LIVRE XVI
i traité par lequel Venise céda Skotari au an fut signé à Constantinople le 26 janvier 9, par le secrétaire d'État Giovanni Dario (1). république s'obligeait à remettre aux Turcs, is l'espace de deux mois, Skutari et toutes places conquises durant la guerre , en stiput que les garnisons pourraient se retirer c l'artillerie et les bagages, et à payer sous a ans cent mille ducats au lieu des cent cinmte mille réclamés au moment où la guerre it s'engager. De son côté, le sultan restituait i république tout ce qu'elle possédait avant iverture des hostilités dans l'Albanie, la Moiet la Dalmatie, à l'exception de Kroja et Skutari; des commissaires, nommés des deux és à cet effet , durent fixer les frontières , et ^publique était autorisée, comme avant la erre, à entretenir un baile à Constantinople, ;uel aurait l'exercice de la juridiction civile * les nationaux. Dix mille ducats furent fixés nme abonnement annuel pour les droits sur ]tes les marchandises introduites dans l'em- 'e ottoman, ou exportées de son territoire r les Vénitiens. Dans ce traité furent comis tous les sujets adhérents, et alliés des deux rtis, toutes les villes et tous les ports qui armaient l'étendard de Saint-Marc, pourvu que u> bannière eût été adoptée avant la déclation de guerre, et que ce ne fût pas dans un ysMomis auparavant à l'autorité turque. Gionoi Dario, qui signa la paix, reçut trois kafbs d'étoffe d'or ;lc provéditeur Pietro Vettore, vaillant défenseur de Kroja , fut mis en liberté ce sa femme et ses enfants , et reconnu comme présentant du baile auprès de la Porte, jusa la nomination d'un ambassadeur.
En exécution de ces conventions, le provédiu Antonio de Lezze, suividequatre centeinantehommes, eteent cinquante femmes, échap- » aux fatigues , aux dangers et aux misères 10 siège de onze mois, restes d'une population attue par le fer et par la famine, sortit de Skun, et tousces vaillants défenseurs traversèrent camp turc, avec leurs biens , leur artillerie, leurs vases sacrés; le cortège fut respecté
«•) Laugier, t. ru, 1. um, p. 347 ; Daru , 1. h , 478; Stsmondi , l. xi, p. 154 ; Spandugino, p. 60, dit *mi Dano, au lieu de Dario ; Sabdlico nomme le B*ia»eur Reuedictu» Trevisauua.
grâce aux otages qui avaient été livrés (1). En même temps furent remises aux généraux turcs les montagnes de la Chimaira, et de Maina eu Epire, etdans le Péloponèse, ainsi que Strimoli , Castel Rompano, Sarafbna, et l'Ile de Lemnos ; on rendit des deux cotés les prisonniers, sans rançon , et le 25 avril , jour de asint Marc , la paix fut publiée à Venise , après une guerre de dix années, la plus pénible qu'eût encore soutenue la république.
Par suite du traité, Melchior Trevisani se rendit à Constantinople, comme ambassadeur. 11 recueillit les restes du sang de Jésus-Christ, et de sainte Marie- Madeleine, que les Turcs avaient trouvés dans l'église de la Miséricorde (2). Il avait aussi pour instruction de demander l'assistancedu sultan, encasde nécessité. Pour resserrer plus étroitement les nouveaux liens d'amitié, la Porte envoya de son côté un ambassadeur à Venise; reçu en audience solennelle par le doge , il lui exprima la satisfaction du sultan sur le rétablissement de la paix, et lui présenta une ceinture garnie de diamants , mais en posant pour condition que ce bijou devrait être rendu à la première demande, et qu'une telle restitution serait le signe de la rupture du traité de paix. Il avait aussi apporté une grande coupe d'or, afin de boire avec le doge et les douze premiers sénateurs. Le sénat lui rendit les plus grands honneurs, qu'il reçut avec une hauteur extraordinaire. Il parait qu'il conclut une alliance , en vertu de laquelle la république devait tenir une flotte de cent galères prête à défendre le sultan, et que Mohammed promettait, en cas d'attaque contre la république , de venir à son secours avec cent mille cavaliers (3). La réalité de cette alliance, reposant sur le témoignage d'un seul historien, ne peut être adoptée sans réserve; mais il n'y a pas de doute que dès lors il y eut un changement complet dans la direction de la politique vénitienne envers les Turcs; que, suivant les
(1) Sabellico, dec. in, I. x , fol. 266 ; Barletiua, de expugoatione Scodrenai, 1. m; Sismoodi , I. xi , p. 156.
(2) Commentarii délia guerra de Ferrara tra Ii Veueziaoi ed il duca Ercole d'Eat od 1482 ; di Marino Sanuto , Venezia , 1828 , p. 56.
(3) Diarium parraen*e , Laugier, t. vu, L xxru, p. 359.
MS
traces de Ferdinand d' Aragon, la république j Christ , Naples et Venise comptaient sot l'a
chercha à se fortifier de l'amitié de la Porte, maintenant contre le roi de Naples, et plus tard , contre la Hongrie, et que les Turcs, respcctant les frontières vénitiennes, s'efforcèrent d'opposer la république à leurs ennemis. Ainsi un demi-siècle avant l'alliance de France, du roi très-chrétien avec les ennemis de la foi du
tance et la diversion des Turcs, et Moharc le Conquérant était assez habile pour ne faire la guerre. aux chrétiens indistinctem il savait opposer, selon les circonstances, dèles à infidèles, ou, selon la locution turqi mettait aux prises chiens avec porcs, ou \ avec chiens.