‹ Histoire de L'Empire Ottoman (volume 3)Chapitre 169 sur 297 · LIVRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE XVI

mille morts. Cinq jours après ( le iillet),joar de Saint- Pantaleon , fut livré »od assaut. Durant toute la nuit c'était (la elle lune) les Turcs avaient hurlé : Allah oliammed, tandis que des remparts s'éleit des invocatioos à saint Marc et à saint me. Fra Bartolomée , ardent prédicateur»

[liant champion, et Niccolo Moneta, confiant de la cavalerie, parcouraient la ville à il, ordonnant tout pour la défense , soufpartout leur ardeur. Avec le jour s'engae combat, et il dura jusqu'au soir avec des utives réciproques de succès et de revers , »'à ce que Mohammed furieux ordonna de tonner à la fois les onze grosses pièces •e la grande porte, sans considérer si cette irge écraserait assiégeants ou assiégés. Les >, qui déjà s'étaient ouvert un passage par •ande porte, furent frappés de terreur à attaque inattendue sur leurs derrières, et retirèrent en désordre. Mohammed désess'écria : « Puissé-je n'avoir jamais entendu m deSkutari ! tous mes efforts sont inu-

ce second assaut repoussé , tmmed tint un conseil de guerre dans le- Àhmed-Ewrenos alla au-devant du désir oltan, en proposant que son maître quittât lerne le siège, et ne laissât qu'une partie irmée pour tenir la ville investie. 11 fut réavant tout de s'emparer des châteaux de isto et de Schabibak (1), situés aux envide Skutari, et qui étaient encore entre les s de l'ennemi. Le beglerbeg de Ruraili îargé de se saisir de Schabibak (Xabiacco), irante milles de Skutari , sur la rive escartfu lac; la place se rendit honteusement la moindre résistance. Mais Drivasto , au aire, se défendit seize jours entiers; les lilles s'étaient écroulées, huit cents vailguerriers avaient été coupés dans une 2, les défenseurs étaient réduits presque a par l'artillerie ennemie et par la peste. Moned voulut se réserver l'honneur d'un derassaut. Ce qui restait de la garnison parut

Si»inoodi l'appelle Xabiacco , et Barletiu* Seuice dernier se trompe]; Ruraili d Uadsthi-OiaJfa, ; dans Sismondi , I. xi , p. 14», le dixième jour est ule d'iinprcwioo , il faut le

les armes à la main ; cinq cents malheureux captifs saisis dans les rues furent ensuite exécutés sous les murs de Skutari, où Omar-Beg était demeuré avec huit mille hommes (1). Alessio, désertée par ses habitants, fut réduite eu cendres par le pascha de Ruraili. Dans 1a nuit du 8 au 9 septembre, Mohammed leva son camp de Skutari au bruit des trompettes, à la lueur des torches, et se mit en marehe au point du jour , avec quarante mille hommes sous deux étendards, l'un rouge et l'autre blanc. Après la prise d' Alessio et des grandes Iles duDrtno, les deux beglerbegs de Rumili et d'Anatoli revinrent à Skutari , et firent massacrer en vue de la place cinquante matelots , qu'ils avaient pris dans deux galères sur le Drino ; puis ils poussèrent le pont commencé sur la Bojana jusqu'au point appelé Catilina, et aux deux extrémités ils élevèrent deux tours, afin découper tous les secours aux assiégés. Le 18 septembre , l'approche de la mauvaise saison détermina le départ du pascha d'Anatoli pour l'Asie, et au commencement de novembre , le beglerbeg de Rumili se retira aussi, laissant Ahmed-Reg Ewrenos avec quarante mille cavaliers , pour continuer le blocus de la ville. Parmi les assiégés la disette se faisait cruellement sentir : ils n'avaient plus que du pain et de l'eau. La veille de Noèl quelques Italiens ranimèrent leur courage, en leur annonçant qu'un ambassadeur vénitien était en route pour Constant inople, afin de conclure la paix. Ils supportèrent donc patiemment leurs maux , et au bout d'un mois arriva la nouvelle que la paix avait été conclue à Constantinople, à la condition surtout de l'abandon deSkutari. Toutefois, il devait être libre aux habitants de vivre paisiblement sous la domination turque, ou de se retirer. Persuadées par le discours du commandant Florio Joniraa , la garnison et la population tout entière se décidèrent pour le dernier parti, et, après s'être assurés par des otages de l'accomplissement du traité , tous ces braves abandonnèrent tristement les murs qu'ils avaient arrosés de leur sang et de celui de l'ennemi, et les Turcs enlrèreut en triomphe dans Skutari (2).

(1) Bonfinius.dec.iv,!. v, p. 603, Mar-Beg est Omar. • Ci) Barlelius , nu du m« livre.

Avant de bien exposer le traité qui mit fin à i la guerre avec Venise, et qui termine ce livre, il convient de jeter un coup d'œil sur les irruptions des armées ottomanes dans le Frioul, ta Garniole, la Carinthie et la Styrie. Quatre années auparavant les akindschis, détachés de l'armée occupée au premier siège de Skutari , avaient porté la dévastation dans la Carniole et le Frioul: cette fois ils firent encore de même , et leurs ravages se prolongèrent pendant toute la durée de ce second siège. Les hordes de pillards et d'incendiaires qui, sous la conduite de leur chef héréditaire Ali-Beg, de son frère Iskender-Beg , sandschak-beg de Bosnie , et de Malkod.schoghli , sandschak-beg de Servie , s'étaient précipitées en avant du gros de l'armée, portant partout le fer et le feu, ces hordes aussitôt après l'arrivée des troupes régulières de Daud-Pascha, gouverneur de Rumili, s'étaient éloignées de Skutari, avaient quitté l'Albanie, et s'étaient jetées sur le Frioul , afin d'y renouveler les scènes de désolation de l'année précédente sur l'Isonzo. Aussitôt après la moisson (1) arriva sur l'Isonzo lskender (2), sandschakbeg de Bosnie, fils de Michaloghli, que nous avons appris à connaître par les guerres de Hongrie; il franchit la rivière, et attendit que la bataille lui fût offerte par Charles de Montone(3), qui s'était posté à Gradiska avec de la cavalerie. Mais, après avoir attendu vainement pendant douze heures, parce que le capitaine vénitien, averti par les échecs de l'année précédente, retint ses soldats dans un camp rteranché, il alla camper à quatre milles de là , entre la vallée de Medea et celle de Gormons (4), et le lendemain il pénétra entre Cornions et Mansan (5) par les vallées ouvertes, se dirigeant vers la Carinthie et la Styrie. Sans connaître aucunement les routes, trente mille coureurs se répandirent sur les Alpes carinthiennes , et les traversèrent par les points les plus inaccessibles avec une audace et une persévérance merveilleuses. Lorsque des rochers à pic s'arrètant brusquement ouvraient devant eux un précipice, ils attachaient leurs chevaux avec des cordes, et

(1) Sabellico , dcc. m ,1.x, fol. 226.

(2) Spanriufpoo le nomme Iskender-Beg.

(3) Dao» Sabellico , il «t'appelle Carolus FortebrachiiM.

(4) Sabellico.

les descendaient de saillie en saillie jusque dsî la vallée. Ils parvinrent ainsi à franchir m passage , où, sur une longueur de deux cm pas. personne avant eux n'avait pu se haarder sans se tenir aux buissons (1). Ils gagnèrent* Loibl , seul défilé conduisant de la Carniolf * Carinthie. Les montagnards le tenaient occupé mais, lorsqu'ils virent comment les Turcs gri> paient les rochers , ou se laissaient glisser dar les précipices, les Carinthiens tout treraWa» prirent la fuite, et laissèrent le champ litorl d'affreux ravages (2). Le 19 juillet, les Ton parurent pour la troisième fois sur les m de la Drau, se dirigèrent vers Weiswnf* et Villach, et emmenèrent plus de dix al captifs.

Ainsi qu'on la vu plus haut, avant que Si* tari fAt rendue en vertu du traité de paix.ftv vasto et Alessio étaient tombées entre les mas des Turcs; Antivari seul opposa une résistaw insurmontable. Ensuite Drivaslo et Alessio forent tenues par Giovanni Czernovich, seigwtf de Montenegro, au nom et sous la suzerain»* du sultan (3). Alessio, l'ancienne Lyssus, bre dans l'antiquité grecque, et dans les guems des llly riens contre les Romains, connue m» par le rôle qu'elle joua dans la lutte entre Grsar et Pompée, avait cessé depuis les denwn événements d'occuper une place dans lliisi» jusqu'au temps de Skander-Beg. Après la mf. de ce héros, elle acquit plus de célébrité eau* étant le lieu de sa sépulture. A peine nuira de la place , les Turcs coururent au tombeau Skander-Beg, et l'ouvrirent non point poorfej profaner , mais pour honorer les restes à grand homme. Ils se partagèrent ses membre : comme des reliques , les enchâssèrent dans l'a- 1 gent et l'or, et les portèrent autour da « | comme des talismans qui donnaient l'ardeur d l'intrépidité. Son souvenir vivait si poi*** dans leurs âmes, qu'ils donnèrent le nom dk kenderije, ville d'Alexandre, à Scodra, dont *« esprit avait paru repousser leurs armes: ei tt nom est encore aujourd'hui conservé parmi b Ottomans (4).

(1) Sabellico.

(2) Ibid., dans l'édilkNi de Basle de Chalcond'l*

(3) Dan« Marino Sanuto.

(4) Rumili d'Hadachi-Cbalfa, p. 136.

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