‹ Histoire de L'Empire Ottoman (volume 3)Chapitre 196 sur 297 · LIVRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE XX

CARACTÈRE DE BAJESID. — EXPLOITS EN BOSNIE. — RENOUVELLEMENT DES CAPITULATIONS A TEC VENISE ET RAG USE. — FORTIFICATIONS DES CHATEAUX SUR LA MORAWA. — CAMPAGNE DE MOL- DAVIE. — AMRASSADES ETRANGERES. — DYNASTIE DE RAMAS AN -OGHLU. — PREMIÈRE GUERRE CONTRE L'ÉGVPTE, ET PAIX CONCLUE APRÈS DEUX DÉFAITES SUBIES DANS CE PAYS. — CAM- PAGNE DE KAUAMAN1E. — GOUVERNEMENTS DES FILS DE BAJESID. — FETE DE LA CIRCONCISION. — PLAN CONTRE BELGRAD. — TENTATIVE d' ASSASSINAT SUR BAJESID. — IRRUPTIONS DES TURCS

dans l'intérieur de lautriche, la Transylvanie et la Croatie, — défaite du derenc-

SO Y.— COURSES DE K AN LSI, KANISAI EL BAU-BEG. — PREMIER CONTACT DES RUSSES ET DES TURCS. — MARIAGE DES FILLES DE BAJESID ET DE OSCH EM. —RAPPORTS DIPLOMATIQUES DE BAJESID AVEC LES ÉTATS EUROPÉENS. — GUERRE AVEC VENISE.— BATAILLE PRÉS DE SAPIENZA. —CONQUÊTE DE LEPANTE, ET IRRUPTION SUR LE TAG LI AM ENTO.— REPRISE DE CEPHALONIE, DE MOIMJN, CORON, ZONCHIO, SANTA-MAURA. — PAIX AVEC VENISE ET LA HONGRIE. — MARIAGE DE LA FILLE DE DSCHEM.

Longtemps nous avons arrêté nos regards sur Dschem comme sur le principal personnage du théâtre de l'histoire au commencement du rfyne de Bajesid ; maintenant il est temps de lf* porter sur le sultan lui-même, et de suivre te événements de son règne d'après l'ordre des temps. Bajesid, âgé de trente -cinq ans lorsqu'il monta sur le trône, avait passé le long apprentissage qui précéda pour lui le pouvoir suprême dans son gouvernement d'Amasia, se livrant à l'étude, plutôt qu'aux exercices des armes. D'un caractère pacifique, adonné à la poésie, et un peu à la vie contemplative, il n'entreprit la guerre que lorsqu'il y fut forcé par les agitations des ennemis extérieurs de l'empire, ou par les mouvements des janitfthares. D'abord les troubles furent excités par »n frère , et à la fin de son règne, par ses fils. Gomme dans la première époque de l'histoire ottomane, aux trente années de guerre du fondateur de l'empire , Osman, succédèrent les trente-cinq du pacifique Urchan; ainsi, dans cette seconde époque d'accroissement, les temps de conquête de Mohammed 11 , second fondateur, sont suivis des trente années plus

paisibles de Bajesid H. Quoiqu'il ne fût p is législateur comme Urchan, atlendu qu'il trouva l'édifice politique déjà fondé et en grande partie élevé par son père, il compléta néanmoins quelques institutions, ou en ramena d'autres a l'esprit de la constitution primitive. Les biens allodiaux quele dernier grand ves'r de Mohammed, Mohammed le Karamanien, avait transformés en concessions temporaires soumises à une redevance, il les restitua en toute propriété à leurs possesseurs , et supprima les innovations introduites par le grand vesir Mohammed le Grec(l). 11 se conforma rigoureusement au costume établi par son père, dont il avait hérité, comme son frère Dschem , l'aspect vigoureux , la puissante stature, le nez aquilin fortement recourbé (2); seulement Dschem était blond, tandis que Bajesid avait les cheveux, les yeux et la barbe noirs. Dschem aimait, comme son père, à déployer partout sa magnificence; Bajesid manifestait, en toute occasion, son éloi-

(1) Nenchri , fol. 250.

(2) Schamailoame, Vertol.

gnement poor la pompe et les spectacles. Son goût pour les sciences, la simplicité, le re|>os et la retraite, lui attirèrent le nom de Ssofi, c'est-à-dire le sage contemplatif, sons lequel il est désigné par quelques historiens ottomans. Peut-être n'eut- il pas essayé de mettre en pratique le principe du fratricide établi par son père, en faveur du possesseur du trône, si Dschem ne s'était pas élevé contre lai les armes à la main , en prétendant au trône. Après les premiers engagements , il lui offrit encore la paix et le repos, garantis par des traités que consacrerait la religion du serment, et tous les revenus de son gouvernement , si celui-ci voulait quitter les États ottomans et se fixer i Jérusalem. Lorsque, plus tard, agissant en ennemi contre Dschem, i l'époque où celui-ci, jeté comme une pomme de discorde entre sept puissances européennes qui se disputaient sa possession, afin de pouvoir le préscnler comme un étendard dans la guerre contre les Turcs, et l'opposer comme un épouvantait au sultan, lorsqu'il chercha à s'assurer de Dschem, mort ou vif, et à garantir ainsi le repos de l'empire contre les attaques du dedans et du dehors, au moins l'application de la loi sanglante établie par Mohammed 11 nous apparaît sous un jour moins odieux que si elle eût été poursuivie immédiatement après l'avènement au trône , par des supplices et des massacres sur des frères et des neveui innocents.

Les premiers exploits du règne de Bajesid, outre les expéditions contre son frère en Asie, se bornèrent en Europe à la continuation de la campagne commencée par Mohammed contre l'Italie, à la poursuite de la petite guerre engagée contre laDalmatje et la Hongrie par les gouverneurs de la Bosnie et de la Servie. Abmed-Keduk, le conquérant d'Olrante, l avait abandonnée après la mort de Mohammed, et son successeur Chaircddin (J), qui se défendit vaillamment durant quelque temps , remit enfin la ville au duc de Calabre, moyennant la stipulation d'une libre retraite. Le duc retint cinq cents Turcs sous de vains prétextes, et s'en servit ensuite utilement dans ses campagnes d'ita-

(I) Ariadeno , dan* les historiens italien». 2] SUmondi , ». ix , p. 208 , cl Roscec Leo X.l. mi , P. 9. Le premier, d'aptes le diarium de Jacobin YoUler-

, lie (1). En même temps Bajesid conclut la pan avec les envoyés du roi de Naples, sous la condition que les prisonniers turcs et l'artillerie dOtrante seraient restitués. Mais cette stipulation n'ayant point été exécutée, des forces » ! concentrèrent à Valona (2). Dans la Dalmalie, ' Isk end er -Pascha, beglerbeg de Servie ravagea le canton de Zara, prétendant que le sultan j n'était pas obligé de tenir la paix conclue avec ' son père, si elle n'était renouvelée (3). Encocséquence , Venise envoya le chevalier Antooio : Vetturini , à Gonstantinople , afin de renouveler avec Bajesid les capitulations arrêtées at« Mohammed; ce qui n'eut lieu que l'année suivante. Les députés de Raguse trouvèrent «a accueil plus favorable ; ils venaient pour obtenir non-seulement la confirmation des arc- ! cessions précédentes , mais encore une diminuj tioo dans le tribut de 8,000 ducats annuels (3 . I Dans la Bosnie, le sandschak-bcg Jakub ocro- | pa les châteaux de Rizano. Posrcdniza, ko» ; et la forteresse Ragusaine de Barstawik(4 te Hongrie, Iskender-Pascha poussa des cours*» loin de Semendra. Pour arrêter ses irrnptioaî et ses ravages, Paul Kinis, capitaine général do roi, s'avança de Teraeswar à la tête de treuil deux milje hommes. Cent cavaliers qui. sou* Ii conduite des deux Tœkely, Nicolas et Aad™ s'étaient hasardés trop loin, furent enveloppa dans une forêt , par un nombre de Turcs quatre fois plus considérable. U moitié périt da» l'action, les cinquante autres s'échappèreBt couverts de blessures ; l un des Takeiy resta parmi les morts, le second revint grièvnnrot blessé. Kinis passa le Daoube, et s'avança dei vaut Kolutnbacz. MU)e cavaliers firent une sortie, la plupart furent tuée, le reste fut pr». kinis se fit amener les prisonniers, et o-rdomu de les tailler tous en pièces. Le jeune Jas»* poursuivit le commandai de Semendra, l'atteignit contre ta porte de Kolumba« el «i

rauus, p. 1«, «Glannone, Utoria drile, L nrw, p.6l3; le second, d 'apre« Muratort, AdmI.»,! n.P ftj MariiiiSaiiufoïComineniai-il detla QumaàF**""»

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