LIVRE
iir des jouissance* de tente espèce ; la vieillesse M venue pour lui avant le temps. • L'esprit de a doctrine dis ssofi, que Schak-lsmaïl faisait «irrer à des vues politiques, afin de transforuer une Famille de scheichs en une dynasi ie de duha, domine non-seulement en Perse, mais Acore eu Turquie , et se manifeste depuis un tiède par diverses œuvres mystiques et par la andatien d'ordres ascétiques. Dans le premier aide de l'empire ottoman , il n'y eut que trois fdres de derwicshs, les nakschendis, les saafeet les begtaschis , dont l'histoire fasse menion jusqu'à la fin du règne d'Urchau. Le eeond siècle en vil fonder six autres, les chai* vêtis (1 les seinis (2;, les babajis (3), les beitrat (4;, les eschresis et les bekris, qui toutes wjourd'hui se perpétuent par de nombreux disses , et dont les tombeaux , dans les villes où ils vécurent et moururent, sont autant de lieux k pèlerinage pour les fidèles. Malgré la rigueur ascétique de Bajesid et l'expression douce et tendre de ses traits , il est accusé de l'être adonné à l'ivrognerie (ô), et d'avoir fait empoisonner son frère Dschem et l'un de ses fils; toutefois , ces crimes ne sont appuyés sur aucune preuve historique. Qu'il ait voulu se défaire de son malheureux frère, afin •"être délivré d'une pension de 40,000 ducats , ü y aurait la quelque vraisemblance , d'autant |<lus que le conquérant avait érigé ie fratricide ea lai de l'empire ; mais qu'H ait fait administrer tu poison à son fils Mohammed par le grand naître delà cour, comme te rapporte le Génois Mraivine 6), parce que le jeune prince serait Tenu sous un déguisement à Constantinople, test une supposition que repoussent l'amour et 'indulgence de Bajesid ]K)ur ses autres enfants, tout il pleurait sincèrement la perte. À la nouvelle de la mort d'Aalcm-Schah , qui lui fut transmise , suivant les règles de l'étiquette , sur du papier noir, portant des caractères tracés à Teuere blanche, il arracha son turban, fit re-
(lj Omar Cbalwett , mort à Kafearijeen 800 f 1397]. Pj Seioeddin-Ebubekr-Chafi, mort à Kufa en «83
3, Abdulcbaai pir Babaji , mort à Andrinopteen «70
il«5j.
<* Haé»rhi-Brtr»m , mort a Angora «n «76 [1471]. >j Nooradjea u'OhOsson , t. tv,p. 56. t«B. ;C; Mcuavmo.
tourner les tapis de son appartement , défendit toute espèce de musique, interdit les marchés pendant trois jours, et fit distribuer 6,000 aspresaux pauvres (1). Il dépensait beaucoup en aumônes, dont lecomptes'éièvedurantson règne à 8,600,000 aspres (2). 11 envoyait chaque année, 14,000 ducats à la Mecque (3). Bajesid ne porta, ni le bonnet brodé d'or (uskut) des six premiers sultans, ni la coiffure ronde de« ulémas (urf) adoptée parle septième; il prit le turban élevé à forme cylindrique , entouré de mousseline, qui depuis est resté la coiffure de cérémonie, sous le nom demudschewese(4).
D'après les rapports des ambassadeurs vénitiens résidant â Andrinople sous le régne de Bajesid , Giustioiani et Foscolo , les revenus de l'empire s'élevaient alors de 4 à 5,000,000 de ducats. L'Asie comprenait vingt-quatre sartdschaks et l'Europe trente-quatre, dont tes titulaires jouissaient d'un revenu annuel de î à 10,000 ducats , mettaient en campagne de 600 a 1,000 cavaliers, de manière que cinquante miHe saims et tf mariotes et douze mille janitschares composaient l'armée permanente des Ottomans. La flotte était ordinairement forte de soixante-dix galères : les produits des gouvernements des princes montaient à 80,000 ducats; les revenus des vesîrs, à '25.000 ducats; les émoluments des beglerbegs d'Asie et d'Europe furent fixés a 130,000 . des deux juges de l'armée^ à ■>.000, des deux defterdars, à 4,000, des deux kaptdschibaschis, à 1 ,000 ducats. Trois vesirs à trois queues, avec les deux kadiaskers, deux defterdars, et ie secrétaire d'État pour la signature du sultan, formatent le divan, qui s'ouvrait le samedi , se continuait les trois jours suivants, au matin, dans le palais du soi tan: vingt cinq écrivains, qni furent ensuite les présidents d'autant de bureaux de la chancellerie , tenaient les registres, et cinquante préposés aux balances pesaient l'or et l'argent apporté au tré sor. Après que les opinions avaient été exposées, les vesirs prenaient leurs repas, et faisaient ensuite successivement le rapport de leurs affaires
(1) Menav'mo.
(2) Seadeddin ,1. it, fol. 570 ; Stolakitad*, Mro, Mou-
radjea d'Ohuon , ne partie , p. 422.
(3) Ibid. mr partie , p. 111.
(4: Mouradjea d'Otiwon , I. vin , p. 261.
respectives à l'audience du sultan. Soixante tschauchs ou messagers d'État , soumis au maréchal de la cour (tschauschbaschi), attendaient, aux portes du divan, les ordres du conseil, pour expédier des courriers, faire venir les personnes appelées, transmettre les sommes ordonnancées ou faire rentrer les objets réclamés; trois cents kapidschis gardaient 1rs portes du palais. Six généraux de cavalerie des sipahis, des silihdars des mercenaires, et des étrangers, de l'aile droite et de l'aile gauche, l'aga des janitschares turcs, quatre lieutenants généraux , et l'aga de l'artillerie, formaient l'état-major de l'armée. Les trois mille chevaux de l'écurie du palais et leurs cavaliers étaient sous les ordres du grand écuyer de la cour. Quand le sultan sortait à cheval, il était entouré de deux cents archers (ssolak) et de trois cents valets; en campagne, ses gens se tenaient auprès de lui , campaient à côté de sa personne, tandis que les lentes des janitschares formaient un cercle autour du pavillon du souverain.
Malgré sa nature- pacifique, Bajesid, dans sa piété, attribuait un puissant mérite à la guerre sainte; à l'exemple de deux des plus grands souverains de l'islam, Nureddin , si connu par l'histoire des croisades (1), et de Timur, il fit recueillir avec soin la poussière attachée à ses bottes et à ses vêtements dans ses expéditions contre les infidèles, la destinant à être placée sous sa téte après sa mort, afin que sa tombe fut embaumée comme avec du musc par l'odeur de cette terre sanctifiée (2), qui le préserverait du feu éternel (3). Un plus grand mérite pour lui aux yeux des croyants , ce fut d'avoir élevé des édifices consacrés au culte d u prophète. Sur la troisième des sept colliues de Constant inople se dressa la mosquée de Bajesid , dont la construction ne fut accomplie qu'en neuf années; il y rattacha une maison des pauvres et une académie (4). A Andrinople, il fit bâtir aussi une mosquée, une maison de pauvres, un hôpital, un collège; à Amasia, des cloîtres, des écoles, des cuisines pour les pauvres, une médrèse; enfin , à Constantinople , encore une mosquée
(I) Dtchamiei-Tewaricb.
(5) Dacberefeddiu.
(3) Seadeddin.
^4) D»chenabi,p.413.
et un cloître en l'honneur du scheicbSakn seddin-Bochari (1). Cest encore à la piété it Bajesid qu'il faut attribuer le rétablissement it la dignité de chef des émirs, c'est-à-dire te descendants du prophète, qui, instituée m Mohammed 1er, avait été supprimée sous Ü»hammed II. Bajesid y rattacha le titre de nabbul-eschraf, ou élu des nobles (2). Ce sultanedonna aussi des ouvrages d'utilité publiée. Sous son règne furent construits, à Osmadschik, un grand pont de neuf arches sur le usilirmak (Halys); à kiwa , un pontdequatn arches, sur le Sangarius; un autre dedimrf arches, à Ssaruchan, sur le Kodos (Hermas sa i vesirs imitèrent son exemple pour des frottions pieuses; Mohammed et Daud rirent elew ; des cuisines de pauvres, sur le modèle des établissements de ce genre attachés aus mosqaeti de Mohammed 11 ; Ali-Pascha et Mustapto-P* cha se signalèrent sous ce règne parde parei actes de bienfaisance (3). Ba]esid accorda an sciences une protection généreuse; chaque» née, il faisait de riches présents aux légiste, au mufti, aux kadiaskers, aux muderris et» scheichs.
Sous cette rosée abondante devaient frofr fier les sciences; quelques-uns des prioeipau légistes furent employés dans les ambassade d les négociations les plus importantes : aias. Ssarigurs (4) porta des propositions de Bajesid à Selim ; Imam-Ali fut envoyé en aœtesade, une première fois, auprès de Kaitbaict1 Egypte (5), et, la seconde , au sultan Koriud. A d'autres fut confiée la direction des UWwthèques attachées aux mosquées, et dont les trésors s'accroissaient chaque jour, ainsi qutl arriva au chroniqueur Nigisari et à Josrf- Dschuneid(6). Quelques-uns, qui, dans l'earcice des premières charges de la magistrature, avaient acquis de grandes richesses, lescoasa-
(1) Aali , fol. 174. Peut-être Bochari est rOn**1 de Rycaut ; mais Bochari vivait «ou» Bajtskl r*.*** pas nous Bajesid 11 ; il ne fonda aucun ordre.
(2 1 Mouradjea d'Obsson.
(3) Ruraili d'Hadscht-Cbalfa , p. 66.
(4) ÜHari|jura, mort en 929 [1522].
(5) Ali , mort en 927 [1520], vadeddio , fW.Sfc
(6) Acbi-Juauf-Beo-Dacbuneid de Tokat, a** * B\o*e* au Swdre»cb-Jicberiat ; Seadeddin, «. *; Aali.