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autres points du ciel. Dans l'intérieur sont quatre niches d'autel , pour les quatre sectes orthodoxes; mais l'objet le plus saint de la mosquceestlachapelle, où, selonl'opinion des moslims, doit être déposée encore aujourd'hui la tète de saint Jean-Baptiste (1), quoiqu'au temps de l'empire byzantin , elle ait été transportée avec tant de pompe à Constant inople. Dans ce temple où l'on se prosterne devant les tombeaux des prophètes Hud et Chisir, on admire encore les tribunes, les coupoles, les colonnes et les jets d'eau dont l'un soulève un melon. Mais depuis longtemps les lampes d'or et les chaînes d'argent ont disparu , les colonnes ont souffert dans les deux grands incendies allumés, la première fois, dans la guerre entre les habitants de l'Egypte et de l'Irak (2); la seconde , au sein de la ville conquise par le féroce Timur(3V
Ensuite Selim visita les tombeaux des disciples et des épouses des prophètes , des grands princes et des scheichs fameux , des chalifes, de Nureddin , qui décora Damas de tant d édifices y fit tant de pieuses fondations, et du grand Ssalaheddin. Le sultan se rendit aussi à la grotte de Rubua, appelée le berceau du seigneur Jésus, et s'arrêta surtout à Ssalihijc, sur le penchant du mont Gasius , près du tombeau du plus grand de tous les scheichs mystiques, Mohijeddin-AI-Arabi. Deux fois aussi le sultan alla voir Mohammed, de Bedachschan, qui, par son indépendance et son dédain pour les biens de la terre, s'était acquis une haute réputation de sainteté. A la première visite lescheich n'ouvrit pas la bouche; interrogé par le médecin Achi- Tschelebi sur la cause de ce silence, il répondit que c'était au sultan et non pas à lui d'engager la conversation. La seconde fois , le médecin ayant commencé à parler du temps, le scheich prit la parole, et dit : a Le chalifat est an pesant fardeau; les sultans sont comme nous autres scheichs, d'impuissants serviteurs du créateur; de plus il leur faut supporter le poids du gouvernement ; celui qui ne porte qu'un léger bagage peut se sauver plus facilement que
(1) Dschihannuma, p. 573.
(2) Scfaebl, an de l'hégire 461 [1066]; Menasikulj tisch , p. 56.
(3} f4r.lib.v11.
l'homme chargé d'un lourd fardeau ; mais le devoir d'un souverain est de garder le fardeau qui lui est imposé. » Après des avis de ce genre, le scheich donna au sultan la bénédiction qu'il lui demandait. Tous ces respects de Selim s'explique par l'hypocrisie, et de plus par son penchant pour le mysticisme qu'il tenait de son père. Le divan de ses propres poésies persanes ne contient guère que des compositions mystiques ; et , sous ce rapport, c'est un singulier phénomène dans l'histoire littéraire, non-seulement des ottomans , mais encore de tous les peuples qui comptèrent des écrivains parmi leurs rois. Selim aurait aussi montré les plus grands égards aux savants distingués dans ses nouvelles conquêtes; mais alors ni la Syrie, ni l'Égypte n'avaient de grands hommes à citer dans 1 empire de l'intelligence. 11 se borna donc, durant son séjour à Damas et pendant sa marche vers 1 Egypte, aux entretiens avec les savants de son propre entourage , avec le philologue Halimi, son précepteur, le juge de l'armée Kemalpaschadc , avec son savant médecin, le persan Achi-Tschelebi , et son chambellan Hasand-Schah, père de Seadeddin l'historien. Au milieu même de la campagne, ce dernier eut soin de faire transcrire des ouvrages classiques, tels que l'histoire persane de Waszaf , après que l'exemplaire du sultan, dans lequel Selim aimait â lire, comme son aïeul Mohammed II (1), fut tombé entre les mains des brigands bédouins , dans la marche à travers le désert (2).
Tandis que Selim se tenait â Damas , les mameluks au Kaire avaient procédé à l'élection d'un nouveau sultan [22 octobre 1516 ]. Les dschelbans votèrent pour le fils unique de kanszu-Ghawri Seid- Mohammed ; les korsans, de leur côté, élurent Tuman-Beg, prince signalé par son courage, son équité, son désintéressement. Malgré toutes ces qualités, les dschelbans craignirent pour la vie de leur protégé, le fils mineur du dernier souverain. Alors deux des premiers begs Alan-Beg et Kurt-Beg intervinrent, et s'engagèrent à garantir la vie de Seid- Mohammed, si les
(1) Une magnifique copie de Watzaf, faite pour Mohammed II , «e troure maintenant en la possession de l'auteur de cet'.e histoire.
(2) t'oy. le récil de Hasaiid-Schab, dan» le Selim- ! de non fit*.
Dschelbans fournissaient 60,000 ducat» pour soutenir la guerre (1). Pendant l'hiver Solim fit des préparatifs pour la marche à travers le désert qui sépare la Syrie de l'Egypte. Plusieurs milliers de chameaux furent achetés pour transporter des outres pleines d'eau , et deux millions d'aspres furent distribués comme gratification parmi les soldats. Sinan-Pascha fut chargé de marcher avec cinq mille hommes vers Ghasa, pour soutenir le pascha de ce lieu. Un mim , possesseur de Tun des grands fiera de cavalerie, Tscherkes-Murad , et un autre personnage, allèrent, comme envoyés auprès du nouveau sultan des mameluks, pour lui offrir la paix moyennant la reconnaissance de la suzeraineté ottomane (2). Tuman-Beg reçut les deux envoyés avec les honneurs dus a leur rang, mais, au moment où il* sortaient de l'audience, ils se trouvèrent en faced'Alan-Beg, qui, transporté de fureur à leur aspect, leur abattit la tète, puis s'efforça, dans le divan, de justifier son action , par l'indignation qu'il éprouvait de cd te proposition humiliante de sujétion, et par son mépris pour les Ottomans. qui, bien inférieurs en courage aux mameluks, n'avaient du qu'à l'artillerie leur triomphe de Merdschdabik. La guerre fut résolue; Dschanberdi- Ghasali fut nommé chef de l'armée de dix mille hommes, qui devait marcher h la rencontre des Ottomans , sur les frontières de £yrie ; dix begs commandaient chacun mille guerriers. Ces troupes partirent du Kaire vers la fin d'octobre [16161, et sur les frontières, non loin de Ghasa, prèsd u ka ra vanserai de JuoJs-Chan,elles rencontrèrent l'avant-garde de l'armée ottomane, commandée par le grand vesir Sinan- Pascha. L'aile droite des Turcs était sous les ordres du sandschah de Tekke Ferhad; l'aile gauche, sous la conduite de Mohammed-Beg, fils d'Isa, gouverneur de Ghasa; Sinan-Pascha se tenait sur les derrières. Du coté des Égyptiens, l'ancien gouverneur égyptien de Ghasa DevUet-Beg était opposé à Mohammed- Beg; et le gouverneur d'Alexandrie Chudawerdi-Beg était en face du sandachak-beg de Tekke (3). La fortune se déclara en définitive contre les Égyptiens ; mais
(1) lbn Seincl et Subeili , fol. 18
(2) Seadeddin , I. iv , fol. 292.
(3) Seadeddin , I. iv , fol. 605 ; Alfoiwe Utloa, p. 139 ; Dscbelalsade, S*'l;mname , S'
pendant l'action , les habitants de Ghasa et de Ramla se révoltèrent. Au milieu du mois de décembre Selim se porta contre Ghasa et Ramla [16 décembre 1616]; à Dschuldschuhje, près de Ramla, il reçut le rapport de Sinan-Pascha. avec des trophées de têtes coupées, et, pour châtier les habitants révoliés de Ghasa et d> Ramla , il ordonna de les massacrer. De Ramla. Selim, accompagné seulement de quelques serviteurs dévoués, parmi lesquels se trouvaient Masand-Schah , père de Seadeddin , et l'historien ldris, alla faire une excursion â Jérusalem, où il arriva tard, de sorte qu'il visita , dans La nuit, la pierre du sacrifice d'Abraham et les tombeaux des prophètes. Comme il avait plu tout le jour, pour faire la prière de Taprts midi , a peine put-on trouver une place sèche sur un rocher. Le lendemain la neige tombait à gros flocons; Selim se rendit de Jérusalem à l'Hebron , pour visiter le tombeau d'Abraham: puis revint joindre son armée dans la plaine d'Ascalon (1). lorsqu'il était campé à Alnesi- Szaffa,à l'orient de Ghasa, il vit arriver le grand vesir Sinan-Pascha , qui, en récompense de son dernier exploit , reçut un sabre magnifique; on ordonna une nouvelle distribution d'argent dans l'armée , avec les revenus d'Alep et de Damas. Husein-Pascha (2), l'un desquatre vesfrs, hasarda quelques représentations sur cette mesure et sur les dangers de la marche à travers le désert. Un exécuteur des ordres du sultan vint lui abattre la tète. Avant que les troupe eussent pénétré dans le désert, Selim avait rero les clefs des villes de Ssafed , Tlberias, Nabtas, Jérusalem et Hebron (3), et 1 hommage des scheichs des tribus arabes (4); le plus important de ceux-ci Ahmed- Ben- Bakar, chef des Berti wail , reçut une investiture, par la bannière et letambour(ô).
En dix jours fut franchie la distance de la frontière égyptienne a Shalihije , par le désert (6). Des pluies continues fournirent de
(1) Seadeddin , 1. iv, fol. 690; le fil» d'idri», fol, 115; Dselalsade , SeHmiume, $ xu.
(2) Ibu Seinel , Subeili, Seadeddin , I. ir, fpi. 67a.
(3) Selinraamede Scbukri , fol. 74
(4) Ibid., fol. 71.
(6) Sobeili , fol. 21 ; Selimname de Kesrbfi , fol S. («) Scbukri , fol. 75 , appelle ces sables le dé*m dr Katijeetd'Ummol-Hasan.
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l'eau en abondance , et de doubles attelages mis lui voitures permirent de surmonter plus facilement les difficultés de la route. Mais les Arabes du désert du coté de l'Kgyple se répandaient en essaims tout autour du camp, attirés par le désir du butin, épiant le moment de couper des télés que le sultan des mameluks payait avec des ducats. Lue fois les Arabes causèrent un si grand tumulte, que le grand vesir fit amener le cheval du sultan. Sel im était sur le point de s'élancer sur sou coursier i'2i janvier 1617], croyant que Tuman-Beg luimême se précipitait A l'attaque; mais, apprenant que c'étaient seulement des brigands du désert, il s'indigna contre le grand vesir, et |>eu s'en fallut que Sinan ne payât sa prévoyance de sa tète (1). Trois jours avant la fin de l'année moslime, Sclim se trouvait A Cliankah, près du Kaire. D'après le conseil du traître (ibasaliberdi Tuman-Beg avait enfoncé dans le sable toute son artillerie du côté du village de Ridaoia (2) près d Andilijc, où passe le cliemin ordinaire de Rirketolhadsch au kaire; par son complice Chair-Beg, qui se trouvait déjA dans le camp de Selim , Gbasali fit savoir au sultan des Ottomans qu'il pouvait tourner le mont Mokattam, et que même, dans le plus mauvais cas, il n'aurait rien à craindre près de llidania, les canons étant enfouis dans le sable, lorsque Selim, d'après ces avis, eut tourné la montagne en se tenant hors de la portée des batterie» démasquées, Tuman-Beg s'aperçut trop lard de la trahisou de Gbasali ; mais comme il s'agissait de combattre, il ne jugea pas le moment favorable pour la proclamer. Selim, ayant passé le mont Mokattam, offrit le lendemain la bataille aux Égyptiens (3) [23 janvier 1517 ]. A la droite de Selim était le grand vesir avec les troupes d'Anatoii, Schehsuwar avec les guerrier» de Sulkadr, Heracbschad-Beg, descendant de» turkraans du Mouton-Blanc, et Mahmud- Bc0, dernier rejeton des princes des Ramasau-Oghli avec les hommes d'Adana ; A l'aile gauche . se tenait le vesir Junis - Pascha avec l'armée de Rumili. A peine le combat était en-
(1) Scbukri.fol. 76; Dschclals ; platte de Dresde, fol. 57.
(2) beadeddin.fol.m (3)