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étendit sa domlnaton sur les Turcs et les chrétiens. Après la victoire gagnée sur les croisés près d'Aszuret, il emporta cette place et la rasa, parce que sa proximité d'Alep la rendait dangereuse pour cette ville, et qu'il était difficile de s'y maintenir ( I ). Les croisés tremblèrent encore plus fortement devant Amadeddin, qui ne fut surpassé que par son fils Nureddin et par le fondateur de la maison souveraine d'Éjub , Ssalaheddin. Maîtres de toute la Syrie, à l'exception des villes occupées par les croisés , Nureddin et Ssalaheddin régnèrent aussi sur Alep, qui, après l'extinction de la maison d'Éjub, passa sous la domination des sultans mameluks du Ml, puis des Tscherkesses , et enfin tomba entre les mains des Ottomans, qui ne se laissèrent point dépouiller.
Après quelques jours de station a Alep, Selim marcha sur Hama, l'ancienne Epiphania (2), illustrée, depuis qu'elle était au pouvoir desmahométans, par la renommée du second et de l'avant -dernier prince de la branche d'Ejub dominant en ces lieux, par Melek-Manszur, roi , poète et historien , et par Abulfeda qui a fourni tant de secours à l'histoire et à la géographie d'Asie. Selim conféra le gouvernement d'Hama à Guseldsche-Kasim-Pascha , plus tard vesir du grand Suleiman , fondateur d'établissement pieux et utiles, et dont un faubourg de Constantinople porte encore aujourd'hui le nom. Selim poursuivit sans empêchement sa marche vers Himsz , l'ancienne Emessa , qui fut donnée comme sandschak au turc Ihtiman-Oghlt. Iii on s'arrêta un peu , et l'on poussa vers Damas, lorsque se fut répandue la nouvelle que les begs des mameluks, n'ayant pu s'entendre dans cette ville sur le choix d'un sultan, étaient partis pour le Kaire [22 septembre 1616]. A la fin de septembre, les étendards de Selim flottaient sur Musztaba , faubourg des Damas. Par l'entremise de Ghatr-Beg , l'émir arabe Nasxireddiu, auquel les mameluks avaient confié la défense de la ville, fut déterminé à la rendre , et, douze jours après son arrivée* Musztaba, Selim fit son entrée dans Damas, et descendit au palais Kasar-EWak. La il reçut les hommages des commandants des châteaux de Syrie, des
(1) Nochbetel Tewarieh.
(2) Ati-Beg,t.u,|>.2y2.
émirs arabes et des Druses du Liban, et conféra les gouvernements de Tripoli, de Jérusalem, et de Ssafed , au fils d'Iskend er- Pascha- Mustapha, à Ewren-Osoghli et à Mostanszir-Oghli. II investit le chef de tribu Druse Moin-Oghli d'un sandschak , et il envoya le fils d'Isa-Beg avec deux mille cavaliers vers Ghasa , pour prendre le commandement de ce point, et s'y placer en avant-poste sur l'Egypte. 11 ne craignit pas de passer quatre mois à Damas , visitant les tombeaux des scheichs et les monuments superbes de cette belle cité ; car trois de ces mois , ramasan, silkide, silhidsche, étaient consacrés chez les anciens arabes, aux jeûnes, au repos des armes, et aux pèlérinages, et correspondaient à octobre , novembre et décembre.
Dimischk, ou Damas, offre en effet le plus grand intérêt, c'est l'une des villes les plus anciennes; aujourd'hui elle figure au cinquième rang dans l'empire ottoman, sous le nom de Parfum du Paradis , qui indique la beauté de sa situation et du pays qui l'entoure. Elle est assise dans la délicieuse vallée de Gutha , arrosée par le fleuve Baradi divisé en sept bras et par le Findscha. Mohammed, qui dans sa jeunesse était venu trafiquer à Damas, lui donna le nom de Trois fois lieureuse, disant que les angesde Dieu avaient étendu leurs ailes au-dessus de cette ville. Sur le mont Kasiun, qui ferme la vallée de kulha, la (radilionmoslime place l'autel du sacrifice d'Abel, le meurtre de ce juste, les scènes de délices et de tristesse d'Adam et d'Eve, puis, la naissance d'Abraham et la demeure de la mère de Jésus. La conquête d'un tel paradis fut tout d'abord l'objet des pensées des premiers chalifes. Deux des premiers disciples du prophète et des meilleurs généraux de l'islam, Chalid,répée,et Ebu-Obeide, le bras de Dieu , investirent Damas de deux cotés à la fois. Ce dernier voulut bien la recevoir à composition; mais Ghalid rejeta toutecapitulation. Ebu- Obeide entra paisiblement par les portes qu'on loi ouvrit; Chalid enleva d'assaut les murailles. L'église principale de la ville, dans laquelle on vénérait saint Jean-Baptiste, fut réclamée en même temps par les moslims et les chrétiens, qui la partagèrent entre eux. Mais Abdolmelek, cinquième chalife de la maison d'Ommeije, viola 1« capitulation observée depuis un demi" sjèçie j e» expulsant le» cnrtîiens dç leur portion
réservée dans le temple, et en les forçant daecrçter en échange l'église de Saint Thomas, situe hors de l'enceinte de Damas (1). H fit de n grande métropole le chef-d'œuvre de l'vtoh lecture arabe, qui devint la mosquée àjimaiscélèbre des fils d'Ommeije , où l'on venait rtsàn les tombeaux des saints, admirer la maguicence des colonnes, le nombre infini des tat pôles, l'élégance des inscriptions, la mutötik des autels, des tours et des tribunes.
Cette mosquée, objet de la première m du sultan , longue de cinq cent cinquante px« de Test à l'ouest, large de cent cinquante te nord au sud , surpasse en étendue et en œapificence tous les temples fameux de Tbia même celui de Cordoue. Sa construction anü dit-on , 5,000,000 de ducats , et 300 dirais** consacrés chaque jour à son entretien i % 0 dernier chiffre peut être facilement admis :at seize imams, quatre pour chacune des secte orthodoxes, présidaient à la prière; soixantequinze muezzim s y appelaient en memeteop les fidèles du haut de trois minarets, et don mille lampes brûlaient pendant les nuits diramasan (3). Quant aux dépenses de constractn on peut les expliquer en partie , en tenatf compte du prix des six cents lampes suspendre par des chaînes d'or et d'argent (4^, des ooioanes de serpentin , de granit , de porphyre etfe marbre aux mille couleurs, dont quarante, alternativement vertes et rouges, soutenaient ü nef du milieu. Deux des colonnes sur lesqwte reposait la coupole du milieu, dite de TAigte 5. avaient été achetées par Welid de Cluüid * fils de Jesid, moyennant 600 ducats; déni autres, d'un vert pistache d'Alexandrie, part* 100 ducats chacune, ornent le tombeau où repose la tète de saint Jean ; les deux pfe grandes, auxquelles on ne peut comparer les quatre colonnes de la mosquée de Salem»nije à Constantinople, se trouvent à la porte principale, à l'ouest, appelée Babol-Burtf trois autres portes sont tournées vers les trot*
(1) Dschibannama , p. 573 ; Gibbon, l.i.tT,^* appelle ce temple l'église de Marie ; toetrinutf ar*1 la placent «ou* l'invocation de saint Jean.
(2) Dschibannuma , p. 677,
(4) /6W.,p.$74, (» Kubbetun-Mesr,