitôt en mouvement vers cette péninsule avec b plus grande partie de l'armée qui venait de enquérir la Bosnie. A la nouvelle de son arriver prochaine, les Vénitiens abandonnèrent aussitôt l'ouvrage qu'ils avaient construit avec tant de peine, levèrent le siège de Corinthe, et s'enfuirent précipitamment vers Napoli di Rom* nia. Mahmud , qui à la naissance du jour atteignit l'isthme, et qui pensait surprendre h Vénitiens, vit encore leurs vaisseaux lew l'ancre. Il occupa l'Hexamilon , et marcha par Corinthe sur Argos, qu'il occupa aussitôt. Il envoya au sultan soixante-dix Vénitiens d? la garnison chargés de fers (4), mais fit taer

(1) Segretario di Nalateata ; Daru , I. u , p 445 et #

(2) Sefiretario di Malaieita.

(3) ChalcoodyUa , 1. 1, p. 179.

(4) Ibid.

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