LIVRE XVI
ik-Pascha mirent la Croatie à feu et à sang, ilevèrent une grande quantité de bétail, et lissèrent en même temps devant eux au moins iigt.mille personnes destinées à l'esclavage (1 ). près que les captifs furent distribués dans les liteaux et les villes des vainqueurs, les hordes testatrices revinrent se rouler sur la Carole: Igg et le couvent de Sittich furent livrés il flammes (2). En 1472, les akindsehis pas. mit devant Laibarh; ou rencontre encore à m endroits les rossés qui protégeaient leur iroperoent(3); effrayés par le feu bien nourri e la ville, ils se retirèrent au plus vite. M;iis invasion la plus mémorable en Carniole est la wUième; pour la première fois alors les Turcs étirèrent en Carinthie, et l'histoire de cette tpedition a été écrite par Jean Turs, chadain de Straberg, témoin oculaire (4). Apirifc par les comtes de Crupa, qui étaient en '«corde continuelle avec le comte de Fran- [ipan, quinze mille akindsehis traversèrent la Croatie, entrèrent en Carniole, et parurent le ■ndi de Pâques devant Laibach, dont les hâtant», avertis seulement parla fumée et les Imune» des villages incendiés, eurent a peine ftftnpsde fermer les portes ; de la les pillards «partagèrent en deux corps: l'un, tournant à '«oest. remonta vers la Carinthie, et de là vers lautre se dirigea à l'orient, du cOte de Tîsclavonic.et de la Hongrie (f>). Franchissant 'Étroit passage de Caula , les Turcs foulèrent »«r la première fois le sol carinthien, et panant le 26 septembre à Saint-Gargen , au «ombre de neuf mille fantassins et dix -huit nille cavaliers. Dans la nuit ils se partagèrent ■oween trois divisions: la première s'établit wla Drau, du côté de Purck, à Bleyburg et ^Ikermarkt ; la seconde, près de Mœchlingen, «voyant des coureurs jusqu'à Lavamund et Wlkermarkt , le long de la Drau: la troisième, forte de six mille hommes, franchit la tan. pénétra jusqu'à Lengdorf et Pölzenden, portant le fer et la flamme de tous
[< Dlogott, dan» Katona , I. xt, p. 537. '2, Chronicon , Cilleienxe in Jul. Or*., annal, «yr. m , P M ; Kaiona , 1. xy, p. 538 , 1 1 Valvasor , I. iv, p. 373. 5 Valvanor.
^; Dan» Meßiser toui au long; en extrait dans Valva-
»j Wogau, dans Katona , 1. xv , p. 538.
coiés par de là Saint- Veit, Muhlstadt , Glanek, Felseneck , jusqu'au lac de Verth, et de là elle se rabattit sur Klagenfurt (1). Quelques centaines de cavaliers sortirent de cette dernière ville, dans l'espoir d'enlever aux pillards qui se retiraient une partie des prisonniers entraînés à leur suite au nombre de deux mille (2), et parmi lesquels se trouvaient le seigneur de Géra cl I^éonard de Rauber (4); mais ils revinrent après avoir perdu quatre-vingts des leurs. Les pillards passèrent la nuit de la Saint -Michel près du presbytère de Gutenstein; à Saint-Volfgang il y eut une escarmouche engagée par le premier magistrat de Schulthauzig , et huit jours après les akindsehis ayant abandonné la Carinthie, campèrent pour la première fois en Styrieà Windischgrœlz. An bout de trois jours ils se divisèrent de nouveau en deux troupes : l'une s'en alla du côté de Weitenstein et de Gonoviz, où elle se livra à toutes sortes d'excès; l'autre, avec les prisonniers, marcha par Vœllau sur Schalleck et Schœnstein. Le samedi huit mille prisonniers défilèrent depuis huit heures du malin jusqu'à huit heures de l'aprèsmidi (5). I>es autres akindsehis , qui s'étaient dirigés à l'orient vers la Sclavonle , ravagèrent cette province durant le mois d'août; et le 1er novembre les pillards turcs portèrent leurs dévastations jusqu'aux portes de Gnrz (6). L'année suivante, les Turcs laissèrent respirer la Carniole, la Carinthie et la Styrie. Les akindsehis s'étaient dirigés dans l'hiver contre la Hongrie; le jour de Sainte-Dorothée ils mirent le feu à Waradtn , lieu de sépulture de Ladislaus, massacrèrent les habitants, à l'exception des jeunes filles et des jeunes garçons, qu'ils enlevèrent. Bali Oghli Mallovich, beg de Semendra, qui commandait cette expédition, livra de nombreux sacs de tètes, d oreilles et de nez à Constanlinople.
(1) Le chapelain Tun, dans Messer, p. 1186; Valfa-
xor, I. it.
(2) Valvanor a réduit les vimjt mille de Megiierau dixième; le» regiere« du paya n'en constatent que deux mille.
ï3) VahranoT, I. t. p. 573.
(4) M< ßis>er et Valvasor, d'après le chapelain de Straz-
berfi.
(5) Dlußosz, dan» Katotw , l. xt , p. 537.
(6) Timon apud Katona ,1. xt , p. 725-727.
Mais 1rs Turcs trouvèrent en Albanie, devant Skutari, une vaillante résistance, que leurs coureurs n'avaient point rencontrée en Croatie, en Carinthie, dans la Styrie, la Sclavonie, ni dans la Hongrie. Suleiman-Pasclia , gouverneur de Rumili , parut sous les murs de cette ville , au commencement de mai H74. Deux batteries bien dirigées ouvrirent les remparts en peu de jours, et Antonio Loredano fut sommé de se rendre. 11 répondit d'une manière digne de sa noblesse, et de la confiance mise en lui par la république. L'assaut fut résolu. Malgré les efforts des assiégés, les assiégeants pénétrèrent de deux côtés par la brèche; mais la place n'était point encore gagnée. L'assaut dura huit heures, et les assiégeants finirent par se retirer, après avoir laissé sept mille morts sur les remparts et dans les fossés. Les habitants . souffrant du manque de vivres, commencèrent à murmurer, et à parler de capitulation. Alors I<orédano rassembla la multitude, lui peignit sous les plus vives couleurs les misères de l'esclavage turc, lui promit une délivrance prochaine, et, se découvrant la poitrine, il finit par s'écrier : «Que ceux qui ont faim se repaissent de ma chair ! » Ces paroles produisirent un effet prodigieux. Vive Venise! plutôt mourir que de se rendre ! Tel fut le cri qui s'élança de la foule. Les Turcs restèrent encore jusqu'au milieu du mois d'août , sans oser renouv eler l'assaut ; et enfin ils levèrent le siège, après que Gritti eut battu la flotte turque, à l'embouchure de la Bolcana (1). Pour se venger, quinze mille akindschis qui s'étaient réunis devant Skutari parcoururent, sous le ordres de leur chef héréditaire Michaloghli, des parties de la Dalmatie et de la Garniole, et emmenèrent vingt mille prisonniers (2). Comme dans la défense de Skutari deux Ragusains s'étaient signalés par leur courage, le tribut que leur patrie payait aux Ottomans, porté trois ans auparavant, de 5,000 à 8,000 ducats, fut élevé jusqu'à 10,000 (3).
De Skutari, le beglerbeg de Rumili , Ghadim Su Ici man- Pascha, ou Suleiman- Pascha l'eu-
(1) Laugier , Htatoire de Venise , vu , I. ixth, p. 282- 286 , et fiarleti , de»' auidio 'di Scutari , libre primo ; Neadeddin.
(2) Bonfinins ,dec. nr, 1. v, p. 602.
3) Engel , Histoire de Raguxe , p. 186 et 186.
nuque (1), reçut l'ordre du sultan d euirci ci Moldavie. Pierre Aaron, prince de ce pays, du venu spontanément, dix-huit ans auparavant offrir le tribut au sultan ; mais son succeseo fitienne aurait négligé de le payer, ou même d'après le vieux Neschri, il aurait refusé de ve nir en personne le déposer aux pieds do d tan 2). A la fin de l'année , malgré les rigueur de l'hiver, et le manque de convois nécessaires Chadim-Suleiman se mit en marche avec pin décent mille hommes (3). Etienne l'attira dam les forêts épaisses, jusqu'au lac de Rakovù, prêt de la rivière de Bcrlad, dans un endroit oui avait réuni toutes ses forces. Là il avait quarauu mille Moldaves, la plupart paysans ara**, cinq mille soldats hongrois, presque tous S«* klers, et deux mille fantassins polonais. Le 7 janvier, fut livrée la bataille mémorable. Déjà l'avant -garde, où combattaient les Szcklm. avait été rompue par les Turcs, lorsqu'Euenne. en se précipitant au milieu des rangs le? plut épais des ennemis, parv int à rétablir lecombal et ses troupes remportèrent une victoire complète. Quelques Turcs seulement échappèrent: la plupart trouvèrent la mort sur le champ dt bataille, ou dans les flots du Danube; leursrhevaux, affamés, épuisés, ne purent les soutenir, ni dans le combat, ni dans la fuite, car Étira» avait précédemment dévasté par le fer et lefen toute la partie de la Valachie à travers laqurilr l'armée ennemie poursuivait sa marche, et do* elle pouvait tirer ses vivres. Les cadavre furent brûlés sur le champ de bataille; I« prisonniers furent empalés pour la. plupart, et avec les ossements des morts on dressa des trophées de victoire (o). Mais la perte des vaioqueurt fut presque aussi grande que celle des vaincus. Trois pyramides surmontées d'une croix indiquèrent les lieux où reposaient les restes <J<* chrétiens tombés sous le fer ennemi. Quatre paschas étaient restés sur la place ; plus de cent drapeaux avaient été enlevés. Étienne envoya quatre chefs turcs, et trente-six bannières, à
(1) S*>lalsade,Seadeddin, Re»chri, Idri*. Aafi.ûfpico , l. xzi.
(2) Netchri , fol. 232.
(3) Cent vingt mille , telon Dlugoaz.
(4) Seadeddin , dans Bratutti.
(5) Dlugoaz , dans Katona ; Sitanondi se trooH* a pliant cette bataille en 1474.
LIVUE XVI.
Casimir, roi de Pologne, avec lesreraercîments pour les secours déjà prêtés; des prisonniers et des étendards furent aussi adressés à Mathias Corvinus et à Sixte IV, et en même temps, (•tienne sollicita du pontife une nouvelle assistance contre les Turcs. Un ordre fut publié dans tout le pays , par lequel il était interdit à personne d'oser attribuer la victoire â d'autre qu'au Dieu des armées; les actions de grâces à Dieu furent suivies de quatorze jours de jeûne. Ce triomphe eut de grands résultats : le butin fui immense, et les châteaux du Danube qui avaient reçu les Turcs rentrèrent sous la domination du prince moldave (l).
Durant cette campagne d'Albanie et de Moldavie, une flotte de trois cents voiles s'équipait à Constant inople (2). Sa destination était incertaine; mais on prétendait qu'elle serait dirigée sur Candie. D'un autre côté, Mohammed paraissait incliner â des sentiments pacifiques. A la fin de l'année, un négociateur turc vint à Venise, avec une lettre d'une sultane , probablement Vénitienne de naissance, qui invitait la république à envoyer des ambassadeurs à Constantinople , pour la conclusion de la paix. Durant trois jours, le sénat délibéra; enfin Jérôme Zorzi fut dépêché â Corfou , pour attendre là un sauf-conduit du sultan. Au printemps de Tannée suivante , muni de cette pièce, il se rendit à Constant inople. On lui fit entendre que Venise ne pourrait obtenir la paix , si elle ne restituait toutes les places prises en Albanie , spécialement kroja , et si elle ne payait 150,000 ducats, restant dus à la couronne impériale. >• envoyé s'excusa , en disant que ces demandes fiaient au delà des limites de ses pouvoirs. Alors on lui montra la flotte de trois cents voiles, •omplétement équiqée , puis on lui dit que le sultan voulait bien, sans toutefois s'y engager |«r écrit, laisser, encore cette campagne , reposes armes toutes prêtes coutre Venise , si, de son côlé, la république n'engageait aucune hostilité. Là-dessus Zorzi fut congédié (3) , et le grand vesir reçut ordre de faire sortir la flotte
:t) Dingos, dans Kalona ; Engel , Histoire de Molda-
(2) Seadeddin dit trois ceDUbâiimeuU.galères, grand» e( peut* transport*.
(3) Laugier, Histoire de Venise, I. vu , p. m
ton. i.
du port , non pas contre les Vénitiens , mais contre les Génois, et de chasser ceux-ci de leurs places fortes sur le Palus-Méotides et dans la Crimée. Kaffa était l'entrepôt du commerce génois sur le Pont-Euxin ; la soie et le coton de la Perse, les épiceries de l'Inde, se dirigeaient vers Kaffa, par Astrachan, et les consuls génois avaient obtenu de grands privilèges du chan de la Grimée (1). Pour s'approprier cet entrepôt, Mohammed prêta l'oreille aux propositions du traître Squerciafico, qui promit de lui ouvrir les portes de Kaffa (2). Le grand vesir Ahmed-Keduk-Pascha reçut le commandement supérieur de la flotte, et des quarante mille hommes de troupes qu'elle portait. Au moment du départ , il fut admis à l'audience du sultan , qui lui donna un vêtement d'honneur, et un cheval couvert d'une selle d'or (3). Le 1er juin, il jeta l'ancre devant les murs de la ville, et fit pointer son artillerie. La place ne résista que trois jours; Je quatrième, elle se rendit à la merci du vainqueur, qui se montra là impitoyable comme ailleurs. Dix mille habitants furent transportés à Constant inople, quinze cents jeunes Géuois, de familles nobles, furent emmenés pour être incorporés dansles janitschares. Huit jours après la prise de possession, Ahmed donna un grand festin aux principaux Arméniens qui lui avaient livré la ville; en les congédiant, il les fit passer l'un après l'autre par un escalier étroit , au bout duquel se tenait le bourreau, qui leur abattait la tète à mesure qu'ils descendaient. Squerciafico fut seul réservé pour recevoir le coup fatal à Gonstanlinople (4). Le butin fut immense, surtout en étoffes de soie. Consterné a la nouvelle de la chute de Kaffa , le souverain de la Crimée sentit encore croître sa terreur, en recevant la lettre de victoire par laquelle le conquérant annonçait à Ahmed-Chan son triomphe sur les Génois (5). Après la prise de kaffa, Tana (Asuw;, et d'à: tires places, se rendirent sans ré istance. Ahmed-Chan était occupé a combattre ses onze frères, tous pré-
(I) SrsmoMdi , I. ix,p. 38.
{2; Histoire de la Tauride , dan» la nouvelle Russie , I. I , p. 220.
(3) Seadeddin.
(4) Histoire de la Tauride , et Uiustiniani , Annali di Genova.
(5) Collection de Feridun , n° 231.
306 HISTOIRE DE Vi
tendants au trône , lorsque lui parvint la nouvelle de la destruction des infidèles à Kaffa. Aussitôt l'armée victorieuse parut devant Menkub, qui, préparée à la résistance , tomba enire les mains de l'ennemi par une ruse de guère (1). Menkub appartenait alors, comme Taoa, aux Génois, auprès desquels s était réfugié Mengli Girai, chassé par son frère, Ahmed Girai. I^s richesses de Menkub allèrent aussi grossir le trésor du sultan , et ses habitants peuplèrent sa résidence (3). Maintenant la puissance ottomane était fermement établie dans la Tauride. Gomme cette domination s'y maintint trois siècles, durant lesquels l'histoire des ebans lartares, protégés et vassaux de la Porte, se lie intimement à celle des Ottomans, il convient de dire ici quelques mots sur l'origine de la dynastie des Girai dans la Grimée , d'autant plus que l'obscurité dont elle est enveloppée u'a été dissipée par aucun historien européen, ayant puisé aux sources orientales (4).
Tokatmisch, ou mieux Tochtcmisch, descendant de Tuchi, fils de Dschent;is-Chan,avaitété installé |»ar Timur, à la place d'Urus-Chan, légitime souverain dans l'État du kiptschak, c'esl-a-dire des Steppes, qui s'étendent entre la mer Caspienne et le Pont-Kuxin; et trois fois ensuite, il avait senti le ppids des armes de son suzerain, aiusi qu'on l'a vu dans le récit des couquètes de Timur. Tokatmisch avait fini par perdre la vie dans une bataille contre Ideku ou Edeku, l'un de ses anciens généraux , qui, s'étant enfui st-pt ans auparavant auprès de Timur, lavait provoqué u la première expédition contre son vassal [1395]. Après que lusbeg Ideku eut régne seize ans eu maître absolu dans le Kiptschak, il vit se dresser contre son pouvoir deux fils de Tokatmisch-Chan [ 1411 j, kadirberdi et Dschelalberdi-Chan, plus connus sous le nom de grand et de petit Mohammed. Ils disputèrent les armes à la main l'héritage paternel au spoliateur. Dschelalberdi, le petit
( 1 ; ÎNcschri , fol. J32 , Seadcddin , dan* BraUilti , lu,
Ci; Seadeddin , dam Bratulli , I. u , p. 25*7.
{oj Hifioirc du royaume de la Chersouése taurique, IMembouiu , 1d24, 1. xvi.
(4) Hwioire de Timur Heß, par Peiisdela Croix ,1. n, cli. i0 , p. 2*7.
MPIRE OTTOMAN.
Mohammed , percé d'une flèche , resta sur le champ de bataille; kadirberdi, le grand Mohammed, vainquit ldcku , qui se précipita blessé dans les flots du Seihun, où il se noya. Du petit Mohammed descendent les chans de Grimée (Il et d'Ideku les souverains des Noghato. Après la mort d'Ideku , le grand Mohammed ne pot cependant se maintenir sur le trône; il en fut pré cipité par Mahmud, descendant de Dschen^- Chan, qui lui-mémedut se retirer devant Pnsbej Ebulchair. Gelui-ci épousa d'abord la femme dé Mahmud , descendant de Dschengis , puis la femme du prince Abdullah, fille d'Ulu-Beg, pelit-fils de Timur, s'untssant ainsi par les femmes aux deux familles des deux plus grands conquérants de l'Asie. C'est de lui que sont sorti» les | princes usbegs du pays au delà de l'Oxus. Après ! de longues guerres pour la possession de la souveraineté de Dcsrht kiptschak, elle resta enfin au fils du petit Mohammed . Nadschi Girai . qui laissa douze fils, tous aspirant au trône. Quelques-uns régnèrent dix mois, d'autres purent se parer de la dignité de chan seulement trente , jours (2). Ahmed Girai conserva le dernier le I )iou voir suprême; son frère, Mengli Girai, avait trouvé une situation honorable auprès des Génois de kaffa. Pour complaire à ceux-ci, Ahmed : Girai avait déposé le gouverneur du district de la Crimée dans lequel était située KafFa, et, à u place d'Eminck-Beg, il avait mis Scheitan, fils de son prédécesseur. Eminek , pour se venger, s'unit avec karamusa et Haider, et ils asâé- ; geaient de concert kaffa depuis six semaines, lorsque la flotte ottomane parut devant la ville Mengli Girai fut emmené avec les Génois de Menkub, Tana, Kaffa, réservés pour uoceiccution à Constant inople, et il attendit sondestin, renfermé dans le château du Bosphore. Déjà les tètes des nobles génois étaient tombée?, déjà Mengli Girai avait fait la prière ordinaire de mort, en se jetant deux fois par terre, quand arriva la grâce de la part du sultan. Eminek-Beg. dont l'assistance l'avait déjà maintenu dem mois sur le trône, avait supplié le sultan, an nom de toute la Crimée, de renvoyer Mengli Girai, et de le relever au rang de prince. Mohammed assigna un palais et ,des revenus au Ta-
(I ; t>seheiiabi,p.l29.
«2i Ibid.