‹ Histoire de L'Empire Ottoman (volume 3)Chapitre 242 sur 297 · XXIV · texte numérisé non relu

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qu'il avait bien mérité. La marche se continua, et le 24 août [16161 , les deux sultans se trouvèrent en face l'un de l'autre avec leurs armées prèles au combat, dans le voisinage d'Alep, dans la plaine de Dabik , où les moslims vinrent s'incliner devant le tombeau de David.

Selim confia le commandement de l'aile droite au beglerbeg d'Anatoli Seinel-Pascha et au bcglerbeg de Karamanie Chosrew- Pascha, auxquels il adjoignit AÜ-Beg-Schehsuwar-Oghli et.Mahmud-Beg-Ramasan-Oglili , les deux derniers rejetons d'anciennes familles souveraines. L'aile gauche était sous les ordres de Biiklu- Mohammed-Pascha , gouverneur de Diarbekr, et du beglerbegd'Amasia. L'artillerie, fort nombreuse, fut placée au front, protégée comme de coutume par une barricade de charriots. Du côté des mameluks la droite était conduite par Ghair- Beg, gouverneur d'Alep; la gauche, par Sibai, gouverneur de Damas. U bataille ne fut ni longue ni sanglante, et la perte fut attribuée, non-seulement à l'artillerie formidable des Ottomans (1), mais encore à l'inaction des dschelbans, qui, dans la fausse opinion que le sultan leur préférait les korsans, ne bougèrent pas d'abord , puis tournèrent le dos plutôt que de prendre part au combat (2). Le sultan Ghawri, qui comptait sur leur fidélité, et qui voulait les ménager en même temps qu'il désirait éclaircir les rangs des korsans, dont le dévouement était bien moindre (3) , plaça ceux-ci en tête , et leur ordonna de commencer l'attaque, afin de les sacrifier d'autant plus sûrement. Les dschelbans, ne soupçonnant pas ses desseins, virent dans l'ordre du sultan un affront qu'ils n'avaient pas mérité , et ne bougèrent pas , même au moment où le danger devint le plus pressant. A peine mille korsans restèrent sur la. place, le reste de l'armée prit la fuite. Le sultan octogénaire périt auprès d'un étang, accablé peut-être par l'âge et l'effroi , ou bien frappé d'apoplexie, ou immolé par ses propres begs (4). Ainsi le coup qu'il méditait contre les korsans lui coûta le

(1) Ibn Seinel et Subeili , fol. 14, portent le nombre des canons gros et petits à cinq cents.

(2) Ibn Seinel , Selimname de Scbukri , Subeili , fol. 13 ; Selimname de Keschfl , fol. 50 et suivants,

(3) Pietro Martire , fol, 37,

'4) I/bittoire d'AMttni , dans les notices et extraits , parte de ripopiexie , I. i,p,i7î.

trône et la vie, et cette bataille fit perdre à l'Égypte Alep avec toute la Syrie. Junis-Pasclia fut chargé de poursuivre Cbair-Beg, qui s'enfuyait vers Alep; mais celui-ci, au lieu de se jeter dans la place , revint sur ses pas , et se rendit lâchement à Junis-Pascha , en invoquant la faveur du sultan. Seliin se transporta dans la tente de Ghawri , où il trouva des trésors immenses, deux cents quintaux d'argent et cent quintaux d'or. Parmi les morts se trouvaient le grand prince de l'armée Sudun-Adschemi et l'un des plus vaillants émirs (1), que Selira ordonna d'ensevelir avec toutes sortes d'honneurs. Un tschausch qui avait éié envoyé pour reconnaître le corps de Kanszu-Gahwri, lui coupa la tête et vint la déposer aux pieds du sultan , qui ordonna aussitôt de décapiter le féroce messager. A grand peine les vesirs obtinrent par leurs prières que le tschausch eût la vie sauve et perdit seulement son emploi (2). ÏJt sultan quitta le champ de bataille d'Hailan, et se porta sur Alep , dont les habitants allèrent au-devant de lui, et lui rendirent toutes sortes d'honneurs sur la Place-Bleue (3), en avant de la ville. Les trésors en or et en étoffes trouvés à Alep , surpassèrent toutes les espérances : un million de ducats et trois mille vêtements en riches tissus, garnis de fourrures de lynx et de zibeline (4). On nomma pour gouverneur d' Alep, Karadscha- Pascba , chef de l avant-garde de l'armée; pour juge, DsclMBlmekdschisade-Kemaltschelebi. Des lettres annonçant la victoire de Merdschdabik et la conquête d'Alep furent envoyées au sultan Suleiman et aux puissances étrangères, aux Génois de Chios (5) rt à Venise. Avec Alep tombèrent toutes les autres places frontières de la Syrie (6), appartenant aux marne' uk s, Mala tia, Diwrigi (7), Behesni (8), Aintab (9) et

(1) ButwtK.fM. 16.

(%) Seadeddin, »*>lak»de, Nochbelet-Trwarieh, Aali.

(3) Meidau Esrak.

(4) Subeili , 18, 1 , 3 ; Iba Seinel , Sulimnarac , Scbukii, Seadeddin, I. iv, fol. 680 . Ssohksade, fol. 91 ; Aalt.

(4) Dans In Ohronicpie de Marini Sanuio , elle* *out datées d'Alep, du 27 août.

16) Seadeddio , I. iv , foi 690; Seolaksade, fol. »1.

(7) Diwrißi , aujourd'hui dépendance du gouverueroent deSiwas, était sous la dominaiioo de l'Égypte comme un poste perdu da os Le pays ennemi.

(8) Behesni , entre Meraascb ei Kaiszaru>; Dachikan- Diuna, p. 590.

19) Aintab , a trois jours au uord d'AUp

première fois à la prière du vendredi , le prêtrr chargé de la réciter ajouta aux titre* ordinaires du sultan la qualification , jusqu'alors récUméf exclusivement par les souverains des mameluk», de serviteur des deux saintes villes de la Mecqw et de Médine. Selim, reconnaissant de cette adroite flatterie , tira soo surtout qui valait pla* de 1000 ducats et ordonna d'en revêtir H main. Célait une imitation de la conduite dt Mohammed qui donna son manteau au poêtf Raab-Ben-Soheir, pour le récompenser d'or poëme fait à sa louange.

Alep, surnommée Schehba ( la bigarrée ), h sixième ville de l'empire ottoman , bâtie m l'emplacement de l'ancienne Beroia ou Cbahbon , est sacrée aux yeux des moslims , à caav de la tradition qui place eu ce lien les scènes à l'hospitalité pastorale exercée par Abraham (U Des sept collines qui s'élèvent au milieu de « vaste plaine (2) quatre sont renfermées éar,- Tenceinte de la forteresse construite è la du xiue siècle (3). A l'ouest , coule le kowiite; douze portes de la ville conduisent dam àoav faubourgs (4), et la population s élève à 200.ÛO-' âmes (6). Alep est le siège d'un gouvernemw comprenant sept bannières (6), et s'étend jusqsf sur les ruines de TrCuphrate, et le long derr fleuve, depuis Birou Barbalissus jusqu'à Birth« Parmi les villes qui en relèvent on compte Manbedsch , l'ancienne Hiérapoli» (7), et Maarraton-Nooman. Les habitants de la contrée environnante, à l'ouest du coté d'Antiocbe, et i l'orient vers l'Kuphrate, sont des Türk man» des Kurdes et des Arabes de div«rses tribus. Tout ce pays, avec sa capitale, passa facilement comme de lui-même sous la dominaiioo de Sr> lim; Alep avait pourtant jadis opposé une vi-

(t ) Dsrhihannuma , p. 473. On indtqu* ta deux résidence* d'Abraham.

(2) D'Arvieux , dans la traduction allemande de f*4>, vie part., p. 35.Î.

(3) An de l'hoir. 690 [1291]; tHchibaonuiM, p.*VA

(4) Dans le teile de Ru*scl , il n'est quosiioa qor J<* neuf portes ; oui* sur la carte joule a l'ouvrage o« es voit dix avec leurs noms.

(5) D'après Ruastri , deux cent lr*Ht«-c<uq uUlle ; d'après d'Arrieux , deux rent-quatre-Tiojjt-dix initia ;é'aprèsTaveruier , deux cenl-ciu^u»»ie-b«»l snillc

(6) OscbitMonoma , p. 403.

(7) Maimcrl1l.vi,l.ilp.6i0.

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