‹ Histoire de L'Empire Ottoman (volume 3)Chapitre 187 sur 297 · LIVRE XVIll · texte numérisé non relu

LIVRE XVIll

en même temps, il était trop adonné à la vie molle et voluptueuse. Le premier, il fut nommé président du conseil médical , avec les appointements considérables de 2,000 aspres par mois, qu'il dissipait avec de jeunes garçons et de belles esclaves (1). Schukrallah de Sehirwau acquit les bonnes grâces du sultan, par ses connaissances dans l'exégèse et la tradition, et surtout par ses talents comme historien. Atallah i;agna aussi la bienveillance de son maître comme mathématicien. Dans cette même carrière se signalèrent, sous Mohammed, le persan Mikuschdschi , Mircm-Tschelebi, précepteur de Bajesid, et Karasinan, commentateur d'Ali- Lucshdschi. Husein-Tebrisi s'insinua dans la faveur du souverain, autant par ses bonnes manières que par son savoir.

Parmi les scheichs qui accompagnèrent le conquérant dans ses campagnes, et enflammèrent son armée par l'explication du Koran ou de la tradition , le plus fameux est Akschem- >eddin (le blanc soleil de la foi) , qui nous est déjà connu pour avoir trouvé le tombeau d'Ejub avant la conquête de Constantinople, tt pour avoir expliqué le songe de Mohammed avant la bataille de Terdschan; mais nous ne l'avions point encore considéré comme médecin, raœicien et littérateur. Le mysticisme auquel il s'était formé à Osmandschik, par les leçons du grand schelch Beirami, et à Halep, par les préceptes du scheich Seineddin-Hafi, les deux fondateurs des ordres de derwischs, appelés de

leurs noms, il le transmit à ses quatre disciples et à ses sept fils. Ces derniers portaient tous le nom de Mohammed, et le plus jeune, auteur du poème romantique de Jtisuf et Suleicha , est célèbre sous le pseudonyme de Hamdi. Après avoir fait sept fois le pèlerinage de la Mecque, Akschemseddin se reposa enfin à Koinik, où son tombeau attire les pieux musulmans. Le scheich Ebulwefa n'est guère moins célèbre; le conquérant fit construire en son honneur une masquée à Constantinople. Les musulmans admirèrent ses connaissances en poésie et en musique , et s'occupèrent de sa retraite orgueilleuse dans laquelle il refusait même les visitesdu sultan (1). Le scheich Hadschi-Chalife, fameux philosophe mystique , distingue très-nettement la véritable résignation aux volontés du destin , de la fausse obéissance à ses décisions. Déjà nous avons cité Alehi et Gulscheni parmi les poètes. Enfin, le scheich des derwischs Chalwetis, Hadschi-Tschelebi, exerça une action décisive dans la question importante delà fixation de l'hérédité entre les flb de Mohammed. Kn se prononçant pour Bajesid, contre le grand vesir Mohammed le Karamanien , qui favorisait le prince Dschem, il porta sur son candidat les voix puissantes de ses adhé rents les scheichs, et les derwischs de Karamanie, en sorte que bientôt, dans les débats élevés entre les deux puissants compatriotes, le parti du scheich l'emporta sur celui du grand vesir(2).

1; Scbakaik et Aali.

(f ) Schakaik , Aali , Sea<lfddio et (2) ibid., Seadeddm , Aali.

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